Partie I, chapitre iv
i7t PHILOSOPHIE DES FONDATEURS DE LÀ PHYSIQUE.
Diea parle, et le chaos se dissipe à sa voix.
Vers un centre commun tout gravite à la fois.
Ce ressort si paissant, l'âme de la nature,
Était enseveli dans nne nuit obscnre.
Le compas de Newton, mesurant l'univers
Lève enfin ce grand voile, et les cieox sont onverts.
Que ces objets sont beaux t Que notre âme épurée Vole à ces vérités dont elle est éclairée t Oui, dans le sein de Dieu, loin de ce corps mortel, L'esprit semble écouter la voix de l'Éternel.
Quant à Newton lui-même, il éprouva le besoin de rendre témoignage de sa foi non-seulement comme homme dans les relations privées de la vie, mais comme savant et dans les ouvrages qui ont fondé sa renommée. En terminant le livre des Principes mathématiques de la philosophie naturelle^ dans lequel il a établi le vrai système des mouvements célestes, il s'exprime ainsi (1) : « Le maître des cieux régit toutes « choses, non comme étant Tâme du monde, mais comme « étant le souverain de l'univers. C'est à cause de sa souvec raineté que nous l'appelons le Dieu souverain. Il régit « toutes choses, celles qui sont et celles qui peuvent être. Il t est le Dieu un, et le même Dieu partout et toujours. Nous « l'admirons à cause de ses perfections, nous le vénérons et « l'adorons à cause de sa souveraineté. Un Dieu sans sou- « veraineté, sans providence et sans but dans ses œuvres, ne « serait que le destin ou la nature. Or, d'une nécessité, méla- « physique aveugle, qui est partout et toujours la même, « nulle variation ne saurait naître. Toute cette diversité des « choses créées selon les lieux et les temps (qui constitue « l'ordre et la vie de l'univers) n'a pu être produite que « par la pensée et la volonté d'un être qui soit l'être par « lui-même et nécessairement. »
La science de Newton confirma donc sa foi ; il a pris soin de le dire assez haut pour qu'il ne soit permis à personne de