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PréÊuse à la Phynque d^Aristote, page CL VI

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178 PHILOSOPHIE DBS PONAATEURS DE LA PHYSIQUE.

Laplace n'est donc pas on initiatenr, Tantenr d'une direction nouvelle de la pensée. Dans sa Mécanique céleste, il est le continaateur de Newton ; dans son hypothèse de la nébuleuse primitive, il développe un germe créé par le génie de Descartes. Il suit l'impulsion qui vient de ses devanciers ; il applique leurs principes tels qu'il les a reçus. Il admet en particulier, et proclame, à plus d'une reprise, le principe de la simplicité, qu'il cite à l'appui du système de Eopernik, et qu'il donne pour base à la loi d'inertie. Si la croyance à l'existence du Créateur puissant et sage n'est pas exprimée dans ses œuvres, elle y est présente toutefois, d'une manière médiate mais très réelle, par l'influence qu'elle y exerce à ' travers l'œuvre de ses prédécesseurs qu'il continue en la développant.

La position de Laplace à l'égard de l'idée religieuse offre du reste la matière d'une étude intéressante. < Il semble, ditc il, que la nature ait tout disposé dans le ciel pour assurer < la durée du système planétaire, par des vues semblables à c celles qu'elle nous parait suivre si admirablement sur la « terre pour la conservation des individus et pour la perpéc tuité des espèces, d (1) Voilà la nature intelligente, qui se propose un but et qui le poursuit au moyen de vues admirables. L'auteur continue : « Cette considération seule expli- « querait la disposition de ce système, si le géomètre ne « devait pas étendre plus loin sa vue, et chercher dans les c lois primordiales de la nature, la cause des phénomènes « les plus indiqués par l'ordre de l'univers..!. Newton affirc me que Vadmirahle arrangement du soleily des planètes et « des comètes, ne peut être que l'ouvrage d*un être intelligent c et tout puissant.... Mais cet arrangement ne peut-il pas « être lui-même un effet des lois du mouvement ; et la su-

1. Exposition du système du monde, à la fin, paffe 442 de la 4« édition. — Cette fin de l'ouvrage à été remaniée dans l'édition suivante, Thypothèse de la nébuleuse ayant passé du texte dans une note.

« prôme intelligence que Newton fait intervenir, ne peut-elle « pas l'avoir fait dépendre d'un phénomène plus général ? « Tel est, suivant nous, celui d'une matière nébuleuse éparse < en amas divers dans l'immensité des deux. »

Ces lignes sont du plus haut intérêt. La pensée de l'auteur est que l'ordre actuel de l'univers peut résulter de l'application des lois physiques à la nébuleuse primitive, et il remarque que, dans ce cas, l'ordre présent des choses résulterait de lois générales et de la diversité primordiale des amas de la matière. Dans cette supposition, l'œuvre de la suprême intelligence serait aussi manifeste dans la disposition primitive de la matière, et dans les lois qui la régissent, que dans l'état présent des choses, puisque cet état présent serait virtuellement contenu dans l'état supposé primitif. L'antécédent physique des phénomènes ne remplace point en effet la cause qui les a produits et l'intelligence qui les a disposés. Laplace semble donc reconnaître cette vérité trop souvent méconnue que les causes efllcientes sont d^un autre ordre que les causes finales, et qu'en dernier résultat Leibniz a raison, quand il cherche dans les causes finales, c'est-à-dire dans les intentions du Créateur, la raison d'être des causes efficientes. Mais cette vue si claire de la vérité parait se troubler, lorsque l'auteur écrit à la page € suivante : « Parcourons l'histoire de l'esprit humain et de « ses erreurs: nous y verrons les causes finales reculées « constamment aux bornes de ses connaissances... Elles ne « sont aux yeux du philosophe que l'expression de l'igno- « rance où nous sommes des véritables causes. » Laplace semble bien tomber ici dans l'erreur même dont il venait de se préserver, et croire que l'étude des causes physiques peut détruire la considération des causes finales. Pour en revenir à mon objet direct, ce savant a bien pu négliger dans ses travaux la pensée de la sagesse du Créateur, mais il a suivi les principes directeurs dont cette pensée avait été la source

pour Eopernik, Kepler, Galilée et Newton. On pent dire flgarément que si le soleil est absent de son œavre, son œuyre toutefois est visiblement éclairée par les rayons de Tastre du jour.

Passons à des temps plus modernes. Acôté des hommes qui développent et cultivent les germes du passé, nous rencontrons des esprits particulièrement doués du génie des découvertes, des ijiitiateurs. Ces hommes sont placés sous l'influence des mêmes convictions qui animèrent les fondateurs, et ces convictions leur fournissent les mêmes principes.

Ampère.

Ampôre est un des meilleurs typesdu génie scientiflque.Ses lois si belles et si simples de l'électro-magnétisme qui seront, dans Topinion de TA. Littré (1), le fondement de sa gloire la plus durable, ne sont qu'une partie de ses vastes travaux. Sa foi religieuse, ardente dans sa jeunesse, pais ébranlée pendant quelques années, redevint ferme et sereine à l'époque de sa maturité, t Nousravonstoujoursvu,ditSte-Beuve,allieretcon- « cilier sans effort, de manière à frapper d'étonnement et de res- € pect,lafoi et la science (2) ». Les grandes vérités de Tordre spirituel n'étaient pas seulement pour lui des objets de foi,mais de certitudescientifîque. «L'existence de l'âme et de Dieu,disait- « il, est une hypothèse, mais c'est une hypothèse démontrée, € aussi certaine que celles de Kopernik et de Newton. Or, il « n'y a point, dans tout ce qui n'est pas d'intuition immédiate, « de^p^us grande certitude que celle qui repose sur l'évidence « d'une hypothèse démontrée (3) » . Cette pensée est facile à entendre. Un ordre particulier de phénomènes confirme une

i. Notice placée en tête da 2« volume (posthume) de l'Essai sur la philosophie des sciences de André-Marie Ampère.

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