Navtm orgamm. Livre I
â. Lm Cirouiation de la vie. Lettre 17.
Nayillb. — Physique moderne 13
siqne moderne. PesoDS les paroles de M. Moleschott. Il désigne comme nne erreur c l'hypothèse que la nature est sagement réglée > . Mais qu'est donc la science entière, sinon la recherche de cette sagesse? L'ordre de la nature rend témoignage au suprême ordonnateur ; on comprend donc qne, pour nier Dieu, il convienne de nier le principe de la science. Nous ayons affaire ici à une garnison assiégée, qui fait sauter la place plutôt que de se rendre.
NégaUan du ptinàpe dtkamumU.
La négation de l'harmonie de l'univers se joint à celle de la simplicité de son ordonnance. L'expérience nous révèle partout la multiplicité des êtres et la diversité des phénomènes; l'étude des rapports qui font l'harmonie des choses est le résultat de l'instinct rationnel qui nous porte à la recherche de l'unité, car l'harmonie est précisément l'unité maintenue dans la diversité. Il n'est donc pas surprenant que la valeur de la recherche de l'harmonie soit contestée dans la mesure où prévaut l'empirisme. Cette négation retarde la marche de la science, et dissipe une partie des forces qui devraient être employée à son service. M. Sainte-Glaire Deville, par exemple, vent étudier les rapports qui existent entre l'afBnité chimique et les lois générales de la physique, c'estrà-dire qu'il recherche l'harmonie de deux ordres de phénomènes. L'un des rédacteurs de la Philosophie positive, M. Naquet, le censure avec assez de vivacité. Il s'élève, au nom de l'expérience immédiate^ contre la recherche des rapports indiqués, et veut qu'on s'arrête aux propriétés spéciales qui portent les corps à s'unir, sans prétendre aller plus loin (1). Newton cherchait à rattacher le phénomène de la gravitation aux mouvements du fluide éthéré, et nous avons vu Faraday
1. La P^t2o5op^i6 pofttti^é;^ revne dirigée par MM. LiUré et Wyroaboff, voir le n« ae Heptembre — octobre 1867, page 3i9.
. CONSÉQUENCES DE l' ATHEISME. |9{l
indiquer une recherche analogue en parlant des rapports du magnétisme et de la pesanteur. Auguste Comte s'oppose Tiyement à ces recherches dirigées vers la découyerte de l'harmonie universelle. < Nous ne pouvons évidemment savoir»
< dit-il, ce que sont au fond cette union mutuelle des astres»
< et cette pesanteur des corps terrestres : une tentative « quelconque à cet égard serait, de toute nécessité, profon- « dément illusoire aussi bien que parfaitement oiseuse ; les « esprits entièrement étrangers aux études scientifiques a peuvent seuls s'en occuper aujourd'hui Pour le
< géomètre, qu'une longue et habituelle méditation a profon- « dément familiarisé avec le vrai mécanisme des mouve- « ments célestes, la pesanteur terrestre est expliquée, quand « il la conçoit comme un cas particulier de la gravitation « générale. Au contraire, c'est la pesanteur qui fait com- « prendre la gravitation céleste au physicien proprement
< dit, ainsi qu'au vulgaire, la notion lui en étant suffîsam- « ment familière. Nous ne pouvons jamais aller réellement « au delà de semblables rapprochements (1) » . L'école de Comte a suivi le maitre, et a traduit le fait que tous les corps à nous connus sont pesants par l'idée que la pesanteur est inhérente à la matière. 11 est possible, sans doute, que la gravitation demeure toujours pour nous un phénomène sans antécédent connu, un point de départ; mais proscrire a priori la recherche des rapports possibles entre la pesanteur et les mouvements de l'éther, c'est fermer une voie dans laquelle la science fera peut-être de grandes découvertes.
Négation du principe de constance.
Le principe de la constance des lois et des classes est nié par l'empirisme contemporain, comme les principes de la
i. Cours de philosophie positive, Leçon 14*, tome II, pages S46 et 247 de la première édition.
496 PHILOSOPHIE DBS FONDATEUttB DE LA PHYSIQUE.
simplicité et de rharmonie. M. Littré dit qae les lois expéri- Dieûtales ne sont pas des lois nécessaires, ce qni assurément est juste, et renferme la négaticm légitime des théories idéalistes; mais il ya plus loin, et il nie que l'idée de la fixité des lois soit une des bases de la science. < Depuis Newton et ses « successeurs, date bien récente, nous ne pouvons concevoir « la matière sans gravitation. Les astronomes nK>d«rnesont c entrepris des observations de longue durée sur les étoiles « doubles qui tournent Tune autour de l'autre . Si dans ce c mouvement elles obéissent aux ibis de la gravitation, il < sera établi que dans noire nébuleuse et parmi nos millions « d'étoiles la pesanteur exerce son empire; mais témérité et « outrecuidance ce serait d'aflttrmer que, hors de notre né- « buleuse, d'autres conditions ne régissent pas une autre « matière (1) » . On ne doit pas contester à l'auteur qu'il peut exister des mondes dont les lois ne sont pas celles de celui que nous pouvons observer; mais chacune de nos découvertes justifie l'affirmation qu'il existe une harmonie entre notre pensée et la réalité, parce que Dieu a voulu nous rendre intelligible le monde dans lequel nous sommes placés. M. Littré veut faire de la fixité des lois dans notre nébutense une affirmation purement expérimentale dans ses origines^ mais il est facile de comprendre que cela ne se peut pas. Les observations sur les étoiles doubles, dont parle ce savant, se font au moyen de la lumière, mais ces observations ne valent que parce que nous admettons que les lois de la propagation de la lumière sont les mêmes dans la région des étoiles fixes que dans notre système. Si Ton admettait que la lumière se propageât autrement dans une partie de l'espace qu'elle ne le fait près de nous, l'astronomie serait impossible. L'astronomie ne peut donc établir expérimenta-lement la fixité des lois qu'en supposant qu'elles sont fixes.