La Circulation de la vie. Lettre
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les bases de la physiqae moderne : nous ayons trouvé ce qae nous cherchions. Cette insurrection contre les fondements de la science peut avoir des causes accidentelles et secondaires ; mais sa cause principale est que le foyer des principes est éteint, par le fait que Tidée de Dieu est, ou niée, ou éliminée du domaine de la science. Il se produit alors une sorte d'aveuglement intellectuel : le besoin d'unité, qui est le fond de la raison, ne trouvant pas sa satisfaction légitime dam la pensée de la cause suprême qui établit le rapport des corps et des esprits, se rejette sur un seul des éléments de ce rapport^ et cherche à faire tout sortir de la matière. M. Dumas, nous dit: < Douter des vérités divines, c'est livrer c sa vie au hasard; y croire, c'est lui donner son lest: telles c étaient la conviction et la règle de Faraday (1). j> Les considérations qui précèdent permettent de traduire ainsi cette affirmation : c Douter des vérités divines, c'est livrer la science au hasard; y croire, c'est lui donner son lest: tel est l'enseignement de l'histoire. »
Il ne faut point sans doute concevoir de trop vives inquiétudes sur l'avenir de la science. Affermie sur les grandes bases de la raison humaine, confirmée par trois siècles de découvertes, elle a acquis un tempérament assez robuste pour rejeter les principes morbides qu'une mauvaise philosophie tend à introduire dans son sein. D'ailleurs, les écrivains qui nient ses bases essentielles ne sauraient faire aucun travail scientifique sans justifier, en les employant, les principes qu'ils rejettent eu théorie. M. Littré, s'il avait fait de la chimie, ne se serait jamais rendu compte des résultats d'une analyse par la supposition que quelque chose est provenu de rien. M. Moleschott, placé dans un laboratoire de physique, n'entreprendrait jamais d'expliquer un phénomène par l'idée que la matière s'est mise elle-même en mouvement. Jamais M. Tyndall ne dé-
i Eloge historique de Michel Faraday.
CONSÉQUENCES DE l' ATHÉISME. 207
duira Texplication d'un fait biologique de la formule que la matière est l'aurore et la puissance des qualités de la vie. C'est la haute prérogative de la yérité (et ceci est vrai dans tous les ordres) de s'imposer à ceux qui la nient, et qui ne peuvent la nier qu'en se mettant en contradiction avec eux-mêmes.
Il reste donc établi que les deux idées de l'immatérialité de l'âme et de l'existence de Dieu se trouvent au fondement de la physique moderne, et que la négation de ces vérités tarirait les sources de la science. Les succès éclatants de la physique, telle qu'elle a été conçue par les fondateurs du xvii® siècle, confirment les principes qui ont dirigé leurs recherches, et la croyance qui est le centre et le point d'appui de ces principes. L'idée de la séparation absolue, ou de l'opposition de l'idée religieuse, dans sa généralité philosophique, et de la science expérimentale est doublement fausse : Elle est fausse en droit, la raison le démontre ; elle est fausse en fait, l'histoire le prouve.
Protestations de quelques savants contemporains.
On a dit et répété, d'une manière si bruyante, que la science conduit aux négations religieuses, que des voix autorisées ont éprouvé le besoin de répondre à ces affirmations, et ces voix se multiplient de nos jours. Je me bornerai à joindre quelques nouveaux exemples aux paroles déjàcitéesdeRobertMayer(l).
Voici la conclusion de l'ouvrage du docteur Oswald Heersur le Monde primitif de la Suisse. « Quelque grand que soit « l'édifice de la création, il ne peut être apprécié dans sa ma- « gnificence que par les intelligences aptes à le juger. Un « exemple rendra ceci plus clair. Prenons une symphonie de « Beethoven : l'artiste musical en comprendra seul le sens ; « pour lui chaque note aura sa signification, etde ces diverses « notes liées ensemble il jaillira une harmonie incomparable: