‹ La physique moderne: études historiques et philosophiquesChapitre 99 sur 108 · MÉTHODE SCIENTIFIQUE · texte numérisé non relu

MÉTHODE SCIENTIFIQUE

sée toutô démarche allant au-delà de la simple coordinatioû des faits. Le positivisme D'accordé aucune valeur aux tendances de la raison qui désire expliquer les. faits et non pas seulement Jes coordouner. La raison a tiré vengeance de ces dédains par le retour de Tesprit systématique se produisant sous le couvert de la méthode expérimentale.U y a comme une sorte d'ironie^dans les syuthèses hardies et prématurées auxquelles se livrent bien des esprits contemporains tout en professant les théories de l'empirisme.

Après les oscillations violentes qui viennnent d'être rappelées, et qui ont fait passer les théoriciens de la méthode du rationalisme absolu à l'empirisme pur, et de Tempirisme pur au rationalisme absolu, le temps est venu de tirer de l'histoire de la science les leçons qu'elle. renferme. Pour s'orienter dans la question de la méthode, il est nécessaire de bien distinguer les principes directeurs de la pensée, qui ont un caractère simplement formel, et les affirmations a priori, qui ont un contenu substantiel dont on peut déduire des éiémeuls de système (1). Descartes a confondu ces deux éléments distincts, et il est facile de s'assurer que la partie durable de

son œuvre a été le résultat des principes directeurs, et que la plupart de ses erreurs ont eu pour origine l'emploi de la méthode a priori. La confusion faite par le principal fondateur de la physique moderne a été faite par ses adversaires. En répudiant les constructions a priori on a répudié les principes directeurs de la pensée. Il en est résulté que des vérités aujourd'hui retrouvées ont été méconnues pour un temps, parce qu'elles ont été enveloppées injustement dans la juste proscription des erreurs delà physique cartésienne(2). L'histoire de la physique moderne démontre que la science est née de la rupture avec la méthode a priori, de l'observation

i. Voir la troisième Ëtnde, an oommençement, 3. Voir U deu^iôme fiitae.

des faits acceptée comme base et comme contrôle des lhaories, cl d'hypoihèses conçaes sons l'inflaence de principes déterminés qni, sans fournir directement la connaissance d*ancune loi, ont dirigé les recliercbes dans la voie où les lois véritables devaient être découvertes (1). Ainsi est mise en bonne lumière la mélbode scientifique qui intervient entre Tempirisine et le rationalisme. Elle garde de Tempirisme la pensée que l'observation des faits est la base et le contrôle de toute théorie sérieuse, mais en abandonnant Tidée que Tobservalion soit la source unique de la science. Elle garde du rationalisme l'appareil logique, qui est la condition de toute connaissance, et les principes directeurs de la pensée, mais en rejetant la prétention de la construction a priori. La voie par laquelle Tesprit bumain peut atteindre la part de vérité qui lui est accessible se trouve clairement indiquée. L'histoire de la physique est la confirmation la plus solide qu'on puisse rencontrer de la vraie théorie de la méthode. Voyons maintenant les conséquences que l'on peut déduire des découvertes de celte science pour la solution d'un certain nombre de questions qui rentrent dans le programme de la philosophie.

Nons ne possédons pas encore, et peut-être ne posséderonsnous jamais, une doctrine ferme sur la constitution de la matière. La théorie de l'atomisme, c'est-à-dire de l'existence en nombre déterminé des éléments premiers des corps, a ane base expérimentale dans la loi des proportions définies et dans celle des proportions multiples. Lorsque des corps sont mis en présence dans des quantités quelconques, ces corps

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