ET DES EDITIONS SUCCESSIVES
Il est bon de pouvoir préparer lentement un travail, et c'est un malheur que la concurrence, dans certaines
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recherches à la mode, pousse si souvent aujourd'hui à publier trop vite ou par fragments irréguliers. D'un autre côté, et par d'autres motifs, lorsqu'une rédaction est faite, il convient ordinairement de la publier sans retard. Les changements qu'on y apporte peuvent la gâter. D'ailleurs les idées se modifient et les termes ou les formes vieillissent. Le maximum de valeur d'un manuscrit est donc, en général, au moment où il vient d'être achevé. Chose singulière ! cela est aussi vrai des figures que des textes. Les vieux dessins sont rarement dignes d'être publiés. On y remarque trop l'absence de certaines analyses.
En consultant les livres de botanique, j'ai vu souvent que les secondes ou troisièmes éditions ne valent pas la première. On comprend pourquoi. Une édition nouvelle est comme un tableau retouché. L'auteur n'a pas pu rentrer dans la suite ou dans Tensemble des idées qu'il avait à l'origine, ni se rappeler les faits qui l'avaient décidé à adopter telle ou telle opinion. Ce qu'il retranche ou ajoute, ce qu'il distingue ou réunit, en fait d'espèces ou de genres, n'est pas toujours assez motivé et s'accorde quelquefois mal avec le reste. Ces défauts se voient au plus haut degré dans les éditions faites par des auteurs différents, comme les Species, prétendus de Linné, par Murray, Willdenow, etc.
Les ouvrages posthumes, qui ont de la valeur dans certaines branches des connaissances, en ont rarement en histoire naturelle. Pour la nomenclature, ils offrent le grand défaut de ne pas cadrer avec la règle de priorité. Dans la synonymie ils sont arriérés, et pour le fond des descriptions ils manquent des caractères auxquels on a pensé depuis. Les exemples en sont nombreux. Ainsi la flore indienne primitive de Roxburgh, publiée après l'édition de Wallich, n'a été qu'un embarras dans la science.
MAiNIÈRE DE PRÉPARER LES OUVRAGES DE BOTANIQUE 41
Les planches préparées par Plumier et publiées par Burmann, sans vérification faite sur les plantes et même sans descriptions détaillées de l'auteur, ont été une source intarissable de synonymes douteux et d'énigmes, ainsi que les mauvaises figures de Vellozo publiées après sa mort. Je pourrais mentionner des travaux moins anciens et des manuscrits bien meilleurs, qu'il aurait peut-être mieux valu ne pas publier. On s'est proposé de faire valoir un auteur, mais on ne savait pas ce qu'il aurait corrigé ou modifié s'il avait vécu. Les amis ou élèves d'un savant ne sauraient trop hésiter et consulter autour d'eux avant de hasarder des publications de cette nature.