PHYSIOLOGIE SPECIALE DES GROUPES
Les phénomènes de physiologie peuvent être envisagés en eux-mêmes, d'une façon générale, ou conmie caractères d'une espèce, d'un genre, d'une famille, d'une classe de végétaux.
Ce dernier point de vue a été trop négligé. Plus on avancera, plus on distinguera ce qui est général ou spécial, et les faits spéciaux deviendront très nombreux relativement aux généraux. Le premier auteur qui ait observé uniquement et en détail les phénomènes spéciaux de physiologie est Vaucher (1). Son Histoire physiologique des "plantes d'Europe (4 vol. in-S*", Paris, 1841) repose sur l'idée originale de suivre des espèces de la plupart de nos genres et de toutes les familles existant en Europe, sous le rapport des phénomènes de germination, végétation, floraison, fécondation, fructification , direction des organes , mouvements particuliers, etc. Les ressemblances physiologiques, dont il rend compte pour les avoir observées sur les plantes vivantes, confirment ou infirment, suivant les cas, la classification basée sur les formes. Ce sont des caractères qu'il faut enregistrer, et grâce à la division du livre par familles et genres, non d'après les fonctions, il est facile de trouver les détails et de les utiliser dans
(1) Pierre Vaucher, prof, de théologie, né à Genèye en 1763, mort le 5 janvier 1841.
une monographie de groupe. Le plan était excellent. Si l'exécution n'a pas été aussi heureuse que celle de V Histoire des Conferves d'eau douce du même auteur, c'est que l'ouvrage sur la physiologie est le produit de sa vieillesse, à la suite de nombreuses années pendant lesquelles d'autres occupations l'avaient empêché de suivre les progrès de la science. Vaucher ne connaissait pas les phénomènes de fécondation, tels qu'on les avait observés depuis Brongniart; mais pour ceux qui les précèdent ou les suivent, tels que la production du nectar, les mouvements des organes sexuels, la chute des parties extérieures de la fleur, la déhiscence des capsules, etc., son ouvrage contient un grand nombre de faits exacts , faciles à comparer d'un groupe à l'autre.
Sur la fécondation dans diverses espèces de plantes, Darwin a inauguré une série d'observations très impor* tantes, continuées par Delpino, Hildebrandt, Kerner, Âxell, Bennett, Errera et Gevaert, Meehan, Bonnier, etc. Les ouvrages de ces auteurs ont souvent de l'unité, avec de bonnes classifications des faits. Il ne manque pour les utiliser davantage qu'un index général des espèces, renvoyant à chaque auteur.
Pourquoi les phénomènes de direction des tiges volubles, de production interne ou externe de substances, de dissémination des graines et autres sont-ils épars dans une foule de mémoires, au lieu d'être classés d'après les familles, genres ou espèces? Gela tient sans doute aux causes dont j'ai parlé, qui empêchent d'utiliser beaucoup d'observations d'anatomie, je veux dire au mode souvent imparfait de rédaction et de publication.
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