DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE DES GROUPES
Puisque rhabitation des espèces, genres, familles doit être indiquée dans les descriptions, il faut en chercher les détails dans une foule de flores, catalogues et autres ouvrages, indépendamment des herbiers et des documents qu'on a pu recueillir soi-même en voyageant ou herborisant. Ce n'est pas difficile pour les flores et les catalogues, car leur arrangement est conforme à celui des groupes dans les ouvrages les plus répandus. Mais au-dessous et au-dessus de ces sortes de publications, il en existe d'autres qui représentent ou le maximum de ^désordre ou le maximum d'ordre dans les renseignements de botanique géographique.
Le désordre, ou si l'on veut être plus poli, l'absence d'un ordre cadrant avec la science et propre à rendre les consultations faciles, se trouve dans des récits d'herborisations ou de voyages et dans beaucoup d'articles de journaux sur des localités, sur des ouvrages publiés, dans des biographies de botanistes, etc. Personne ne peut deviner qu'une observation originale y soit cachée, ni dans quelle page d'un texte plus ou moins diffus. La forme de la rédaction peut couvrir dans ce cas un travail de quelque valeur, aussi bien qu'un pur bavardage. Heureusement les faits sur les habitations égarés de cette manière ne sont ni les plus nombreux ^i les plus certains. Les notes d'un voyageur n'ont pas en ce qui concerne
DEiJCRIPïlO.NS DE GROUPES FAITES PAHTIELLEMENT 177
les noms d'espèces l'exactitude des renseignements d'un catalogue ou d'une flore.
L'extrême opposé est celui des ouvrages auxquels M. Hewett Cottrell Watson a donné le nom do Cybele. Les seuls qui existent jusqu'à j)résent sont le Cybele brUamiica^ le Oompeudium^ par Watson lui-même (4) et une imitation, pour l'Irlande, par MM. D. Moore et A. Goodman More (2). Les 83 premières pages de Fries, iSmmna vegetabilium Scandinaviœ (in-8", 1846), présentent le même genre de travail, avec un titre différent.
Le caractère particulier de ces livres est de n'avoir aucune des descriptions d'espèces contenues et souvent répétées dans les flores, mais en revanche une division du pays en districts égaux, avec l'indication pour chaque espèce des districts dans lesquels elle se trouve, et des compléments ou commentaires que l'auteur juge à propos . de donner sur la certitude des noms, des localités, ou sur l'habitation hors du pays. Ce sont des renseignements de pure botanique géographique, classés de ma- . nière à pouvoir être consultés rapidement et à s'ajouter, si Ton veut, aux descriptions ordinaires d'espèces. On comprend leur utilité, sous le double point de vue de la géographie botanique et des ouvrages descriptifs. M. Watson u mis plus de trente ans à réunir des matériaux sur la Grande Bretagne, pour 18 provinces, 38 sousprovinces et 112 comtés ou sudivisions de comtés qu'il
(1) Watson, Cybele hritannica, 4 vol. in-8». London, 1847-59, chez Longman. First fart of a Supplément, in-8o, 119 pages; London, 18(>0. Cowpeniium of the Cybele hritannica, in-8°, 651 pages, en 3 parties; London, 18&-70, chez Longman. Supplément of the Compendium, 1 vol. in-^o, 213 pages; Thames Ditton, 1872. Deux de ces ouvrages, malheureusement, n*ont pas été mis en vente.
(2) David Moore et A. Goodman More, Contributions towards a Cybele hUfernica. Un vol. in-8»; Dublin, 1866.
Db Cahdolle, La Pkytographie. i^
distingue du midi de l'Angleterre jusqu'aux Orcades. Le résultat en a été un vrai modèle de persévérance, de méthode et de précision, avec des notes ou chapitres additionnels d'une grandeportéephilosophique. Quelques auteurs de flores ont donné des aperçus analogues, mais pas d'une manière aussi complète, ni sous une forme aussi claire et aussi condensée.
ARTICLE V