X PREFACE
vingt ou même quinze ans sont relégués dans les rayons les moins accessibles de la bibliothèque, parce qu'on ne les consulte jamais. La cause en est évidente. Le microscope et la manière de s'en servir ayant fait de grands progrès, ce qu'on a observé naguère est supposé mal vu. Chaque perfectionnement de rinstrument a produit, dans cette partie de la science, le même effet que les changements dans les armes à feu sur les livres traitant de Fart militaire. Il a fallu recommencer de quinze en quinze ans, et des travaux de Kieser, Moldenhauer, Meyen, etc., sont déjà dans Tombre, après avoir brillé d'un grand éclat, comme cela était arrivé jadis pour ceux de Grew et de Malpighi. Évidemment ce qu'on décrit à la vue simple subsiste, mais ce qu'on voit avec le secours de procédés d'amplij&cation dépend de l'état de ces procédés. Une seule découverte d'opticien peut faire abandonner d'excellents ouvrages, qui passent à l'état de documents historiques. A vrai dire le mode de rédaction a été aussi pour quelque chose dans l'oubli des nombreuses publications d'anatomie. Elles n'ont presque pas changé de forme depuis deux siècles. L'esprit organisateur de Linné ayant fait défaut dans cette partie de la science, l'ordre, la concision et la clarté en ont souffert.
Les traités généraux de botanique se comptent par centaines. A chaque époque cinq ou six d'entre eux représentent fidèlement Tétatdes connaissances. Ils sont alors d'un usage habituel; mais, hélas ! leur déchéance est prompte, à moins qu'ils ne renfer-