EMPLOI DE LETTRES OU CHIFFRES
ne sont ni adoptés ni même connus par Timmense majorité des botanistes. Or, un ouvrage de descriptions est fait pour être consulté. Il faut qu'on puisse le comprendre à livre ouvert , lorsqu'on, cherche le nom d'une plante ou ce qu'on en a dit. S'il est nécessaire dans chaque occasion de remonter à une explication de lettres, signes ou chiffres, on y renonce, d'autant plus que ces explications sont en général assez compliquées.
Une revue rapide des formes proposées justifiera, je pense, mes objections.
Le premier essai est celui de Bergeret dans sa Pkytonomatotechnie universelle (1). Chaque lettre exprime un caractère, et comme ceux-ci sont au nombre de plus de 24, certaines lettres portent des numéros additionnels (a\ a*, etc.). Une espèce, le Viburnum' Tinus, par exemple, se nomme litjyabnejegdab. L'auteur n'a pas^ publié l'explication des lettres, qu'il avait annoncée pour la fin. Probablement il en était mécontent, ou son système avait succombé sous le ridicule.
Cassel (2) a exprimé ensuite par des chiffres les proportions et évolutions des organes. Ainsi , une fleur de Verbascum est exprimée par :
Laciniae calycis = IP -f- IP -f- P =: V. — coroUae = P -h IP -+- IP = V.
Les chiffres romains indiquent le numéro de l'organe dont il s'agit (lobes de la corolle supérieur, moyen, inférieur), et les chiffres arabes les grandeurs principales, moyennes et moindres. Je viens de citer le cas le plus simple , mais les parties de la feuille sont no-
(1) Deux volumes in-folio. Paris, 1783 et 1784, et ua volume supplémentaire sans date ni table^
(3) Morphonomia botanica, i vol. in -8»; Colonia, 1820.
tées de la même manière, et Ton a pour l'Althaea narbonensis :
Folia = r + IP -+- IP + IP + IP.° -h IP.« = VI. On comprend pourquoi ce volume, qui est depuis cinquante-neuf ans dans ma bibliothèque, à la disposition de plusieurs botanistes, n'a été coupé que dans ses premières pages.
Seringe et Guillard (1) ont proposé des lettres pour chaque organe (R racine, f stipule, F feuille, B bractée, j pétiole, etc., etc.), et des signes pour les caratères (-—F feuilles embrassantes, S — sépales unis jusqu'au milieu, etc.), avec une multitude d'autres signes qui ne sont pas dans les casiers d'imprimerie. Quoique beaucoup de caractères soient omis, en particulier ceux relatifs aux Cryptogames et aux organes microscopiques, le nombre des lettres ou signes est de 151, et leurs formes sont souvent si bizarres que la formule d'un genre ressemble beaucoup à une table hiéroglyphique des anciens Egyptiens (voir p. 18). Les auteurs ont fait eux-mêmes la plus forte critique de leur ouvrage en donnant (p. 23-32), pour plusieurs genres, la tradtiction de leurs formules en langage ordinaire.
Un système analogue est employé, pour les espèces, dans un travail de M. Bayer sur le genre Tilia (2). Après avoir posé que A signifie brader petiolatœ ; B, folia hasi excisa^ seu ohcordata vel cordata; C, /blia mtegra^ etc. ; I, fmctus globosus^ etc. ; et qu'en ajoutant une * , cela signifie l'opposé (A* hractem sessiles^ etc.), l'auteur donne pour formule du Tilia intermedia ABCDETGH*!. De
(1) Sssai de formules botaniques représentant les caractères des plantes par des signes analytiques qui remplacent les phrases descriptives, m-4». Paris, 1836.
(2) Joan. N. Bayer. Monographia Tilia gemris. Dans Verhandh d. zooL bot. 0ésettsek, 12« vbl. Vienne, l8Ôâ.