‹ La Picardie historique et monumentale (volume 2)Chapitre 14 sur 63 · VISMES-AU-VAL · texte numérisé non relu

VISMES-AU-VAL

L'église de Vismes-au-Val se compose d’une nef flanquée de collatéraux, d’un chœur et d’un clocher formant porche, à l’Ouest et dans l’axe de la nef. Le clocher et la nef remontent au xtii' siècle; quant au chœur et à l’enveloppe extérieure des bas-côtés, ils appartiennent à l’époque flamboyante,

La ne! comprend quatre travées. Les grandes arcades en tiers point et doublées ont leurs arêtes biseautées. Elles reposent sur des piliers monocyiindriques dont les bases sont ornées de deux tores superposés. Le tore inférieur très aplati se raccorde

(1) Communication de M. l’abbé Cuvillier, curé de Tilloy-Floriville.

par quatre grosses griffes à un socle carré. Les chapiteaux très bas portaient sur leur corbeille une couronne de crochets, au dessous d'un tailloir octogonal composé

d’un méplat et d’un biseau. Ces crochets ont tous disparu, sauf aux deux demi colonnes appliquées contre le revers de la façade. Des fenêtres ouvertes dans l'axe

des travées sont en tiers point à l’extérieur et en arc surbaissé à l’intérieur. Elles apportaient primitivement, avant la reconstruction des bas-côtés un jour direct dans la nef; mais aujourd’hui un comble unique couvre nef et collatéraux. La charpente divisée en caissons par des nervures de bois repose sur une double sablière sobrement sculptée. Des 'anges, porteurs d’écussons sur lesquels on distingue les trois fleurs de lis et des croix ornent les blochets qui coupent les sablières à chaque travée.

Les collatéraux terminés par un mur plat sont éclairés par des fenêtres que divise un meneau et que décore un réseau flamboyant. Des deux fenêtres qui s’ouvraient dans les pignons de l'Est, une seule, celle du collatéral septentrional, subsiste. Une porte en anse de panier donne accès dans le collatéral Nord. Une élégante charpente en demi vismks -AU-vAi. berceau dessinant des caissons, comme

Brochet du. collatéral nord de i‘iÀ,hse à la nef, couvre les bas-côtés. A hauteur

d’imposte court une sablière double, dont la riche décoration d'un caractère Renaissance très accusé, surtout dans le bas-côté Sud comporte des chimères, de petits médaillons à personnages, des masques

et des rinceaux variés. De petites figurines d’anges, en bois, forment corbeau du côté de la nef. Des blochets divisent les sablières; au Sud, ce sont dix apôtres parmi lesquels on reconnaît saint Pierre, saint Paul, saint Jean, saint Jacques le Majeur, saint Thomas, saint Barthélémy; et' au Nord des têtes d'hommes aux traits fortement accusés, parmi lesquels il faut signaler un fou au capuchon et à collerette dentelée.

Le chœur, plus bas que la nef et séparé d’elle par un grand arc en tiers point que rehaussent des moulures prismatiques et que surmonte, une archivolte de même profil , comprend deux travées droites et trois pans coupés égaux. Il est voûté d’ogives. Celles-ci entrent en pénétration, soit directement dans les murs, soit dans des quarts de colonne d’angle qui reposent sur des consoles profilées en cavet.

Par l’absence de moulures prismatiques qui remplacent desméplats, les nervures accusent le xvie siècle plutôt que le xv°.

Deux clefs à feuillages rehaussent le sommet de la voûte.

Les fenêtres à double meneau dans les pans coupés ont

leur remplage composé de simples soufflets et de mouchettes, sauf à la fenêtre de la première travée au Nord, ornée de trois fleurs de lis.

Deux portes en tiers point à deux rangs de claveaux aux arêtes abattues s’ouvrent à la base du clocher faisant communiquer le porche, Tune avec le dehors l’autre avec l’église. La porte extérieure a sa double archivolte en grès. Ces deux baies sont privées de moulures d'imposte, suivant l’usage de l’architecture normande.

Primitivement, une échelle appliquée contre le revers de la façade permettait de monter au clocher. Une porte haute, aujourd’hui murée, demeure visible. Mais il y a une quarantaine d'années, pour accéder aux cloches directement et sans passer par l'église, on fit sauter la voûte du porche. Des culots d’angle ornés de têtes grossières et des arrachements de nervures subsistent encore.

Une fenêtre en tiers point, longue et étroite s’ouvre au dessus du portail. Quant aux fenêtres hautes du clocher elles furent toutes refaites, à l’exception de la fenêtre orientale qui porte encore les traces d’un remplage. Des contreforts très saillants, coupés de moulures flanquent les angles de la tour.

Les collatéraux dépourvus de contreforts sont éclairés par des fenêtres pratiquées dans des pignons à double rampant.

Le chœur, où s’ouvrait, du côté du Nord une porte fen anse de panier aujourd’hui murée est épaulé de contreforts amortis en talus.

Les fonts baptismaux se composent d’une belle cuve octogonale en plomb, du xve siècle, posée sur une épaisse table de pierre que supportent quatre colonnettes avec chapiteaux à crochets du xui° siècle. La cuve provient visiblement du même atelier que celle de Molliens-Vidame conservée actuellement au musée d’Amiens. Seize arcatures en plein cintre, couronnées de gables en accolade, sur l'extrados desquels s’accrochent des chimères en garnissent le pourtour. Au centre de chaque arcature, un petit socle recevait une statuette en demi relief et en plomb, comme à la cuve d’Amiens. Toutes ces statuettes ont disparu.

Du rétable monumental qui surmontait le maître autel et qui datait du xvne siècle, on ne conserva que les quatre colonnes torses et les frontons. Afin de dégager les fenêtres de l'abside, on fit sauter les panneaux. Le tableau central qui représente une Assomption occupe le revers de la façade. C’est une peinture fort médiocre, mais dans un beau cadre en bois sculpté. Les deux grands saints : saint Vincent et saint Louis, roi de France, qui ornaient les deux côtés du rétable n'ont guère plus de valeur artistique.

Le petit rétable du bas côté Sud se distingue au contraire par une bonne peinture sur bois du xvn° siècle. On y remarque surtout le grand prêtre debout, en costume somptueux, et coiffé de la tiare, ainsi que les deux donateurs, un jeune homme et un magistrat représentés à genoux, tête nue. Nous ne pouvons malheureusement identifier cette tête de magistrat, tournée de face, aux traits expressifs; au bas du tableau se lisent ces simples mots: viuere post mortem. Aucune inscription ne révèle le nom des donateurs, pas plus que celui de l’artiste.

Sur le dernier pilier de gauche, une plaque de cuivre, au bas de laquelle est gravée une tête de mort relate cette fondation :

Jésus Maria.

Cy gist le corps de deffunct M"

Philippe Poirel en son vivant PB* CURÉ DE LA PAROISSE d’EpAIGNE ET DlEUCOURT QU Y DECEDA LE I 7°

JUILLET 1 66 1 - IL A DONNÉ A l’eGLE DE VlSMES LA SOMME DE SIX LIVRES PAR CHACUN AN A PERPÉTUITÉ A LA CHARGE QUE LA DICTE EGLISE SERA TENUE DE LE FAIRE RECOMMANDER PAR LE PRÉDICATEUR QUI PRESCHERA LA PASSION LE DIMANCHE DE LA PAS¬ SION, AVF.CQ UN DE PROFONDIS ET l’ORAI- SON INCLINA, ET FAIRE DIRE LE MESME JOUR, APPRES LA DICTE PASSION PRES- CHÉE, UN LIBERA, LES ORAISON INCLI¬ NA ET Deus VENIAE LARGITOR ET ENCORE UN OBIT SIMPLE A PAREIL JOUR 1)E SON DÉCÈS. PRIES DlEU POUR SON AME.

— Al —

Deux dalles tumulaires en marbre noire sont comprises dans le pavage. La première, dans le choeur porte l’inscription suivante : « Ici reposent les corps des membres de la famille du Plouy depuis 1753 jusqu’à 1860. Priez Dieu pour le repos de leurs âmes ». Les armes des Le Blond du Plouy : d’azur au chevron d’argent, accompagné de trois roses de même, surmontent l’inscription. Sur la seconde dalle, placée au bas de la nef se lit, au dessous des armoiries du Plouy et de Rambures cette inscription :

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