IEUR DE CE LIEU QUI A DONE LAU
MOITIÉ LE TOUT A PREDRE SUR 4 JOURNEVX DE TERRE SCISE PRES LES HAYES DOCOCH LEQUEL DECEDA LE 2 JOUR DE MARS l65o Prie{ ‘Dieu pour son ame
Contre le revers de la façade s’applique une dalle de marbre noire qui longtemps fut comprise dans le pavage du chœur Elle mesure 2m de longueur sur im de large. Elle recouvrait les restes de François Rouault. En voici la longue inscription :
CY GIT MESS FRANÇOIS ROVAVLT CHEVALIER CAPITAINE DE CENT HOMMES DARMES ET COM MANDANT VN ESCADRON DE CAVALERIE EN LARMEE DU ROY EN LORRAINE COMMANDEE PAR MONSEIGNEUR LE MARECHAL DE LA FORCE FILZ DE HAVT ET PVISSANT SEIGNEUR MESSIRE NICOLAS ROVAVLT CHEVALIER MARQUIS DE GAMACHES ET DE BEAVCHAMP BARON DE HELLICOVRT LONGROY H VISSEVILLE ET MANSEVILLE SEIGNEVR DE MAREVIL BOVVINCOURT ET MENESLIES BELLE DOVSTE ACHEUX ET PLOVICH DOMQVEVR GORENFLOS FONTAINE SEL ( SÏC ) VICOMTE DE TILLOY BOVRSE VILLE ET AVTRES LIEVX ET DE HAVTE ET PVISSANTE DAME MADANE MANGOT SON EPOVSE QVI FUT TVE AV CAMP DE LVNEVILLE LE XXVI DAOVST MIL SIX CENS TRENTE CINQ AGE DE VINGT ET VN AN
A sa
Passant arreste icy tes yeux Et si cette tombe funèbre Porte tes pensées aux deux Souviens toi que dans ces ténèbres Les destins ont ensevelis Un cœur qui pour les fleurs de lis Consacra la fleur de son âge Et fît voir que contre sa foy Il ne redoutait point d’outrage Pour le service de son roy
Pme\ Dieu
Mémoire
Ce jeune Mars que l’on voioit Comme un nouvel astre parestre Dont la course ne promettoit Rien moins qu avoient fait ses ancêtres Se fît regreter au trespas Des généraux chefs et soldats Qui donnèrent ce témoignage A sa mémoire et sa valeur Qu'il estoit de ceux de son âge Des premiers des hommes de cœur, pour son âme
L épitaphe est surmontée de deux écus ; l’un de Rouault, l’autre mi partie de Rouault et de Mangot.
Les fonts baptismaux, œuvre de la Renaissance se composent d’une cuve, à huit pans égaux, reliée par une base cylindrique à un socle octogonal. Une plinthe carrée reçoit le socle ; des consoles renversées ménagent la transition entre l'octogone et la plinthe. La base comprend un cavet, un quart de rond orné de palmettes et formant corbeille, une gorge, un listel et deux boudins aplatis, superposés. De petites griffes
rattachent la base au socle, et des volutes évidées soulagent la corbeille. La cuve proprement dite a chacun de ses huit panneaux décoré de figures humaines. Quatre têtes d homme sortent en forte saillie pour soutenir la tablette. Elles alternent avec des bustes de femme, dont elles sont séparées par des pilastres cannelés, surmontés d’une double frise, meublée de palmettes. Ces beaux fonts, dont ceux de Longroy sont une réduction, rappellent aussi, mais dans des proportions également plus monumentales, les fonts de l’église de Gouchaupré (i).
A 1 entrée du transept, contre le pilier Sud, se dresse une croix en bois accompagnée des statues debout de la Vierge et de saint Jean. Ce groupe, qui date du
xve siècle, couronnait jadis une poutre de gloire, à l'entrée du chœur, et il est regrettable qu’il ait été relégué si haut. Le Christ, et surtout les deux statues ne sont pas sans mérite. Les quatre petits médaillons quadrilobés qui ornent l’extrémité des bras de la croix se distinguent par la finesse de leur sculpture. Ils représentent quatre personnages assis, tenant sur les genoux un phylactère avec le nom d’un évangéliste. Cette figuration est assez rare, car le plus souvent, ce sont les attributs des évangélistes qui terminent les bras de la croix, comme déjà dès le xe siècle, sur le célèbre évangéliaire de Morienval, conservé dans le trésor de la cathédrale de Noyon, et au xie siècle, au beau Christ du musée de Madrid qui provient de la cathédrale de Léon.
L’église possède plusieurs statues en bois, bien conservées, qui remontent aux xv‘ et xvitf siècles. Il faut citer, parmi celles-ci, un saint Fiacre, deux Notre Dame de Pitié avec le Christ sur les genoux, une sainte tenant d’une main un livre et de l’autre une palme; et surtout un saint Michel terrassant le démon, provenant sans doute de la chapelle, aujourd'hui détruite, du cimetière. L’archange, tête nue, porte une longue chevelure retenue par un cercle d'orfèvrerie : camail, cuirasse, tassettes reliées à la cuirasse par des courroies, court jupon de mailles, brassières, coudières, cuissots, genouillères et jambières, telles sont les pièces de l’armure complète qui le protège. Un ample manteau, jeté sur les épaules et agrafé sur la poitrine par un élégant fermail en forme de trèfle, dégage les bras et les ailes. La main droite levée brandit une épée, la gauche s’appuie sur un bouclier à huit pans, ornés de côtes qui se rejoignent à l’umbo. Le monstre jeté sur le dos, sous les pieds de l'archange se débat en mordant l’extrémité du bouclier. Ce groupe offre une très grande ressemblance avec un saint Michel en pierre, du musée d’Amiens.
Si nous ne retrouvons plus à l’église saint Pierre le jubé qu’on y remarquait encore en 1740, nous y admirons plusieurs pièces de son mobilier, dépouilles de
(1) Longroy, canton d’Eu, arr. de Dieppe. — Gouchaupré, cant. d'Envermeu, arr. de Dieppe (Seine-Inf.).
G A MAC I I F. S — PieUi
l’abbaye du Lieu Dieu : un maître autel, des stalles en chêne, un lutrin, qui appartiennent au xviii0 siècle. Ajoutons à cette énumération un chandelier, ou broissin, en dinanderie, du xvie siècle, et nous aurons complété la liste des objets qui meublent l’édifice.
Les trois cloches sont anciennes. La plus grosse qui mesure i m 1 5 de diamètre porte cette inscription :
A LAN 1781 JAY ÉTÉ BENITE PAR m' JACQUES RIQUIER
CURÉ. DE S1 * 3 PIERRE ET St NICOLAS DE GAMACHES ASSISTEE (SIC)
DE Me SIMON PIERRE LE GRIS VICAIRE A DESDITES PAROISSES ET NOMMEE MARIE JOSEPH PAR Me CHARLES ANTOINE MARTIN ETHAART ETUDIANT EN DROIT ET PAR DAMME MARIE JOSEPH A
GARET ÉPOUSE DE Me CRETON AVOCAT EN PARLEMENT