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(1) V. ci-dessus, p. 246.
Fig. 29. — Profil des bases des piliers du rond point, sur le déambulatoire.
le débordant, sur un socle polygonal, auquel le tore inférieur de la base est raccordé par un cavet. Ce socle est fort élevé sur le déambulatoire; à peu près aux trois quarts de sa hauteur, il a un ressaut racheté par une sorte de talon renversé.
Cette disposition des bases marque très bien l’acheminement vers la base dite buticulaire, qui régnera à partir du xiv” siècle.
Les piliers 17 a et iS a, qui répondent à des retombées plus importantes, ont
leurs colonnettes disposées d'une autre façon que dans les suivants 19 a, 21 a, etc.
A la partie inférieure de ces deux premiers piliers (fig. 3o) couverte dans la figure par des hachures, au noyau cylindrique s’appliquent :
1" E11 A, une seule colonnette, vers l'arc doul '
2° En 13, une seule colonnette, vers les grandes arcades 17-19 ai 18-20 a.
3° En C, un groupe de trois colonnettes, une grosse et deux petites, vers le doubleau du déambulatoire.
Fig. 30. — Section des piliers 17 a et 18 du rond point.
4° En D, un groupe de trois colonnettes vers
les grandes arcades 1 5- 1 7 a, 16-18 a.
La partie supérieure, (indiquée en pointillé), présente une tout autre disposition. Tout d’abord, le diamètre du noyau cylindrique est un peu plus fort.
i° En A, il y a un groupe de trois colonnettes, une grosse et deux petites,
pour recevoir l'arc doubleau 17-18 a et les ogives voisines.
20 En B, une seule colonnette, plus proéminente que la première, vers les grandes arcades 15-17 a et 16-18 a.
3“ En C, une seule aussi, d'un plus fort diamètre, pour l'arc doubleau du déambulatoire.
40 En D, une seule également, plus proéminente que la première, vers les grandes arcades 15-17 a, 16-18 a.
5° Entre les colonnettes B et C d'une part, C et D de l'autre, on a ajouté des colonnettes de plus faible diamètre, pour recevoir les ogives du déambulatoire.
Fig. 31. — Section des piliers 19 0, 21 a, etc., du rond point.
Aux piliers 19 a, 21 a, etc. (fig. 3 1 ), la section du noyau reste la même à la partie supérieure qu’à la partie inférieure.
La partie inférieure, couverte par des hachures, comprend :
i° En A, une mince colonnette recevant les branches d'ogives du rond point.
2" En B et D, une colonnette d’un diamètre un peu plus considérable, correspondant aux grandes arcades 17-19 a, 19-21 a, etc.
3° En C, un groupe de trois colonnettes, une grosse et deux petites, assez resserré et assez proéminent, destiné à recevoir le doubleau et les ogives du déambulatoire.
Autant que les décorations en marbre du xvue siècle permettent d’en juger, c'est sur ce seul groupe de colonnettes C seulement, indiqué en pointillé dans la figure, qu'a porté la modification dans la partie haute des piliers qui nous occupent. On l’a fait à la fois moins resserré et moins proéminent.
Fig. 32. — Prolil des doubleaux du déambulatoire, travées 19 a b, 21 a b, etc.
Les grandes arcades du rond point ( 1 5- 1 7 a, 17-19 a, etc.) sont profilées exactement comme les arcades donnant sur le transept (i5 b c, 16 b c, etc., fig. 18). En 17-19 a, 19-21 a, etc., comme leur diamètre est plus étroit, elles sont surhaussées, de manière à ce que leurs pointes soient maintenues à la hauteur de celles des autres arcades 1 5- 1 7 a, 16-18 a, sans leur donner une acuité plus grande.
Au déambulatoire, les sommiers de toutes les nervures de la voûte existent dans leurs profils du xiii° siècle à tous les piliers i5 a, 17 a, etc. Parfois ces sommiers ne sont qu’épannelés.
Les profils des doubleaux 17 a b et 18 a b sont semblables à celui de l’arc inférieur des grandes arcades (fig 18): ils sont incontestablement du xme siècle. Les autres ont un profil moins caractéristique, formé d’un tore à filet saillant accompagné de deux espèces de doucines (fig. 32). Les uns et les autres sont continués à peu près exactement jusqu’à la rencontre des piliers séparatifsdes chapelles, datant du xvi° siècle, sur lesquels ils retombent à pénétration.
Dans les ogives, on remarque deux profils principaux : le premier (fig. 33, A), composé de deux tores qui en accompagnent un troisième à filet saillant, est incontestablement du xm° siècle. L’autre (B), beaucoup plus allongé et plus mou, ne date que de l’époque de la construction des
chapelles, au xvie siècle : il est t’5° a b
d’ailleurs semblable aux profils des nervures de celles-ci. L’un et l’autre sont employés dans les mêmes travées, et ils se rencontrent à une même clef qui a été taillée pour les recevoir tous deux. C’est une preuve de plus que le déambulatoire et les chapelles existaient déjà au xme siècle: en reconstruisant le déambulatoire au xvi°, on se sera servi des anciens claveaux que l’on pouvait encore
utiliser. On remarque en outre, dans cette voûte du déambulatoire, des remaniements dans le détail desquels il est impossible d'entrer.
En i5 b c, sur la chapelle III, (pl. X, XX) le revers du mur du transept porte la même ornementation du xm° siècle en fausse fenêtre que sur la chapelle I. Il y a en outre à droite et à gauche de cette fausse fenêtre, des colonnettes à chapiteaux sculptés, également du xni° siècle, sur lesquels sont des sommiers d’ogives dont le profil est de la même époque, tout comme à la chapelle I (1).
Il est vraisemblable que le cordon mouluré, assez maigre, d’une seule assise, qui règne au-dessus des grandes arcades du chevet, sous les fenêtres hautes, appartient encore au xni° siècle (pl. XLI). Dans ce cordon, au droit des bases qui terminent
Fig. 33. — Profil des ogives du déambulatoire.
(1) V. ci-dessus, p. 244. — Dans la chapelle IV, on ne peut rien voir d’analogue, parce que cette chapelle contient aujourd’hui l’escalier qui conduit à la trésorerie et que le mur 16 b c est percé d’une large ouverture qui date de l’époque du gothique flamboyant. Elle a été renforcée au commencement du xixe siècle de la façon barbare que nous connaissons.
la moulure principale des encadrements des fenêtres, il y a une petite rosace à quatre feuilles sculptée. Ce cordon porte des traces d’incendie et il a été réparé en plâtre, comme les chapiteaux des gros piliers du rond point. Dans tous les cas, ce qui date de cette époque ne va pas plus haut.
Au sommet des piliers i5 a, 16 a du transept, les premières assises des ogives de la première travée qui suit (15-16-17-18) existent dans leur profil du xm" siècle, semblable à celui des ogives du déambulatoire (fig. 33, en A), jusqu'au point où leurs lits cessent d’être horizontaux. A partir de là commence le profil du xv‘ siècle, qui n’est qu’une déformation de celui du xm*. En 16 a, ces sommiers ne sont qu’épannelés.
On peut donc très facilement isoler la partie de cette église qui appartient au xm” siècle. C’est : i° tout le transept, moins les voûtes, avec les arrachements sur la nef et sur le chevet; 2” l’escalier Y; 3” les grandes arcades du chevet, avec leurs supports et les arrachements de la voûte du déambulatoire.
Etage supérieur du chœur, déambulatoire et chapelles.
Tout l’étage supérieur du chœur, à partir de l’appui des fenêtres, est de style gothique flamboyant. C’est évidemment de lui, comme nous l’avons vu, que Pierre
le Prestre veut parler lorsqu’il dit qu’à la suite de l’incendie de 1475, il » emprint de parmonter de machonnerie » le « commencement d’église k composé d’un chœur et d’une croisée (1).
Dont Cotron attribue cependant à Eustache le Quieux la voûte du chœur, aussi bien que celles de la nef et du transept (2).
Pierre le Prestre aurait donc seulement commencé à élever les hauts murs et les piliers du chœur au-dessus des grandes arcades sans a voir eu le temps de construire la voûte elle-même; ce qui ne serait pas surprenant, puisqu’il dit lui-mêmequ’il n’eut
« n’eustesté les guerres, ilz l'eussent eu parfait en l’autre » (3).
Fig. 34. — Voûte du chœur.
(1) V. ci-dessus, p. 245.
(2) V. ci-dessus, p. 223.
(3) V. ci-dessus, p. 2