VIII. — Parties latérales de la Nef
Les côtés de la nef présentent, dans leur ensemble, la même disposition générale qu’au portail ; les deux galeries qui divisent sa hauteur, avec leurs bakistrades à meneaux diversement ajourés, se continuent d’abord sur les côtés des tours ; des ouvertures ménagées dans l’épaisseur des contreforts permettent d’y circuler. La première galerie se trouve au bas des arcs-boutants et se continue, à gauche, jusqu’à la tour Saint Firmin, et à droite, jusqu’à l'extrémité du mur du transept ; la seconde suit le bas de la toiture de la nef dont elle reçoit les eaux, et elle rejoint le mur du transept, ce qui permet en suivant la plate-forme de ce mur qui est garni d’une balustrade en fer, de faire le tour entier du haut
de l’édifice. Le toit de la nef, soutenu par une charpente colossale, est surmonté, sur toute sa longueur, d'une crête en plomb richement découpée en dentelle à jour. Viollet-le-Duc la considérait comme une des plus remarquables parmi celles que le xvi' siècle nous a léguées.
Les parois latérales des tours sont accotées à chaque angle, comme au portail, de contreforts géminés avec niche inférieure plate, accusée par un socle ouvragé
et un dais pyramidal en application, dont les arêtes sont garnies de crochets ; ces niches sont restées vides. Les parois sont percées chacune, dans le bas, d'une fenêtre ogivale partagée en trois compartiments. La partie supérieure de leur remplage comprend des meneaux flamboyants à la fenêtre du côté Nord, qui vient d’être restaurée tout récemment, et des meneaux dessinant des trilobés, et des mouchettes, à celle du Sud qui n'est pas surmontée d'accolades ; les murs latéraux des tours ne sont pas pannelés comme sur plusieurs points du portail, sauf toutefois au-dessus des baies supérieures géminées dont il a été parlé plus haut. Au-delà des tours, et en s'éloignant de la façade, existe un certain intervalle après lequel sont les chapelles latérales qui dépassent les bas côtés et donnent à cette partie de l’église une plus grande largeur ; dans cet intervalle, un peu en retrait extérieurement, on voit, à gauche du monument, et donnant sur l'Avenue du Rivage, la porte de l'ancienne trésorerie. Elle est en plein cintre avec moulures d'encadrement unies, et elle est surmontée d'une sorte de fronton, relativement élevé, d'un galbe élégant et tout particulier, qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans l'édifice. Au centre, entre les moulures, existe une petite niche cintrée, vide de statue, dont les montants ont été abattus et qui est surmontée d'un dais sans pointe.
De ce même côté gauche, le mur est percé d’une fenêtre ogivale à trois compartiments divisés à mi-hauteur par un filet horizontal ; à l'endroit de l’ogive, les montants de division se contournent en meneaux pour former trois quatre-feuilles; la fenêtre est surmontée d'arcs en accolades ornés de crochets à l’extrados. Leur sommet, atteint, par une pointe pédiculée, le soubassement de la balustrade de la première galerie. Cette disposition se retrouve aux fenêtres des deux premières chapelles, en façade sur l'Avenue du Rivage ; mais ces fenêtres sont à quatre compartiments ; le remplage de l’ogive comprend six quatre-feuilles pour la première; les meneaux de la seconde sont flamboyants. Quant à la troisième, plus étroite à cause de l’espace occupé par la tour St-Firmin placée à côté, elle est en deux parties, et son accolade se termine en une sorte de panache avec deux crochets.
Du côté opposé, au Sud, vers la rue de l'Hôtel-Dieu. la disposition en retrait est la même, mais là, il n'y a pas de fenêtre dans le mur de côté de la première chapelle ; ce mur est resté entièrement nu. La fenêtre de fond de la première chapelle est en trois parties, avec meneaux flamboyants dans l'ogive ; elle est garnie de verres de couleur à sujets.
Contre la tour, de ce côté, s’élève une tourelle octogonale qui vient se joindre au contrefort d’angle ; sa structure est semblable à celle des tourelles du portail et de la tour St-Firmin ; elle est partagée dans sa hauteur en cinq parties étagées, indiquées par des cordons transversaux, et ses parois sont ornées de petites arcatures pannelées en application. Cette tourelle avec escalier intérieur en spirale qui fait communiquer du sol à la première galerie par une porte latérale, est éclairée, à la seconde et à la quatrième partie, par une petite baie rectangulaire en hauteur partagée par le milieu ; elle est surmontée d'un toit pyramidal en pierre, également à huit pans ornés de crochets aux angles, avec pointe pédiculée, qui arrive aux deux tiers environ de la seconde partie du monument.
Les chapelles latérales présentent à l'extérieur trois travées séparées par des contreforts qui viennent buter les murs intérieurs de séparation et encadrent les fenêtres ci-dessus décrites ; entre ces contreforts, vers le haut, passe la balustrade à meneaux ajourés de la première galerie, qui suit de chaque côté le bas des arcs-boutants au-dessus des combles des chapelles et va rejoindre plus loin le mur du transept. A la travée du milieu, à gauche du monument, du côté du Rivage, les
meneaux sont remplacés par des médaillons ronds, où sont représentées les personnes qui ont pris part, de 1 865 à 1873, à la restauration de ce côté de l’église :
MM. Massenot, architecte diocésain, Folie , entrepreneur, Ringard, appareilleur, Lépinoy, sculpteur, Cahnn, dessinateur : puis, MM. Sauvage, maire, Crusel, président du conseil de fabrique, et Voclin , archiprêtre, curé-doyen. On peut mentionner encore ici, bien que leurs portraits n'y soient pas figurés, les noms de MM. Belin, maire, Delasorne, curé-doyen, Lambert, président, Alfred Lottin, trésorier,
Em. Delignières, secrétaire, qui, eux aussi, ont coopéré à cette oeuvre. A la travée
correspondante, à droite, des médaillons semblables présentent des figures de
fantaisie, aux types grotesques.
Les contreforts des chapelles sont ornés, chacun, vers le bas, de deux moulures verticales, et, dans leur intervalle, au milieu, passe un larmier avec gorge profonde ; ces moulures sont surmontées, sur deux hauteurs, de petits pignons appliqués se prolongeant en pinacles simulés. Les contreforts présentent à la suite un clocheton
à crochets, dont la pointe pédiculée arrive sous les gargouilles, presque à la hauteur du soubassement de la première galerie ; ils se prolongent au-dessus de la balustrade, et sont garnis, là, de deux arcatures trilobées ; ils s'élèvent ensuite, un peu en retrait, pour contrebuter la poussée des arcs-boutants qui leur correspondent et se terminent enfin par deux pinacles prismatiques se surmontant et s’élevant progressivement pour finir en une pointe pédiculée garnie de crochets.
Les arcs-boutants, au nombre de trois pour chaque côté du monument, passent au-dessus des voûtes des chapelles dans le plan des murs de séparation ; ces arcs présentent chacun deux baies ogivales, obliques et successives, sur lesquels court un simple chaperon. Ils ont été refaits entièrement de 1 865 à 1873; malheureusement, on a adopté le style des xne et xme siècles, dans la pensée de faire plus solide, et il est permis de regretter que l’on n’ait pas suivi celui de l’époque du monument. Ces arcs-boutants étaient auparavant surmontés de délicates et riches arcatures à claire-voie ; les pinacles des contreforts étaient plus élevés, plus sveltes et plus richement décorés. 11 existait en outre, entre chaque contrefort, à la hauteur de la balustrade, de petits pignons à moulures avec statues au milieu (1); on n'en retrouve qu’un seul, à la troisième travée au Sud où il est coupé à moitié par le mur du transept.
Dans l'intervalle des arcs-boutants, à la partie la plus élevée, se trouvent de grandes fenêtres ogivales, à meneaux flamboyants, surmontées d’accolades à crochets, qui éclairent le haut de la nef ; la pointe de ces accolades est pédiculée, et atteint le soubassement de la seconde galerie qui suit le bas des versants de la toiture. Dans les intervalles, les murs, là encore, sont ornés d'arcatures pannelées.