‹ La Picardie historique et monumentale (volume 3)Chapitre 11 sur 79 · IX. — ■ Le mur du Transept. — La Tour St Firmin · texte numérisé non relu

IX. — ■ Le mur du Transept. — La Tour St Firmin

Le transept, nous l’avons dit, n’a pas été exécuté ; on n’en avait élevé que la paroi orientale quand les travaux ont du être arrêtés, vers 1 53g, faute de ressources, et ce mur est toujours resté debout, isolé. Vers chacune de ses extrémités se voit du haut en bas une suite de pierres d’attente ; enfin il est soutenu de chaque côté par un contrefort rectangulaire décoré de huit compartiments séparés par des moulures transversales et ornés d’arcatures pannelées; le sommet se termine par un chaperon à deux versants avec moulure garnie de crochets.

Ce mur du transept présente au milieu, (endroit correspondant à l’axe de la nef), une grande fenêtre ogivale vitrée en blanc, avec rosace simulée. Une baie ogivale, encadrée d'une moulure unie apparait de chaque côté de la fenêtre centrale ; elle est accotée de deux gros piliers à contours ondulés, engagés à moitié dans le mur ; ces piliers ont été arrêtés à la naissance des arceaux qu’ils devaient supporter. A côté, toujours dans le haut du mur du transept et vers ses extrémités, se trouve une autre fenêtre aveuglée, plus étroite, et ornée de meneaux. Au-dessous, se voient, à l'extérieur du côté du chœur, deux travées du triforium dont l’une, presque terminée, est de même forme que celles de la nef ; elle est pourvue d’une balustrade. L'autre travée est simplement indiquée par des filets. Du côté intérieur, vers les arcs-boutants, et aussi à chaque extrémité, le haut de ce mur du transept est couvert de moulures pannelées ou arcatures comme on en voit presque partout

fi) Voir le dessin qui sert d entête à cette notice.

H ,ue contr la hauteur de la

j rcsquo terminé .

-i \.in. ')ités : voit par des

MÊÊÊÊËÊ

ailleurs, et, sous la plate-forme de ce mur, existe une sorte de corniche à moulures avec bosselages espacés, frise à entrelacs et bandeau en doucine, comme sous les balustrades des galeries. Toute cette partie de l’édifice, du côté du chœur, surtout en 1 examinant de l’Avenue du Rivage, présente l’aspect lamentable d’une véritable ruine.

A l’extrémité Nord du mur du transept, se dresse la tourelle dite de Saint Firmm, qui part du sol et s'élève de plusieurs mètres au-dessus de ce mur, en s'appuyant à un contrefort qui le soutient vers son extrémité. Cette tourelle est d’une structure très hardie, d'une grande sveltesse, et de forme octogonale ; elle est divisée transversalement en neuf parties par des moulures, et ses parois, sur toutes les faces de l’octogone, sont ornées chacune de trois petites arcatures pannelées à pointe trilobée. Ces parties se raccordent, au nombre de huit, avec celles du contrefort, et la neuvième en dépasse le faîte. Une porte, pratiquée dans la troisième chapelle, dite de Saint Vulfran ou de Saint Louis y donne accès, et, à l’intérieur de la tour, un escalier en spirale mène, par une montée de 260 marches, au sommet du mur du transept, d’où l'on pénètre par une ouverture dans la logette qui la surmonte. Une autre porte, plus petite, toute simple, existe également à l'extérieur, à quelque hauteur ; l’intérieur de la tour est éclairé par plusieurs petites baies.

Cette haute tourelle est, malheureusement, un peu inclinée en dehors, du côté de l’Avenue du Rivage, et elle a donné à une certaine époque de grandes inquiétudes; on l’avait même entourée de i8q5 à i85q d’un échafaudage pour la soutenir de haut en bas, mais, à l’aide de forts ancrages retenus le long du mur du transept, on est parvenu à la préserver de tout danger ; depuis, l’infléchissement n'a pas continué. L’amortissement de cette tour présente une grande élégance et une structure toute particulière ; le tronçon supérieur est surmonté d’abord d’une galerie en encorbellement, avec balustrade à meneaux flamboyants et petits clochetons aux angles ; sous chacun d’eux, après un bandeau formant soubassement, se voit une sorte de cul-de-lampe orné de têtes grotesques comme on en remarque aux poutres des maisons du xvi” siècle. Une logette ronde, percée de huit ouvertures en hauteur, partagées transversalement par le milieu, s’élève sur la plate-forme (1). Au-dessus d’une couverture en pierre, à plans inclinés, se dresse une sorte de couronnement ajouré, de forme ovoïde et d’un effet très gracieux ; Ce couronnement se décompose en huit parties par des moulures longitudinales au travers desquelles s’entrecroisent de légers cordons ; le tout se termine, au faîte, par une boule supportant une croix. Enfin, tout contre la tour, s’élève un pinacle quadrangulaire à aiguille avec petits frontons appliqués et crochets.

Page 1