‹ La Picardie historique et monumentale (volume 3)Chapitre 9 sur 79 · VII. — Partie de la façade au dessus du Porche Central · texte numérisé non relu

VII. — Partie de la façade au dessus du Porche Central

La façade au dessus du porche central fut décorée, suivant Gilbert, aux frais de Louis XII dont l’écusson, placé sur le fronton, fut gratté pendant la Révolution : cet espace est occupé, dans toute sa largeur entre les contreforts, par une immense baie qui a été entièrement refaite, conformément à l’ancienne, lors des derniers travaux, et garnie de vitraux aux brillantes couleurs dont nous parlerons plus loin. Cette baie est en ogive, divisée depuis sa base jusqu'au milieu de sa hauteur en huit parties par six meneaux verticaux ; elle est encadrée, à l'intrados, par des moulures unies avec cordon extérieur sous lequel court une frise composée de branches de vignes avec grappes de raisin et qui s’arrête à la naissance de l’arc. Une rose monumentale, avec nombreux meneaux très ingénieusement contournés, occupe la partie supérieure de cette grande baie ; ces meneaux viennent se rejoindre en un point central où se trouve placé un écusson rond avec armoiries chargées de trois hures de sanglier ; c’était, selon Gilbert, celles d'un riche personnage d’Abbeville, Deslayiers, capitaine de la milice bourgeoise. Au-dessus, s’élèvent des arcs en accolade finissant en une pointe pédiculée qui dépasse un peu le rebord supérieur de la balustrade de la seconde galerie. La paroi du mur, aux écoinçons, est garnie, là encore et sur deux rangs, d’arcatures pannelées, ogivales, réunies deux à deux, avec lobe en losange dans l’intervalle.

La troisième partie du porche central, au-dessus de la seconde galerie, comprend un vaste pignon qui correspond au comble de la nef ; ce pignon est percé, dans le bas, de deux petites portes à plein cintre, surmontées d’une moulure unie ; le mur, au-dessus, est un peu en retrait. A mi-hauteur, apparaissent trois statues colossales ; celle du milieu représente la Ste Vierge, debout, portant l'Enfant Jésus ; c'était la patronne des arbalétriers d'Abbeville. Elle est appliquée

contre un petit contrefort formant pilastre, posée sur un socle avec soubassement carré, et surmontée d’un dais pyramidal garni de petits crochets. Les deux autres, posées aussi sur des socles, sont celle de St Vulfran à gauche, et, à droite, celle de St Nicolas avec la cuve traditionnelle où se trouvent trois enfants ; ces statues sont abritées sous un léger fronton mouluré. Au-dessus des rampants du pignon, s’élèvent, à des hauteurs différentes et progressives, cinq pinacles en aiguilles, ornés de crochets et à pointes pédiculées, reliés par des arceaux à jour ; le pinacle placé au sommet de l’angle du pignon, dépasse les autres et se termine g>ar une croix ouvragée ; ceux des côtés se prolongent par le bas jusqu'à la galerie. Ces motifs d'ornementation, aux délicates découpures, se détachent sur le ciel et présentent, à distance, un effet décoratif des plus élégants. Cette partie du monument a été l’objet, vers 1845, d'une restauration, très intelligente et très réussie, sous la direction de M. Herbaut, architecte.

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