‹ La Picardie historique et monumentale (volume 3)Chapitre 46 sur 79 · HOCQUINCOURT · texte numérisé non relu

HOCQUINCOURT

Il y a une quinzaine d'années, on voyait encore près de l’église un grand arc en tiers point qui marquait l’entrée du château. Il a complètement disparu, et, de la vieille demeure qui appartint à une des plus célèbres maisons du Ponthieu : la maison de Monchy, il ne reste aujourd’hui que le souvenir.

Le plus illustre représentant de cette famille est Charles de Monchy, marquis d’Hocquincourt, vice-roi de Catalogne, gouverneur de Péronne. Sa bravoure sur les champs de bataille lui avait mérité le bâton de maréchal de France ; mais homme d’esprit, triste caractère, il ternit sa gloire en passant à l’Espagne et fut tué en 1 658, au siège de Dunkerque. Avant de mourir, il demanda pardon au Roi. Louis XIV oublia les années d’égarement; il se souvint des deux fils du maréchal, morts à son service, dignes fils d’une femme énergique et patriote : Eléonore d'Estampes, qui avait défendu Péronne à la place de son mari, deux fois infidèle. Il permit que fussent exécutées les dernières volontés du vieux capitaine repentant. Son corps repose à Notre-Dame de Liesse. (1)

L’église en moellons blancs est un charmant type d’église rurale du style flamboyant. Elle se compose d’un chœur voûté en pierre et d’une nef voûtée en bois. Le chœur comprend deux travées droites suivies d’un chevet à trois pans éclairé par trois fenêtres. La lenêtre de l’axe, plus large que les autres comme dans plusieurs églises de la région, à Cocquerel, à Allery et à Liercourt, a deux meneaux, au lieu que toutes les autres fenêtres du monument, dont soufflets et mouchettes constituent le remplage, n’en ont qu’un seul.

Une série d’arcatures méplates qui présentent de petits arcs en plein cintre, où sont inscrits des trilobés, tapisse le tour du chœur. Les bases prismatiques qui en terminent les piédroits reposent sur un socle assez bas et de faible relief qui se raccorde au nu du mur par un talon renversé. Cette décoration s’arrête au larmier qui suit le pourtour du chœur, au-dessous du glacis des fenêtres, et s’interrompt à droite, pour laisser voir une piscine amortie en anse de panier. De petites demi colonnes à pans coupés, rehaussées de petits arcs en tiers point gravés en creux, marquent chaque travée, et se détachent en saillie. Elles reçoivent des statues modernes.

Dans la première travée au Nord, un grand arc en tiers point fait communiquer le chœur à la chapelle seigneuriale. Il y a quelques années, on convertit cette partie de l’église en sacristie et on découvrit un grand nombre de sépultures

|i) Abbé Le Sueur. Charles de Monchy, marquis d'Hocquincourt, maréchal de France 1599-1668. Amiens, 1891, î65 pp. Je n’ai fait que résumer ici ce bon travail. M. Le Sueur a dépouillé tous les mémoires du temps ; il a eu, de plus, le mérite de découvrir dans les archives de N.-D. de Liesse a le procès-verbal de l’inhumation de feu M. d’Hocquincourt, mareschal de France. »

célèbres maisons du Ponlhicn :

li tries de Morichy, marquis ni de France ; mai'-

appartenant sans doute aux ancêtres et aux descendants du maréchal d’Hocquincourt. Dans toute notre région, quand l’église contient une chapelle, celle-ci occupe souvent cette place au Nord, comme à Cocquerel, à Huppy, à Villers-Campsart. Nous avons vu que la petite église voisine de Bellifontaine qui fut construite à la même époque que l'église d’Hocquincourt, dont elle rappelle tout à fait le style, possédait aussi une chapelle ouverte sur le flanc septentrional.

Des nervures dont le profil simple accuse le xvt" siècle, plutôt que le xv', supportent la voûte. Elles pénètrent dans des demi colonnes rondes qui reposent sur de petits socles moulurés. Aux branches d’ogives viennent se joindre des liernes qui partent du sommet des formerets et réunissent les clefs. La plupart des claveaux qui les composent sont simplement moulurés, mais quelques-uns ont leur gorge meublée de rinceaux et de pampres de raisin. Cette voûte, il faut le remarquer, ne fut pas immédiatement construite. Les premières assises des ogives ne décrivent pas la même courbe que les suivantes ; il entrait dans le plan de l’architecte de construire une voûte moins élevée.

Trois belles clefs pendantes, dans le style de la renaissance décorent l’intersection des nervures. Des groupes de personnages en composent l’ornementation. Des chapiteaux rehaussés de feuilles d’acanthe, de coquilles et de têtes d'anges surmontent les groupes. La plus importante des trois clefs et la plus voisine du sanctuaire représente la Trinité. Le Père assis soutient le Fils crucifié et sur la corbeille du chapiteau, le Saint-Esprit déploie ses ailes.

Un grand arc en tiers point, dont les piédroits à pans coupés font saillie sur le nu des murs, sépare le chœur de la nef. A l'extrémité de celle-ci, à droite, on remarque une petite piscine semblable à celle du chœur. Une fausse fenêtre, rappelant par son style et ses dimensions les fenêtres de l’église, est gravée en creux sur le revers de la façade.

Une voûte en lambris de bois, beaucoup pilus haute que celle du chœur et restaurée en 1854, comme l’indique une date inscrite sous un des blochets, a conservé son caractère primitif. Elle piossède ses tirants, ses poinçons et six blochets

Le premier blochet du côté de l’Evangile représente un saint moine. Un monstre placé à sa gauche lui offre un objet difficile à déterminer. Le blason qui l’accompagne, en forme de losange porte : écartelé aux 1 et 4 de gueules, au chef d’argent qui est Framecourt ; aux 2“ et 3% de gueules à trois coquilles d’or posées 2 et 1, qui est Ricametx. Voici un moine portant la couronne monacale et la crosse, mais sans autre caractéristique ; son blason, losangé porte au ier d’argent à trois fasces de gueules qui est de Vaux, au 2' d’hermine plein ; mais il faut lire sans doute : d’hermine à deux bars adossés de gueules, qui est Gaucourt ; car il y eut des alliances entre les deux familles. Un saint Jean-Baptiste tenant l’agneau divin sur un livre, vient ensuite ; puis un saint François d’Assise, aux mains stigmatisées. La série se continue par un saint Jean l’Evangéliste tenant un calice d’où s’échappe le dragon et se termine enfin par une sainte Marguerite foulant un dragon sous ses pieds. L’écu losangé qui accompagne cette dernière statuette est : parti, au 1" de Vaux et au 2e de Framecourt-Lespèche ; mais le peintre a interverti par erreur l’ordre des quartiers. Ces armoiries relatent l’union de Jean de Vaux, seigneur d’Hocquincourt avec Marguerite de Framecourt-Lespèche. Leur fille unique par son mariage survenu en i 535, fit passer le domaine d’Hocquincourt à la famille de Monchy. (1)

(1) Je dois à M. de Guyencourt la description de ces blochets et l’identification de ces armoiries. Je l’en remercie très cordialement.

L'extérieur de l'église, dans laquelle s'ouvrent deux portes en anse de panier, l'une dans l’axe de la nef, l'autre dans le mur méridional, est épaulé de contreforts en talus. L’écu aux trois fasces des de Vaux orne la clef de la porte latérale.

Rien dans la toiture n'accuse la différence des voûtes. Des archivoltes avec ces

retours horizontaux, dont la présence est si fréquente dans les églises flamboyantes de la région surmontent les fenêtres.

La façade encadrée par deux contreforts d’angle présente une particularité. Ce sont ces deux autres contreforts disposés de chaque côté de la porte. Ils montent jusqu’au sommet des combles, et se réunissent par un arc en tiers point qui sert

d’assiette au clocher de charpente, disposition fort simple qui ne manque pas de

caractère.

L'église d ' Hocquincourt possède une jolie statuette en bois polychromé, représentant sainte Marguerite, qui appartient au xvie siècle.

L’ÉGLISE

La paroisse d’Huppy conserve un antique usage. Aux processions et enterrements, un homme vêtu d'une dalmatique rouge galonnée d'or précède le cortège. Il est coiffé d’un bonnet rouge conique, et s'avance gravement une clochette dans chacune des mains. Le cloqueteur, — car tel est le nom du personnage, — rappelle le souvenir d’une institution aujourd’hui disparue: la Confrérie de la Charité. Un compte du xvme siècle, gardé dans les archives de la fabrique prouve combien était florissante encore, à cette époque, l’association. Le vieux registre contient d'amusants détails et la lecture ne laisse pas d'en être piquante. — « Le 27 février 1742, payé la somme de six livres, tant pour eau-de-vie que tabac, aux confrères qui ont veillé madame la Violette ; le 3o avril, donné au chapelain 10 sols pour qu'il les distribue à Louis Mont l'aîné ; payé 10 sols six deniers pour acheter quatre onces de tabac et un broc d'eau-de-vie pour ceux qui ont fait la fosse de madame la Violette . etc. »

Cette œuvre charitable remontait sans doute au commencement du xvif siècle et devait son origine aux pestes successives qui désolèrent les campagnes en 1592, en 1 633 et en 1640 ; toutefois, dans le courant du xvm' siècle, bien qu’elle accomplisse encore des œuvres matérielles de charité, comme la veillée et l'ensevelissement des morts, des distributions d’argent aux pauvres, la Confrérie est devenue peu à peu, et plus spécialement, une association de prières. Elle compte de nombreux affiliés, non seulement à Huppy, mais dans nombre de villages voisins. Chaque année, en septembre et en octobre, des confrères parcourent 80 villages ou hameaux pour recueillir les cotisations annuelles qui sont de cinq sous par personne.

Ses revenus qui dépassent certaines années 5oo livres lui permettent de faire face à de nombreuses dépenses. A son budget, émargent son chapelain, le curé

avril, do ni au chapelain 10 sols pour

commenc Ju xvn* siècle

pour son droit d’autel, le vicaire pour son assistance aux offices et aux obits, le magister qui chante à l’église, le carillonneur qui sonne la cloche, le cloqueteur, qui dans certaines cérémonies, processions ou convois funèbres, ouvre le cortège, clochettes en mains. La confrérie possède sa chapelle, la chapelle saint Sébastien qui occupe le bras droit du transept de l’église, où se voit encore le grand coflfre en chêne qui contenait ses archives. (i)

L’église d’Huppy est , avec celle de Fontaine, le plus beau et le plus complet monument de notre canton et peut soutenir la comparaison avec sa rivale des bords de la Somme. Si elle n’a pas le joli portail de celle-ci, elle possède un élégant clocher; si elle ne montre pas dans ses voûtes les fines sculptures de la chapelle de la Vierge de Fontaine, elle déploie dans ses fenêtres de magnifiques verrières. Les deux églises se complètent l'une l’autre.

Elles appartiennent au même style et furent construites sans doute à la même époque.

L’église d'Huppy, moins vaste que sa voisine n’a qu'un seul collatéral qui flanque le côté septentrional de la nef.

Trois grandes arcades relient les deux nefs. Un transept dont le bras méridional seul accuse à l’extérieur le plan cruciforme du monument, précède un chœur formé de deux travées droites, que termine un sanctuaire à pans coupés. Une chapelle seigneuriale s’ouvre par une grande arcade en tiers-point dans la première travée septentrionale du chœur.

Huppy. — Plan de l’église.

du

(i) Pour plus amples détails, voir : abbé Le Sueur : Les confréries de charité dans le Ponthieu (extrait Dimanche), Amiens, 1902, in-8°, pp. 25-31. 36

La nef comprend trois travées. Les constructeurs avaient pensé la couvrir d'une voûte de pierre, ainsi que le collatéral, et les nervures d’attente, heureusement respectées par les restaurateurs du monument, marquent encore le départ des doubleaux et des ogives. Les trois nervures, identiques comme profil, reposent sur de petits culots ornés de feuillages ; sous quelques-uns de ceux-ci, on a découvert récemment des croix de consécration. Trois piliers rectangulaires aux angles abattus recueillent les retombées des grandes arcades en tiers-point, qui se composent d’un gros boudin s'engageant par une pénétration triangulaire dans le pilier, et d'une série de cavets et de bandeaux. Une moulure prismatique forme archivolte.

La construction des nefs a précédé celle des croisillons et du chœur. Le grand arc en tiers-point qui sépare la nef du carré du transept, en renforçant le dernier pilier, a noyé en partie les nervures d’attente. L’extrémité des deux ogives qui se voient de chaque côté, montrent bien que le plan primitif fut modifié. D'autres détails le prouvent encore : les grandes arcades du carré du transept et les consoles qui reçoivent les nervures sont sensiblement plus basses au transept et au chœur qu’à la nef.

Le carré et les bras du transept, et le chœur reçurent des voûtes de pierre ; elles furent construites après coup. Ainsi qu’à la nef, on lança d’abord les premiers claveaux des nervures sans poursuivre l’achèvement des voûtes. Le raccord est très-visible entre les premières assises et les suivantes ; les profils présentent des différences complètes au chœur, et à la chapelle de la Vierge toutes les branches d’ogive sont ornées de rinceaux de feuillages ; les trois claveaux de départ seuls n'en ont pas.

La voûte de la chapelle de la Vierge offre la disposition suivante : autour d’une clef centrale ornée de petites niches destinées sans doute à abriter des statuettes et séparées les unes des autres par de petits pilastres, rayonnent huit petites clefs dont le caractère principal est de présenter deux tablettes superposées qui se profilent en perspective : un petit culot feuillagé complète la décoration.

Les cinq clefs, tout à fait remarquables par leur sculpture fine et délicate, qui meublent la voûte de la chapelle saint Sébastien (croisillon méridional) appartiennent à l'art de la renaissance et n’ont aucun caractère religieux. A la clef centrale, audessus d’un chapiteau à larges feuilles d’acanthe, imitation très visible du chapiteau corinthien, quatre petits personnages, le torse nu, les jambes dans une gaine de feuillage, à la façon des cariatides, soutiennent la tablette qui reçoit les nervures. Deux autres clefs représentent des femmes se tenant par le bras, les jambes tortillées en spirale ; un autre offre quatre massacres de mouton ; un autre quatre têtes d’enfants joufflus. J’ajouterai que l’ornementation des branches d’ogive, a moins de relief ici qu’à la chapelle de la Vierge.

La voûte du carré et celle du chœur présentent avec les autres de notables différences : l'influence de la renaissance s’y révèle davantage. Plus encore à Huppy qu'à Fontaine, le style nouveau règne en maître dans celte partie de l'église. Au chœur, le large méplat qui termine chaque nervure est creusé de petits caissons, la plupart des claveaux sont unis, quelques-uns ornés de cartouches ; les clefs d’un dessin assez sec appartiennent déjà à la deuxième renaissance. La clef du milieu porte les armoiries de France ; les petites clefs latérales présentent des petites tablettes et des culots sculptés en perspective ; sur l'une d’elles se détache un écusson orné d’une croix de Malte ; sur la clef voisine du grand arc qui sépare le chœur du carré du transept un écusson est : parti, au premier, d'argent à deux lions affrontés, armés et lampassés de gueules, tenant un écusson de même

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et une fleur de lys sur l'épaule, qui est Teuffles ; au deuxième, de... à la croix de Malte de .

De grandes archivoltes trilobées encadrent les fenêtres du chœur, ainsi que la grande arcade qui communique avec la chapelle ; leurs extrémités s'ouvrent pour rejoindre le faisceau des nervures — doubleau, ogives et formerets — qui reposent sur des consoles ornées, comme celles de la nef, de choux frisés.

A droite du maître-autel et de chacun des deux autels qui occupent la face orientale des croisillons, est creusée une piscine amortie en anse de panier.

La chapelle seigneuriale n’appartient pas à la construction primitive et ne fut pas prévue tout d’abord dans le plan de l’architecte ; les traces de reprise demeurent très visibles à l’extérieur. On avait formé le projet de la voûter, comme le prouvent les culots d’angle et les amorces des nervures. Elle se fait remarquer par la beauté des vitraux qui garnissent ses deux fenêtres, et par la présence d'une cheminée. Les cheminées de chapelles seigneuriales sont assez rares ; on en voit à Pierrefonds, à l’église de Brou, à Fressin dans le Pas-de-Calais, et dans notre région, à Villers-Campsart ; mais il ne faut pas s’étonner de trouver une ressemblance entre les chapelles des deux églises de Villers et d’Huppy, car les mêmes seigneurs, les La Rivière possédèrent les deux fiefs, (i)

Les fenêtres n’ont pas à l’intérieur et à l’extérieur, une triple moulure prismatique formant archivoltes et se poursuivant le long des piédroits comme à Fontaine ; elles n’en possèdent que deux ; mais elles sont beaucoup plus larges que celles de Fontaine et deux meneaux les partagent au lieu d’un seul. Leur remplage offre aussi une plus grande richesse. Tandis que les fenêtres des nefs, percées régulièrement dans l’axe des travées, se composent, à l'exception de la fenêtre qui surmonte la porte latérale, de trois formes trilobées couronnées de mouchettes, au contraire, les fenêtres des croisillons, de la chapelle seigneuriale et du chœur présentent les combinaisons les plus compliquées et les plus variées. Il faut rendre hommage aux ariistes de l’époque flamboyante qui surent tirer un parti merveilleux de deux éléments très simples: la mouchette et surtout le soufflet. Les réseaux des fenêtres d’Huppy sont de véritables modèles.

Les vitraux dont les restes importants enrichissent quelques fenêtres ont plus de prix encore. Voici dans la deuxième fenêtre de gauche les fragments d'une Cène. A voir ces têtes si expressives et si modelées du Christ et des apôtres, on regrette vivement la destruction d’une verrière, dont il ne reste plus que ce minuscule morceau et qui était une des meilleures de l’église. Au-dessus du Christ légèrement incliné, une banderole porte les paroles de la consécration : hoc est enim corpus meum. Dans le remplage supérieur, entouré d’anges en prières, le Père éternel couronné de la tiare soutient le globe du monde.

La verrière suivante consacrée tout entière à la résurrection de Lazare présente de grandes inégalités : elle fut très restaurée ; la scène inférieure est complètement moderne, mais le réseau supérieur contient des motifs charmants. Au sommet, un personnage nimbé, debout, drapé dans un manteau bleu, représente peut-être le bon Pasteur; saint Nicolas à sa droite, est plus facilement reconnaissableil porte une mitre, tient une crosse d’une main et de l’autre bénit les trois enfants qui sortent d'un baquet. Dans le soufflet voisin, sainte Catherine couronnée, les

(i) R. de Belleval : Les fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu. Paris, 1870, in-4°, pp. 185 et 329. Je relèverai encore d’autres analogies entre les deux églises ; elles ont l’une et l’autre deux nefs, et â Villers comme à Huppy, la chapelle appartient à une seconde campagne de travaux.

cheveux tombant sur les épaules, tient dans la main droite une épée et dans la main gauche un livre fermé. C’est le meilleur morceau du vitrail.

La fenêtre de la chapelle de la Vierge rappelle l’Incarnation. Dieu le Père, coiffé de la tiare, assisté du Saint-Esprit qui se détache sur un nimbe d'or, occupe le sommet du tableau. Immédiatement au-dessous, l’ange vêtu d’une robe rouge, le lys à la main, salue Marie, à genoux sur un prie-Dieu. La Nativité remplit le milieu du vitrail. Devant le bœuf et l’âne, trois anges vêtus, l'un d’une robe violette, un autre d'une robe verte, le troisième d'une robe brune sont en adoration devant l’Enfant divin, étendu nu à leurs pieds dans une gloire d’or en amande; cette scène exquise fait songer aux maîtres flamands. A gauche, saint Joseph chaussé de sandales à patins, tient à la main un bâton ; à droite, la Vierge à genoux, les bras étendus porte une robe rouge et un ample manteau bleu, dont les plis abondants se répandent autour d’elle. Derrière saint Joseph et la Vierge, on aperçoit des anges, des bergers, des moutons. Dans le registre inférieur qui retrace l’adoration des mages, les restaurations furent plus nombreuses. Au centre, la Vierge assise tient l’enfant Jésus. Celui-ci tend les bras vers une boite d'or que lui présente un roi mage à genoux. L’ample robe jaune damassée que porte le roi, se termine de l’autre côté du meneau par une longue traîne, saint Joseph debout, vêtu de rouge assiste à la scène. Dans la forme de droite, un roi vêtu d’un riche costume tient un calice de la main droite et se découvre de la main gauche. Un nègre qui porte des boucles d’oreilles et un collier d'or est à genoux derrière lui et soutient la traîne de son manteau vert (cette partie du vitrail est très-restaurée) ; vis-à-vis, le troisième roi mage vêtu d’une robe rouge foncé tient un calice : sa tête porte une couronne posée sur un turban bleu.

Les vitraux des deux fenêtres de la chapelle seigneuriale présentent un grand intérêt, non seulement par les scènes qui en meublent la partie supérieure mais par les nombreuses armoiries — les huit quartiers — placées au pied de chaque donateur. La partie inférieure des deux vitraux avait été fort endommagée. Il fallut la restaurer. La maison Latteux-Bazin, du Mesnil Saint-Firmin, sous la direction de MM. de Fréchencourt et de Guyencourt, fut chargée du travail; elle le fît avec goût et on ne peut guère aujourd'hui découvrir les morceaux modernes. Malheureusement, plusieurs blasons manquaient ; les artistes se gardèrent d'en créer de nouveaux, mais pour ne pas laisser des vides, ils furent obligés de mélanger les armoiries des deux fenêtres, rendant ainsi impossible pour l’avenir l’établissement des filiations ; il faut dire, il est vrai, que l'identification de tous les blasons serait avant tout nécessaire et qu'elle offre de très grandes difficultés.

De grands sujets remplissent toute la partie supérieure des fenêtres et pour les loger on a fait sauter les redents des trois formes. Dans fa fenêtre du Nord, le couronnement de la Vierge, occupe au centre la place d'honneur. La Vierge, à genoux sur les nuées, drapée dans un grand manteau bleu, a les deux mains jointes ; audessus de sa tête qui s’enlève sur une auréole d’or, le Père et le Fils soutiennent la couronne. Le Père nimbé porte la tiare ; sa longue barbe flotte au vent ; ses traits sont d’une finesse extrême; de la main gauche, il tient le globe du monde; un fermoir agrafé sur sa poitrine retient les deux pans de son manteau brun. Le Christ a la tête nimbée ; un manteau rouge lui couvre une partie du corps ; le buste est nu. La troisième personne de la Sainte-Trinité, la Colombe, se détache sur un fond d’or et plane au-dessus du Père et du Fils.

A gauche, le patron du donateur, saint François d’Assise, à genoux sur une marche d’or porte aux mains les stigmates ; son visage extasié se tourne vers le

lune damassée que porte le

crucifix miraculeux soutenu par les séraphins. Les armoiries qui se lisent audessous du saint sont : écartelé au ier et au 4e; contre écartelé d’or et de sable qui est de Lens; aux 2e et 3e; bandé d’argent et d’azur de six pièces à la bordure de gueules qui est de Lisques, branche cadette.

Faisant face à saint François, sainte Barbe, patronne de la donatrice, tient d’une main la palme du martyre ; de l’autre un livre ; à sa droite se dresse une tour. Dans les armoiries losangées dessinées à ses pieds se trouve le blason d’azur à la fasce d’or qui est de Saint-Omer.

Au-dessous du couronnement de la Vierge, on lit les mêmes armoiries qu'audessous de saint François. Elles ont pour supports deux boucs. Primitivement il y avait un lion à dextre et un bouc à senestre, et pour cimier, un bouc naissant ailé. Un semis de cadenas et de clefs d’argent sur fond d’azur, dont je n’ai pu déterminer la signification garnit le sommet du remplage.

La fenêtre du Nord ne présente pas un moindre intérêt. Au centre saint Michel terrasse Lucifer. Il est nu-tête et dans ses cheveux court un ruban d’or ; un baudrier d’or traverse sa cuirasse blanche ; de la main gauche, il tient un bouclier que partagent en croix des bandes jaunes. Une bordure également jaune contourne le bouclier dont les deux extrémités forment des volutes et rappellent les cuirs découpés si en faveur dans l’ornementation du temps de Henri IL De la main droite, l’archange brandit son épée qu’il ramène derrière la tête ; une petite jupe bleue et un manteau rouge aux plis enflés par le vent complète le costume.

D’un côté, saint Henri, avec tous les attributs de la dignité royale, — manteau bleu semé de fleurs de lys d’or, collier de saint Michel, sceptre, couronne, — assiste le donateur. Il porte une longue barbe et tient de la main droite une couronne de laurier. Agenouillé sur un prie-Dieu drapé de vert sur lequel repose un livre, le donateur, le collier de saint Michel passé autour du cou, porte le costume militaire du xvi° siècle. Une sorte de dalmatique blanche couvre la cuirasse. Les armoiries de Teuffles sont répétées sur l’épaule et la poitrine du personnage. Derrière le seigneur d’Huppy, on aperçoit son jeune fils vêtu d’un manteau rouge aux manches bouffantes. (1)

(1) Généalogie de Louis de Teuffles

Louis de Teuffles Sgr d’Huppy ep: Marie aux Espaules

Jean de Caumont ep : Marie de la Fosse.

JeandeBenserade ep : Jeanne de Lierre en Brabant

Jean du Brestel ep : Marie d’Occoches

Jacques de St-Omer

Louis de Flandre ep : Jeanne de Vissocq

Jean de Teuffles

Sgr d’Huppy

Marguerite de Caumont

Paul de Benserade

Marguerite du Brestel, dame de Chepy

Simon ou

Jean de St-Omer,

Sgr de Morbeque

Marguerite de Flandre

Guillaume de Teuffles ep

Sgr d’Huppy

: Jeanne de

Benserade

Jacques de

Saint-Omer

Louis de Teuffles

ep:

Barbe de Saint-Omer

Sgr d'Huppy

Françoise de Teuffles Ep : Adrien de la Rivière (Bibl. nat., ins. fr. 29, 299, dossier 62, 581, fol. 6.)

Il ne faut pas s’étonner de voir Louis de Teuffles prendre pour patron dans ce vitrail saint Henri.

De l'autre côté, la donatrice Barbe de Saint-Omer, à genoux au milieu de ses trois tilles, tient de ses deux mains un livre au-dessus d’un prie-Dieu tendu d un drap vert comme celui de son mari. Le prie-Dieu et la robe sont semés des fasces d’azur et d'or de Saint-Omer. Une coiffe dont les bords lui tombent jusque sur les épaules serre la tête de la châtelaine ; ses filles ont la tête couverte de bonnets ou de chapeaux à plumes. Auprès de la donatrice, sainte Barbe se tient debout. Sa robe blanche est serrée à la taille par une ceinture d’or : sa main gauche tient une palme, sa droite appuyée sur une épée, un livre. La sainte, les yeux baissés, semble lire.

Au-dessous du saint Michel, le blason de Teuffles, timbré du casque de chevalier a pour supports deux lions. Au bas du vitrail, dans un cartouche, on lit la date de 1545. Dans le soufflet central et les deux mouchettes voisines sont peints des anges. L’ange du sommet, agenouillé, porte une inscription malheureusement illisible ; les deux autres, entièrement vêtus de blanc ont la tête levée vers le ciel et jouent du violon.

Avant de quitter la chapelle, il convient de décrire les nombreux blasons qui complètent la décoration de ces deux belles verrières, et dont je n’ai pas encore

parlé. Les voici, en commençant par les armoiries de la fenêtre du Nord: — d’ar¬

gent à la fasce de gueules, au chef chargé de trois coqs de sable, qui est d’Occoches ; — d'azur à trois basants d’or, posés 2 et 1, qui est de Brestel ; — d’or à la fleur de lys de gueules, au chef d’argent qui semble être Aux Espaules (mal fait); — d’argent au lion de sable qui est de Fiennes, (mais il faut lire sans doute, d’argent au lion de sable, à la bordure de gueules, qui est la Rivière) ; d’argent à trois aigles de sable (il faut lire peut-être d’argent à trois aigles de gueules qui est de Birmeu); — d’or à trois cors de chasse de sable; — écartelé, aux 1" et 4’, bandé de six pièces d’argent et d’azur ; aux 2e et 3', d’or à un lion de sable; — de gueules au chevron d’hermines, au franc-canton d'argent au lion de sable, qui est Ghistelle, avec une brisure ; — de gueules à une fasce d’argent accompagné de trois macles d’or ; — d’or au chevron de gueules ; — écartelé aux rr et 4e de gueules au sautoir d’argent; aux 2e et 3e de gueules à une croix vairée ; — d’hermine au franc-canton de gueules à senestre ; — d’argent à quatre chevrons de gueules, qui est de Courtray ; — La fenêtre du Nord contient

toutes ces armoiries, sauf trois qui sont remplacées par celles-ci : d’or à trois

maillets de sinople, qui est de Mailly-au-Bois ; — d’argent à la fasce de gueules chargée de trois macles d’or, au chef de sable chargé de trois feuilles de trèfle d’argent.

La première fenêtre de gauche du chœur, consacrée à la sainte Vierge, comprend deux registres. Dans le registre inférieur, où figurait une Mystique de l’immaculée Conception, sont jetés sans ordre des fragments qui rappellent quelques attributs de Marie. Des banderoles désignent chacun de ces attributs : Stella maris, — spéculum sine macula , - oliva speciosa. On distingue aussi un groupe

d’apôtres, la tête levée vers le ciel, qui faisaient sans doute partie d’une Assomption.

Le patron d'un personnage n’est pas toujours, au xvic siècle, le saint dont le personnage porte le nom. Ainsi, l’architecte Jean Bullant dans son testament, recommande son âme â la Vierge Marie, à l’archange Saint-Michel et à Saint-Acceol, son patron. (L. Magne, L’œuvre des peintres verriers français, verrières des monuments élevés par les Montmorency, Montmorency, Ecouep, Chantilly. Paris, 1885, in-fol., p. 115). L’église d’Ecouen, paroisse de Bullant était sous le vocable de Saint-Acceol. A Amiens également, on prenait souvent pour patron le patron de sa paroisse. — Louis de Teuffles, chevalier de saint Louis a pu fort bien, par flatterie et reconnaissance, choisir ici pour patron, le patron du roi Henri II.

Les donateurs, deux clercs, se tiennent agenouillés au bas du vitrail, à droite. Le registre supérieur qui représente le couronnement de la Vierge a été en grande partie refait. Les trois anges musiciens qui occupent les mouchettes , en costumes blancs sur fond d’or, sont anciens, avec quelques restaurations.

La fenêtre suivante qui retrace des scènes de la Passion contient plusieurs bons fragments. La tête du Christ et celle de Simon le Cyrénéen dans le portement de croix, et le Christ à la colonne dans la mouchette, paraissent anciens. Au bas de la verrière, deux blasons sont entourés de couronnes de feuillage ; un enfant, les bras étendus au milieu d’arabesques tient des rubans qui relient les deux couronnes. L’un des blasons est : palé d’or et de sable — il faut lire sans doute palé d’or et de gueules, qui est de Benserade, — l'autre, Iosangé est : parti palé d’or et de sable : parti d’argent, chargé de quatre aigles de sable.

Les vitraux de la fenêtre de Taxe et de la fenêtre voisine, du côté de l’épître, modernes et sans aucun mérite artistique, ne méritent pas de nous retenir.

Tout le côté Nord du monument a bien souffert. On trouve encore cependant çà et là de très jolis morceaux; par exemple ces femmes habillées du riche costume des dames de qualité du xvi" siècle et qui représentent la Foi, l’Espérance, la Charité, la Justice et la Tempérance, sont d’une finesse et d’un dessin tout à fait charmants ; l’église d’Huppy, avec les fragments de la Cène, décrits plus haut, ne possède rien de meilleur.

Le croisillon méridional conserve quelques armoiries à peine visibles dans la partie supérieure de sa fenêtre orientale et un saint Sébastien bien mutilé dans l’une des formes de la même fenêtre.

Enfin, signalons dans les mouchettes, et les soufflets de la fenêtre qui surmonte la porte latérale, de petits anges qui portent les instruments de la Passion, (i)

Deux portes donnent accès dans le monument; une anse de panier les amortit l’une et l’autre et l’une et l’autre sont entourées de moulures prismatiques’. La principale s’ouvre dans le rez-de-chaussée voûté et formant porche du clocher. La seconde porte surmontée d’une fenêtre communique directemeut avec la nef du côté du midi ; aucune moulure, aucun élément architectural ne réunit les deux baies qui conservent une complète indépendance.

Le clocher se fait remarquer par sa belle flèche en charpente et par la charmante disposition de sa balustrade ajourée de soufflets flamboyants. Huit contreforts d’angle montent jusqu’au sommet de la tour et soutiennent des encorbellements arrondis. Des culs-de-lampe moulurés remplissent les angles rentrants. Pendant tout le moyen âge on a élevé des encorbellements de ce genre, et la fameuse porte de l’abbaye, au Mont Saint-Michel, avec ses deux tours montées sur des contreforts, rappelle un peu cette disposition. La porte du Croux, à Nevers se rapproche plus encore du clocher d’Huppy. On en connaît la date ; elle fut construite dans les dernières années du xiv° siècle (2). Rien n’autorise certes à faire remonter si loin la construction de l’église ou du clocher d’Huppy ; mais constater la longue persistance d’une forme architecturale offre quelque intérêt. J’ajouterai que le couronnement de la tour de l’église saint Gilles à Abbeville a beaucoup de rapport avec celui d’Huppy et qu’il y eut sans doute influence de l’un sur l’autre.

(1) M. Le Sueur a analysé avec soin toutes ces verrières dans : Notice sur quelques verrières anciennes de l’arrondissement d’Abbeville. Abbeville, 1888, in-8°, 48 pp.

(2) Abbé Boutillier : Construction de la porte du Croux au quatorzième siècle, d'après les anciens comptes des receveurs de la ville de Nevers; dans le Bulletin de la Société nivernaise, Nevers, 1869, in-8°, t. III, p. 435.

Les quatre fenêtres garnis d’abat-sons qui s'ouvrent dans le sommet de la tour, n’ont pas, fort heureusement, perdu comme à Fontaine, leur remplage flamboyant. Une tourelle à pans coupés servant de cage d’escalier, s’applique à l’angle Nord-Est du clocher.

L’ornementation extérieure de l'église est des plus simples Un soubassement se raccordant au nu du mur par un talon renversé, un bandeau-larmier courant sous les fenêtres, des archivoltes avec arrêts horizontaux autour des fenêtres ; ce sont les éléments qu’on retrouve dans toutes les églises flamboyantes de la région. Les contreforts présentent une petite particularité. Le talus très allongé qui les amortit est légèrement concave.

A l'extérieur, apparaissent très visibles les trois étapes de construction du monument. Le clocher et la nef appartiennent à la fin du xv' siècle ou au commencement du xvi* siècle ; très peu de temps après, furent bâtis le carré du transept et le chœur; puis la chapelle seigneuriale. Gomme à Fontaine, on termina les travaux par la construction des voûtes.

L’église renferme une statue, des fonts-baptismaux et un confessionnal qui présentent quelque intérêt.

La statue, — un saint Sulpice, — est l’œuvre d’un enfant du pays : Jean-Baptiste Poultier, sculpteur du roi. M. Delignières qui a consacré à l’artiste picard une très savante et très complète notice, apprécie comme il suit cette figure : « Poultier n’avait pas oublié son pays natal, et par une attention pieuse et délicate, il a fait en 1690 pour l’église de son village la statue de saint Sulpice qui était le patron de la paroisse. Cette figure n’a pas sans doute le degré de perfection qu’on remarque dans les saints qui se trouvent à la cathédrale d’Amiens, mais elle n’est pas indifférente, et elle se présente surtout avec un certain degré d’originalité comme pose, attitude et expression. Elle a déjà fait l’objet en 1887 d’une courte notice de M. l'abbé Le Sueur, curé d’Erondelle, sous le pseudonyme de Jean de Gaillat, dans 'le Cabinet historique de la Picardie et de l’Artois. La statue qui a im6o de hauteur a été taillée dans un seul bloc de pierre; elle se trouve dans l’église au bas côté de gauche, contre un pilier qui sépare le chœur de la chapelle de la Vierge. Le saint revêtu de son costume pontifical, la mitre sur la tête, en surplis recouvert d’un manteau ou chape avec bordure garnie d’ornements à guirlandes et retenu sur la poitrine par une agrafe, est représenté assis sur un fauteuil, et d’après son attitude, il est à prêcher ; la bouche en effet est entr’ouverte, le bras droit étendu, la main levée. La figure a une expression animée, parlante, pourrait-on dire; les traits sont accentués, et ce visage, dans son ensemble, respire l’énergie et l’intelligence, cette œuvre est vigoureuse et d’une véritable originalité... Ce n’est certainement pas là une œuvre ordinaire, banale, et pour être destinée, après les magistrales statues de Versailles et de Notre-Dame de Paris et d’Amiens, à une modeste église de village, l’artiste ne l’a pas moins soignée d’une manière toute particulière et qui lui fait honneur. Cette statue porte sa date: elle nous est donnée par une inscription qui se trouve derrière : « Cette figure a esté faite par Jean Poultier natif de ce lieu, sculpteur ordinaire du roy et de son accadémie roiale en l’an 1698 » (1).

Les fonts baptismaux, en pierre, sont octogonaux. Des arcatures de très faible saillie et dessinant des remplages flamboyants remplissent chacun des pans coupés: un pilastre ayant la forme d’un petit contrefort sépare les arcatures qui reposent

(1) E. Delignières : Poultier (Jean-Baptiste), sculpteur picard, (1653-1719). Pans, 1897, in'8°, pp. 27 et 28.

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sur un talon renversé. Celui-ci se raccorde à un socle plus large. Une tablette composée d’un bandeau, d'un listel et d’un cavet couronne l’édicule.

Le confessionnal, en chêne, travail finement sculpté du xvme siècle, a une jolie porte et un beau fronton.

Au milieu du cimetière se dresse une croix du xme siècle, en grès. Elle se compose de trois parties: d'un socle de 0,40 de hauteur dépourvu de toute moulure, d'un fût de colonne de 2m5o et d’un troisième morceau de pierre qui comprend un chapiteau et une croix. Le chapiteau, orné de quatre feuilles plates dont les extrémités s'arrondissent en crochets recourbés, supporte directement, sans l’intermédiaire d’aucune moulure, une croix de Malte à quatre branches égales. Sur les deux faces de la croix se profilent deux baguettes croisées.

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