‹ La Picardie historique et monumentale (volume 3)Chapitre 47 sur 79 · LE CHATEAU · texte numérisé non relu

LE CHATEAU

Le château ou plutôt les deux châteaux qui s’élèvent à deux pas de l’église ne sont pas indignes d’un pareil voisinage. Le grand château, en pierre et en brique, avec ses ailes formant marteaux et ses tourelles, a beaucoup de caractère et rappelle le château de Frucourt. Il semble remonter à une date antérieure, et parait appartenir à la deuxième moitié du xvne siècle. Les dates de 1678 et de 1692 inscrites sur un mur de clôture du jardin et à la porte d’entrée du parc pourraient bien être aussi celles du château lui-même.

Il s’élève en partie sur les fondations d'un château plus ancien. De celui-ci, qui sert aujourd’hui de logement de jardinier, il reste encore une aile flanquée de deux tourelles rondes. Par les caves, les deux châteaux communiquent. Le vieux château est entièrement en brique ; il conserve encore une fenêtre à meneau prismatique. Il peut dater du xvia siècle, sinon même de la fin du xve. Disparaissant presque complètement sous le lierre, ombragée par un orme magnifique qui compte près de 6m de circonférence, cette charmante construction bien restaurée par son propriétaire actuel xM. Joly, est le plus bel ornement d’un parc admirablement tenu.

LIERCOURT

Tandis que l’église de Fontaine développe orgueilleusement sa longue façade en plein village, sa voisine l’église de Liercourt, discrète et entourée d'arbres, s’élève à flanc de coteau, au milieu de son pittoresque cimetière. Pour l'atteindre, il faut gravir un grand perron d'une trentaine de marches, qui part du fond de la vallée.

Dès l’année I23i, la cure de Liercourt était détachée de celle de Fontaine (i), mais de l'église qui fut construite sans doute à cette époque, aucune trace ne

(1) F. Darsy ; Bénéfices de l’église d’Amiens ; Amiens. 1871 (Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie), 2 vol. in-40, t. II, p. 368.

Echelle de 10 mètre»

I Commencement du XVIe Siècle

^Courant du XVIe siècle (2* campagne de travaux) | Moderne.

Liercourt. — Plan de l'église.

demeure aujourd'hui. L’église actuelle parfaitement homogène de style, bien qu’elle n'ait pas été bâtie d’un seul jet, remonte seulement au début du xvie siècle. Son plan comprend un sanctuaire à pans coupés, un chœur, et comme les églises de Villers-Campsart et d’Huppy, une nef et un collatéral. Les architectes de Cocquerel s'étaient d'abord proposés d’édifier eux aussi un monument présentant ce même plan : des fouilles récentes, exécutées sur le flanc Nord de l’église, ont découvert les substructions du collatéral projeté. Dans ces différentes constructions, le collatéral occupe tantôt le côté Nord, tantôt le côté Sud de la nef; le côté Sud à Vil lers et à Liercourt, le côté Nord à Huppy ; il aurait été également au Nord à Cocquerel.

Mais pour les quatre édifices, une même remarque s'impose : le collatéral s’élève toujours sur le côté opposé au village ; aussi quand l’église possède une porte latérale, comme à Villers, à Liercourt et à Huppy, celle-ci s’ouvre toujours dans la nef principale.

La nef se compose de quatre travées. Trois tores se pénétrant, encadrés par six cavets, tel est le profil des grandes arcades en tiers point que recueillent des colonnes cylindriques. Ces dernières reposent sur des socles carrés; la transition s’opère, ainsi qu'à Fontaine, par des talons, des pans coupés et de petites consoles renversées. Une charpente en bois, malheureusement trop modernisée, couvre

nef et bas côté. Si les blochets qu’elle a perdus ressemblaient à ceux de Cocquerel, comme la chose est possible, les deux monuments présentant de nombreuses analogies, il faut regretter amèrement cette disparition (i). Le rapprochement se fait tout de suite quand on compare les deux corniches en pierre, finement sculptées que montrent les deux églises : les sablières en bois sont en effet très-répandues dans nos régions à l’époque flamboyante; au contraire les corniches intérieures en pierre se rencontrent beaucoup plus rarement. Celle de Liercourt est particulièrement remarquable. Des médaillons à personnages, comme on en trouve si souvent dans le mobilier au début du xvie siècle, coupent de place en place des pampres chargés de raisin. Dans deux médaillons, on croit reconnaître Louis XII et François Ier; dans le troisième, la reine Claude est peut-être représentée. Un bandeau-larmier divise horizontalement la surface des murs et se raccorde au glacis très prononcé des fenêtres. Il n’y a aucune trace de formeret; plus modestes que ceux d’Huppy et de Fontaine, les constructeurs de Liercourt ne songèrent donc pas à élever des voûtes de pierre sur cette partie de leur église.

La nef et le collatéral, séparés du chœur et de la chapelle par deux grands arcs en tiers point, appartiennent à une première campagne de travaux, car le plan primitif fut modifié à hauteur du chœur. La piscine qu’on voit encore dans l’avant dernière travée du bas côté montre bien que d’abord celui-ci ne devait pas se prolonger plus loin. Il se termine aujourd’hui par une chapelle à chevet plat qui communique directement avec le chœur par une grande arcade semblable à celle de la nef. Une piscine en anse de panier, surmontée d’une archivolte avec arrêts horizontaux et une petite armoire carrée sont creusées près de l’autel dans le mur méridional.

Une belle voûte en pierre, ornée de nervures dont les claveaux sont les uns simplement moulurés, les autres chargés d'oves et de rinceaux, couvre la chapelle ainsi que le chœur. Des ornements très simples, — moulures, feuillages ou têtes méplates — rehaussent les culots qui reçoivent les nervures. Les clefs, sans offrir la variété et la finesse de celles d’Huppy et de Fontaine, méritent la consciencieuse description que leur a consacrée M. le chanoine Gosselin. La plupart composées de petites niches contenant des statuettes rappellent la clef principale de la chapelle de la Vierge, à Huppy.

« Celle de ces clefs qui se trouve à l’intersection des liernes et des croisées d’ogives du chœur, la première par conséquent qui se présente au spectateur, forme un pendentif de forte saillie portant, sur chacune de ses quatre faces, un personnage sculpté en pied. Sur la face occidentale — côté de la nef — c’est un saint avec la crosse et la mitre, peut-être saint Vulfran, car la cure de Liercourt était à la collation du chapitre de Saint Vulfran d’Abbeville, qui possédait une partie de la dîme. Le personnage qui se trouve sur la face orientale — côté de l’autel — est saint Jean-Baptiste. Du côté du Nord, est une statue de femme; je pense que c’est sainte Barbe. Enfin, du côté du Midi, c’est la Mère de Douleurs tenant sur ses genoux le corps du Christ.

« Au point où les nervures de l'abside viennent se réunir à l’arc-doubleau qui sépare la voûte du chœur de celle du sanctuaire, se trouve une clef dont le relief est beaucoup plus considérable que celui de la précédente. A la partie supérieure et faisant face à la nef, le Père éternel, assis, la tête coiffée de la tiare tient devant lui la croix sur laquelle est attaché son fils, et dont les bras reposent sur ses genoux. Au-dessus, une colombe dont les ailes étendues se déploient sur le

(i) P. Roger ; Bibliothèque historique et monumentale de la Picardie et de l’Artois. Amiens, in-8°, 1844, p. 157. Lors de la publication de cet ouvrage, les blochets se voyaient encore.

pourtour du pendentif, symbolise le Saint Esprit. Les faces latérales de cette partie de la clef ne présentent plus d’autres personnages que deux anges adorateurs, en pied, placés à droite et à gapche du Père éternel, et dont les ailes éployées contournent aussi le pendentif pour aller se rejoindre sur la partie postérieure faisant face à l'autel. A la partie inférieure, et sous les pieds du Christ, un écusson surmonté d’un cimier, et ayant pour supports deux levrettes, porte sur champ d’argent, une bande de sable chargée de trois fleurs de lys d’or. Ce sont les armes des Villers-Saint-Pol, adoptées postérieurement par les Villers, seigneurs de Romaine et de Rousseville, originaires d’Amiens, qui possédèrent la seigneurie de Liercourt pendant tout le cours du xvie siècle.

« Parlons d’abord de cette dernière. La partie qui touche immédiatement aux nervures, et qui sert de couronnement au pendentif représente sur sa face antérieure, le Père éternel, non plus, cette fois, en costume papal, mais à mi-corps, la tête nue, et les bras étendus. Il paraît sortir d'un massif de nuages qui se développe sur tout le pourtour de cette partie de la clef. Quatre colonnes, rondes et complètement isolées, dont les chapiteaux sont engagés dans la masse et dont les socles reposent sur un cul-de-lampe fleuronné qui termine le pendentif, forment une sorte de niche dans laquelle apparaissent quatre personnages, un à chaque face :

« i. Sur la face regardant la nef, c’est le Christ ressuscité, ou le Christ vainqueur, tenant en main son étendard.

« 2. Du côté de l’autel, saint Denis, si ce n’est pas plutôt saint Firmin portant sa tête entre les mains.

« 3. Du côté du chœur, saint Pierre.

« 4. Du côté du cimetière, saint Nicolas.

« Les quatre clefs secondaires ont à peu près la même forme que la principale. C’est aussi dans une niche à colonnettes que sont disposées les statuettes. Quelques-uns des saints qu'elles représentent ne peuvent être ni désignés ni décrits avec certitude.

« Voici le nom des saints que j’y ai reconnus :

« Sur la clef placée au côté Sud, saint Roch et saint Sébastien.

« Sur la clef placée au côté Ouest, les quatre docteurs de l’église latine : c’est

à dire saint Augustin, saint Ambroise, saint Grégoire le Grand et saint Jérôme.

« Enfin, sur la clef placée au côté Est — ou du côté de l’autel — un évêque et deux autres saints » (1).

Les fenêtres ont leur hauteur d’appui, et par suite leur bandeau -larmier plus

élevés au chœur et à la chapelle qu’aux nefs ; et ces différences, jointes à la

déviation d’axe du chœur confirment l’observation déjà faite sur les changements opérés au cours de la construction.

Une piscine d'un joli dessin s’ouvre dans le pan coupé droit du sanctuaire. Presque toutes les églises du canton d’Hallencourt que nous avons étudiées jusqu’ici, possèdent leur piscine, et quelques-unes d’entre elles sont fort gracieuses : celle-ci l'emporte cependant sur toutes les autres. Des moulures prismatiques et de petits pinacles appliqués contre les piédroits, un arc en accolade dont la flèche très élevée traverse le bandeau-larmier pour se terminer par un cul-de-lampe armorié : ces motifs sobrement traités constituent un charmant ensemble.

Derrière l’autel, se voit une niche en anse de panier redentée qui était destinée à recevoir un sépulcre, comme à Airaines et à Allery

Les fenêtres de l’église sont, les unes à double meneau — la fenêtre du chœur et celle de la chapelle ; — les autres à un simple meneau — toutes les fenêtres de la nef et du collatéral, ainsi que les fenêtres des deux pans coupés du sanctuaire. — La fenêtre aujourd'hui murée de l’axe du chœur, plus large que ses deux voisines, comme le cas, nous l’avons constaté déjà, est assez fréquent dans nos églises flamboyantes (à Cocquerel par exemple, pour citer l’exemple le plus proche), comportait deux meneaux, et il en était probablement de même pour la fenêtre qui éclairait le chevet de la chapelle. Trois archivoltes prismatiques entre

(1) Chanoine Gosselin. L'église de Liercourt, dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, Année iyoi, pp. 41-64.

des gorges, se poursuivant le long des piédroits, pour se terminer par trois petites bases, enveloppent chacune des fenêtres. Cette disposition se répète à 1 extérieur du monument. Dans notre canton, l’église de Liercourt seule offre cette recherche décorative ; à Wanel et à Vieulaines, qui sont de fort petits édifices, comme à Fontaine, la moulure la plus éloignée du châssis des fenêtres ne présente aucune base. Quant à Huppy, une double moulure seulement encadre chacune des fenêtres, dont le tableau au lieu de former un ébrasement est normal à la baie.

Les vitraux furent très maltraités. On peut avec peine reconstituer quelques sujets : une fuite en Egypte et dans le chœur une scène difficile à identifier, peut-être un épisode de la Passion. Sous un dais supporté par des colonnes deux personnages, un homme et une femme, se penchent pour regarder quelque chose représenté dans la partie basse de la verrière. Le fragment le plus précieux est celui qui porte le millésime de 1542. Il nous apprend qu’à cette date tout le gros œuvre était terminé.

Les deux portes présentent un intérêt fort inégal. Celle de l'axe, en anse de panier et prise entre deux contreforts, n'offre aucune originalité ; il n’en est pas de même de la porte du Nord, qui sans avoir les monumentales proportions du portail de Fontaine, peut cependant soutenir la comparaison avec lui. Les constructeurs voulurent ouvrir dans une même travée une porte et une fenêtre. Ne voulant pas, comme à Fontaine, ajourer le tympan de leur portail, ils rapprochèrent d'un contrefort chacune des baies. Ils laissèrent ce trumeau dans l axe, ce qui, aux yeux de nos modernes architectes, tout imprégnés des idées classiques, est une faute grossière. Les gens du moyen âge ne se préoccupaient guère de ces règles, pas plus que de la symétrie, et ils firent des chefs-d’œuvre. Trois petites bases prismatiques reposent de chaque côté de celte porte sur des stylobates assez élevés. Elles reçoivent des moulures qui montent le long des piédroits et se continuent autour de la baie, amortie en anse de panier. Trois gorges profondes séparent chacune des moulures. La dernière archivolte avec arrêts horizontaux porte sur son extrados un arc en accolade renflé, dont les crochets sont ornés de choux frisés et de petits animaux rampants. Un fleuron rehaussé de trois oiseaux, couronne le tout. Il surmonte une console moulurée et atteint presque la corniche. Des rinceaux de feuillages, — feuilles de vigne et grappes de raisin, — décorent la gorge intérieure de Tare en accolade, ainsi que les gorges des archivoltes. Ils s enlèvent avec un tel relief et une telle vigueur sur les fonds, qu’ils semblent s’en détacher presque. Une niche encadrée de petites colonnettes et surmontée d’un dais si refouillé qu'on prendrait ses mille petites cavités pour les alvéoles d une gaufre d abeilles, occupe le centre du tympan et abrite une très belle statue. Celle-ci repose sur un socle orné des armes de France que soutiennent de petits anges. Elle représente saint Riquier, patron de l’église. Une légende apocryphe, suivant laquelle 1 illustre fondateur de Centule était de famille royale et serait allé à Rome où il aurait vu saint Pierre, explique le costume de gentilhomme que porte le saint et les clefs qu'il tient à la main. Une toque carrée dont le revers est orné d’une pierrerie, des cheveux coupés courts sur le front et tombant de chaque côté sur les épaules en boucles ondulées, une chaussure pattée , une houppelande aux manches évasées ; ce sont autant de traits caractéristiques du costume et de la mode sous le règne de Louis XII. La houppelande porte encore des traces de polychromie ; elle a perdu le semis de fleurs de lys en relief qui l'ornait, de même que la chape du saint Riquier de Fontaine. Au-dessus de la houppelande, une pèlerine, et sur la pèlerine

Riquier de Fontaine. Au-dessus de la houppelande, une pèlerine, et sur ia y

le collier de saint Michel complètent le riche costume du personnage. Le saint patron de Liercourt porte deux clefs dans la main droite et une sorte de missel dans la main gauche.

Un soubassement dont l'appareil en damier se compose de grès et de silex se raccorde au nu du mur par un talon renversé. Toutes nos églises flamboyantes du canton présentent cette invariable disposition.

Les contreforts appartiennent à deux types différents. Le bandeau-larmier qui court au-dessous de l’appui des fenêtres à l’extérieur du monument comme à l’intérieur, les contourne tous ; tous ont l’amortissement le plus simple, l'amortissement en talus ; mais alors que les uns, — un contrefort de la nef et tous les contreforts du collatéral — ont leur face dépourvue de tout ornement ; les autres, au contraire, se rapprochent du type de Fontaine et de Saint Vulfran. Un petit pinacle, dont les quatre faces sont décorées d’arcatures treflées, gravées en creux, se présente en éperon, à hauteur du bandeau. Un clocheton à crochets le couronne. Cette ornementation qui rappelle celle de Fontaine s’en distingue pourtant en ce quelle offre un relief beaucoup plus prononcé.

La corniche en pierre qui reçoit la toiture de la nef est traitée suivant les mêmes principes que la corniche intérieure et se compose, comme cette dernière de rinceaux de feuillages et de médaillons ; cependant, dans la première travée, la sculpture d’un faire tout différent et beaucoup plus méplate se rapproche davantage du style de la renaissance.

Des pignons droits avec crochets et fleurons arrêtent les combles du collatéral et séparent la nef du chœur.

Ce gracieux monument n’est pas complet. Il n’a pas de véritabe clocher, mais un simple clocher à arcades, comme les plus modestes églises de la région : Epagnette, Longuet et, il y a vingt-cinq ans encore, Epagne. La cloche actuelle date de 1 865 . Les archives de la fabrique conservent l’inscription de l’ancienne cloche.

L’an 1715 j’ai été baptisé (sic) par Jean messire Depoilly, prêtre curé de CE LIEU ET NOMMÉE M ARIE-MaRGUERITE-FraNÇOISE [par] SON PARRAIN MESSIRE DaIGNE- VILLE, SEIGNEUR DE LlERCOURT ET ROMAINE ET PAR DAME LOUISE DoREMEAULT SON ÉPOUSE, MESSIRE FRANÇOIS DAVID DaIGNEVILLE LEUR ENFANT ( SIC ). FRANÇOIS DE LOMPREY

et Louis Chaix de Paris mont fait (i)

Le beau mobilier de l’église est presqu’entièrement moderne. Il comprend comme pièce ancienne un banc d'œuvre en chêne, daté de 1 588. Les apôtres saint Barthélemy, saint Philippe, saint Jacques le majeur, saint André, saint Pierre, saint Jude, aisément reconnaissables à leurs attributs occupent de petites niches en plein cintre, séparées les unes des autres par des pilastres ; le chanoine Gosselin crut reconnaître dans ce beau morceau de sculpture un fragment de jubé. Cette supposition n’a rien d’invraisemblable.

L’ENCEINTE DE LIERCOURT-ERONDELLE

Sur la colline escarpée qui domine la Somme, une vaste enceinte — la plus vaste de notre département — couvre une superficie de plus de 3q hectares. Le

(1) Communication de M. l’abbé Deneux, curé de Liercourt.

chemin de culture qui sépare les deux communes de Liercourt et d'Erondelle la divise en deux parties à peu près égales. Les fouilles importantes que M. Vauvillé dirigea, il y a une dizaine d’années sur ce plateau, l'amenèrent aux conclusions suivantes :

« i° L’enceinte de Liercourt-Erondelle fut soumise à une occupation sédentaire avant l’époque gauloise

« 2° Le retranchement principal sur Erondelle est un ouvrage qui paraît remonter originellement à l’époque néolithique.

« 3° L’enceinte a continué d’être habitée sédentairement pendant l’époque gauloise et une partie de l'époque gallo-romaine. »

Sur le bord de la grande enceinte et comprise dans celle-ci, une petite enceinte entourée par un fossé à peu près circulaire qui mesure i3o mètres de tour dans le fond du fossé, fut probablement, suivant M. Vauvillé, formée et occupée par les Normands. Les fouilles découvrirent des poteries du ix' au xe siècle.

Au lieu-dit le vieux chateau, sur le territoire d’Erondelle, on voit encore une troisième enceinte, ayant 140 pas de tour dans le fond du fossé. Elle appartient sans doute à la même époque que la précédente. (1)

Page 1