ÉGLISE SAINT-GENGOULT
On a vu la description pittoresque que Victor Hugo faisait, en 1837, de *a cathédrale de Bernay. Si peu flatté soit-il, le tableau est exact; on ne peut voir chapelle plus insignifiante.
Une pierre noire gravée, encastrée dans la muraille intérieure, nous apprend comment et par qui fut fondée cette petite église :
La chaPELLE avevc TOVT LES OTNEMENS NECESSAIRES POVR Y DITE La messe ont esté donée ET DESDIÉE A LhONNEVR
de ST Gengovl Par Eloy Lamirand SEIQR. de genville ET AVTRES LlEVZ EsCVYER EN La gtande escvrie dv Roy et damoiselle Françoise Dvmont sa Femme DEMEvrANT
A MONSTREVIL 1 67g.
Cette inscription, accostée de deux pilastres doriques, est surmontée d’un écusson
aux armes des Lamirand de Genville : de . au chevron de . accompagné en
pointe d’un cerf ailé courant et contourné de . ; au chef de . — Supports :
2 chiens gardants; heaume de 3/4 à senestre;. lambrequins (1).
Avant et même après la fondation de cette chapelle, Bernay dépendait de la paroisse de l’abbaye de Forestmontier. En 1773, la conventualité de cette abbaye ayant été supprimée, les habitants de Bernay sollicitèrent de l’évêché l’établissement d’un vicariat. En vue de l'obtenir, Ignace de Roussen, maître de poste, fît agrandir la chapelle, — la prolongeant jusqu'à la route, — et l'orna d’un autel en marbre qu’on y voit encore aujourd’hui.
La statue de saint Gengoult, placée à droite de l’autel, est intéressante. C’est un bloc de bois, épais et très lourd, contemporain du chœur. Le saint est en
(1) Éloy Lamirand de Genville était mayeur-second de Montreuil en 1683 et 1684-85.
costume de ville du commencement du règne de Louis XIV ; il a cependant des jambières et l'épée au côté; sa tête est nue, sa main gauche est posée sur son épée et sa main droite levée; à sa droite est la fontaine ardente. Le culte de saint Gengoult a dû venir de Montreuil à Bernay, par l'entremise d’Eloy Lamirand (i); peut-être est-ce ce dernier qui a donné la statue.
Mentionnons encore un tableau sur toile sans valeur artistique, mais dont le sujet est peut-être intéressant : au centre, la Vierge-Mère assise; à sa gauche, un chevalier tout armé, et, à droite, sa femme coiffée d'un diadème de perles, présentant à la Vierge un Jésuite agenouillé. Il serait curieux de savoir à quels personnages se réfère cette scène.