‹ La Picardie historique et monumentale (volume 3)Chapitre 57 sur 79 · LE CROTOY · texte numérisé non relu

LE CROTOY

Vieux port situé au nord de la baie de Somme, fort maltraité par les siècles, le Crotoy (2), autrefois « l'une des plus belles villes du Roy » (f ??), n’a pas conservé grand'chose de sa splendeur première.

Son enceinte de murailles a complètement disparu ainsi que son château, qui joua un si grand rôle pendant la guerre de Cent Ans : En 1 36y, Châtillon, grand-maître des arbalétriers de France, en chasse les Anglais (3). Puis, en 1420-1424, il sert de place de sûreté au vaillant Jacques d’Harcourt, le dernier défenseur de la cause française en Ponthieu. Mais quand les Anglais l’ont ressaisi, ils le gardent bien : Jeanne d’Arc captive y passe quelques jours et y reçoit les visites des dames d'Abbeville, compatissant à son héroïsme et à son malheur. Vainement assiégée en iq36 par les troupes françaises et bourguignonnes, maintenant réunies sous la même bannière, la forteresse demeure le boulevard de l’Angleterre en Ponthieu jusqu'en 1450, où enfin Philippe-le-Bon s'en rend maître. Il ne reste rien de cette place de guerre, sinon un pan de mur absolument informe.

L’ancienne église Saint-Pierre du Crotoy, s’il faut en juger par la description de M. Prarond (4), ne manquait pas d’intérêt. On l'a remplacée par un édifice affreux et du plus mauvais goût. De la vieille église on n'a conservé que la tour occidentale, construction barlongue de forme bizarre, tout en grés et antérieure au xv' siècle. La façade occidentale est percée d'un portail en tiers-point, orné d'un fort boudin qui descend sur les pieds-droits. L'archivolte qui le surmonte se relie à un cordon qui contourne la tour. Au-dessus s’ouvre un œil-de-bœuf dont le remplage est moderne. Beaucoup plus haut, deux cordons rompent l'uniformité de la façade, qui n'a aucune ouverture à l'étage supérieur.

(1) Saint Gengoult est très honoré à Montreuil, où il y avait jadis une chapelle sous son vocable; — aujourd’hui cabaret à l’enseigne du Grand Saint- Gengoult!

(2) Voir, sur l’histoire du Crotoy: Prarond, Notices . précitées, tome II, pp. 130 à 218. — Fl. Lefils, Histoire

de la ville du Crotoy et de son château, Abbeville, 1860, 320 pp. in-12. — Le même, Le Crotoy , Paris, 1861, 185 pp. in-12.

(3) Que le lecteur n'attende pas de moi des éclaircissements sur le chaos de données contradictoires, amassées par les historiens, les chroniqueurs et les compilateurs sur le sort du Crotoy pendant les quinze années qui suivirent. Ils nous montrent les Français reprenant cette place en 1370, et encore en 1376, puis en 1385, sans qu’on sache comment les Anglais y rentraient toujours.

(4) Op. cit ., pp. 197 à 203.

ne de ville du commencement règne de Louis XIV ; i .. des

in i.-rcs et l'épée au côté; sa lé te est nue, sa maiif gauche est pose* épée

a i tin droite levée ; à sa di ne est la fontaine'ardente. Le culte de s. ait

i venir de Vlontreuil . l’.ernay, par l'entremise d'Eloy l.amirand ( t-ce ce dernier qui a il nné la statue.

Mentionnons encor un tableau sur toile sans valeur artistique, mais dont le sujet est peut etn intércs- au centre, la Vierge-Mère assise; à sa gauche, un chevai i tout armé, et, à dn te, sa femme coiffée d'un diadème de perles, présentant à la Vierge un Jésuit mouillé. Il serait curieux de savoir à quels personnages se

réfère cette scène.

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