‹ La Picardie historique et monumentale (volume 4)Chapitre 17 sur 28 · LE CHATEAU · texte numérisé non relu

LE CHATEAU

Bernatre est. comme Gorges et .Saim-Acheul, bâti dans un ravin pittoresque et accroché aux Hancs de la colline, au pied d'un bois. Son château, situé non loin de l'Anthie. a pu servir, aux xn'i" et xs'ih siècles, de point de défense sur la frontière. 11 appartint successivement aux Rayneval, puis, dès i32o. aux Boubers, par l'alliance de Mahaut de Rayneval avec Jean de Boubers, seigneur de Tuncq et de La Motte (21. Cette terre n'est plus, depuis lors, sortie de cette maison jusqu'en iSii, époque du décès, à Bernatre même, de Charles-François de Boubers, dernier vicomte de Bernatre (3).

Ce château, ainsi que le village, fut brûlé par les Espagnols au mois d'août t635. Il ne fut jamais relevé complètement, mais il en subsiste des parties intéressantes.

Une grosse tour ronde, encore entière, domine le ravin où est bâti le village. Sauf la base, refaite en briques, la tour est en craie taillée, divisée en trois étages par deux cordons en larmier. La plupart des fenêtres ont été dénaturées, mais il en reste deux, très petites, l'une rectangulaire, l'autre à linteau sur corbeaux en quart-de-rond. La corniche haute était en biseau ou en doucine. Le toit d'ardoise, à six pans, n'est pas ancien.

Un mâchicoulis se voit à l'angle de la tour et du logis, étayé d'un contrefort sur lequel se continuent les larmiers. Les deux premiers étages n'ont pas d'escalier; ils étaient peut-être desservis par les appartements du manoir. Le troisième possède un escalier à vis, logé dans un appendice à pans coupés, accolé à la tour; les marches sont de pierre; la voûte en arceaux superposés.

■Aucun des étages de la tour n'est voûté, et les aménagements intérieurs n'ont

I' Cf. C. Boulanger, Les Monuments mégalithiques de ia Somme. — E. Hêren, Histoire du grés et de la gresserie eu Picardie: Méni. de l:i Soc. des Antitj. de Pic., t. .XXXVI, p. 382. Le menhir signalé p. 365 n’existe pas; il y a confusion avec le dolmen.

(21 Cf. Abbé Lefèvre, op. cit , p. 52. — Marquis de Belleval, Nobiliaire de Ponthieu, col. 19;. — Carpentier, Histoire du Cambrèsis, 3' partie, p, 282. — Saint-Allais, Nobiliaire Universel de France, t. VIII, p. 158 et suiv.

(31 II avait épou.sé Marie-Charlolte-E’rançoise de Clément (contrat de mariage du zb novembre 1769, pardevant M' Devismes, notaire à Abbeville); de cette union naquirent : 1" Charles-François, mort au berceau: 2“ Marie- Charlotte-Angéliquc-Gabrielle, épouse de M. Auguste-César-Joseph-Lnuis de Muysé-art; 3“ Marie- Luuisc-Cunégonde; ■l" Marie-|ean-Bapliste-E'rançüise-Alix. épouse de M. Jean-Baptiste de Gaudechart; 5® Marie-Henriettc-Clémentine, épouse de M. de La E'ontaine d’Ollezy.

Le domaine, avec la ferme et les vestiges du vieux château, fut, pour la plus grande partie, successivement racheté au cours du xix* siècle par M. Jules Vion; c’est son petit-fiL, M. Paul Macquet, de La Haye-lez-i)omart. qui en est ]iropriétair‘* actui-lh-ment. Je lui dois les renseignements (jui précédent ainsi (|ue plusieurs autres.

rien gardé d ancien, si ce n'est, dans la chambre haute, une pierre à linteau en arc très surbaissé, porté sur des corbeaux; on lit cette inscription :

grande cheminée de sur celui de gauche,

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