ILI.E VEIÎE NOBU.IS Q.vt VERE PIVS PROPRIIS VIVIT BONIS
INCLA . (l)
Rien, dans cette tour, n’est antérieur au xv' siècle, peut-être même au xvi'. Mais la porte d’entrée du château, encore intacte, accuse le xiv'. Ouverte dans un mur courbe, dont la base en damier de grès et silex a été refaite, la porte est assez étroite, tracée en tiers-point, sans aucune moulure. Au-dessus, s’ouvrent les deux rainures des chaînes du pont-levis; entre les deux, une petite niche vide repose sur une frise de feuillages.
Il ne reste pas d’autres vestiges du château proprement dit. Le logis, aujourd’hui à usage de ferme, a perdu tout caractère, ainsi que les bâtiments de la baille ou basse-cour, où l’on voit cependant encore quelques meurtrières. Mais, à l’entrée de la baille sur la route, se voit le pignon Est de la chapelle, avec une jolie fenêtre du commencement du xiv' siècle, à tableau droit contourné d'un boudin continu. La feuillure du vitrail détruit s’accompagnait, de chaque côté, de deux colonnettes qui portaient le remplage disparu; la rose du tympan existe encore en partie, mais le meneau est tombé depuis longtemps. Une archivolte encadre la baie.
Suivant la tradition du pays (2), qui paraît très plausible, celte chapelle a servi au culte protestant, tandis que l'église du village, située dans le cimetière actuel, était restée aux catholiques. [1 est certain que la famille de Boubers a longtemps professé la religion réformée; plusieurs de ses membres émigrèrent après la révocation de l’Édit de Nantes (3).
FROHEN-LE-PETIT
L'ÉGLISE
Annexe de Frohen-le-Grand et dédiée à saint Fursy, cette église se compose d'un chœur du xv' siècle et d’une nef du xviii'.
La façade occidentale est laide, mais bizarre et originale. Le portail est encadré de deux pilastres en briques et pierres; au premier étage, délimité par un cordon de pierre, ces pilastres se continuent et portent un fronton triangulaire. Le pignon est cintré et accompagné de volutes; il porte un tout petit clocher de charpente.
H ' j'ai lu ainsi dans ma visite hâtive. L'abbé Lefèvre |p. 551 donne ce texte : Is est vere uohilis, qui vere pins, propriisquc bonis inclaruit. Il faudrait contrôler cette lecture, et faire tomber le badigeon qui empâte quok[ue peu l<;s lettres.
(2) Communiquée par M. P. Macquot.’
(3I L'église actuelle esc très petite et n’a aucun intérêt. Notons seulement ; un retable du xviip .siècle ; une chaire du XVII'; un petit bénitier d'aspersion, en dinanderie, xvi' siècle; et une Pieià de bois (même époquei, au-dessus de la porte d'entrée; ce groupe est sans valeur, mais amusant à voir, à cause du corps du Clirist, étrangement déjeté.
La nef n'a aucun caractère; sur le seuil de la porte latérale, un pilastre de grès, à base carrée, sert de marche: il paraît provenir de quelque monument funéraire de la Renaissance.
Le chœur se compose de deux travées droites et d un chevet à trois pans; la voûte d'ogives est commune à la seconde travée et au chevet. Les départs des nervures sont décorés de chevrons et de torsades. La clef pendante du chevet est ornée d'un agneau pascal: celle de la première travée portait un écusson qui a été bûché. L'arc triomphal est grassement sculpté de feuillages d'un bon style; rinceaux de vigne sortant de la gueule de deux monstres; grappes de raisin becquetées par des oiseaux.
Les meneaux et remplages des fenêtres sont en partie anciens. Celle de l'est a trois formes, les autres deux seulement. Dans le tympan de la fenetre du pan nord du chevet, un reste de verrière représente les bœufs légendaires de saint Fursy.
Dans le mur de la première travée, au nord, se trouve une niche en anse de panier, sous archivolte de même tracé, dont je ne m’explique pas la destination.
On remarque dans le chœur deux bonnes statues de bois du xvC siècle : saint Pierre, en pape, assis sur sa chaire {o"‘95 de haut); et saint F'ursy. évêque. Un vieux saint Michel, du même temps, est très endommagé.
Deux plaques de marbre blanc, en lozange, sont encastrées dans les murs du chœur :
Au nord ;
(laniies)
Cy gist