CHILLY
M . Poujol de Fréchencourt signalait à la Société des Antiquaires de Picardie, dans la séance du i3 juillet 1886, une cuve baptismale de style roman, et il exprimait le regret qu'elle eût été retirée de 1 église de Chilly pour être employée à usage profane et indigne d'elle dans la cour du presbytère.
Ces fonts baptismaux se composent, ou plutôt se composaient puisqu’ils ne sont plus intacts, d'un large cadre rectangulaire enserrant une cuvette demi-sphérique montée sur une colonne ronde, cantonnée de quatre colonnettes. Celles-ci étaient
couronnées de chapiteaux à corbeille élevée, terminés en volutes. Des griffes à volutes inverses rattachent les bases, de genre attique, aux quatre angles du soubassement sur lequel tout le monument est établi.
Le fût de la colonne centrale et les fûts des colonnettes ont disparu, de sorte que dans la figure ci-jointe, les astragales reposent sur les bases. Aux quatre angles du cadre supérieur, des figures imberbes sont sculptées en méplat, et l'on remarque à égale distance des chapiteaux, sur la panse de la capsule, un feuillage dressé verticalement. Figures et feuillage sont d’un maigre relief, et le travail en est postérieur de plus d'un siècle à celui des fonts de Maucourt qui vont être décrits plus loin.
Néanmoins il serait fort sage de replacer dans l’église de Chilly cette cuve baptismale, infiniment supérieure, à tous les points de vue, à la tige de bois avec cuvette en faïence qui lui a succédé.
L’église de Chilly, liturgiquement orientée, a été reconstruite à la lin du xv° siècle pour remplacer une église plus ancienne dédiée à saint Sulpice, disciple de saint Martin. Son clocher qui lui sert de façade est d’époque toute récente, du milieu du xixe siècle. Sa nef plus basse que le chœur possède quatre baies en tiers-point dont l'ébrasement est chanfreiné. L’abside à trois pans avec contreforts d'angle est garnie dune voûte en plâtre imitant la croisée d'ogives.
L'autel de Chilly appartenait au Chapitre d'Amiens qui présentait à la cure et jouissait du tiers de la dîme, acheté par lui, le 27 avril iqi5, de Mre Henri de Boisy, chevalier, seigneur de Chaulne, et de noble dame Marguerite de Mailly, sa femme, en même temps que les terres, justice, cens, seigneurie, champarts, etc.,
JL ?
Fonts baptismaux de Chilly.
que ledit chevalier avait ès-villes de Chilly et de Hallu, et ès-terroirs d'environ. La vente fut faite moyennant mille écus d’or de 18 sols pour pièce, payés par le Chapitre (i).
FRANSART
L’église de Fransart, vue à l’extérieur, ne semble pas mériter l’attention; mais il en est autrement si l’on pénètre à l’intérieur, où se trouve une nef romane du caractère bien tranché qu’ont revêtu dans la région les églises du xie au xii° siècle. Cette nef est absolument digne d’intérêt.
Elle comprend trois travées d’environ trois mètres d’ouverture, séparées par des piliers carrés très bas, dont les impostes ne sont qu’à i '”24 environ du sol. C’est à dessein que le mot « environ » est répété deux fois au sujet des mesures, car dans l’église de Fransart, comme dans celles d’Herly, de Pargny, de Villers-lès-Roye, et en général dans tous les édifices romans de la contrée, il ne faut pas s’attendre à une rigoureuse précision des détails. « Les architectes de ce « temps-là accordaient bien plus d’attention à l'effet d’ensemble d’un monument « qu'à la symétrie minutieuse de ses proportions ».
Ainsi les piliers de Fransart diffèrent l’un de l'autre, en hauteur et en épaisseur, de deux, trois et quatre centimètres (2). Leurs bases et leurs impostes sont en tablettes chanfreinées. Le plein-cintre des arcades est régulièrement appareillé.
Dans le sanctuaire, garni d’un très haut lambris de chêne, se trouve l’autel majeur, isolé, dédié à Notre-Dame sous le vocable de l'Assomption. Un autel latéral, dédié à sainte Philomène, est le but d’un pèlerinage annuel très fréquenté.
La chapelle seigneuriale, à gauche du chœur, renferme deux statues anciennes, mais d'un moindre mérite que celles de la nef. 11 convient de remarquer un
demi-relief en bois représentant la Vierge et l’Enfant Jésus entourés de nuages
d’où émergent trois têtes d'anges.
Si l'église de Fransart ne jouit que d’une notoriété restreinte, ses fonts baptismaux sont plus connus et ils ont été déjà dessinés et publiés. Un auteur les décrit en ces termes : « La cuve baptismale, monolithe, est du xne siècle; elle « se compose d'un fût octogone à base attique munie de griffes, et d'une coupe « également octogone de profil hémisphérique; elle est située à l'entrée du bas-côté « gauche » (3).
Il faut ajouter un détail inédit qui a son importance archéologique : Au
pied de la cuve se trouve un petit bassin en pierre, une sorte de réservoir qui
communique avec le tuyau intérieur des fonts. Les bassins de ce genre sont rares; un exemplaire s’en trouve dans l'église de Sains, près d'Amiens, et sa forme est tout à fait identique à celle du bassin de Fransart. La raison d'être et l’usage de ces petits réservoirs sont encore controversés.
(1) Arch. dép., Arm. 3, liasse 61, no; 1 et ir. Inv. nr, 439.
(2) Ces piliers ont tantôt om72, tantôt om73, tantôt o"’74, sur la largeur ou sur l'épaisseur; mais il est évident que l'intention du constructeur était de produire des piliers carrés. C’est à tort qu’un auteur leur dénie ce caractère.
(3) M. Alcius Ledieu, Fransart et ses seigneurs. Paris, Alphonse Picard, 1895.
HARBONNIÈRES
Il est impossible de regarder l’église d'Harbonnières sans que revienne à la mémoire le mot gracieux de Monseigneur de la Motte, sur la « petite cathédrale du Santerre ». Sans contredit, quand on aperçoit de loin la haute silhouette du clocher et la vaste toiture d'ou il émerge, l’effet produit est considérable; on a la sensation d’une église importante, aux larges dimensions, on a l’illusion d’une petite cathédrale. La perspective favorise ce monument religieux et lui prête des proportions supérieures à celles qu il possède véritablement.
Son ornementation sculpturale a dû être fort belle à 1 origine, mais elle a énormément souffert des injures du temps. Les ciselures délicates du x\ et du xvie siècle sont en beaucoup d’endroits méconnaissables. Lorsqu on se rappelle les avoir vues, il y a seulement quarante ou cinquante ans, les ravages constatés depuis lors sont effrayants.
A l’heure présente, des réparations considérables sont devenues urgentes dans les fenêtres, dans les verrières, dans les portes, dans le gros œuvre lui-même. Elles ont été commencées en 1899.
L’ensemble de l’église date du xve siècle. Son plan, liturgiquement orienté, est en croix latine avec transept peu saillant. Une large net, avec deux collatéraux, précède un chœur élevé de deux marches, terminé par une abside à cinq pans. La nef est un peu plus ancienne que le chevet, et le transept a été restauré plus récemment encore. Quant au clocher il porte la date d’un remaniement effectué en 1695, c'est-à-dire cent ans après la façade qui porte le millésime de mdxcvi.
La façade se divise en trois parties séparées par des contreforts puissants. La partie médiane contient le portail principal logé dans un hémicycle qui n appartient pas à la construction primitive et qui a été bâti en style renaissance. La porte à plein cintre sans tympan est élevée de trois marches et elle est flanquée de deux colonnes ioniques soutenant une corniche du même ordre, surmontée d'un fronton triangulaire.
La frise porte l’inscription suivante : anno domini syb invocatione sancti
MARTINI MDCXCVI .
Au-dessus du portail s'ouvre une magnifique rose flamboyante d'un dessin très étudié et d’une conservation heureusement meilleure qu’on ne l'eut espéré.
Dans le comble, une seconde rose plus petite, d’une facture plus sévère, mérite l'attention; le cercle et la ligne droite ont exclusivement formé ses compartiments.
Les quatre contreforts qui maintiennent la façade sont décorés de niches, de dais et de pinacles aujourd hui fort détériorés. On reconnaît encore la place d’écussons nombreux, mais les armoiries en sont totalement effacées.
Les deux côtés de la façade sont exactement semblables et très réguliers. Chacun comporte une large baie en tiers-point dont lare est de gracieuses proportions; les verrières et le remplage étaient si défectueux qu on avait dù les recouvrir provisoirement avec des planches. Ils viennent d être restaurés avec beaucoup de soin en 1899.
Au-dessus des fenêtres, s’ouvre de chaque côté une petite rose flamboyante. Celle de droite avait perdu ses divisions, mais elles ont été intelligemment rétablies; le dessin en diffère tout à fait de celui de l'oculus du grand comble.
Les rampants de celui-ci n’ont pas de crochets, tandis que le rampant des bas -côtés en est pourvu.
Le côté droit de l’édifice qui donne sur le Midi est très richement orné, beaucoup plus que le côté gauche. Il comprend d’abord, en partant de la façade, cinq travées séparées par des contreforts garnis de niches, de pinacles, de consoles et de dais sculptés de la manière la plus délicate. C'est fouillé et fini merveilleusement.
Chacune des trois premières travées porte une grande fenêtre en tiers-point, à deux meneaux s'épanouissant en un remplage flamboyant dont les verrières ont été renouvelées en 1899. La cinquième travée est semblable aux trois premières, mais la quatrième est occupée par un portail latéral orné avec un soin tout particulier. Il est encadré dans une haute arcade en tiers-point s’élevant jusqu'à la corniche du bas-côté. Une porte s’ouvre à la partie inférieure, dont le linteau surbaissé laisse à découvert un vaste tympan où le ciseau du sculpteur s'est donné libre carrière Au sommet il a figuré le Père Éternel dans un nuage rayonnant; plus bas, quatre médaillons circulaires qui contiennent les attributs des quatre évangélistes, et qui entourent une tige de laurier sur laquelle descend la colombe, symbole de l’Esprit-Saint; au-dessous, deux anges à mi-corps, et plus bas encore trois consoles portant des statuettes disparues maintenant.
La grande arcade est garnie de quatre voussures autrefois couvertes de sujets sculptés, mais tellement rongés qu’à peine on sait les reconnaître. La première voussure est ornée de filets brisés formant une grecque ; la seconde était remplie de feuillages; la troisième était garnie d’une suite de petits animaux; la quatrième offrait des dais abritant des statuettes comme on en voit à beaucoup de portails gothiques.
Tout au sommet, un baldaquin en pierre formant accolade aiguë protégeait un écusson où les armoiries ne peuvent plus se lire. Certes, lorsque toute cette ornementation était intacte, l’effet devait en être splendide et justifiait bien l'admiration de Mgr de la Motte.
Après la cinquième travée se trouve le pignon du transept, accoté sur son angle gauche d’une svelte tourelle ronde qui renferme l'escalier du clocher. Dans le pignon s’ouvre une haute fenêtre dont le style xvne siècle diffère tout à fait de celui des travées précédentes. Ce sont des meneaux plats dessinant d’étroits compartiments coiffés d'un plein cintre, lequel est surmonté d'une frise sans ornements, portant elle-même un second étage de meneaux semblables (1).
Un oculus avec divisions multiples est percé dans le comble.
Sur la croisée du transept s'élève le clocher carré en charpente garnie d'ardoises et de zinc, il est couvert d'une coupole à quatre pans, qui portait jadis deux campaniles superposés. Elle n’en a plus qu'un seul, terminé par un épi avec la croix et le coq La coupole renferme une horloge à quatre cadrans.
Le côté gauche de l’édifice reproduit absolument les dispositions du côté droit, avec cette seule différence que les contreforts sont moins ornés. Quant aux fenêtres elles ont les mêmes remplages flamboyants. Le portail latéral de la troisième
(1) C’est le modèle de l'église Saint-Martin à Troyes, et de l’église Saint-Martin-des-Champs à Paris.
travée est loin de valoir celui du côté droit, c'est une simple porte en arc aplati, avec un fronton triangulaire où figure un globe terrestre. La fenetre étroite qui le surmonte n'a qu'un meneau.
Le pignon du transept est pareil à celui qui a déjà été décrit.
Au Sanctuaire, le chevet est à cinq pans séparés par des contreforts d angle , les deux premiers pans sont ornés d'une baie symétrique de forme renaissance, et les trois autres, d'une baie à double étage dont le plein cintre inférieur est sans remplage, tandis que le plein cintre du haut est en écaille à sept compartiments.
Lss fenêtres inférieures ont été rebouchées à cause du rétable.
La sacristie moderne, construite en briques, est située sur le côté droit de l’abside.
Actuellement l'église est isolée, mais autrefois elle a dû être entourée de bâtiments et d'un cimetière du côté des collatéraux.
L'intérieur de l’édifice, vu du portail principal, satisfait le regard par ses justes proportions et par sa régularité. La nef centrale compte quatre travées portées par des piliers formés d'un faisceau de huit colonnes. Sur la face intérieure, une colonne s’élance d'un jet du pavé à la voûte; les autres sont couronnées d’un petit chapiteau xvi° siècle à la hauteur des retombées des arcades.
Entre les piliers, les arcs en tiers-point sont bordés de moulures à goiges peu profondes. Les voûtes en pierres de petit échantillon reposent sur des croisées d'ogives avec clefs ornées de rosaces en feuillage. Il est à remarquer que ces clefs sont plus importantes dans les collatéraux que dans la nef principale.
Le long des murs des bas-côtés, la retombée des voûtes se fait sur une colonne appliquée.
Les quatre gros piliers du transept, qui portent le clocher, sont ronds avec des bandeaux étroits appliqués sur quatre côtés. Les voûtes du transept et du sanctuaire sont plus garnies que les précédentes, elles comportent, outre les ogives croisées, des liernes et des bercerons.
Le chœur est élevé de deux marches sur la nef; il est fermé, ainsi que les collatéraux, par des grilles en fer datées de 1715. L'abside porte en avant sur deux fortes colonnes ioniques, avec chapiteaux à oves et à volutes. Le maîtreautel en bois est adossé à un rétable élevé dont les pilastres à chapiteaux corinthiens soutiennent un fronton très orné. Entre les pilastres, un tableau à 1 huile représente la Résurrection. Du côté droit se trouve la statue de Saint Jean-Baptiste, à gauche la statue de Saint Martin.
Les chapelles du transept sont consacrées, du côté droit, à Saint Ltienne et, du côté gauche, à la Sainte Vierge. Les rétables sont pareils, composés d'un tableau central flanqué de deux colonnes soutenant un fronton. A l'autel de la Vierge, le tableau représente l'Annonciation, et une statue de la Mère de Dieu est placée dans le fronton. A l'autel de Saint Étienne, le tableau représente la lapidation du Saint, et le fronton contient une statue de Saint Sébastien.
La nef est garnie de bancs en chêne, et le chœur de stalles du même bois. La chaire à prêcher est d’un fort bon travail. Le clocher contient trois cloches. Un grand orgue à tuyaux occupe la tribune de style xvh siècle, élevée au fond de la nef.
II y avait jadis à Harbonnières un château seigneurial qui disparut vers 1440.
Dans certaines rues on rencontre encore des maisons de bois dans le style du xvie au xvne siècle, avec le premier étage en saillie sur le rez-de-chaussée ; mais des restaurations modernes en ont effacé le cachet original. Une maison en briques et pierres porte la date de 1659, elle avait sur sa porte d’entrée un fronton avec bouquet sculpté et plusieurs cartouches avec moulures et rosettes.
Un grand nombre d’établissements possédaient des biens sur le terroir d'Harbonnières -, nous citerons seulement les Minimes d’Amiens, le Paraclet, l’Abbaye et les Caritables de Corbie, la manse prieurale de Lihons, le prieuré de N -D. de Méricourt, Saint-Fuscien, les chapelains de Nesle, etc.; la moitié de l’autel d'Harbonnières avait été concédée en l’an 1 1 1 1 par Saint Geoffroy au prieuré de Lihons, et l'autre moitié lui avait été donnée par Othbert, prévôt de l’Église d’Amiens, qui s’y fit moine; ce don fut confirmé par l'Évêque Saint Geoffroy, de l’avis de son Chapitre, le i5 des Kalendes de Mai 1114.
Harbonnières était déjà une localité importante au début du xne siècle. Une charte de commune lui avait été octroyée en 1104, et elle avait été précédemment érigée en paroisse. Outre le vocable de Saint Martin, l’église a pour patron secondaire Saint Tranquillin dont, les reliques sont l’objet d’un célèbre pèlerinage.
MAUCOURT
Le 16 janvier 1 855, M. le comte Le Clercq de Bussy informait la Société des Antiquaires de la découverte de tombeaux en pierre et de médailles romaines à Maucourt, du côté de Chilly. C’était une indication d'origine Gallo-Romaine que sont venu confirmer l'histoire de la localité et les trouvailles de M. Buteux de Fransart.
Maucourt a possédé une église romane qui fut l'iine des premières bâties dans la contrée; les grès de forte taille et presque bruts qui existent dans ses murailles en sont encore des vestiges. Sa façade a été reconstruite au milieu du xvme siècle, elle porte dans sa partie centrale la date de 1755. Dans le mur du collatéral droit, une porte a été ouverte en 1727, de style renaissance avec fronton triangulaire et pilastres plats, élevée sur quatre marches; elle avoisine trois fenêtres en plein cintre mouluré du même temps.
Le chœur est beaucoup plus étroit que la nef; de façon que les autels placés en haut des collatéraux sont adossés à des pignons dans lesquels un oculus prend jour à l'extérieur. Ce chœur est éclairé de chaque côté par deux fenêtres en tiers-point, et l'on remarque dans la maçonnerie la trace d'un grand arc qui était celui d’un transept ou d’une chapelle. Le chevet est rectangulaire; la sacristie, datée de 1753, s’y trouve adossée.
Évidemment le plan primitif était cruciforme; mais les bras de la croix ont disparu, et une nef plus large a succédé à la nef primordiale; elle comprend aujourd'hui trois travées en arc tiers-point reposant sur les robustes piliers carrés conservés de l’époque romane.
Les fonts baptismaux sont l'objet le plus remarquable du mobilier de l'église de Maucourt. Ils offrent l’encadrement carré du xie au xue siècle, entaillé d une cuvette hémisphérique dont la partie inférieure repose sur une grosse colonne ronde cantonnée de quatre colonnettes. Celles-ci portent des chapiteaux à grandes volutes largement dessinées et s appuient sur des bases rappelant sommairement la base attique munie de griffes. La colonne centrale est pourvue d une base identique et d'un astragale; et la partie de la capsule visible entre deux chapiteaux d angle est décorée d’une feuille d’eau en relief.
Maucourt. — Fonts baptismaux.
Ce modèle de fonts baptismaux est fréquent dans la région, il y a persisté durant plusieurs siècles. Certains exemplaires les plus anciens — et celui de Maucourt est du nombre — ne paraissent pas avoir été complètement finis quant aux détails de leur sculpture. Étant donnés le grain et la nuance de la pierre, les fonts de Maucourt, de Curchy, de Rouy-le-Grand, et bien d’autres, proviennent d'une carrière unique d'où ils étaient expédiés sans doute avant 1 achèvement complet de leur ornementation, par crainte d avaries pour celle-ci dans le voyage. Les fonts de Maucourt et de Rouy-le-Grand, entr'autres, attendent encore la dernière main de l’ouvrier. Leur mérite archéologique n’en est pas moins considérable.
Ch. DUHAMEL-DECEJEAN.