ROYE
La ville de Roye était à son origine une habitation celtique qui se forma sur la rive septentrionale de l'Avre, dans des conditions topographiques qui sont invariablement celles des localités du même temps. Elle fut, en raison de la traversée de la rivière précitée, le point de jonction et de croisement de deux importants chemins d’époque gauloise qui contribuèrent pour une bonne part à son développement: l’un s’en allait du Nord vers le Midi par la direction d’Arvillers, Andechy, Villers, Roye, Verpillières ; l’autre passait de l’Est vers l’Ouest par Nesle, Balâtre, Waucourt, Roye, Beuvraignes, Hainvillers, Mortemer.
Lorsque l’occupation romaine traça les grandes voies qui furent l’instrument le plus efficace et le plus puissant de sa longue domination, Roye se trouva encore placée sur la rencontre de plusieurs chemins considérables: l’un était la route d’Amiens à Noyon et Soissons ; l’autre la route de Boulogne-la-Grasse et de Montgerain; un troisième, la route de Senlis vers le Nord. La première de ces chaussées suit une ligne droite d’Amiens à Roye, dans le même sens que le chemin gaulois, mais sans traverser aucune des anciennes localités intermédiaires. Celles-ci sont au contraire reliées par la voie gauloise, ce qui est un fait très caractéristique.
Les souvenirs de l’époque gallo-romaine se sont montrés nombreux tout autour de la ville de Roye, notamment au camp, nommé aujourd'hui le Vieux-Catil. L'étude en a été faite avec les plus savants détails dans les Bulletins de la Société des Antiquaires, en 1882 et i883. Est-ce à l’époque gallo-romaine qu’il faut faire remonter les premières fortifications de Roye ? La question n’est pas élucidée, mais le Roman de Raoul de Cambrai, au ixc siècle, cite la ville de Roye en même temps que plusieurs autres places fortes et de manière à laisser entendre, qu’au moins à cette date, elle était fortifiée.
En l’an 806, Roye faisait partie des possessions d’Helgaud, comte de Ponthieu et de Montreuil, avant de passer dans les mains du comte de Vermandois. Hugues, duc de France, s’en empara momentanément en g32, au préjudice d Herbert II ; et la Chronique de Flodoard en mentionnant cet évènement donne à Roye le nom latinisé de Ranga.
Herbert IV de Vermandois, rentré en possession, fonda en 990 la Collégiale de Saint-Georges, dont il sera parlé plus loin.
Sous le règne de Louis-le-Gros, Roye avait pris assez d’importance pour fournir aux armées royales un corps de quinze cents archers, et en 1 1 83 elle fut réunie à la couronne de France. L'année suivante, elle reçut de Philippe-Auguste une charte de commune en 58 articles, qu’il n’y a pas lieu de reproduire ici, puisque la publication en a déjà été faite.
Des personnages portant le nom de Roye apparaissent à plusieurs reprises ; tels, Auberi de Roye dans une charte d’Eterpigny en n5o; Barthélemy de Roye en 1205, qui céda le château à Philippe-Auguste ; Nicolas de Roye, évêque de Noyon, de 1228 à 1239; Mathieu de Roye, dans une charte de 1233 (1) ; Druon de
(1) Arch. nat. Sect. Adra. S. 5223.
Roye, au tournoi de Hem en 1278 ; Marie de Roye (1) en 1 3c>g ; Gui de Roye, archevêque de Rheims en 1409 ; et d'autres encore, cités par Dom Grenier dans sa Topographie, et par le Cartulairc d'Ourscamp.
La ville eut souvent à souffrir des guerres et des invasions. Sa situation sur des routes importantes l'y exposait plus qu'une autre. En 1369, Robert Knowles, avec des Anglais et des Flamands, s’en empara et la ruina. Quatre ans après, en i3y3, le duc de Lancastre la livra aux flammes et la détruisit à tel point que ses habitants l'abandonnèrent. Pour qu’elle ne restât pas déserte, Charles V abolit les charges de Commune et réunit la ville à son domaine.
En 1406 et 1 41 1 , Roye fut pillée par les Bourguignons. De 1419 à 1 653, elle fut prise et reprise neuf fois par les Anglais, les armées du duc de Bourgogne et de Louis XI, les soldats de François Ier, de Charles-Quint, de Philippe II et du
Prince de Condé.
Certains auteurs veulent que Roye soit le Rhodium de la Table Théodosienne. Danville au contraire (2) pense que c’est Roiglise, et ses raisons sont très sérieuses.
La ville de Roye possède aujourd'hui deux églises, celle de Saint-Pierre et celle de Saint-Gilles. Elle en a possédé six autres qui ont disparu, savoir : l'église des Cordeliers, fondée en 1222 par Raoul Purthur qui y fut enterré en i25o; celle des Minimes, fondée en 1 63 3 par Maximilien de Belleforière de Soyécourt, et qui fut terminée en i652 ; celle des Annonciades, bâtie sous Charles VIII ; celle de
Saint-Médard de Toule qui existait au xne siècle, et que le Pouillé de i3oi appelle Saint-Mard de Thole ; celle de Saint-Georges qui datait du x° au xie siècle, et dont le vocable fut momentanément changé en celui de Saint-Florent, lorsque les reliques de ce saint, transférées de Saumur à Roye en 1076, y furent déposées par les soins de Hugues-le-Grand, comte de Vermandois, jusqu’à l’achèvement de la Collégiale de Saint-Florent en 1 1 5 2.
Il est arrivé à certains auteurs de confondre l’église de Saint-Florent, qui était une collégiale, avec l'église de Saint-Pierre, et d’attribuer à celle-ci des dates et des
origines qui appartiennent à la première. On pourrait observer à leur excuse que
Saint Florent est resté le patron de la ville de Roye, bien que l’église paroissiale soit sous un vocable différent.
Le monument debout à l'heure actuelle, et qui a toujours porté le titre d’église Saint-Pierre, forme maintenant la paroisse principale de Roye, avec l'église de Saint-Gilles pour succursale. Il n’a conservé de sa construction première qu’une très faible partie de la façade.
Ce serait même une exagération de dire que « cette façade appartient à l’époque romane », sans donner à cette affirmation les correctifs nécessaires.
Sur les trois portes qu'elle présente, deux n'ont rien de roman : elles sont en style flamboyant de la fin du xve siècle. La grande fenêtre du pignon a été percée en 1667 ; elle a été restaurée en 1843 par M. Ramée, et elle a été remaniée en 1871 d'une façon complète. Parmi les contreforts, deux sont décorés de gargouilles, de niches avec pinacles à crochets ; les rampants du comble sont également pourvus d'ornements dont l’existence indique une tout autre époque que celle du roman.
Dans le portail central lui-même, que plusieurs écrivains se sont plu à citer, il existe aux retombées de l'archivolte des animaux fantastiques absolument modernes.
(1) Arch. nat. S. A. PP. i, f° iq5 v°.
(2) Les distances portées sur la carte s’accordent avec Roiglise et non pas avec Roye.
Le tympan actuel, construit en 1866, ne ressemble en rien à celui que montrent les dessins de 1844, et le tympan de 1844 n’était déjà plus une œuvre romane.
En dépit de leur ornementation savante, le tympan du portail de Roye et la fenêtre qui le surmonte sont du pur xixe siècle. Les chambranles de la porte ne sont pas romans non plus.
Donc, c’est inexact de parler «de la façade romane de Saint-Pierre de Roye». Il faut dire, pour rester dans la vérité, que cette façade conserve dans sa
construction quelques fragments pouvant remonter environ au xiis siècle (1).
Line bulle du Pape Lucius III, datée du 18 Avril 1184, fait mention à plusieurs
reprises de 1 Eglise Saint-Pierre de Roye — regensem ecclesiam Sancti Pétri — . Cette bulle est, pour le moment, le plus ancien document écrit qui soit applicable à 1 église Saint-Pierre; et M. Corblet s’en sert pour la dater du commencement du xne siècle. Il serait plus sûr de l’attribuer, en l'état actuel et d’après le peu
qui en subsiste, à une date plus rapprochée de la fin de ce même siècle. Car un
autre document, racontant la translation des reliques de Saint Florent en 1 1 52, ne cite, parmi le clergé assistant à la cérémonie, aucun prêtre représentant l’église
Saint-Pierre. Il est probable que cette église n’existait pas alors, et que sa
construction doit être placée entre 1 1 5a et 1184.
A la vérité, l’arc brisé fut connu, dans la région bien avant l’an 1100, mais la sculpture des archivoltes et les motifs qui y sont employés sortent évidemment du genre pratiqué par les artistes qui travaillaient alors dans les églises du Santerre.
Voici d'ailleurs une description récente (2) du portail de Saint-Pierre ; la citation n’en peut pas être suspecte : « Le portail est tracé en arc brisé. Le tympan et « le chambranle de la porte sont modernes et d'un assez mauvais style, mais les « trois voussures et leurs colonnettes sont en bon état de conservation. La voussure cc inférieure est ornée de zigzags ayant pour profil un tore et un canal. La voussure « médiane offre une décoration très riche et très originale qui semble imiter « l’orfèvrerie. Le profil général est un quart de rond. Chaque claveau est orné « d'un animal fantastique de forme différente sculpté à la manière des ivoires
« orientaux avec contour coupé à angle droit sur un fond profond. Entre chaque « animal est un ornement chevauchant sur deux claveaux et consistant en un disque « creusé en entonnoir au fond duquel est une pointe de diamant. Ce riche bandeau « est encadré d'un tore décoré d’un rang de petits demi-cercles entrecroisés, ci La voussure supérieure est ornée d'un tore aminci à arête, creusé d'un canal perlé-,
ci des crochets en méplat flanquent ce tore et il est surmonté d’un rang de crochets
ci affrontés dans un canal. Enfin une moulure d’archivolte encadre le tout. Elle « forme un quart de rond décoré de feuilles d’acanthe et surmonté d'un canal où « s’espacent des têtes de clous ».
Il est matériellement vrai que les feuilles d’acanthe, les canaux perlés, les
animaux fantastiques sculptés à la manière des ivoires d’Orient, et les imitations d’orfèvrerie sont une exception parmi les églises romanes de la contrée qui fait l’objet de cette étude.
Ajoutons seulement que les fûts des six colonnes du portail sont annelés, et que leurs bases se rattachent aux socles par des griffes.
Au centre du pignon de façade, et au-dessus de la fenêtre dont il a été parlé
(1) Il est possible que les fragments d’époque romane du portail de Roye aient fait partie de l'église antérieure et qu'ils aient été conservés dans l’église actuelle à cause de leur valeur, ou en vertu du principe liturgique qui ordonnait de faire entrer dans l’édifice à reconstruire le plus qu’on pouvait des matériaux de l’église précédente.
(2) Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie , 1895.
déjà, s’ouvre une petite rosace dont le centre est un qualrefeuille ajouré, mais dont tous les entrecolonnements sont aveuglés par une maçonnerie probablement plus récente. Cette rosace n’a pas tout à fait deux mètres et demi de diamètre ; sa bordure assez large se compose de moulures nombreuses, rapprochées et un peu grêles qui contrastent avec le genre plus sévère des balustres au dessin très rude formant les rayons de cette sorte de roue.
Les bases et les chapiteaux des balustres n’offrent pas le type roman, mais ressemblent plutôt au dorique romain.
A part cette petite rosace et les fragments du portail central signalés plus haut, la façade entière est du genre flamboyant.
Le pignon a été exhaussé dans le cours du xvi' siècle, et on y a encastré une statuette, aujourd’hui détériorée, qui représente Saint Florent dans sa barque. Les angles inférieurs des rampants étaient ornés, d'un côté, de la statue de Saint Pierre; de l'autre côté, de la statue de Saint Paul.
Le portail de droite se compose d’un cintre surbaissé, surmonté d'une accolade aiguë à feuilles de choux frisés. Le sommet de l’accolade est coupé par une anse de panier qui encadre des panneaux appliqués, avec moulures prismatiques.
Le portail de gauche, un peu moins ancien peut-être, est décoré de pinacles appliqués aussi et très gracieusement sculptés. La galerie qui le surmonte est à enroulements, tandis que celle du côté droit est en losanges. Des contreforts portant des niches flamboyantes flanquent la façade de chaque côté.
Chacune des travées de la nef a son pignon garni, comme les pignons du transept, de médaillons, de rosettes et d’écussons. L’un de ces derniers, maintenant effacé, avait pour armoiries : parti de France et de Bretagne.
M. Corblet le rapporte au temps du roi Louis XII qui épousa en 1499 Anne de Bretagne.
Entre chaque pignon, surgissent des gargouilles sculptées, et se remarquent des statues et des pinacles très ingénieusement travaillés.
Les murs de la nef sont en briques dans leur partie haute, et ils sont soutenus par des contreforts en pierre avec gargouilles très saillantes. La toiture des travées est en tuiles.
Le clocher, assis au centre de la croisée, sur les quatre gros piliers du transept, est orné d’arcatures et flanqué à ses quatre angles de contreforts sommés de tourelles en pierre se terminant en forme de coupole, reliées entre elles par une balustrade également en pierre qui a été restaurée et modifiée vers 1 865. Un beffroi carré en charpente du xvnp siècle (1), surmonté d'une haute flèche octogone, renferme quatre cloches; deux sont datées de 1779, et deux de 1818. Toutes ont été fondues par Cavillier de Carrépuits.
Le plan de l’Eglise, liturgiquement orienté, est en croix latine avec transept peu saillant. La nef comprend six travées, et le chœur, élevé de trois marches, en a deux ; l’abside est polygonale. Les deux collatéraux de la nef se prolongent autour du chœur et du sanctuaire. On pense qu’il existait une crypte sous l’édifice primitif, mais rien ne la révèle maintenant Les pierres de la construction ont été fournies par les carrières de Villers-lès-Roye.
(1) M. Dusevel dit que la charpente est du x v 1 V siècle, mais M. Corblet indique le xvnr1', et son assertion parait plus exacte.
Voici les dimensions principales du vaisseau :
Longueur totale de l’édifice . 58m3g.
de la nef . 35m76.
— du chœur . 1 7"' 1 3 .
Largeur de la nef . i7m58.
Hauteur du sol aux voûtes . i4'”86.
Circonférence des piliers . 3m22.
Douze colonnes cylindriques, à base octogone, soutiennent la maîtresse- voûte de la nef. Elles n ont pas de chapiteaux, et les nervures partent du fût, suivant le style de l’époque. Contre la façade intérieure, au bas de la nef, deux colonnes sont à demi engagées dans la muraille. Dans les collatéraux, les pilastres de retombée se profilent sous forme d'arêtes prismatiques qui s’élancent du sol à la voûte enrichie de pendentifs. "
Les quatre piliers du transept qui soutiennent le clocher, ainsi que les piliers du chœur, sont composés d’un faisceau de colonnettes effilées, dont le chapiteau est remplacé par des ornements en style de la fin du xv' siècle, tels une suite de petits arcs trilobés inscrits dans un plein cintre, ou bien des feuillages enroulés, des ceps de vignes, des frettes, etc.. Les grilles en fer forgé, datant de 1774, qui fermaient le chœur, ont disparu.
Les voûtes sont belles et offrent une grande variété dans leurs dispositions. Celle de la croisée du transept est sur ogives avec liernes et tiercerons, sans pendentifs, ni ornements à la rencontre des nervures.
La voûte de la chapelle du côté gauche est du même dessin, mais elle est décorée d'une clé très riche au centre, et de huit rosaces disposées en forme de couronne.
Celle de la chapelle de droite est encore plus compliquée, et son ornementation comporte treize rosettes.
Les voûtes de la nef et celles des collatéraux sont en simple croisée d’ogives avec clés sculptées, des premières années du xvn' siècle (1) ; mais celles de l'hémicycle absidal remontent à fin du xv' et au début du xvt' ; elles sont très travaillées et très remarquables, quoique les courbes de l’abside resserrent les nervures et les rendent irrégulières par le fait même. Les clés sont enrichies de très jolies ciselures ; les pendentifs sont élégants et se détachent avec légèreté, offrant les sujets habituels : le Père Eternel, la Sainte Vierge, des prophètes, des anges et des saints, des médaillons et des rosettes. Les trois arcades de l’hémicycle sont frangées d’arcs trilobés tels qu’en offrent souvent les portails du xv' siècle ; la voussure est ici datée de 1494.
La profusion des ornements à l’abside contraste avec le genre plus simple du bas de l’Eglise. Le mur du chevet date de 1479 ; et le pilier situé derrière le maître-autel est de 1488.
Vers le milieu du bas-côté gauche s’ouvre la chapelle latérale dédiée à Saint Florent. Elle prend deux travées qui sont fermées par des grilles en fer. Du côté du Levant se dresse l’autel de Saint Florent ; et, du côté opposé, un confessionnal en bois de chêne. Les fonts baptismaux en pierre sont placés dans cette même chapelle. Ils ont la forme, assez fréquente dans la région, d’une coupe ovale, avec un couvercle en cuivre.
(1) Eglises , Châteaux, et Beffrois.... Notice par MM. Dusevel et de ]a Fons, page 5.
Contre la muraille Est du transept droit s’appuie un autel du Sacré-Cœur, en pierre sculptée, d'un remarquable travail. La chapelle absidale est dédiée au Saint-Sacrement. La chapelle du transept gauche, dédiée à la Sainte Vierge, est ornée d'un magnifique autel en pierre qui a été placé en 1898. L'autre chapelle a pour vocable Saint-Roch.
La chaire est l’œuvre d'un maître menuisier de Roye au xvme siècle ; et vis-à-vis d’elle, sur le banc d'œuvre, on voit une relique de Saint Florent enfermée dans un buste du Saint Patron de la ville de Roye.
Le maître-autel est en marbre blanc avec des appliques dorées et un bas-relief, doré aussi, représentant la Cène.
Les vitraux sont une des grandes richesses de l’église de Roye, et ils subissent en ce moment (1898-1899) une restauration fort importante qui leur rendra, il faut l’espérer, leur éclat primitif.
Voici, d'après M. Corblet, les sujets de ces verrières dont les anciens coloris sont merveilleux et les dessins d’une habileté hors de pair.
« Bas-côté Nord, ire fenêtre.
2e fenêtre.
3e fenctre.
Bas-côté Sud ire fenêtre.
2e fenêtre
3e fenêtre.
4e fenêtre.
Fenêtre de l'abside.
Chapelle de la Vierge.
Arrivée et Adoration des Mages. Massacre des Innocents.
Histoire d'un pèlerin de Saint-Jacques. Une bataille des Croisades.
Un crucifix. Saint Florent.
Notre-Seigneur. Résurrection de Lazare. Conversion de Saint Paul. Saint Pierre-ès-liens. Héliodore chassé du temple et poursuivi par un chien.
Un ange. Un animal symbolique de l'Apocalypse. La Samaritaine. Saint Crépin et Saint Crépinien. Saint Cosme et Saint Damien. Sainte Catherine martyrisée. Sacrifice d’Abraham. Décollation de Saint Jean. Suzanne devant ses juges. La cour d'Hérode.
L’Ascension de N. -S La Pentecôte. La Résurrection. Jésus-Christ chassant les marchands du Temple. Des groupes de Saints. Des démons rouges et verts qui tourmentent les damnés et qui les traînent dans des brouettes. Les limbes. Le lavement des pieds. La pécheresse chez Simon. Noces de Cana. J.-C. au milieu des Docteurs. Les armoiries des donateurs de la verrière.
Des anges jouant divers instruments de musique. Arbre de Jessé.
La mort de la Sainte Vierge. Un apôtre lit les prières des agonisants ; un autre jette de l’eau bénite avec un goupillon. Plus loin, deux vieillards ; l'un souffle dans un encensoir, l'autre a déposé par terre son livre et ses lunettes. A part les anachronismes, ce vitrail est fort remarquable.
Martyre de Saint Crépin et de Saint Crépinien. Création du monde. Adam et Eve. Sacrifice d’Abel. Caïn meurtrier, et plusieurs autres traits tirés de la Genèse.
I ous ces vitraux datent du xvc et du xvie siècles; leur variété, leur éclat, la perfection des figures et des draperies font regretter singulièrement la destruction inintelligente et irréparable des sujets tels que les sacres de Saint Louis, de Clovis, de Charlemagne, la cour de Rome, etc... »
Les indications qui précèdent ont besoin d'être complétées par celles que voici. Les fenêtres de l’Eglise sont à trois meneaux avec la partie supérieure en cardimorphes. Chaque fenêtre est d’un dessin différent, comme on le remarque souvent à cette époque. La fenêtre du transept droit, plus large, est la seule qui ait quatre meneaux. Les compartiments formés, tant par les cardimorphes que par les meneaux et les barres de vitrage, contiennent généralement un sujet, ce qui explique la quantité de sujets divers énoncés dans la description d'une seule baie.
Dans les murs de l’abside s’ouvrent trois oculus, sans divisions, contenant aussi des vitraux peints.
Les pierres tumulaires, autrefois nombreuses, ont été détruites en 1772, à 1 exception de celle de François Cabaille et d'Anne Jobart qui porte cette inscription :
Ces deux furent touchf’s d'une commune flamme,
Dont la sainte vertu fut l'unique flambeau ;
Leurs deux cœurs en vivant n'eurent qu’une même ame, Leurs deux corps en mourant n’eurent qu’un seul tombeau.
En novembre 1876, lors de la construction d’un calorifère, on découvrit une dalle en pierre dure portant un bas-relief qui représente la décollation de
Saint Jean-Baptiste, et qui offre l’inscription suivante :
Fr. Pratano (i), Clarissimo Viro Urbis Royae Præfecto et Iohannae Aube
Clarissimae Conjugibus charissimis Petrus et Johanna liberi moestissimi Aeternam Requiem deprecantes Posuere Anno Domini MVc LXVII.
Obiit ille Anno MV° LX — XXI cal. novemb. Haec vero Anno MV': LXVII VII CALEND. JuNII. ReQUIESCANT IN PaCE.
Il existait, paraît-il, dans l’église St Pierre, bon nombre de tableaux remarquables sur toile et sur bois. Ceux qui restent : Saint Jean baptisant dans le Jourdain, la Femme adultère, la Bienheureuse Marguerite-Marie, sont dignes d’intérêt. Les deux premiers sont attribués à l'atelier de Jouvenet.
Il convient en terminant de ne pas oublier le buffet d’orgue, de style
Louis XV, provenant — dit-on — de Morienval, et une statue de Saint Roch qui
n’est pas sans valeur.