ICY EST REPRÉSANTÉ MESSIRE MAXIMILIEN ANTOINE DE BELLEFORIÈRE
MARQVIS DE SOYECOVRT, ROYE ET GVERBIGNY , COMTE DE TILLOLOY ET DE TVPPIGNY ; BARON D IRON, DE LA NEVVILLEROY ET D ITRE ;
SEIGNEVR DE LA VACQVERESSE, DE SAINT-MARTIN EN RIVIÈRE, LA VALLÉE MVLATTE, GRAND-MANOIR, CLERMONT, CRAPEAVMESNIL,
CONCHY, PLESSIÈS, SAINT-NICAISE, VALFLEVRY, VERPILIERS, LAVCOVRT,
DANCOVRT, BVVEREIGNES, RENELECLVSE, MACHY, ARRY, CAMPIGNEVLLE, YIRONCEAVX, LES GRANDES TOVRNELLES DE MONDIDIER, ETC.
GOVVERNEVR DES VILLE ET CITADELLE DE R VE EN 1 652, CONSEIL¬ LER D’ÉTAT, GRAND MAITRE DE LA GARDEROBBE DV ROY, LAN
(1) . . . . Le jeune Saucourt (Maximilien de Soyecourt) combattant pour le seigneur de Moui (Claude-Louis de Vaudray)... fut blessé d’un coup de petrinal à la cuisse, qui lui rompit l’os et la veine avec la balle ramée, et mourust tost après. . . » Registre-journal de Henri III, Roy de France et Polongne, publié d'après le manuscrit autographe de Pierre de l’Estoile, dans la collect. des Mém. sur l’Hist. de France, par Michaud et Poujoulat, t. XIII, le r" de la 2"”' série, p. 161, année 1583). — Ce manuscrit a appartenu à l'Abbaye de St.-Acheul-les- Amiens.
(2) Voir La chapelle sépulcrale des Soyecourt dans l’ancienne église abbatiale de Corbie. par M. Hector Josse, dans le Bulletin de la Soc. des Antiq. de Picardie, 1881, n° 2. — A la page 455 du tome I" de la présente publication, dans la notice sur Corbie, aussi par M. H. Josse, on trouve une reproduction de ce - mémoire » ; et à la page 454, on voit représentés plusieurs membres des familles de Soyecourt et de Belleforrière.
(3) La représentation de ce seigneur a complètement disparu.
Sà
1 653, MARESCHAL DES CAMPS ET ARMÉES DV ROY, CHEVALIER COMMANDEVR DE SES ORDRES, ET GRAND VENEVR DE FRANCE LAN 1670, DÉCEDDÉ LE 12 IVILLET 1679. FILS DE MAXIMILIEN DE BEL- LEFORIÈRE, MARQVIS DE SOYECOVRT, ROYE ET GVERBIGNY, ETC.
CHEVALIER DES ORDRES DV ROY, MESTRE DE CAMP ü'VN RÉGIMENT D'iNFANTERIE L’AN l6l6, CONSEILLER d’ÉTAT l’an 1020, MARESCHAL DES CAMPS ET ARMÉES DV ROY l’an l63o. LIEVTENANT-GÉNÉRAL AV GO VVERNEMENT DE PICARDIE ET DE BOVLLENOIS l’an 1 634- ET CAPITAINE DE CENT HOMMES d'aRMES DES ORDONNANCES DE SA MA¬ JESTÉ LAN l635, ET DE IVDITH DE MESMES, FILLE DE IEAN IACQVES DE MESMES, SEIGNEVR DE ROISSY.
PRIEZ DIEV POVR SON AME
A l'écusson de Belleforrière, qu'on voit au bas, sont suspendus deux cors attribut distinctif du grand veneur de France.
MARIE RÉNÉE DE LONGVEIL, VEVVE DE TRÈS H A VT ET TRÈS PVISSANT SEIGNEVR MESSIRE MAXIMILIEN ANTOINE DE BELLEFORIÈRE ,
CHEVALIER DES ORDRES DV ROY, MARQVIS DE SOYECOVRT ET AVTRES LIEVX, GRAND VENEVR DE FRANCE, MARQVISE DE SON CHEF d’aMY,
FILLE DE TRÈS H A VT ET TRÈS PVISSANT SEIGNEVR MESSIRE RENÉE DE LONGVEIL, MARQVIS DE MAISONS, DE POISSY ET AVTRES LIEVX ;
PRÉSIDENT A MORTIER AV PARLEMENT DE PARIS, MINISTRE d'ÉTAT, SVRINTENDANT DES FINANCES, CAPITAINE DES VILLES ET CHATEAVX DE SAINT-GERMAIN-EN-LAYE ET DE VERSAILLES, ET DE MADAME MAG¬ DELEINE DE BOVLENC DE CRÈVE CŒVR, A FAIT ÉRIGER CE MONV- MENT A LA MÉMOIRE PERPÉTVELLE DVDIT SEIGNEVR MARQVIS DE SOYE¬ COVRT SON ÉPOVX ; DESQVELS SEIGNEVR ET DAME DE SOYECOVRT N’EST POINT RESTÉ D’ENFANS MALES, MESSIRES IEAN MAXIMILIEN DE BELLEFORIÈRE, MARQVIS DE SOYECOVRT, COLONEL DV RÉGIMENT DE VERMANDOIS, ET ADOLPHE DE BELLEFORIÈRE, CHEVALIER DE SOYE¬ COVRT, CAPITAINE LIEVTENANT DES GENDARMES DE MGR. LE DAVPHIN,
LEVRS SEVLS FILS, AYANT ESTÉ TVÉZ SANS AVOIR ESTÉ MARlÉZ, A LA BATAILLE DE FLÉRWSS, l'aINÉ SVR LE CHAMP DE BATAILLE, LE Ier.
IOVR DE IVILLET 169O, ET LE CADET BLESSÉ ET PRIS PRISONNIER LEDIT IOVR, MORT LE LENDEMAIN DE SES BLESSVRES A CHARLE-ROY.
LADDITE DAME MARIE RENÉE DE LONGVEIL DECEDDÉ LE . (i).
Au bas de cette inscription se trouvent les armes accolées de Belleforière et de Longueil, puis cette recommandation :
Priez Diev povr levrs âmes.
La Bruyère fait en ces termes l'éloge du cadet de ces deux frères : « Jeune Soyecourt ! je regrette ta vertu, ta prudence, ton esprit déjà mûr, pénétrant, élevé,
(1) La date est restée en blanc.
sociable ; je plains cette mort prématurée qui te joint à ton intrépide frère et t’enlève à une cour où tu n’as fait que te montrer; malheur déplorable, mais ordinaire (i) ».
Ces deux jeunes gentilshommes avaient à l’armée chacun une maison complète : gouverneurs, valets de chambre, cuisiniers, palefreniers, sommeliers, laquais, trois carrosses attelées de six chevaux chacun, et vingt-quatre chevaux de selle.
Maximilien, Charles et Abdias de Soyecourt étant morts sans enfants, comme on l’a vu plus haut, leur sœur Françoise fut instituée héritière universelle de ses père et mère. Elle épousa Ponthus de Belleforière. On voit le tombeau de ces deux époux près de l’abside de l’église, du côté de l'évangile. Il est dans une baie en arcade surbaissée, ménagée dans l’épaisseur de la muraille.
La statue de Ponthus et celle de sa femme sont aussi en pierre, avec les têtes et les mains en marbre blanc. On admire la richesse des costumes où l’on retrouve la fraise espagnole. L’ancien gouverneur de Corbie porte une cotte d'armes parsemée de fleurs de lys, garnie de franges et ornée de broderies. On voit suspendu à son côté gauche le petit poignard appelé « miséricorde » ; son casque (ou plus exactement son armet) (2), est posé près de lui sur le soubassement. Le chevalier et sa femme, à genoux, les mains jointes, paraissent prier avec ferveur. Devant eux, leurs livres d'heures sont ouverts sur d’élégants prie-Dieu garnis de draperies et ornés de sculptures avec les armoiries de Belleforière et de Soyecourt. Aux pieds de la dame on voit un petit chien, symbole de la fidélité.
Brave guerrier et ardent ligueur, Ponthus de Belleforière avait assisté aux états de Blois. Henri IV, qui connaissait sa bravoure, lui avait en vain dépêché le célèbre historien de Thou, après l’assassinat de Henri III, pour le détacher de la sainte ligue et l’attirer dans son parti. Ponthus périt en 1590, en défendant la petite ville de Corbie — alors très forte, — contre le duc d'Humières qui cherchait à s’en emparer pour la soumettre à l’obéissance de Henri IV.
Son épitaphe est ainsi conçue :
CY GIST MESSIRE PONTHVS DE BELLEFORRIÈRE CHLR DE L’ORDRE DV ROY, GENTILHOMME DE SA CHAMBRE,
ET SON CHAMBELLAN, GOVVERNr DE LA VILLE DE CORBIE
capse de cinqvante hommes d’armes