PORTE DU RAVELIN DE MONTRESCU DÉTAIL
LA PORTE MONTRESCU
La ville d'Amiens a été considérée de tout temps comme une position stratégique importante et 1 une des clefs principales du passage de la Somme. Sa vieille enceinte, jusqu aux dernières années du xv" siècle, y laissait pénétrer du côté de l'Artois par la porte de Gayant ou du Géant devant Saint-Maurice, la porte Montrescu et celle de Saint-Pierre, tour à tour ouvertes ou fermées, suivant les circonstances politiques ou les appréhensions des attaques de l'étranger. Ce ne fut qu'à l'époque de la guerre de Cent ans que commencèrent les travaux de fortilications qui devaient à l'Est et au Sud protéger les faubourgs et englober dans l'enceinte de la cité le cimetière Saint-Denis, les couvents des Augustins, des Jacobins, des Cordeliers et les nombreuses habitations qui s'étaient groupées autour des portes ou de ces établissements religieux, exposées trop souvent aux insultes de l'ennemi.
De cette dernière enceinte, dont les deux ports et la ligne de nos boulevards modernes retracent l'étendue, des ouvrages défensifs qui y furent successivement ajoutés au xvi‘ et xvii' siècle, deux d'entr’eux ont seuls survécu : un fragment du bastion de Guyencourt et la porte Montrescu.
A quelle époque cette porte fut-elle édifiée pour la première fois ? vraisemblablement quand la ville s'étendit un peu plus au Nord au-delà de la porte de Grand-Pont, dont l'échevinage, lors de la nécessité d’élargir la grande Chaussée au Blé en 14S4, eut tant de peine à ordonner la démolition, parce qu'elle était une des plus anchioiucs portes de la j’ille, et que déjà vingt-trois ans auparavant il l'avait fait visiter pour en tenter la réparation. Bel exemple à citer aux édilités modernes qui. ne se souciant guères d’archéologie, montrent trop peu de respect pour les vieux monuments et les souvenirs qu'ils peuvent évoquer. L’ancienne porte Afontrescu existait donc déjà antérieurement au xiv" siècle, époque où elle fut rebâtie; la première pierre en fut posée le 26 juin iSgo par Hue Poulette (i). Ce maître de reeuvre, comme on disait alors, dont le nom se rattache à la construction des ponts de Baraban et de Sire Jean Ducange, aux travaux du Belfroi et de la portelette des Arcs, avait, dès le mois de mars précédent, fait exprès le voyage de Paris en compagnie de Mathieu de Beauval, clerc du maître des ouvrages de la ville, pour visiter la porte .Saint-Antoine et le petit Châtelet, afin de prendre exemple à édiflicr à Amiens, de nouvel^ la porte Montrescu que le corps municipal, à la saison à venir avait intenté de faire toute nœufve (2).
Gayant. Montrescu et Saint-Pierre, ces trois portes, sur un front d’aussi peu d étendue, avaient été reconnues comme constituant un danger sérieux pour la sécurité de la ville; aussi lorsqu'Amiens rentra définitivement en 1470 entre les mains de Louis XI, de grands travaux de fortifications furent-ils entrepris pour mettre sa conquête à l'abri des nouvelles attaques de Charles le Téméraire. Par ordre du comte de Dammartin, l'on travailla déjà à coin-rir d'un boulevart la porte de .Montrescu, parce qu'il y avait lieu de clore la porte Saint-Pierre trop périlleuse et trop dangereuse, plus que ne l'était encore cette dernière. Cet ouvrage tenait à cœur à Louis XI, qui outre les 1200 livres qu'il avait données à la ville lorsqu elle était rentrée dans ses mains, lui avait encore accordé une autre somme de 2000 francs pour ces travaux. Tandis que la démolition de la vieille enceinte commençait par ses ordres, l'on poussait également avec activité ceux de la porte Montrescu. lên 1475, Jean Bengier, artiste peintre, avait décoré d'or et d'azur une grande image de saint I.ouis qu'un marchand entailleur d'images avait faite et taillé en pied pour être posée sur le boulevard, en remplacement de celle qui existait autrefois sur la porte et dont l’échevinage fit cadeau aux religieux Jacobins pour la décoration de leur église, placée sous le patronage de ce bienheureux. Ln 1494 on achevait la porte comme l'indique cette mention des comptes: i3 janvier, A 1 cannes de vin aux carpentiers qui faisaient le cloquier de la porte Montrescu. et le peintre Riquier Haulroyc, recevait une somme de ii livres pour avoir peint et doré les pignons, lieuses, panneaux, épis et fleurs de lys des pignons des tours et cloqiiiers de cette porte, cappes franchoises et fenêtres, avec toutes les poriraictLires desdits pignons.
Ln i52o, le 3o mars, l'on retravailla de nouveau avec la plus grande activité
0) Registrf :iux comptes de l:i ville d'Amiens. 13S9-1390 : au Dragon pour iiij Kanes, à 2 s viij, qui fust donne a maistre Hue Pouiette raachon. <.iui asséist la première pierre à la porte Montrescu x‘ viij d.
i2) Registre aux comptes de la ville d'Amiens, 1380-1390.
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de ce côté de la place : « aprez avoir veu oudit eschevinage le pourtrait et gect qui avait esté fait par Mons le Bailly d'Amiens et autres seigneurs, du bolvert qu'il est requis faire à la porte de Montrescu, mesdits seigneurs, en enssuivant les advis de Mons de Vendosme, de Mons le Mareschal de Chatillon et des officiers du Roy en ceste ville, ont conclu et ordonné que à la plus grande diligence qu'il sera possible, l'on besongnera audit bolvert. » Et de fait, le 34 mai suivant, la ville ordonnait la vente de 100 muids de .ses blés pour payer les travaux (i). François 1" étant venu à Amiens, après avoir vu ce boulevard, ordonna d’ôter le moineau commencé à sa pointe et de l'achever suivant le portrait qu'il en avait fait faire par le seigneur Francisque, ingénieur italien qui l'accompagnait. Suivant le désir du roi, d'après ce plan, il fut alors continué avec tous les caractères de l'architecture noble et élégante de son règne ; les divers compartiments qui divisent sa partie supérieure furent couverts de salamandres et d'F, de gracieuses statuettes de génies tenant des boucliers, d'oiseaux fantastiques ; au-dessus du cintre, sur le stylobate se voyaient d'autres figures (2). On y lisait cette inscription aujourd'hui rétablie: Hvjpsce iiiodi firmanda cvrapit anno gratiœ iS3i. En 1527 un entailleur d'images d'Amiens, .lean Harcq, sculpta pour 35 livres, en pierre de la Faloise, un écu de France et deux salamandres posées au coin de ce boulevard, qui furent dorés pour dix écus par le peintre Andrieu de Moncheaux sous le contrôle de ses confrères, Pierre Cornouaille et ,Iean Rabache.
En 1534 les comptes de la ville nous montrent encore une somme de ii5 livres 19 sols 10 deniers payée à Laurens .lournet maître des ouvrages du roi en Picardie pour 87 salamandres, fleurs de lys et lieuronneries, neuf vingt douze livres pour la décoration de 48 assiettes de piliers en pierres de la Faloise, de cordelières, branches et feuillages... doublés de côté et d'autres, de candélabres, (3) d'enfants et bastons dedans lesdits candélabres et cordelières, 8 livres pour un grand cul-de-lampe de pierre des mêmes carrières à la vaulsure dudit bolvert, de quatre pieds de long sur deux de large, où furent entaillés un ange portant les armoieries de la ville et une salamandre celle du roi. Un artiste entailleur, François Gosselin, payé à raison de 9 sols par jour, fut chargé d exécuter le triomphe d'Hercule. En iSSg, sur le bruit que le roi devait bientôt revenir à Amiens, on voulut lui montrer le degré d’avancement des travaux et 1 on pressa le maçon de la ville, Jean Descaubry, d'achever en diligence le triomphe de machonnerie encommanché pour mettre sur la porte du boulevart, promettant
(:) Registre aux délibérations, t. XXII.
(2) Echevinage du iz mai 1524 : Il a esté remonstré oudict eschevinage, que dernierrement que le roy a esté en ceste ville, il a vu plusieurs des ouvrages d’icelle et entr'autres l’ouvrage du bolevert de Montrescu, et a été d’advis de nster le coramenchement du moisneau estant à la pointe d’icelluy bolevert et de le achesver selon le pourctrait qu’il en faict faire par le sieur Francisque ytalien estans avec luy. Oui lequel récit, a esté ordonné que ledit bolvert sera aschevé selon le désir dudit seigneur, et le pourctrait qu’il en a fait faire par ledit escuier Francisque.
hrançnis I®'^, on le sait, avait une haute confiance dans les architectes et les ingénieurs italiens si nombreux à sa cour. C'est encore un de ces ultramontains, le sieur Anthoine Decastel, ytalien, commis pour avoir le regard sur tous les ouvrages de Picardie, qui, en 1539, vient visiter pendant plusieurs jours les ouvrages de la ville particuliérement la plate-forme entre la tour de Guyencourt et la porte de la Hautoie dont il fait quelque pourctrait et reçoit, pour ce, un don de 20 écus soleil. (Regist. aux délib. t. XXIII, 3 juin 1539). Ce sont encore des italiens Prcdance et Bertholomée, ingénieurs du roi, qui en 1558 viennent pour faire faire des boulevarts aux portes de Gayant et de Saint-Pierre (délib. du 16 mars). Ces étrangers eurent un réel succès durant tout le xvi' siècle, car notre corps de génie français ne commença guère à se révéler qu’à partir du régne de Henri IV.
(3) Couronnement en forme de balustre, figurant une torchère placé au sommet des contreforts. Lexique des termes d’art par Jules Adeline.
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de le payer chaque semaine d’après la célérité qu’il apporterait. François 1" vit-il la réalisation du plan qui lui avait tant plu, nous en doutons, car rien n'indique qu'il ait visité notre ville à cette époque.
Au xvr siècle, il y avait donc à Amiens deux portes bien distinctes l'une de l'autre désignées à tort par les historiens sous le même nom, l’une celle de l’enceinte continue, l'autre celle du boulevard, distinction qu'il faut bien nettement établir si l'on veut comprendre la surprise de 1597. La première, à l'entrée de la citadelle, au bout et vis-à-vis de la chaussée Saint-Leu, après avoir passé le premier pont levis, et qui donne accès dans le préau, en arcade ogivale construite en grès, la vraie porte, achevée en 1494; la seconde, celle du boulevard, d'après les dessins de l'ingénieur du roi chevalier, entre le bastion de Saint-Pol et celui de Luynes. Le plan mis à la fin de cette notice, dissipe toute confusion à cet égard.
Les Kspagnols s'étant emparé de vive force de Doullens le 3i juillet 1595 après avoir défait le secours que le duc de Bouillon, le comte de Saint-Pol et l’amiral de Villars avaient tenté d’y jeter, faisaient depuis ce moment des courses tréquentes jusques aux portes d'Amiens, principalement vers la porte Montrescu par où il ne venait presque olus de vivres ; on commença alors à construire un raveliii au dehors de la v'" • en défendre les approches, du côté du village
de Saint-Maurice. Un excellent patriote, Claude Lemattre, seigneur d’Hédicourt signalait en iSpG la nécessité de raser la chapelle de Saint-Montan trop proche de la porte Montrescu et très favorable pour couvrir une embuscade, d'approfondir le fossé du ravelin, d'achever en diligence et de mettre en état d'y passer la porte Neuve ou porte Saint-Pierre qui était encore bouchée et fermée alin de boucher et de fermer entièrement le second pont levis de la porte Montrescu, dont la muraille n'avait qu'un pied et demi d’épaisseur. Fn même temps, l'ingénieur l-.rard, de Bar-le-Duc, qui devait plus tard construire la citadelle, a\-ait dans un plan conservé à la bibliothèque nationale, émis le vœu, qu'(m démolit le corps d architecture de cette porte, qui était très élevé, et n'olfrait. sui^'ant lui, qu’une ornementation inutile et même nuisible à la délense, C(mseillé de faire nettoyer les fossés a 1 endroit de la porte du Ravelin et des environs et d’en transporter les vidanges dans la ville pour rendre plus facile la montée des remparts (i).
Qitos mit perdcrc JiipitL’r dementat. Les trop justes appréhensions de Claude Lemattre ne devaient pas tarder à se réaliser et le gouverneur espagnol de Doullens profilant de 1 a^'cuglement de ceux auxquels étaient si imprudemment conliée la garde et la défense de la ville, s’en emparait à l'aide d'un vieux stratagème toujours neuf, et sans coup férir, malgré l'héroïque résistance des quelques généreux citoyens dont nous avons cité les noms plus haut (2').
Hernan 1 ello Porto Carrero, vieil officier qui avait longtemps fait la guerre, qui cachait sous un petit corps une grande âme. toute remplie de la fierté et de la bravoure espagnoles, n était pas sans savoir, grâce aux intelligences qu’il avait nouées, aux nombreux espions qu il entretenait, à la reconnaissance exacte des lieux qu il avait fait faire par le sergent i.arco. homme adroit et expérimenté, que le vieux levain de la ligne fermentait encore au sein de la ville, où un complot
o) Ce pLin fut paye par la ville cnnime lindique la délibération suivante : Veuc en l’assemblée le crayon du plan polir la fortiffication de la ville d’Amyrns faict par le sieur Ivrrard ingénieur du rov, en considéraeion de co que Irdit Hrrard est venu .’xprez en cette ville pour ce .^uhjcct. ou il a séjourné dix ou douze jours, a este ordonné <iti'il lui sera faict présent de c<'nt oscuz et sera prié de se contenter de ladite somme. Oélib. du 23 mai 1591).
(2) \'oir le Logis du Roi. page 72.
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venait même d'être découvert et réprimé, que la peste y régnait et que la garde y était mal laite. Malgré les injonctions, les prières du roi qui y voulait rassembler son armée pour la prochaine campagne, les habitants se fondant sur les conventions de la réduction de iSqq, qui leur conservaient le privilège de se garder euxmêmes venaient de refuser les 800 Suisses qu'il y voulait placer. Le moment était propice, Hernan Tello sut le saisir, car l'histoire romanesque de ses soi-disants amours et de la dame de Monchy inventée par on ne sait qui et répétée complaisamment par nos vieux historiens, n'a rien à voir en tout ceci. Hernan Tello était un soldat et non un Amadis. Ce fut dans la chapelle de Saint-Montan, dont Lemattre n'avait que trop justement signalé le danger, qu'il cacha sa pointe d'avantgarde, 200 hommes environ, à portée de mousquet de la porte, prêts à soutenir la partie hardie qu'allaient jouer le capitaine milanais Jean-Baptiste Dugnano et son guide le sergent Larco, avec une trentaine de soldats déguisés en paysans, portant des hottes, des paniers, des sacs de pommes et de noix comme de bons campagnards se rendant au marché ! Mais je laisserai ici la parole à Pagès, car c'est à mon avis celui qui a reconstitué le plus exactement la scène, comme elle dut se passer.
« Ils conduisoient, dit-il, trois chariots ou charettes à trois chevaux qui, de la façon qu’ils tenoient au limon, se séparoient dès qu’on leur avoit levé certains fers et se détachoient d a\'ec le charriot. Il y en avoit un chargé de gros pieux couverts de paille et qui estoit envoyé pour s'arrester sous la porte à l'endroit qui répondoit à la herse pour la soutenir lorsqu'on l'abatroit. Quatre soldats qui conduisoient le troisième chariot sarrestèrent à 1 endroit marqué, les autres soldats allant audevant après et aux costés, un d eux ayant sur ses épaules un sac de noix et le remuant comme pour le porter plus commodément, délia la ficelle qui le fermoit et le répandit devant le corps-de-garde. Les bourgeois de la garde accoururent et se mirent a rire du paysan, commençant à se jetter sur les noix, au mesme temps le charriot avançoit toujours et estant arrivé sous la herse, ceux qui le conduisoient le détachèrent, coupèrent les traits des chevaux qui le conduisoient, de peur qu'effrayé du tumulte ils ne le tirassent plus avant, et les deux autres furent mis en travers de la rue pour servir de retranchement contre les bourgeois qui pourroient venir au secours. »
« Durant le tems que les bourgeois de la garde commençaient à piller et à ramasser les noix que le paysan travesti avait répandues, les autres soldats déguisés mettant les uns la bayonnette, les autres le pistolet au poing, tuèrent quelques bourgeois de la garde, mirent les autres en fuite, renversèrent les armes des râteliers du corps-de-garde dont ils se saisirent. «
Cette citation suffit. C est alors qu'accourut rembuscade de Saint-Montant qui releva la herse, qui n avait pu remplir son office et ouvrit le passage au gros des troupes qui occupèrent bientôt tous les points militaires de la ville (i).
La porte Montrescu et ses abords souffrit beaucoup des coups des batteries françaises durant le siège de iSgy, car ce fut sur ce point que porta tout l'effort des assiégeants. Le 4 septembre, Hernan Tello fut tué d'une balle de mousquet, près du ravelin, qui lut emporté le 14 d'un coup de mine, et le 25 la ville d'Amiens rentrait par capitulation aux mains de son maître légitime.
fi) Comme on le voit par les deux premiers charriots mis en travers de la rue Saint-Sulpicc, la scène s’est passée au deuxième pont levis de la porte ^tontrescl1, celle du côté de la ville. Ce récit concorde avec le manuscrit contemporain de Jacques Carnet qui constate que le g-tietteur de la porte fit son devoir en coupant la corde du jeu d’orgues et qu’il fut tué, mais que celui qui était au-dessus du premier pont ne le fit pas et ne reparut plus. C’est en effet logiquement à la seconde porte, c’est-à-dire à celle du corps
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En 1608 les deux portes furent enclavées dans la citadelle d'Erard de Bar-le- Duc ; celle du ravelin. servait en dernier lieu de magasin.
En 1834, le génie militaire avait commencé à la démolir; des réclamations énergiquement formulées par le journal de la Somme arrêtèrent cette œuvre de destruction. Aujourd'hui bien que la citadelle soit déclassée et prête à disparaître comme toutes les places de guerre de l'Artois et de la Flandre, la porte ligure au nombre des monuments historiques placés sous la surveillance et la protection de l'Etat et sa place est marquée d'a'S'ance au Musée de Picardie. « On ne saurait trouver ailleurs croyons-nous, a dit d'elle l'éminent auteur de la Renaissance en France, une plus grande abondance de figures de toutes sortes mêlées aux F couronnées, aux salamandres et aux lieurs de lys. Même dans son fâcheux état de mutilation, ce monument demeure l'œinTC la plus originale et la plus intéressante que le xvi'-' siècle ait élevée en Picardie, et l'on se demande involontairement ce que l'imagination féconde de l'artiste eut rêvé pour un palais, si les murs dune citadelle sont ornés avec cette richesse et cette profusion (i). «
Nos lecteurs reconnaîtront par la vue de notre héliogravure, la justesse de l'appréciation si compétente de M. Léon Palustre.
de place que devait nécessairement avoir lieu l'oxécution du stratagérar, car si le passage eut été fermé
au bruit d’un coup de main tenté dès le preniirr pont, le projet avortait et les Espagnols n’étant pas
en mesure de tenter une attaque de vive force, auraient vite évacué le ravelin.
(i) La Renaissance en irance par Léon Palustre, Paris, Quantin, 1S79, t. 1, p. 50.
Auguste JANVIER
AMIENS
ÉGLISE SAINT-GERMAIN L'ÉCOSSAIS — NOTICE par G. DURAND ÉGLISES SAINT-LEU ET SAINT-REMI — NOTICES par Edmond SOYEZ
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