‹ La Picardie historique et monumentaleChapitre 31 sur 109 · FAÇADE LATÉRALE · texte numérisé non relu

FAÇADE LATÉRALE

Le premier étage de la tour, à l'intérieur, renferme une salle voûtée, dont la voûte est aujourd hui effondrée., ne laissant plus voir que les arrachements. C’est sans preuves, et seulement par assimilation avec d’autres églises, que Goze a prétendu que cette salle renfermait jadis les archives de la paroisse (2).

(1) Arch. de la fabr. de S. -Germain, compte de 1581-82, fol. 329, v“.

(2) Rues d'Amiens, III, 145.

La quatriùme travée du bas-côté contre le transept sur la rue Saint-Germain est occupée par le portail latéral, assez semblable dans son ensemble au portail principal, mais beaucoup moins riche et d'une sculpture beaucoup moins line ; il était d'ailleurs moins bien conservé, et, lors des dernières restaurations, il fallut le refaire presque entièrement. Il se compose d'une voussure simplement moulurée, en arc brisé, ornée d'une dentelle de redents redentés et amortie en accolade décorée de crochets en choux frisés et terminée par un fleuron (i). Cette voussure encadre un tympan orné d'un rcmplage flamboyant aveugle, au milieu duquel est un cul de lampe teuillagé, sur lequel était placée une statue de saint Germain TLcossais, patron de la paroisse, en habits pontificaux, tenant un monstre à sept tètes, qui seul subsiste, mais la statue du saint a été entièrement refaite dans ces derniers temps 12). Ce tympan est porté par un linteau en arc surbaissé et appareillé. Aux retombées de la voussure sont placés deux culs de lampe formés de personnages accroupis et surmontés de dais d architecture destinés à abriter deux statues. Telle est la seule partie ancienne : le soubassement et les deux contreforts qui llanquent le portail à droite et à gauche, ont été complètement refaits, mais à l'imitation des anciens. Amortis en forme de pinacles comme les autres contreforts du bas-côté, ils sont en outre accompagnés à la hauteur de la retombée de la voussure chacun de deux dais d'architecture destinés à abriter deux statues à chacune desquelles une culonnette torse surmontée d'un cul de lampe mouluré sert de support.

Dans ces dernières années, on a rempli les niches vides de ce portail, par des statues nu'dernes.

Les vantaux de la porte, en chêne comme ceux du grand portail, sont composés de petits panneaux sculptés d’ornements Renaissance, dont les uns sont anciens et les autres imités ; un de ces derniers porte la date de i856. Un des anciens représentait Cupidon armé de son arc et de ses flèches ; vers 1859 il fut supprimé comme inconvenant (3).

Les lenètres de l'église étaient jadis garnies de vitraux peints dr)nt la beauté et la vivacité des couleurs étaient, parait-il, proverbiales à Amiens (4). On voyait sur quelques-unes qu'elles avaient été placées en 1484 (5i. Il ne nous en reste plus que de bien faibles débris, et nous ne savons que fort peu de chose sur ce qui a disparu.

( 1 1 Ce fleiimn ;i été refait.

(2) Suivant M. (nu-rarcl, l’ancienne statue était <-n grande vénération parmi les paroissiens ; tous les ans, à la fête de saint Germain, elle était revêtue d'une étr>le et décorée de fleurs. (Guérard, Hist. de l'èglisû Saint-Gi-niiaiii. p. 62(p.

Goze, L

:'S Rues dW

.uiieiis, lit. 160

'. Dusevel. dans 1

a revue La Picardie. V. 38^.

Manusc.

de Pagès,

édit. Douchet.

Ibid. p.

Le P. Daire (i) parle d’un « vitrage » ancien placé au côté gauche de la nef et qui, selon lui, était « très estimé. » La vie et la mort de saint Germain y étaient représentées. En iSyg, la fabrique paya 1 1 1. à Antoine Sapet, verrier, « pour avoir reffaict les verrières et avoir démonté six peneaulx de la verrière saint Eustace et le refaict deuement. (2) » Nous voyons aussi le compte de la fabrique de 1617 porter en recette une somme de 252 1. 5 s. 9 d. donnée par diverses personnes pour un vitrail (3).

Quant au peu qui subsiste de ces anciens vitraux, ils ont été si souvent restaurés qu’ils ont perdu une grande partie de leur intérêt. La plus récente restauration lut exécutée par MM. Goglet et Quenoux de Paris, lors des derniers travaux faits à l'église.

Dans les flammes du remplage de la fenêtre centrale de l'abside, on voit Jésus en croix entre les deux larrons.

Les fenêtres qui font le fond des deux bas-côtés, à l’est conservent encore toutes deux des verrières qui, dans leurs parties les plus anciennes, paraissent remonter à la lin du xv" siècle : l'une représente dans chacune de ses trois divisions un grand personnage : au centre saint Jean-Baptiste, à sa droite saint hirmin et à sa gauche saint Germain l'Ecossais. Dans les flammes du remplage sont quatre petits anges tenant les instruments de la Passion et un saint tenant un écLi aux armes de France (refait). Dans le bas, sont trois petits sujets entièrement modernes.

L autre fenêtre contient comme la première trois grands personnages : au centre, la Vierge Marie, assise dans une chaire, abritée par un dais d'étolfe et tenant l'Enfant-Jésus sur ses genoux ; à sa droite, sainte Agnès, une palme à la

main et un agneau à ses pieds ; à sa gauche, sainte Catherine, une palme d’une main, un livre ouvert dans l'autre et une roue à côté d’elle. Les flammes du remplage contiennent sept anges dont six jouent des instruments de musique et le septième, au centre, tient un écu aux armes de France à trois fleurs de lis. Dans le bas, le restaurateur moderne a ajouté trois petits sujets.

Le musée d'Amiens possède trois panneaux peints sur verre provenant de l'église Saint-Germain et paraissant remonter à la même époque que ceux que nous venons de décrire : le premier représente saint Nicolas, debout, haut d'environ

1 m. 20, revêtu des ornements pontificaux, aube, dalmatique, chasuble drapée, et à côté de lui est un cuvier d’où sortent trois petits enfants nus. Au-dessus de lui est un dais d architecture, et dans le tond une draperie rouge, diaprée. Dans le

second on voit saint Germain l'Ecossais, un peu plus haut que le précédent

(1 m. 5o environ), debout, en chape, mitre, nimbé et tenant sa crosse de la main gauche, tandis que de la droite il tient par son étole une bête à sept têtes. Le tond est formé d'une draperie verte, diaprée. Sur le troisième est peinte une sainte nimbée, de mêmes dimensions que le personnage précédent, vêtue comme une dame de qualité, avec corset fendu orné d'hermine, et couronne d'orfèvrerie fleurdelysée posée sur ses cheveux flottants. Elle tient de la main droite une palme ; le côté gauche ayant subi une restauration maladroite ou ne voit plus ce qu il y avait, sinon un fragment de patenôtre. La donatrice du vitrail et ses

Daire,

Histo.

ire .

d' Amiens,

t. II, p.

Arch.

de la

fabr.

S. -Germain,

compte

de 1579, fol. 295,

Arch.

de la

fabr.

S. -Germain,

compte

de 1617.

quatre filles sont agenouillées à scs pieds. Au-dessus est un dais d’architecture et dans le tond, une tenture pourpre, diaprée.

Ces trois panneaux, très remarquables, sont malheureusement endommagés et raccommodés tant bien que mal au moyen de fragments arrachés à d'autres verrières, de sorte qu'en maints endroits on n'y reconnaît plus rien.

Un jubé qui passait pour « une merveille de la Picardie » (ij, séparait jadis

le chœur de la nef. Pagès nous en a donné une description très complète que

nous ne croyons pas inutile de reproduire ici, malgré sa longueur :

'■ Le chœur de celte église est séparé de la nef par un très beau jubé de

pierres de taille blanches, qui occupe toute la largeur depuis l’aisle droite jusques a 1 aisle gauche de ce saint temple. Quatre grandes colonnes de pierres blanches, cannelées, isolées, à listel, d'ordre corinthien, le soutiennent du côté de la nef, et quatre autres du même ordre et grandeur le portent du coté du cheeur ; outre douze autres plus petites, de même ordre et cannelure, placées au milieu de sa largeur, y comprendre huit demi-pilastres de même ordre, posés aux quatre côtés de ces douze petites colonnes, sur un piédestal C(mtinu. ()n n'avait placé, dans le commencement de la construction de ce jubé, que quatre colonnes pour le soutenir dans toute sa largeur ; mais comme on s’apperçut dans la suite qu'une masse de pierres aussi pesantes les avoit fait casser dans quelques endroits, on fut obligé d'y poser encore quatre autres colonnes, sçavoir deux dans chaque face, au milieu de sa largeur. (Jn y voit aisément la dilférence entre ces premières et dernières colonnes dans le travail de leurs chapiteaux, quoiqu'ils soient de même ordre. Le fut des quatre dernières colonnes est tout d'un jet et fait de pierres de Caen que l’on lit apporter dans un vaisseau exprès depuis cette ville-là jusques dans le quay de celle-ci. Les appuis des deux côtés de ce jubé, faits de pierres blanches, sont ornés de plusieurs cartouches séparés par de petites colonnes cannelées d'ordre composé. Dans ces cartouches sont représentés par différentes ligures peintes et sculptées en demi-bosse, plusieurs mystères de la vie, passion, mort, résurrection et ascension de Jésus-Christ, lotîtes les parties de ce jubé sont embellies des ornements que 1 architecture et la sculpture y ont pu placer : modillons, rinceaux de feuillages, oves. htudres, guillochis. astragales, testes d’anges, Ifcurs et autres ornements y sont employés. Au milieu de 1 appui de sa tacade, du côté de la nef. est placée une grande croix sur laquelle est attachée la ligure de Jésus-Christ, accompagnée de celle de sa très sainte mère et de saint .lean l'Kvangéliste, posés en pied sur un calvaire, (^es trois statues sont de grandeur naturelle, peintes et dorées en quelques endroits. On monte dans ce jubé par deux escaliers de pierres blanches placés du coté du midi et du septentrion, dont les rampes sont soutenues par de petites colonnes cannelées et d ordre composé, isolées. L'architecture de ces escaliers est lort particulière : leurs noyaux sont posés contre deux colonnes ou pilliers de 1 église et chœur, et leur disposition faite évidemment en tmirnant, les fait paraître presque portés en l'air (2). »

L admiration que ce jubé excitait encore au xviiC siècle même, ne lui lit pas tiou\'er grâce devant le courant d tipinion qui, à cette époque, lit détruire systématiquement en !• rance la plupart de ces monuments, sous prétexte qu'ils empêchaient les fidèles de voir les cérémonies.

(ij Dairo, Histoire.... itWmicns, t. II. p. 212. — Gauchie. Viia sancti Germani p, 72 et lob.

(J) Manuscrits de fagés, édit. Douchoi, t. I. p. i;8.

UUSE

\ ers 1735 il fut supprimé. Cependant, par une attention trop rare à cette époque, le P. Postcl, prieur de l'abbayc de S. -Jean, racheta pour la somme de 3o I. (1) les principaux motifs de sculpture, qu'il plaça dans le cabinet de curiosités du couvent, où ils restèrent jusqu'à la Révolution, à laquelle ils n'ont malheureusement pas survécu ; il ne nous en reste que des dessins, bien imparfaits, dans un recueil exécuté au xviiT siècle par le sieur de la Paye, sourd-muet, et architecte de l'abbaye de S. -.Jean, de tous les objets d'art, d'antiquité et d'histoire naturelle que possédait 1 abbaye, en 2 vol. in fol. intitulés ‘Description du cabinet de l'abbaye de S. -Jean et conservés aujourd'hui à la bibliothèque d'Amiens 2). (ies des^ins exécutés au trait avec les ombres faites au pinceau et à l'encre de (ihine, sont d'une assez mauvaise exécLilion et reproduisent assez mal les caractères archéologiques des sujets. (Cependant. tout incorrects qu'ils soient, nous n'avons pas cru qu'une reproduction en serait déplacée ici. Ils nous permettent de compléter d'une façon très utile la description donnée par Pagès. Ils sont ainsi désignés dans le recueil : « Morceaux de sculpture en pierre, peints et dorés, qui ornoient le pulpitre de la paroisse de S.-dermain d'Amiens, que l’on a démoli.» Il v a quinze principaux sujets sculptés en bas relief séparés par des colonnes doriques cannelées (3) portant un entablement du même ordre. Ce sont évidemment les cartouches sculptés qui, d'après Pagès, ornaient les appuis des deux C(3tés. L'échelle n'en est pas donnée, mais il est probable qu'ils devaient avoir la hauteur d'appui. (Quatorze de ces sujets sont de memes dimensions, soit à peu près une fois et demie plus hauts que larges. Ils représentent: 1" la cène; 2° l'arrestation de Jésus au jardin des (Jliviers ; 3“ la flagellation : 4“ le portement de la croix ; 5° la mise au tombeau ; 6" la résurrection : 7" l'apparition de Jésus à la Madeleine, sous la forme du jardinier : 8" la rencontre des pèlerins d'Kmmaüs ; 9" saint 'Thomas touchant les plaies de Jésus ; 10" .M. (jiiérard a \'u à tort ici la pèche miraculeuse, mais il n'y a pas de doute à avoir : les poissons sur le gril, Jésus rompant un pain, font aisément reconnaître .lésus ressuscité apparaissant à ses apôtres sur le lac de Tibériade (4), d ailleurs 1 ordre des sujets est beaucoup plus logique ainsi ; ii" l'ascension; 12" la lapidation de saint Ltiennc ; i3''' plusieurs cavaliers en costume militaire romain, dont 1 un à longue barbe taillée en pointe tombe de cheval, dans le ciel. Dieu apparaissant dans une gloire ; à l'arrière plan, une ville. M. (juérard a vu dans ce sujet le martyre de saint Hippolyte, qui, suivant la légende, aurait eu les pieds attachés derrière deux chevaux indomptés. (Test avoir été chercher bien loin 1 explication d une scène beaucoup plus simple, beaucoup plus connue et beaucoup plus à sa place ici : la conversion de saint Paul sur le chemin de Damas ; 14“ le Jugement dernier.

Le quinzième sujet, de même hauteur et disposition que les autres, a beaucoup plus d importance en largeur ; à peu près deux fois sa hauteur. C'était sans doute le sujet central. Suivant M. Guérard il représenterait « l'Annonciation ou le mystère de 1 Incarnation prédit par les prophètes et annoncé par les li'v res saints. y> AL Goze y a vu le couronnement de la sainte Vierge. Douze hommes barbus et pieds nus, en costumes drapés a l'antique, et dont plusieurs tiennent des li\’res ouverts, sont la dans diverses attitudes : l'un d'eux, barbu aussi, mais paraissant plus jeune

U) Arch. de la fabr. S. -Germain, compte de 1736.

(21 Bibl. d'.Xmiens, mss. ijoo.

13) Pagi-H dit coiiipost's.

14) St'Jean, X.\I.

que les aulrcs. est assis sur un banc placé au centre de la composition, ayant à ses côtés une femme voilée, les pieds chaussés, derrière eux le St-bsprit en forme de colombe apparaissant dans une gloire ; la scène se passe dans une salle dont les vitrages forment le fond. Qui ne reconnaîtra à cette simple description les Apôtres et la Vierge Marie recevant le St.-Ksprit le jour de la Pentecôte, surtout étant donnés les autres sujets ? Les langues de leu ne sont pas figurées, cela est vrai, mais il peut se faire que le dessinateur les ait oubliées, n ayant pas mieux compris le sujet que MM. (iuérard et Goze. Aux deux extrémités de ce sujet principal sont représentés : à la gauche du spectateur, le donateur du jubé, homme dans la force de l'age. léte nue, longue barbe, fraise à la Henri 1\ . agenouillé devant un prie-Dieu, sur la housse duquel sont ses armes, a trois oiseaux posés 2 et 1. (îcs oiseaux sont dessinés dune façon beaucoup trop imparfaite pour que l'on puisse v reconnaître comme (jo/.e 1 a lait sans hésiter, les 3 coqs, armoiries de la famille de 0)cquerel G). Derrière lui. un saint debout, en costume d'ermite tenant un livre ouvert, mais qu aucun attribut ne permet d'identifier, et un petit garçon agenouillé. De l'autre côté, la lemme du donateur ayant sur la tête une espèce de voile plié, fraise au col, et agenouillée devant un prie-Dieu, sur la housse duquel est un écu en losange parti des armes de son mari et des siennes, qui sont à un arbre ; derrière elle, sainte Catherine debout, tenant une longue épée et un livre ouvert et deux petites filles à genoux. A deux endroits on lit la date de 1594 en chiffres arabes.

Il y a de plus parmi ces dessins, un Christ en croix entre la \’ierge et saint .lean. en ronde bosse, celui sans doute qui, suivant Pagès, s'élevait au milieu de l'appui de la façade du côté de la nef. et enfin une Notre-Dame de Pitié sculptée en bas relief dans un cadre cintré ; il est diflicile de savoir à quel endroit du jubé cette dernière était placée.

Nous avons dit que ce monument était daté de 1594; malgré l'imperfection du dessin, on peut aisément se rendre compte que le style architectural et le costume des donateurs se rapportent bien à cette date.

.Antérieurement, il v a-v-ait déjà un jubé dans l'église, car. dès i365, la fabrique payait 60 s. à .Antoine et à ,Ican Lombart, maçons, « pour avoir dessis et rassis ung piliers du pupittre au cosié de la chapelle St-Nicolas, et avoir mis 21 agrapes de fer aux joinctures du pupittre et faict une pierre ouvrée à l'appuie de la montée du costé de St-Claude » ; de plus, 58 s. à Jean Bachelier, serrurier, « pour avoir faict deux S à ung livre, ung crampon au grani portail du pupittre, ^■ingt hurtoirs en pierre et en bois en plusieurs endroits, deux verges à verrières, XXlIll paillettes avec XXIX agrapes de fei' mises en pierre à l'assemblage du pupittre (2). » Ln i5(.)8, .Mathieu de la \'aquerie. maçon, recevait 3 s. « pour avf)ir rassis avec le plattre une petite colombe (colonne) recevant au dessoubs la montée du pupittre, auprès de la chapelle des Cincq plaves i3) " en lâyo, il fut payé à Louis Lamoury, hucher, la somme de () s.. « pour avoyr faict ung passet à servir au pipitre pour chanter l’évangile à l’estaplier. » (qc

Nous avons vu dans la description de Pagès, qu'à l'origine le jubé (celui de iSqq) n'était soutenu que par quatre colonnes. C'était une trop grande hardiesse et la

Oi 11 est. '•uivant nmi'.. impossiblf* tî'- oluTcher à identifier ces armoiries aussi bien que celles de la fi'mmr du donateur, les iim-s L-t le-, autres pouvant convenir à plusieurs familles Amiénoises.

iii .\rcfi. de la fabr. S.-tb-rmain, compte de i56)-66, fol. }4 v” et 56 v". ll’iti.. compte de fol. iin.

• 41 Ibiii.. compte de 1570-71, fol. 146.

partie ceatralc, dune trop grande portée, ne tarda pas à déchir. Déjà en i62(), Pirmin du \aucelle, maître maçon à Amiens, fut obligé de raccommoder les piliers du « pipitre » (n; cette réparation était insufiisante et deux ans après on fut oblige d étayer la partie qui fléchissait (2). Une réparation importante s'imposait, et M” Quentin Colimbart, maçon, fut chargé du tra\'ai!. Suivant un marché conclu le i3 mars i63o entre les marguilliers et ledit Colimbart, celui-ci « dessoira les appuyés devant et derrière, la corniche, l'architrax-e et la plate-bande et remettra le tout en son premier estât ; pour à quny parvenir, ledict Collimbart doit faire ouverture et mettre à jour ledict pulpitre par le milieu d'environ dix à douze pieds et plus, si besoing est. aynsi qu'iceluy (îollimbart Ta devisé en son escript ; plus s est obligé de raccommoder les deux escalier^ dudict pulpitre. restablir le^ accoudoirs et appuies d iceulx, y remettre de.s balustres ou pilliers et aultres pièces de pierre qui y manque, et avec la même ordonnance qui y est, pour éviter toute diflormilé et de bonne pierre semblable à celle qui v est déjà en besongne. Item restablir tout ce qui est mutilé, rompu et cassé, ou qui se mutilera, rompera et cassera en y tra\'aiUant. » Le 5 avril suivant, les travaux furent reçus, et Colimbart donna quittance dey? 1. reste des 160 1. qui lui étaient dues pour lesdits travaux (3). Une collecte laite parmi les paroissiens pour subvenir à cette dépense, produisit 246 1. 18 d. (41, sur laquelle somme, outre les iGo 1. payées à Quentin Colimbart, Antoine de .Mons, maître serrurier, reçut 44 1. et .\U Michel (iarette, 17 1., « pour avoir remis en couleur le crucifix et les aultres images dudict pulpitre et aussy avoir argenté le pied de la croix d'argent. » (3) Au paiement de ces travaux, le compte de la labrique de 1629-30 ajoute ce passage intéressant : « Kt sur les plainctes laicte par plusieurs paroissiens aux anciens marguilliers que le pipitre s'est endommagé a faulte d avoir dressé des eschelles contre ledict pipitre et attaqué des clous piHir pendre plusieurs tentures, palmes ou autre chose, faisant droict sur lesdictes plainctes, a esté arresté et delfendu aux marguilliers quv seront à l'advenir en année et à toutes aultres personnes que ce soit, de tendre nv attaquer, ni dresser eschelle, pour quelque cause et occasion quy porroit arriver. Faict et arresté par nous, curé et anciens marguilliers soubzsigné, le premier jour d'apvril mil six cens et trente. » (6)

(>e travail consolida le jubé pour quelque temps, mais au bout d'un certain nombre d années, le licchissement finit par se reproduire, et en 1670, de nouvelles réparations devinrent nécessaires. C'est alors qu'on se décida à le soutenir par des colonnes supplémentaires (71.

11 ny eut plus besoin dès lors de réparations importantes, mais dès lyd?, la suppression du jubé lut décidée et le 17 février de cette année, la fabrique mit en adjudication au rabais 1 exécution d'une grille à mettre à sa place, dans le milieu du couronnement de laquelle un écusson devait renfermer <( l'image de saint Cermain en figure, de même matière de fer. » Deux projets furent présentés,

1 un par Pierre Ricard et I autre par .l.-B. Prévost, tous deux maîtres scrniricrs

(n Arch. cio hi fabi*. S. -Germain. c<impto do i()2Ô-27. fui. iû8, v".

(2) « Paie- a ung diarponticr puiir uouir estayO le pipitre, XX.X s. •> .troh. do la l'abr. S.-Germain, compte de ibaS-aç.

(3) Arch. de la fabr. S. -Germain, cote iiO, liasse.

(41 Ibid., compte de 16211-30.

(3) Ibid.

(6) Ipfd-, compte do 1629-30.

1/) Ibid., comptes de 166“ à 1670.

a Amiens cl résidant sur la paroisse. I.c projet de ce dernier fut adopté et celui-ci resta adjudicataire de son exécution pour 740 1. (i). Cette grille tut détruite à la Révolution.

A\'ant de donner la description du peu qui nous reste de l'ancien mobilier de 1 église, disons quelques mots d’un certain nombre d'objets qui n'existent plus, mais dont 1 existence ntuis est révélée par les archives de la fabrique ou d autres docunients.

Nous avons passablement de renseignements sur l'ancien maître-autel de Saintfjermain depuis le seizième siècle.

In mémoire anonvme de tra\aux exécutés pour l'église ^■crs maq parle dune clef faite ^ au tabernacle là où on met le (ihacremeni »: on ne sait si ce tabernacle était sur l’autel lui-même ou bien sur le côté, comme dans beaucoup d’églises de ce temps là. Il fut fait aussi « ung chandelier à mettre des chandelles à la cloison du grand autel (2 . Il v avait encore à la même époque, en avant de

1 autel, une lampe et un candélabre, piajbablemeni de cuivre, et que l’on nettoyait tous les ans {3j. (^e candélabre était orné d'une image de la X’ierge Marie (qh (.)uant à la lampe, elle s’était rompue en lâyy, et fut alors raccommodée par Pierre Koiirnier. fondeur i5i. (^et autel était surmonté d’une statue de la ^'ierge •Marie tenant l’Hnfant-.lésus. et qui fut raccommodée en laGj par (îuérard de Francières. eniailleur d’images (6). Sur l'autel étaient placés deux chandeliers d'airain, qui, en lâyq. turent réparés par le même l^ierre Fournier (7). Il était en outre accompagné de deux pavillons de toile et de quatre gouttières de taffetas qui furent raccommodés en 1567 et i5()(S par Antoine Duplessier, chasublier à Amiens (81. Kn i5(|i on îit exécuter par François Duplessier. chasublier, sans doute le fils du précédent. » une devanture d'autel où est r.Annunciation de la \'ierge Marye ». et qui coûta i3 1. 9 s. 6 d.. compris la soie et la doublure 'p'. Fn 1592. Firmine -Macquet légua à la fabrique " une nappe de lin tenant quatre aulnes de Paris, pour servir au grant hostel » 'lOi.

Il tant croire cependant que cet autel n’axait pas toute la magnificence que pouvaient désirer les paroissiens, car l'année suivante, il fut l’objet d’une réfection complète, par .Jean de Francières. entailleur d’images à .Amiens : travail de sculpture peint et doré par Nicolas Maronnier. peintre ; .lacques Dècle. maçon y lit quelques irax'aux de son métier ; un tabernacle exécuté par .M. .Jean Salle, menuisier, compléta cet autel ' i 1 qui ne dut être terminé que vers i5c)6. Celte année là on fit une coux'erture pour recouvrir les images qui le décoraient, et pour laquelle

(i) Ari'h. dn I.T f;it)r. S.-( Tcrmuin. cutc 12.5. i" tinsse.

i2i IhuL. 141. V liasse.

0/ Ibtd.. comptes de 1565 et suiv.

i.p " Payé a Jehan de Labye. paintre. pour avoir painct el doré rimaçe de la Vierge Marie qui est au candélabre devant le grand autel. Tlll I. ■■ (Arch. di- la fabr. S.-(}ermain. ctunpte de 1576-77, fol. 274, v"i,

(51 Areh. de l;i fahr. S. -( m i main, compte de 1577-7!^. fol. 2()S.

I. nayi' a (uiérard !• ranssiéres. eiit.aillonr. pour avoir faiet une petite t.-st<‘ à la présentation du petit enfant que tient Tymage d<- l.i X’iergc Marye estant au-dessus du grand autel, 1111 s. » (.Areh. de la fahr. S.-tiermain, i-i>mpte de 1567-68. bd. (jn.

i7' '• Paii- aiidiet 1-ournier. pour a\oir acoiitré. res<iudé et rc-dreM’hé deulx ehandilicrs d'arain servant au grand aut' l avi'C ung autre petit chandelier de cuivre servant à ung pillier de la dédicasse, ensemble trois tenons servans aux trois pillier-» de la lampe devant le grand autel. XV s. >3 (Arch. de. la fabr. S. -Germain, compte de t57q-8n, loi.

181 .Xieh, de la fahr. S.-<Tèrmain, comptes de 1567-68, ftd. go. v“ et de 1668-69, fol. 109, v“.

• 4 Ibid.. Compte de 1591-92, fol. 535.

(ifj) Ibid., compte 1592-1593. fol. 549.

(in Ibid., comptes de 1592 à 1596.

— iSy —

Louis Mascon, teinturier, livra i3 aunes de toile pour le prix de 78 s. Elle fut peinte et décorée de fleurs de lis par Nicolas Maronnier qui peignit en même temps le derrière de la table d'autel, le drap que l'on étendait devant les images qui le décoraient pendant le carême, et le ciel de la chaire à prêcher, et qui, pour tout ce travail, fut payé six écus d'une fois et 100 s. de l'autre ii). L'autel était accompagné de colonnes, sans doute de cuivre ou d'airain, et que l'on nettovait tous les ans la veille de la fête de saint Germain 12). Des dentelles de point coupé ornaient les nappes d'autel, pour la réparation desquelles on paya en 1640 la somme de 3o s. i3)

En i65o, on acheta 60 s. six feuilles de bois pour faire des ieuilleis pour couvrir les passets du grand autel, lesquels feuillets furent accommodés par Nicolas 1 estu pour le prix de 56 s.; enfln, M’ Henry Andrieux reçut la somme de 6 1., « pour avoir pinturé et enjolivez lesdits passets et avoir pints les thoilles des pavillons (4). »

1. année suivante, la fabrique était en instance avec M. Dufresne, chanoine de la cathédrale, au sujet d'une « vielle table d'autel » qu'elle prétendait avoir été achetée par ledit chanoine, et celui-ci niant avoir fait prix ; (;n ne sait si elle provenait du grand autel ou d'un autre (5).

Nous pouvons, par la description assez détaillée qu'en donne Pagès (6), nous faire une idée de ce qu'était ce maître-autel au commencement du xviu' siècle. Elevé de six marches, il était orné d'un retable en bois doré, embelli de deux statues de moyenne grandeur, saint Joseph et saint Germain, placées entre des colonnes d ordre corinthien. Deux figures d'anges aux cotés du tabernacle semblaient en porter le couronnement. Au-dessus s'élevait un contre retable aussi de bois doré, où étaient délicatement sculptés plusieurs sujets de moyenne grandeur, représentant Jésus au jardin des Oliviers, le. Crucifiement et la Résurrection. A chacun des deux côtés de ce contre retable était placée une statue en pied, peinte et dorée : à droite la \ ierge Marie tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, et à gauche saint Germain en costume pontifical et accompagné du monstre à sept têtes, son attribut. Tout en haut entre ces deux statues était la chasse de saint Germain, placée là depuis 1673, comme nous le verrons plus loin. Pagès observe, à propos de cette châsse, qu à S. -Germain le S. -Sacrement n'était pas suspendu au-dessus de l'autel dans un ciboire et une lanterne comme dans la cathédrale et dans quelques autres églises d'Amiens ; il était enfermé dans le tabernacle.

L autel qu'avait vu Pagès n'alla pas jusqu'à la Révolution. Au milieu du xviiC siècle, la fabrique de S. -Germain n’avait pas voulu rester en retard sur la cathédrale et sur d'autres églises de la ville, pour accommoder le chœur de son église et la doter d'un maître-autel « dans le grand goût », comme on disait alors. Le 21 septembre 1763, elle vendit une partie de son argenterie et d'autres objets pour se procurer des fonds, et, trois jours après, le 24 septembre, elle passa marche pour la confection d'un maître-autel en bois sculpté, surmonté d'une gloire et de six chandeliers aussi de bois sculpté, avec Nicolas Thibeauville, sculpteur à

Ol Arch. de la fabr. S.-Germain, compte de 1596-97.

(2) Ibid., compte de 1597-98 et suiv.

{3) Ibid., compte de 1640-41.

(4) Ibtd , compte de 1650-51, fol. 356. — Un nommé I-icnr\' Andrieux fut organiste .“l S. -Germain de 1647 à 1652, serait-ce le même ?

(5) Ibid., compte de 1651-52. fol. 377. v”.

|6| Mss. de Pagès, édit. Douchet, t. I. p. io.|.

Amiens, et Jean-Haptisie Darras. maître menuisier audit lieu. O après le devis qui nous en a été conservé, tous les bois durent être en chêne de Hainaut, bien sec et sans noeuds ni aubier; une grande gloire en bois de chêne devait le surmonter (0. Cet autel subsista jusqu'à la llévolution. époque à laquelle il fut détruit.

Avant de quitter le mattre-autel, disons un mot de la châsse de saint Germain qui, depuis idyd, fut placée à son sommet.

Jean Gauchie, curé de vSaint-Germain. ayant réussi à se procurer en 1660 des reliques considérables du patron de la paroisse dans des circonstances rapportées au hmg par .\1. (ÎLiérard {2I, s'occupa ^ans délai de réunir l'argent nécessaire pour les enfermer dans une riche châsse d'orfèvrerie: il lui fallut pour cela plusieurs années. Dès le 2it octftbre [663, il passa avec Pierre de Paris, orfèvre à Amiens, paroisse S.-R.emy, un marché que les archives de la fabrique (tnt conservé, pour faire pour ladite châsse « huict ou dix quadros d'argent au choix dudit Gauchie, polis, faicts et parfaicts. du poids d'environ quatre marcs chacun et plus, tant qu il ne s y face aucune cassure et en la forme du dessein mis présentement entre ses mains, tant en papier que b(ns, avec les enrichissemens faicts en sculpture, comme aussi se submet de faire siseler dans le tableau de chacun desdits quadres une histoire de la vie de saint Germain ri’iscossois, patron de ladicie paroisse de S.-(jermain, qui lui sera désignée par ledict Gauchie, à rellever les personnages a demi-bosse, de la très bonne siselure qui se face en la ville de Paris, et conforme au dessein, avec deux vers latins dans un cartouche, au-dessoubs de chaque tableau, qui explicquera ladicte histoire, et un escriteau entre les pieds d'estaux desdicts quadres, qui exprimera comme les reliques dudit sainct (jermain ont esté mises dans la châsse, toutes lesdictes lettres capitalles en relief ; et rendre tous les mois à compter du jour d'hui, un quadre parfaict. mis en place et attaché au bois de ladicte châsse ;... et pour cet elfet. ledit de Paris sera tenu de fournir 1 argent, au tiltre de la ville de Paris et toutes aultres choses nécessaires ». moyennant 28 1. par marc d'argent, et (io 1. pour la façon de chaque cadre (3). .Mais le travail alla lentement, au fur et â mesure des ressources, et le curé (iauchie. mourut de la peste en 1668 sans l'avoir vu terminé (4).

Ce n'est en effet qu'en 1673, après bien des vicissitudes, qu'elle parvint a son achèvement, et que la fabrique pava « au sieur Jacques Bri/.eur. maistre orfèvre de cette ville (d'Amiens), la somme de trente-sept livres dix sols, pour restant de ce qu il luy estoit deu du travail qu'il a l'aict à la châsse, suivant sa quittance du 5 septembre 1673 et '< au sieur Poilly. maître orfèvre demeurant à Abbeville, la somme de cent trente et une livre, pour restant de ce qu'il luy lalloit, pour le paiement du travail qu'il a faict à la châsse, suivant sa quittance du xvu® may 1673. »

La châsse reposait sur le dos de quatre petits lions en bois, qui avaient été exécutés par Higan. maître sculpteur â Amiens, et argentés par le sieur Delahaye, doreur, qui peignit également le brancart.

Lntin, le 29 avril lOyd, elle fut solennellement placée « au-dessus du tond du tabernacle du grand autel » et bénite par François Faure, évêque d Amiens, et le 2 mai suivant, fête de saint (Jermain. elle fut portée processionnellement dans toute la paroisse par deux marguilliers en charge et quatre anciens : Jean Caveroy,

il)

Arch. do

hi

lahr. de ,S. -Germain, cote ni, 5* liasse ; cote 123, i

liasse.

(îm-rard,

6i)i et siiiv.

Arch. de

la

fabr. de S.-Gerraain, cote 119, U* liasse.

Guérard.

Toussaint Daussy, François Avegneaux, Denis Ledieu, Robert de Montigny et Pierre de Fontaine, qui donnèrent chacun lo 1. pour aider à la réparation des orgues (i). Inutile de dire que cette chasse ne survécut pas à la F^évolution. Depuis lors, les reliques de saint Germain lurent placées dans une chasse en bois doré en forme de temple, du xvit'^ siècle, et provenant de l'église des Capucins d'Amiens (2).

C est à la place de l'autel actuel de la Vierge, que se trouvait sans doute jadis 1 autel de N.-D. des Sept Douleurs, dont parle Pagès, et sur lequel on voyait une statue de la Vierge Marie, le cœur percé de sept grandes épées sur la poignée desquelles étaient représentées les sept principales circonstances de la Passion (3).

La chapelle qui fait le fond du bas-côté Nord, et qui a aujourd'hui pour vocable saint Joseph, était autrefois dédiée à saint Nicolas ; le retable de l'autel était de bois, avec petites colonnes d'ordre corinthien, la chapelle était en outre décorée de plusieurs statues, représentant saint Nicolas, sainte Catherine, sainte Barbe, sainte Marguerite et sainte Agathe (4). Les statues de saint Nicolas et de sainte Catherine, sont probablement celles qui subsistent encore aujourd'hui placées dans le transept et que nous décrirons plus loin. Une statue de sainte Marguerite existait encore à l'époque où écrivaient MM. Guérard et Goze (5) ; elle avait aussi été remarquée par M. de (Aiilhermy, lorsqu'il visita l'église vers 1854 fôi. On ne sait ce qu’elle est devenue.

En i565, Antoine et Jacques Obry, menuisiers, avaient tait pour cette chapelle un « entre deux », sans doute une clôture, pour lequel ouvrage ils avaient reçu 4 1. 10 s. {7). C est aussi dans cette chapelle, à la première travée contre le transept que se trouvait une peinture murale du xvi” siècle représentant la vie de saint Nicolas, et qui, lors des dernières restaurations de l’église, fut placée dans la petite chapelle voisine de celle où est le Sépulcre. Nous en reparlerons plus loin.

La chapelle qui se trouve à l'extrémité du transept sud, dédiée aujourd'hui au Sacré-Cœur de Jésus, était jadis la chapelle de la Vierge, que l'on ^■oit encore, nous l'avons dit, représentée sur une des clefs de voûte, et qui l'est aussi sur le vitrail. Il y avait du temps de Pagès (8) « trois grandes statues isolées, de grandeur naturelle, peintes et dorées, placées sur le haut du retable d'autel. » Celle du milieu représentait la sainte Vierge, assise, tenant l'Enfant-Jésus sur ses genoux. Serait-ce la même que la Vierge de marbre blanc, qui aurait été donnée par M'i'e Bq, -on et dont parle le manuscrit de Machart ? (g). A ses côtés saint Pierre, patron des grossiers de poissons de mer, et saint André, patron des poissonniers d eau douce, lesquels avaient les uns et les autres leur confrérie dans cette chapelle. On sait que le marché aux poissons était sur la paroisse S.-(jermain. En 1645 les poissonniers d'eau douce avaient fait dorer la statue de leur patron.

Pagès nous apprend aussi que des (onts baptismaux de marbre noir avaient été donnés à 1 église en i(354 et i656 par Claude Decourt, ancien échevin, mar-

fi) Arch. df* hi fabr. S. -Germain, compte de i673-7<}-

(2) Goze, Rues d'Amiens, t. IV, p. [31.

I3} Ms. de Pagès, édit. Douchet, t. 1, p, 98.

(4) Ibid., t. I, p. 100.

(5} Guérard, p. 680. — Goze, Rues d'Amiens, t. IJI. p. 156.

(6) Bibl. Nat. mss. fr. Nouvelles acciuisitions 6094, fol. 275 v".

17) Arch. de la fabr. S. -Germain, compte de 1565-66, fol. 36 v®.

(8) Mss. de Pagès, édit, noiichet. t I, p. 100.

(9) Bibl. d’Amiens, mss. Machart, t. VIl, p. 466.

gLiillier de la paroisse, et par damoiselle Madeleine Oger son épouse (i). Ceux qui existent aujourd'hui, sont formés d'une belle vasque en marbre noir de forme oblongue, ornée de moulures, portée sur un pied en pierre blanche, et qui paraît remonter au xviC siècle. Rsl-ce la même ?

Dès 1457, l'église S.-Cîermain fut dotée d'une chaire à prêcher. Pierre Hecquel, hucher à Amiens, l'avait présentée le 2 juin de cette année comme chet-d œuvre pour parvenir à la maîtrise, et il en avait reçu des compliments ; « et est ledict chief-d'œuvre bel, bon et bien faicl » (2). Cent-six ans après, en léGy, cette chaire eut besoin de réparatitms qui furent exécutées par Antoine Obry, menuisier (3). Celle qui existait du temps de Pagès était de bois, de couleur naturelle d une sculpture très délicate et ornée des figures des quatre pères de 1 église, aussi de bois et séparées par des cartouches de marbre noir dans lesquels étaient gravées en lettres d'or des passages de l'écriture convenables aux fonctions des prédicateurs; le couronnement était terminé par la statue en pied de saint Germain aussi de bois, peinte et dorée 14). Suivant M. Guérard, qui ne dit pas où il a puisé ce renseignement, elle aurait été donnée en i583 par la famille de Couvencourt (5). Nous avons vu que, lors du siège de lâqy, le ciel de cette chaire avait été enlevé par un coup de canon et rétabli ensuite.

Elle paraît avoir été primitivement placée du côté de l’Evangile. En 1693, la fabrique, qui fit mettre alors des bancs neufs et uniformes dans la nef. en profita pour changer la chaire de place avec VEcee Homo et dont nous allons parler, et ce. attendu qu'elle était » très mal placée pour entendre la parole de Dieu par les paroissiens ■> (6). Cette chaire disparut à la Révolution, comme la plus grande partie du mobilier de l'église.

Vis-à-vis cette chaire, contre le pilier, on voit encore aujourd hui un joli cul de lampe en pierre sculptée du xvii‘ siècle, orné de trois têtes d'anges et d'une tête de mort, avec cette inscription sur marbre noir :

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