‹ La Picardie historique et monumentaleChapitre 46 sur 109 · FAICT CE · texte numérisé non relu

FAICT CE

;chœur].

Le mot chœur y est remplacé par un cœur gravé au trait comme les caractères.

A l'extérieur on peut voir sur le liane ouest de favant-dernier contrefort méridional du chœur la mention suivante :

L'an 1707 LE 28 lOVR DE IVIN Poix a este brvle.

Le seul monument funéraire qui soit actuellement dans féditice est encastré dans la muraille du bras méridional du transept. Il mesure i m. 40 de haut sur 90 c. de large. A l'intérieur d'un cadre de forme rectangulaire, une niche donnait sans doute asile à un groupe aujourd'hui remplacé par une statue de la Ste-Vierge portant rLnfant-Jésus qui tient une colombe par les ailes et dont la tournure lourde et épaisse décèle le xviif siècle, mais un cartouche occupant le bas du cadre a conservé intacte une inscription ainsi conçue ;

C)! bniat çjlft fyvc fytnon î)c cofinof, Gorgone aïo r cfiaf br iTiiGnf CM ffftr vilfc qui trrfgnfiTa fa mif iiii"' et rBiiiqtc vi i' bf inni't' ft iiKU'vc fa famc rrpofr en f'eglc il ntfioinc, n fcftc iir prie? bien pour eufo et po iff feur fiaine.

Les caractères gothique^ de cette inscription nous portent à croire qu'elle a été gravée au>sitot après le décès de Simon de Colmont et que, lors de la reconstruction de l'église en mqo, on l'a replacée dans la muraille.

On pourrait lort bien terminer la monographie de l'église de Poix sans parler du clocher qui lui est juxtaposé.

Lors de la reconstruction du xvf siècle on aura voulu utiliser ce seul reste encore solide des édifices détruite. J>e profil des formerets de la voûte, aujourd'hui disparue, qui couvrait son étage inférieur semble appartenir au xiv^’ siècle et condamne 1 opinion de ceux qui lui attribuaient une antiquité reculée. Le contrefort de 1 angle sud-est a seul garJé une minime partie d'arcade à arête abattue pouvant remonter au xuf siecle ou à la lin du xif (i) ; elle est empâtée dans la maçonnerie

^.lont on 1 a remplie par-dessous pour la taire servir à cette noiu'clle tin.

Le clocher possédé sur l'extérieur une horrible porte du siècle dernier ou du

I (rn/c i/üi’. P- 17: veut que rette iircade ail fait partie du ba.s-cûté cnrri/spondant tic l’ancienne

eiilisc cl dit <iuc ^u^ !«• mur du cli.clicr, du m-une ede, une rainure recevait les chevrons du toit i-n appentis

de ce même oiHatéral

commencement du ncMre (i). 11 a été question en 1840 de lui donner la flèche qui lui manque, mais les projets élaborés en vue de ce travail sont demeurés inutiles .dans les cartons administratifs, sans doute faute d argent. La restauration du portail avait probablement épuisé les fonds et une flèche digne de l'église eût coûté assez cher.

Des trois cloches que renferme le clocher la plus ancienne a été refondue en 1620. ainsi que nous l'apprend son inscription en capitales fleuries surmontée d'un ornement courant gothique à feuilles de trèfles.

Une autre porte la date de i633 et l'inscription suivante en capitales :

.rn SUIS N' JE.VNNE PAR ALPHONSE d’aRESSE, KSCUIKR s'' DE CHASTEAU-GAII.LRAD (si'c) E AULTRES LIEUX

GOUVERNEUR DES VILLE CHASTEAU ET PRINCIPAUTÉ DE POIX ET DAMOISELLE .lEANNE DE MAILLY.

Sur sa partie inférieure figure un écusson.

I,a troisième provient de 1 ancienne église de Notre-Dame ; son inscription également en capitales rapporte qu'elle a été bénite par « M“ Florimon .Mallet, doien de Poix curé de Lignere », et parle du « curé de ceste paroisse de Notre-Dame. »

iT) nelRnvL- (/or. ri/, p. 5111. — Onze [/or. r/Y. p. iSi dit que cette rc'-ptinitinn fut faite en 1786 à l’ançle dn'tit du clncher par )üly de Fissy.

12} Nous ne pouvons décrire cette crypte coinhlée depuis un certain nombre d'années que d’après M. Finsard C[ui en a levé un plan et (pii en a ctimmuniqiu' une description sommaire à la St.iciétê des Antit|i:aires de Picardie, clans l'assemblée générale du ) décembre 1X93 (Bulletin, année 1805. .f trimestre, p, 505. M. Goze et ,M. Gelgnvc en ont également parlé et ny ont ctmipté- que neuf grottes ou cellules. Le premier en place quatre à gauche et cinq à droite et dit qui- le couloir sc terminait par une abside à trois pans.

A sept mètres au-dessous de l'église de Poix et parallèlement à sa façade sud s étendait jusque sous le clocher une crypte ou plutôt un couloir de i'” 90 de large en moyenne sur 2"' 45 de haut. Il avait 20 mètres de long et se terminait par une cellule large de 2'" 65. Sur ce couloir s'ouvraient six cellules à droite et cinq à gauche. La voûte des deux sections du fond était soutenue par des arceaux en plein cintre qui se croisaient et retombaient à trois pieds du sol sur des socles. Elles étaient larges de 1'" 20 à 1"' 60, profondes de i^qo et hautes de 2"'. Leur entrée était formée d'une arcade en tiers point et des arcs en plein cintre consolidaient leur partie supérieure (2).

D'après les notes de M. Bresseau, il aurait fait fouiller l'une de ces cellules et, à trois pieds de profondeur, sous de la terre rapportée, il aurait trouvé des débris

de cercueil el des ossemenls. Dans une autre, une fouille aurait amené la découverte de quelques ossements bien vieux et bien altérés, de quelques fragments de bois, de charbon, de vases brisés, de fer ouvragé dont on ne peut délinir l'ouvrage, mais tous les morceaux rassemblés ressemblaient assez à une garde d'épée et une aiguille en cuivre de quatre à cinq pouces de long el d'une ligne de large paraissant propres à un travail de lame. Il n'y avait en cet endroit que deux pieds de terre, après quoi on arrivait au tuf.

M. l'abbé Delgove a lu sur la face intérieure du cintre d'une des grottes une inscription sans date et qui d'ailleurs n'olfre pas grand intérêt. Le texte en est inséré dans son ouvrage sur l^dx, il est presque incompréhensible. Enlîn, l'on voyait encore dans cette crypte l'épitaphe de Marie Mille, femme de ce Simon de Lolmont, dont l'inscription fut placée plus tard dans l'église haute.

Notre visite est achevée. L'église de Poix nous laissera le souvenir d'un type heureux de l'architecture gothique dans sa dernière période. Sa riche ornementation échappe à cette profusion tourmentée qui fatigue trop souvent l'ceil dans les monuments de cette époque. L'artiste qui l'a conçue a donné par cette sobriété dans les détails et par l'harmonie de l'ensemble une preuve de bon goût ; aussi est-on satislait de constater la vogue qu’elle lui mérita probablement dans la contrée dont il avait embelli la localité la plus importante.

A Frémontiers, à Frettemolle. à Bergicourt se trouvent des églises nées de la même inspiration. Dans la première surtout le portail reproduit strictement l'ordonnance de celui de Poix et jusqu'à la dore qui orne ses archivoltes, jusqu'à cette série de redents adossés par leur base à une moulure avec laquelle ils dessinent des croix.

Rien de plus agréable que d'aller les voir du chef-lieu de canton à travers les bois ou le long de la petite vallée dont les villages qui les possèdent occupent les extrémités opposées.

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