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LE PARACLET

La pierre tombale recueillie dans les ruines de 1 abbaye du Paraclet était un monument du xn“ siècle. Elle se composait d une dalle plane, plus large du côté de la tête du tombeau, et ornée d'un arbre héraldique ou créquier traité en méplat. Deux paires de feuilles du créquier étaient conservées. La troisième paire et la feuille de tète, qui avaient dû compléter cet ensemble, avaient disparu. Le pied du créquier avait la forme d'un petit perron de deux degrés, par une transposition du tracé que les tombiers avaient l'habitude de donner au pied des croix dont ils ornaient les dalles funéraires. Ces dalles, comme les fonts baptismaux, étaient faites dans un petit nombre d'ateliers établis près des carrières de pierre dure et exportant au loin des œuvres faites d’après un nombre restreint de modèles courants, reproduits souvent pendant des siècles. La pierre tombale du Paraclet était à peu près identique à une pierre trouvée à Saint-Léonard (Pas-de-Calais) et déposée aujourd'hui au musée de Boulogne. Cette dalle que j ai publiée (i) est en piierre de .Marquise et appartient au milieu ou au troisième quart du xii^ siècle.

AnuAVK DU Paraclet. — Pierre tombale.

(i) Voir; les monuments de l’architecture romane et de transition dans la région picarde, Amiens, Yvert et Tellier, 1895, p. 48.

SAINT-FUSCIEN

Ce dessin fait à Saint-Fuscien conserve le souvenir d'un riche et beau pilier

qui semble avoir appartenu aux dernières années du xii' siècle. Le plan semble avoir été celui d’un pilier octogone cantonné de colonnettes rondes soudées à quatre de ses faces, ou d'un pilier cruciforme dans les angles duquel sont logées quatre colonnettes. Les chapiteaux, de proportions surélevées comme ceux du portail de Beaufort-en-Santcrre, forment une sorte de frise continue à deux rangs de longues feuilles lancéolées. Sur la moitié de celles-ci, s’appliquent des feuilles de fougère traitées d’une façon sommaire et en méplat : le même motif existe dans des chapiteaux du cloître de Saint-Jossesur-Mer conservés au musée de Boulogne.

Ce pilier pouvait avoir servi de pied à une croix semblable à celle de Fresnoy-les- Roye, ou à des fonts baptismaux. Il pouvait encore avoir porté une retombée de voûtes, par exemple au centre d'une salle capitulaire ou dans un narthex : celui de Saint-Etienne de Gorbie, qui est à peu près de la même date, a un pilier central tout-à-fait analogue, en tonne de grosse colonne cantonnée de quatre colonnettes.

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