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L'ÉGLISE

Après les descriptions de M. J. Garnier (i), du docteur Goze (2) et tout particulièrement apres celle de M. C. Enlart (3), peut-être était-il permis de ne point tenter une monographie nouvelle de l'église de Namps-au-Val ; mais la place importante que ce monument tient, malgré ses proportions assez restreintes {4), parmi ceux dont le canton de Conty peut s'énorgueillir, nous oblige à lui consacrer quelques pages, qui seront le résumé des études écrites par nos devanciers. Une omission absolue étonnerait en effet dans ce recueil, dont la prétention est d'être aussi complet que possible.

L'histoire de l'église de Namps-au-Val, de ses origines, de sa fondation, demeure très obscure. D'après le Père Daire, J. Garnier déclare qu'en 1178 ce sanctuaire était dédié à Saint Fuscien, et qu'il passa ensuite sous le vocable de Saint Martin. Il ajoute qu'en 1198, Osmont de Namps, chevalier, abandonna différents revenus au curé et au chapelain de Saint-Nicolas de la cathédrale d'Amiens, à la condition que la dixième partie de leur dîme serait attribuée au chapelain de Namps-au- Val, qu'il était seulement question d'établir alors (5). Le docteur Goze, en son romantique ouvrage, reste muet sur ce point et M. Enlart n'aborde pas ce sujet, tandis que Pringuez avance, sans citer scs références, que l'édifice fut dédié en 1117 sous le vocable de Saint Martin (6).

Quoiqu'il en soit, cette paroisse dépendait jadis du doyenné de Poix et à la fin

L’autre blason est ; u: parti au i coupé de Lameth et de Ilénencourt, comme ci-dessus, au 2, de . à l'aigle

de . au chef de . chargé de trois étoiles de . D

(1) Notice sur l’église de Namps-au-Val, par J. Garnier. .W/;/. iri-8° de la Société des Antiquaires de Picardie. T. V. p. 239, planches.

(2) Docteur Goze : L’église de Namps-au-Val. (V. Archives de Picardie, etc., publié sous la direction de H. Dusevel et de M. Delafons baron de .Melicncq, Amiens, Caron-Vitet 1842. T. 1. p. 141.) V. aussi du D’’ Goze, des notices sur Namps-au-Val, publiées dans le Mémorial d' Amiens du 10 juin 1862 et du 16 juillet 1870.

13) Monuments religieux de l’architecture romane et de transition, dans la région picarde, par C. Enlart. Méni gr. in-t° de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens; ïellier et Yvert, 1895, p. 146. Grav.

14) L’église de Namps-au-Val pourrait presque passer pour une vaste chapelle. M. Enlart a publié scs dimensions, M. Garnier en donne le plan.

G. Rembault [Notice sur Véglise de Conty, etc., Amiens, Caron 1861) cite d'après de Court un fait qui se rapporte à l’église de Namps-au-Val. « Le 15 juillet de l’année i43i,Valeran de Moreuil, seigneur de Poix, le capitaine nu commandant le Chdteau de Conty et plusieurs seigneurs allèrent avec les garnisons des châteaux de Loves et de Picquigny à Namps-au-Val pour en faire dénicher vingt six brigands qu’ils trouvèrent retranches dans l’eglise, après quelque résistance ces brigands furent pris et amenés à Amiens où ils reçurent la punition de leur crime, s V. de Court, M. S. t. I., livre 2, ch. 55.

15) Selon M. H. Josse, membre de la Société des Antiquaires de Picardie, Helduin, seigneur de Namps, fut le fondateur de l'église du lieu, entre les années 750 et 807. (V. H. Josse, Notice historique sur les ccininunes de Vers et d’Hébécuurt, etc. Mèm. in-8° de la Société des Antiquaires de Picardie. T. XXXI, p. 39.) Ce renseignement nous parait suspect.

(6) Pringuez : Géographie historique et statisque du département de la Somme, 2' éd. Amiens, Canjn et Lambert, s. d.

du XVII' siecle sa cure valait 450". Le présentateur était l’archidiacre d'Amiens,

et le collateur l’évêque du diocèse (i).

Dans son état actuel, 1 église de Namps-au-Val se compose d'une nef rectangulaire et d un chœur de deux travées plus étroit que la nef. Il est flanqué

latéralement, du côté de l’épitre, d’un clocher carré. Vis-à-vis une sacristie

nouvellement construite (2) est disposée .symétriquement, ce qui donne au plan

de l'édifice la forme d’une croix latine.

Tout le monument est bâti en pierres du pays, à l’exception de quelques parties ornées qui sont en pierres plus résistantes (3).

La façade s’élève sur un soubassement chanfreiné et peu saillant. Dans la muraille unie qui le .surmonte, s ouvre un portail carré, complètement encadré par une grosse moulure torique.

Un énoime linteau sans ornements est placé au-dessus de la porte. Ce monolithe a son lit supérieur taillé selon deux lignes inclinées (4). Un appareil en épi remplit l'espace compris entre ce linteau et le plein cintre formé par un tore qui, plus haut, sert d'arc de décharge.

De chaque côté de l'entrée se dressent deux colonnettes à bases attiques (5). Elles sont surmontées d’élégants chapiteaux à corbeilles allongées et garnies de très simples feuilles d'eau qui se recourbent en volutes sous les angles des tailloirs.

Ceux-ci ne sont plus tels que les a décrites J. Garnier. Ils supportent la moulure torique qui dessine le plein cintre de la voussure. Une archivolte moulurée, terminée par des enroulements aux extrémités de ses retours horizontaux, achève la décoration de ce portail (6).

Au-dessus, s ouvre une fenêtre en tiers-point dont l’arête extérieure a été abattue. Lhie archivolte surmonte aussi cette baie, mais ses retours horizontaux ne se recourbent pas en volutes (7).

Le pignon se développe ensuite. J. Garnier et le docteur Goze le croient de date plus récente que le reste de la façade. Il est percé d’une meurtrière qui primitivement ne devait pas exister (8). Les rampants du pignon et la croix érigée à son sommet sont modernes.

La façade est accompagnée de chaque côté par deux contreforts : l’un est disposé dans l’axe des murs de la nef et l’autre latéralement. Ils sont carrés, assez saillants et à doubles talus (9).

(1) Actuellement, la paroisse do Kamps-au-Val fait partie du doyenné de Conty. L’éjrlise est desservie par e curé de Namps-au-Mont. Elle eût beaucoup à souffrir à l’époque de la Révolution, et ne fut rendue au culte que trente ans après la réouverture des églises. (M. S. du docteur Goze, à la Bib. comra. d’Amiens.)

(2) L ancienne sacristie était située dans l’axe de l’église, derrière l’autel.

(3) V. C. Enlart ; loc. cit.

(4) C. Enlart, Joc. cit. Ce linteau est moderne ; il pèse environ 2000 k. et provient des carrières de ontaine- onneleau. L’ouvrage en épi, qui est au-dessus, est aussi une restauration. (Goze. M. S. loc. cit.)

(5) Elles ont 0,25 centimètres de diamètre et 2“3o de hauteur. (V. Garnier, loc. cit.)

(6) Viollet-!e-Duc [Dictionnaire d' Architecture, T. VU, p. 397) dit que ; cette archivolte à volutes a se rapproche U style romano-grec des monuments des environs d’Antioche, datant du V’’ siècle. « M. Enlart indique différents

t 1 ces du Nord de la E rance qui possédaient aussi des archivoltes û volutes ; nous pouvons ajouter, d’après Goze,

a la liste qu il en donne, l’église de Guerbigny et l’église nouvellement démolie d’Ailly-sur-Noye.

(/) Cette archivolte sans volutes est unique dans toute l’église.

(8) Cette meurtrière ne parait point sur le dessin de la façade de Namps-au-Val publié par J. Garnier,

fç) Une inscription, en caractères bizarres e.xistait autrefois sous le larmier du contrefort, à gauche do U porte

principale. Nous ne l’avons plus retrouvée. Peut-être a-t-elle été détruite au moment de la restauration de l’église. La voici, d’après une copie de M. Bresseau, de Poix :

Fecht. p. jon. Geut, a. n. g. M. ' V^. /A'.

Moi. ont. V. au, I. jour. d. le Reville.

Ce qui voudrait dire (?j ; « Fait par Jean Geut, l’an de grâce mil cinq cent neuf, au mois d’août, voire au i" jour, demeurant à Revelle. » (V. Notice sur Namps-au-Val, par Goze, Mémorial d’Amiens du 10 juin 1S62.)

Le côté méridional de la nef présente une muraille unie, divisée en deux portions inégales, par un contrefort l'i) semblable à ceux déjà décrits.

Chacune de ces parties est percée d’une fenêtre en plein cintre, entourée d'une moulure torique et surmontée d’une archivolte saillante qui, par son style et ses détails ne diüere point de celle du portail principal. Au sommet de la muraille règne une corniche très simplement moulurée, soutenue par des modillons diversement ornées. Au-dessus de chaque fenêtre, Tun d'eux représente une tête humaine grimaçante.

Près du clocher s'ouvre, dans la paroi de la nef, une petite porte latérale ; la baie en est rectangulaire et ses arêtes sont épannelées ; elle est encadrée par un tore, qui se courbe au-dessus pour former une sorte de voussure en plein cintre. Cette moulure descend le long des piédroits de la porte jusqu'aux bases attiques qui lui servent d'appui. Une archivolte, pareille à celle des fenêtres, est placée au-dessus de cet ensemble. Dans le tympan, compris entre le linteau monolithe et rectiligne de la porte et le plein cintre de la voussure déterminée par le tore, se déploie une série de quatre arcades cintrées mais sans décoration. Elles sont soutenues par cinq colonnettes en forme de prismes octogonaux, qui reposent sur des bases à grilles et portent de minuscules chapiteaux à volutes.

Sous les bases de ces colonnettes, s'allonge un bandeau enroulé à chaque extrémité et supporté par trois petits modillons sous la colonne centrale et sous les deux qui sont immédiatement à ses côtés. Ce bandeau est orné d'une ligne de dents de scie et d'un baguette.

M. C. Enlart ne croit pas que le clocher de Namps-au-Val soit antérieur au xiii® siècle et cette opinion parait pleinement justifiée. C'est une tour carrée, cantonnée de contreforts à talus, qui s'élèvent jusqu'aux deux tiers environ de sa hauteur. (2) Une tourelle octogonale, à demi engagée et renfermant l'escalier, s appuie contre l'angle Sud-Ouest de la construction et monte jusqu'au beffroi. (3) Elle est recouverte d'une pyramide terminée par un épi ; le tout est construit en pierres. Aux quatre angles du beffroi se trouvent des faisceaux de trois colonnettes, avec chapiteaux à feuilles d'eau, qui supportent l'entablement de la tour. Celui-ci fut réparé vers 1S40 par Daullé, architecte amiénois ; il se compose d'une corniche moulurée, soutenue par une série d'arcades cintrées et subgéminées retombant sur des modillons très simples. Sur chaque face deux baies en tiers-point ajourent le beffroi. Une colonne cylindrique, cantonnée de quatre colonnettes, surmontées de chapiteaux à feuilles d'eau les sépare et sert de support commun aux arceaux des fenêtres. Ces cintres brisés appuient leurs extrémités opposées sur des demicolonnes cantonnées de même manière. Une pyramide en charpente recouverte d'ardoises sert de toiture au clocher 14). La corniche qui règne le long de la façade méridionale du chœur est semblable a celle de la tour mais elle possède un plus

(1) Ce contrefort est mnderne ; les autres n’appartiennent pas davantage au plan primitif. (V. le plan et les dessins qui accompagnent la notice par J. (larnier, îoc. cit.) 1) après Goze, le seul pilier bntant qui appartient au plan primitif, est celui appliqué contre la façade nord du chœur. Ceux du portail auraient été construits en

12 MM. Garnier et Enlart ayant publié [loc. cit.) toutes les mesures de la tour, nous ne croyons pas utile de les reproduire ici.

(5) Au midi, sous le beffroi, on remarque une gargouille représentant un démon.

(.[) En restaurant le haut de ce clocher, on trouva de la cendre et les traces d’un incendie. Nous ne cro5’ons pas, comme '.Goze semble le penser, c[ue la tour ait jamais été cantonnée de quatre clochetons, qui auraient nui à riiarmonie des lignes de^la construction. On lit sur une cloche, à Xamps-au-Val ; u: L’an 1763, j ai été bénie par M. Louis Leroux, et nommée Martine par Jean Erançois Denoyelle et Marie .Magdeleine Sophie Mille. Jean François Retourné, marguiller. Ignace Ilenriot m’a fait. » (M. S. de Goze, loc. cit.)

foit relief et ses modillons sont variés. Une seule fenêtre a été pratiquée dans cette façade , elle ne diffère en rien de celles de la nef., et se trouve presque affleurée pai la paroi orientale du clocher fi). Le fond de l'ahside est perpendiculaire aux laçades latérales. Une sacristie s’y adossait autrefois. Aujourd'hui, on y voit une fenêtre composée de trois baies en plein cintre. Celle du milieu dépasse de beaucoup les deux autres en hauteur et toutes les trois sont réunies sous une archivolte trilobée qui leur est commune et adopte leurs contours. Elle se termine par des volutes, comme celles que Ion remarque fréquemment a Namps-au-\al (2). Tout cet ensemble est moderne. Les contreforts qui soutiennent 1 abside sont analogues à ceux ci-dessus décrits.

La façade septentrionale de l’église est presque semblable à celle qui lui est opposée. Nous rappellerons pourtant que les fenêtres des deux travées du chœur, telles qu'elles existent actuellement, ont été reconstituées d'après le plan primitif. Il y a peu d années, des baies en tiers-point munies de remplages de mauvais goût s'ouvraient à leur place.

De ce côté, 1 extérieur de la nef ne motive point d’observations spéciales. Sous la corniche, les modillons sont conformes à ceux que l'on voit au midi. L’un d’entre eux porte une tête humaine, un autre un oiseau, et un troisième quelques feuilles palmées (3).

Intérieurement, les parois de la nef de l’église de Namps-au-Val sont garnies d’une série d arcatures en plein cintre, moulurées dans la muraille et supportées par des colonnettes non engagées mais adossées à des pilastres. Les bases attiques de ces supports reposent sur une sorte de large stylobate qui forme comme un banc continu le long du mur. Les chapiteaux qui surmontent ces colonnettes sont tous variés et garnis de larges feuilles. La plupart d entre eux ont été refaits d'après les originaux. Quelques-uns ont les pointes de leur feuilles qui s'enroulent en remontant sous les angles du tailloir, comme a 1 abbatiale de Dommartin.

On voit neuf arcatures contre la paroi du nord ; il n'y en a que huit de 1 autre côté, et le petit portail latéral occupe la place de la neuvième. Une arcature accompagne de chaque côté la porte principale qui intérieurement ne comporte aucun ornement. Les fenêtres sont aussi sans décoration, mais leur ébrasement intérieur est très ouvert. La nef était recouverte d’un plafond plat il y a peu d’années encore. Llle possède actuellement une voûte lambrissée.

Ce vaisseau est séparée du chœur par Tm arc triomphal en tiers-point bordé d une moulure torique. Son élévation est presque égale à la hauteur de la voûte du chœur, plus basse que celle de la nef.

Dans le mur tourné vers cette partie de l’église on a ménagé, au-dessus de lare triomphal, une niche centrale en plein cintre flanquée de deux enfoncements en forme d’écoinçons et dépourvus d’ornements (4).

Le chœur est rectangulaire. II compte deux travées dont l'une sert de sanctuaire.

Les doubleaux et les formerets de ses voûtes de pierres sont en tiers-point (5).

Les nervures sont décorées d’une moulure dont le profil est aussi une section en

(1) Cette fenêtre a été refaite comme toutes celles du chœur. On croit qu'un souterrain, ou plutôt un caveau funéraire existe sous ce chœur. Cela est possible mais n’est pas prouvé.

(2) Lors de la restauration de l'ég-lise, plusieurs projets furent tracés qui ne prévoj-aient qu’une simple fenêtre en tiers-point a l’abside. A cette époque, aucune baie n'ajourait cette façade, obstruée par une sacriste. (Goze, loc. cit.)

(3) Autrefois, toute l’église était entourée d'une litre funèbre aux armes des de Croy, ducs d’Havré, seigneurs du lieu. Ajoutons que le comble de la nef est plus élevé que celui du chœur.

(4) Dans la niche centrale on a placé un Christ sculpté sur bois par M. Ramboue, d’Amiens, élève de Duthoit.

(5) M. C. bnlart considère le chœur de l’église de Namps-au-Val comme le premier monument où l'arc en tiers-point s’est affirmé dans le diocèse d’Amiens.

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tiers-point, llanquce de deux baguettes en forme de bâtons rompus disposés seulement sur l'une des ogives de chaque travée A l'intersection 'des croisées de ces ogives, se trouvent des clefs de voûtes portaiii des disques ornés de feuillages et de perles et accompagnés, dans le sens de Taxe de l'église, par deux têtes alfrontées. D'après l'ouvrage de M. Enlart, à qui nous empruntons la plupart de ces détails, on verrait à l'une des deux clefs, d'un côté une tête de femme, de l'autre celle d'un lion.

Les quatre piliers qui soutiennent les retombées des voûtes, dans les angles du chœur, sont composés chacun de trois colonnettes faiblement engagées, et les pilastres intermédiaires qui supportent le doubleau de la travée, se composent de cinq colonnettes d'inégal module. Toutes ont des chapiteaux très variés où l'on remarque spécialement des rinceaux et de larges feuilles à bords pointillés. Dans les angles, près de l'autel, trois chapiteaux sont consacrés à la représentation d'un seul motif. On y voit notamment des oiseaux qui crèvent les yeux d'une tète monstrueuse. Ailleurs, on rencontre aussi des monstres ailés, deux oiseaux buvant dans une coupe, etc...

Sur la paroi du chœur un grafUte ancien a été conservé. Bien que quelques mots y soient complètement etî’acés, on y lit encore facilement la date de 1476. La pierre, sur laquelle se trouve cette inscription, fait actuellement une saillie de plus d'un demi centimètre sur le nu du mur, ce qui marque l'importance du grattage subi par le monument.

Sous le clocher existe une chapelle communiquant avec le chœur par une arcade en tiers-point. Les nervures de la voûte qui recouvre cet oratoire, reposent dans les angles sur des culs-de-lampe dont Tun est décoré d’une petite tête d'animal ressemblant à un loup. Une piscine est ménagée dans la muraille. Son archivolte est trilobée, mais une coquille a été sculptée dans le lobe supérieur dont elle remplit la surface. Un confessionnal la cache aujourd'hui.

iM. C. Enlart a déterminé l'àge des ditférentes parties qui composent l'église de Namps-au-^’al. D'après ce savant, le chœur daterait du milieu du xn® siècle. La nef lui serait postérieure d'une dizaine d'années et le clocher aurait été construit au début du xiii'’ siècle. Aucun archéologue ne contestera les époques ainsi déterminées, à la condition toutefois de concevoir en imagination ce qu'était le monument dans son état primitif. Que reste-t-il en elfet de la vénérable construction du xii® siècle ? Ses proportions et ses formes, car on retrouverait sans doute dans l'édifice entier bien peu des pierres qui le composaient d'abord.

Nous avons déjà noté les restaurations exécutées par l'architecte Daullé. Après lui, xMassenot (i863) (0, dressa des plans destinés à entraver la ruine du monument. Le docteur Goze lui-même traça quelques projets dont plusieurs furent réalisés (2). De 186S à 1874 les travaux de réfection furent incessants. M. Duthoit, membre de la Société des Antiquaires de Picardie, présida à la plupart de ceux qui s'accomplirent postérieurement (3*- Enfin, on mit la dernière main à l'œuvre, en i8y3

Certes, le zèle déployé pour la conservation de l'une des églises les plus anciennes que possède la Picardie ne peut être blâmé, mais pourtant, si l'archéologue est réduit au silence, l'artiste regrettera toujours l'aspect beaucoup plus

(1) Le 22 novembre i86.|, la Société des Antiquaires de Picardie appela l’attention de l’administration sur cette église que l'adjoint de la commune, M. César Dulermez, excellent maçon, avait restauré lui-même en partie. 11 obtint, à cette occasion, une médaille de la Société des Antiquaires de Picardie. L'architecte Herbault, d’Amiens, s'occupa aussi de ce monument.

12) La croix de la façade a été exécutée d’après un dessin de Goze, en 1868.

(3) Ses plans, dressés en I877, furent approuvés en 1879.

pittoresque de 1 édifice tel qii il était autrefois ; de cet édiilce qui savait porter avec aisance le poids des ans et les outrages d'une polychromie villageoise. Dans sa candeur nouvelle, 1 église de Namps-au-\'al a perdu en même temps que son cachet d antiquité, les quelques objets remarquables qu'elle possédait, notamment une statuette du xvi'^ siècle, représentant Saint Adrien et souvent signalée. Cette sculpture est peut-être aujourd hui reléguée obscurément dans quelque armoire de sacristie.

L ancien tableau d’autel, don d’un membre de la famille du Fresne, d'Amiens, est aussi maintenant irrémédiablement perdu faute d’entretien. Seule, une petite sculpture sur bois qui retrace la scène du baiser de Judas, peut encore y fixer l’attention.

Nous ne prolongerons pas davantage la description de ce monument.

Pourtant, nous ne pouvons nous défendre d'insister en terminant, sur l'opinion de M. C. Enlart qui considère 1 église de Namps-au-Val comme l'un des premiers édifices du diocèse d Amiens où la voûte d’ogives ait été employée sans incertitude.

SENTELIE

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