CROIX MONUMENTALE
Jadis Gabriel Rembault écrivit avec beaucoup de détails 1 de Ihoix, de son château et de son église (3).
Celle-ci ne présente qu'un minime intérêt archéologique (4). Quant au château, des modifications et des restaurations successives lui ont fait perdre tout caractère. Ce n'est plus qu une vaste et froide construction qui ne peut retenir longtemps l'attention.
Le nom de Lhoix n’aurait donc pas liguré en ce recueil, si dans la principale rue du village, non loin de 1 église, ne s élevait une belle croix monumentale qui n'a guère été signalée.
Elle est tout en pierre mais sa partie inférieure parait avoir été un peu retouchée.
■Au dessus de quelques degrés se dresse sur une base, une colonne couronnée par un chapiteau toscan. Il est surmonté de la croix proprement dite. C'est une œuvre qui semble dater du début du xvp siècle. Son fût, d'abord arrondi, affecte une forme légèrement conique jusqu’à 1 endroit où il est entouré d'une’ couronne ornée de riches fleurons. Celle-ci est soutenue par deux anges agenouillés sur des crosses végétales qui prennent naissance à la base
'histoire du village
ÏUOIX.
Croix monumentale.
(i) V. Corblet. Hagiographie du diocèse d'Amiens. T. IV, p. 385.
(2} V. Pouülé. M. S. de la Bibliothèque des Antiquaires de Picardie.
(3) V. Les cgiises, châteaux, beffrois et hôtels-de-ville les plus remarquables de la Picardie et de l'Artois, etc. T. I. Amiens, Alfred Caron 1846.
(4) Deux tetes représentant des rois ; l’un barbu, l’autre imberbe, y servent d’amortissements à des retombées d ogives, dans les angles de la travée qui précède le sanctuaire. Ces sculptures sont bonnes. G. Rambault signale derrière 1 autel quelques autres sculptures qu'il attribue au xiii*-’ siècle.
même du cône. Après avoir dépassé cette couronne, le fut ainsi que les bras de la croix et sa partie supérieure sont taillés suivant un plan carré et présentent en avant Tune de leurs arêtes saillantes. La ligure du Christ apparait sur la face antérieure du monument. D'autre part, on voit une Vierge. Lnfin les extrémités des croisillons sont terminées par une moulure et par un culot.
Ce petit monument se dressait originairement à la place où on l'admire encore aujourd'hui, mais nous n'avons pu découvrir ni par qui, ni dans quelles circonstances il fut érigé. Renversé pendant la Révolution, ses débris furent recueillis et conservés pendant près d'un demi siècle dans la cour du presbytère jusqu au moment où .M. l'abbé Lécadieu, ancien curé de Thoix, les fit réédilier sur leur emplacement primitif (i).
Les croix monumentales en pierres sont devenues assez rares dans le département de la Somme pour que nous ayons cru ne pas devoir négliger celle-ci (2) qui, de plus, se recommande par un réel mérite artistique.