LES RUINES DU CHATEAU ET L'ÉGLISE
Les touristes nombreux qui pendant la belle saison se rendent volontiers à Waillv pour y visiter les ruines, sont attirés beaucoup plus par leur aspect pittoresque que par l'intérêt historique ou archéologique qu'elles présentent.
Cet intérêt, en effet, est assez restreint. Il convient pourtant de le mettre en évidence le mieux possible et le docteur Goze nous aidera encore à accomplir cette tâche (3). Toutefois, pour plus de sécurité, nous nous permettrons comme toujours de contrôler ses assertions au moyen de nos recherches personnelles.
Les plus anciens seigneurs de Wailly, dont les actes fassent mention, appartenaient à une famille qui portait pour surnom le nom même du domaine (4).
Longtemps après ceux-ci, 'l'hibault de Lentilly se signale, en i3i3, comme seigneur du lieu (5).
Plus tard encore la Maison de Mauchevalier fait son apparition, mais au xvC siècle, elle tombe en quenouille, — selon l'expression de l'époque, — et le domaine de Wailly devient la propriété d'Anne de Mauchevalier (6), femme de Jean de Halluin, seigneur d'Esquelbecq (7).
(1) Communication de M. l'abbé Dheillv, curé de Thoix.
(2) G. Rembault mentionne cette croix comme ayant autrefois existé à Thoix, mais il ne la vit pas.
(31 Bibliothèque communale d’Amiens. M. S. S. du docteur Goze, n° 819.
(4) Oqer, seigneur de Waillv, était l’époux d'itildegarde, dès 680, d'où entre autres enfants, Pierre, seigneur de Wailly en yio. iV'. fl. Josse : Notice historique sur les cunimiiiies de Vers et llèbécourt, etc., dans le T. XXXI des Mém. iu-S-^ de hi Société des Antiquaires de Picardie, page 23.]
«51 V. le docteur Goze. (M. S. loc. cit.)
161 Elle était fille de Jacques de Mauchevalier, maître d'hôtel de François i*^ et petite-fille de Jean et de Jeanne Je Relv. (V. Lamorliére ; Maisons illustres). — Ailleurs, Lamorlière appelle Isabeau de Rely, qui est son véritable nom, l’épouse de Jean dit Olivier de Mauchevalier, {V. de la Gorgue-Rosny : Recherches généalogiques, art : Mauchevalier.)
171 Jean de Halluin, frère de François de Halluin évêque dAmiens, était fils de Louis et de Jeanne de Ghistelles. iV. Ilist. du château et des seigneurs d'Esquelbecq en Flandre, par Alp. Bergerot et J. Oiegerick. Bruges, Vandecasteele. 1857.)
^ Leui fils Louis fut 1 epoux de Marie de Hamcs, de qui procéda Antoine, bailly d'Amiens. Ce dernier s'unit à Claude de, Gouffier dont il eut Charles Maximilien allié à Catherine du Gay, d'où Alexandre Timoléon, non encore marie au moment où écrivait le chanoine de Lamonlière à qui nous empruntons cette filiation (i). Depuis, Alexandre de Halluin prit pour épouse Marie Yolande Barbe de Bassompierre.
Au mois d octobre 1668, leur fille unique, Marie Josèphe Barbe de Halluin, porta par mariage à Ferdinand .loseph François de Croy, duc d'Havré et de Croy, prince du Saint Empire, chevaliei de la d oison d or. Grand d'Espagne, châtelain de Mons, etc., le domaine de Wailly possédé aujourd'hui encore par ses descendants (2),
Un château avait précédé celui dont nous allons maintenant parcourir les ruines (3),
Celles-ci se rapportent à deux époques différentes.
Les batiments principaux semblent dater du milieu du .xviii" siècle, mais
quelques dépendances et l'hémicycle sont contemporains du règne de Louis XVI.
A 1 extrémité d une longue avenue et dans son axe, se trouvait la demeure seigneuriale. C'était une vaste construction en briques et en pierres sans style
bien caractérisé {4). Les bâtiments s’élevaient contre une falaise calcaire, sur un terre-plein situé a mi-côte d'une colline dominant la vallée de la Selle. Us étaient disposes sur trois des côtés d'une vaste cour carrée aujourd'hui convertie en ^erger. Aux angles de la construction se dressaient quatre gros pavillons (5),
Ceux-ci comptaient deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, tandis que les constructions qui les reliaient n'en avaient qu'un. La façade principale était tournée vers le nord. Celle du midi regardait le parc. L'aile droite du château a seule ete conservée (6). Elle est littéralement adossée contre la falaise mentionnée antérieurement, de sorte que l'étage supérieur des pavillons subsistant encore de ce cote est de plein pied avec le sommet de cette falaise, qui arrive au niveau des
toits des autres parties du bâtiment. A cette hauteur était située la basse-
cour (7).
(I) V. Lamorlière : Recueil des illustres muisons de Picardie, arl. Halluin, et Haucliquer de Blancourt : NohUiair, de Picardie, etc. — En la terre de Wailly fut érigée en duché.
12) Le mariag-e eut lieu i Wailly. Contrat du 2q, bénédiction nuptiale du 29 octobre 1668
(3) V. une vue de ce précédent château dans la e Topographie françoine, ou représentation de plusieurs viilc etc. „ par Claude Chastdlon et autres, i vol. in-f, Paris. Boisseau 1648, et « Iconographie du département de la Somme, etc. jj par H. Macqueron, i vol. gr. in-8", Abbeville, Paillart 1886.
(4) Il est assez remarquable que l’on ait employé la brique pour construire ce château, dans un pays oi'i existent e vas es carrières de pierres excellentes. Celles-ci ont été utilisées seulement pour quelques parties de l'œuvre et
notamment pour les encadrements des fenêtres qui sont composés de blocs alternativement plus longs et plus courts ne faisant point de saillie sur le nu du mur. C'est une sorte d'architecture en bossage. Une corniche régnait au-dessus de tous les bâtiments. ^
(51 Deux lucarnes rondes bâties en pierres s’élèvent au-dessus de la corniche sur les faces de chaque pavillon, ne seu e ucarne de pierres, mais plus , grande et de forme rectangulaire, ornait les bâtiments intermédiaires fa laçadc principale du château portait sans doute une plus riche ornementation.
Les pavillons placés à l’extrémité des ailes furent construits postérieurement à 1776, car ils ne figurent pas encore sur un plan de cette époque représentant le château de Wailly conservé aux archives de la Somme E ,q.,.
( 1 -a façade est tournée vers l’Est. Au rez de-chaussée du pavillon, à l’extrémité de cette aile, existait une c ape e dont la porte, ornée de guirlandes de fleurs finement sculptées existe encore. Goze a connu cette ancienne c .apelle remplie de châssis de fenêtres, etc., prêts à être mis en place et non utilisés â cause de la Révolution Cet ocatoire possédé une voûte en pierres au centre de laquelle s’étale une vaste rosace. Elle possède aussi
une ti.bune soutenue par des colonnes doriques supportant un entablement orné de trigivphes et une rangée de balustres. «iioc-i.
(7) L emplacement de cette basse-cour est connu à Wailly sous le nom de a la Carpenterie ».
Rn son milieu se dresse toujours ie colombier seigneurial en forme de tour octogonale.
Ce colombier fut bâti avec les pierres de l’ancienne église qui s élevait au centre du cimetière actuel. •
L’aile gauche du château, aujourd'hui détruite, s étendait le long de la
vallée. Sa façade extérieure dominait un jardin dessiné à la française (i).
On voyait au milieu une sorte de dôme recouvert d’ardoises et la construction empruntait une part de son caractère et de son aspect pittoresque a ses multiples toitures de formes variées. Une terrasse munie d une rangée de balustres s étendait devant cette façade au-dessus d'un mur de soutènement (2).
Dans la partie encore subsistante du bâtiment étaient les cuisines aujourd hui boule- ^■crsées comme les dépendances qui les accompagnent. La cheminée seule existe encoie. Celle-ci est remarquable à cause de ses vastes proportions: elle occupe toute la largeur de la pièce. Son linteau est formé par une énorme poutre. Deux colonnettes en grès divisent en trois intervalles la largeur du foyer. Les chapiteaux de ces colonnettes portent deux écussons. Le premier, entouré d’un collier de 1 ordre de Saint Michel, est écartelé : au 1, de Haliuin ; au 2, de Hames ; au 3, de Mauchevalier ; et au 4, d'Ailly. Le second, ceint dune cordelière, est parti au i, écartelé comme ci-dessus; au 2, coupé; au 1, de Goutfier et au 2, de Montmorency.
Ces colonnettes paraissent plus anciennes que la cheminée où elles figurent. Peut-être ont-elles été réemployées au moment de la construction du château (3).
Les ruines que nous allons visiter maintenant sont de date un peu plus récente, car cette portion du château était à peine achevée lorsqu éclata la Révolution (4).
Les tra^■aux furent entrepris sur l'ordre de Joseph Anne Auguste Maximilien de Crov, duc de Croy d'Havré, qui fit tracer devant la demeure seigneuriale une seconde cour circulaire, d'un diamètre d'une quarantaine de mètres.
Pour cacher les anciennes carrières creusées dans la falaise qui règne le long d'un des côtés de ce vaste emplacement, on éleva un portique en hémicycle qui
demeure la partie la plus originale des ruines de Wailly.
Ce portique est construit en pierres extraites sur le lieu même (5). Au centre de sa courbe se dresse un porche soutenu par deux colonnes doriques supportant
(i) Dans les sous-sols de cette partie de la construction, existe encore une vaste salle voûtée ayant accès
sur le jardin. On prétend à W’ailly que jadis elle servait de menuiserie. Nous ne nous c.vpliquons pas bien sa
destination.
(j| Ces renseignements nous ont été fournis par un ancien dessin conservé jadis par M. j.-B. Loque, caltivateur à Wailly. Ce dessin a disparu. T.e mur de soutènement porle la date de 1765.
l'V Elles portent en elïet la date de 1(129 et ne sont pas logiquement placés, car celle où l’on voit l’écusson de la femme se trouve, en regardant de gauche à droite, avant celle où sont les armes du mari
(] En 1793, selon le docteur Goze. le château de Wailly fut pillé de fond en comble par les villageois des environs. 11 avait été préservé une première fois en 1791. En l'hémicycle n’était pas encore commencé. plan
coté K 194 (Arch. de la Somme). D’après M. Janvier, les travaux ne furent entrepris qu’en 1788.
Délibèrati<jn du Conseil général de la Somme du 24 juin 1791. « Sur l'avis qu'un grand nombre d’habitants des villages circonvoisins sont réunis à Contv p<iur se rendre au château du duc d'Havré a Wailly, y brûler Ks titres et renverser le château, le Conseil général décide d'onvoyer deux commissaires pour rappeler le peuple au respect (les propriétés. Ils seront accompagnés de deu.x cavaliers de Berry, u (Arch. Je la Somme, délib. du Conseil général;. Nous avons des raisons de croire c[ue le château de Wailly ne fut jamais pillé de fond en comble et ((ue sa ruine vient plutôt de l’abandon où le laissèrent ses propriétaires que de la barbarie des hommes. Tel est aussi l’avis de M. le curé actuel de Wailly.
(5,) Tous les abords et l’emplacement même du château sont minés, dit-on, par d'innombrable.s souterrains, ce qui n’est pas étonnant dans une localité où la pierre de bonne qualité fut exploitée de tout temps.
un entablement orné de triglyphes. Au-dessus s'étale un fronton triangulaire.
A droite et a gauche de ce porche, au rez-de-chaussée, s'ouvrent quatorze portes rectangulaires ; sept de chaque côté. Chacune est accompagnée en dessus, d une fenêtre carré, excepté la quatrième, de part et d'autre, sur laquelle on voit un œil de bœuf.
Ces deux deinières baies sont en plus surmontées de corniches soutenues par des consoles et tout le monument est couronné par un entablement composé dune liise unie et dune corniche à denticules. Une magnifique végétation a pris racine dans les interstices des pierres, surtout derrière l'hémicycle, et de grands arbres etendent leurs branches à travers les ouvertures béantes du portique ajoutant un charme de plus a la beauté des ruines.
Dans l'étroit espace compris entre l'édifice et la falaise qu'il dérobe au regard existe un cahos de débris confus et l'on s’explique mal à quel usage étaient réservés ces locaux aujourd'hui anéantis.
Une grille d un riche travail, comme on savait les faire en Picardie au xviii' siècle, faisait^ vis-à-vis à 1 hémicycle. Cette œuvre de ferronnerie reproduisait dit-on les grandes lignes des bâtisses qui lui étaient opposées (i).
On sait déjà que l'avenue de Wailly venait aboutir à la cour circulaire dans 1 axe du chateau, mais sur la dernière partie de son parcours, avant d'atteindre 1 hémicycle, cette avenue elle-même était bordée de constructions dignes d'être remarquées. A droite et à gauche, lorsqu'on s'avançait vers la demeure seigneuriale, se trouvaient des écuries, des remises et leurs annexes. Là encore se déployait la magnificence des princes de Croy.
Lun des bâtiments longe le pied de l'escarpement qui règne du côté de ouest. Sa façade a l'aspect d'un portique composé de pilastres doriques qui soutiennent des arcades en plein cintre. Au-dessus, une simple corniche moulurée complété 1 cdifice. L'aspect de cette construction rappelle quelque peu celui des arcades de la rue de Rivoli à Paris, et nous n'hésitons pas à faire ce rapprochement dont l'un des termes est connu de tous.
'Vis a^xis, un second édifice est dune architecture presque analogue. Celui de ses cotes qui domine la vallée de la Selle, est surélevé de toute la hauteur dun mur de soutènement qui maintient la terrasse où il est construit. Sa façade surmontée d'une corniche, est éclairée au levant par une ligne de dix-neuf grandes fenetres rectangulaires.
Nous avons rapporté plus haut que le château de Wailly avait été ruiné par la Révolution^ et par l'abandon qui en fut la suite. Une orangerie située dans le parc, avait pourtant été relativement épargnée.
C est la que les princes de Croy avaient fait disposer les appartements nécessaires pour leurs courts séjours en Picardie. Mais cette dernière habitation ellemême devait dispiaiaitie en partie dans les liammes d’un incendie survenu au mois d'avril iSgS.
Nous dirons incidemment quelques mots sur l'église de Wailly, non pour vanter son architecture froide et nue (2), mais pour signaler les objets intéressants qu elle renferme.
(l) Cette grille était pourvue de fers de bnees dont be.aucoup sont encore conservés il Wailly. Une corbeille de fleurs en fer forgé décorait sa porte principale. Ce bouquet est actuellement conservé dans l'église.
(2| Leghse aurait eu pour architecte, selon Goze qui ne cite pas ses sources, une dame italienne alliée à la aimlle de Croy. C était vraisemblablement Marie Anne Césarine Lanti délia Rovére, femme de Jean Baptiste
Ce sanctuaire, dédié à saint cesse de Croy, dans le style le œuvre pleine de mauvais ^oùt et unique décoration, dans le tympan entouré d'attributs guerriers. Cela construction.
Vaast, fut construit aux frais d’une prinplus maussade du xvin'-’ siècle. C'est une de lourdeur qui extérieurement porte pour du porche, un écusson aux armes des Croy ne sulfit pas pour corriger la nudité de la
Wailly. — Chaire de l’iy^lise.
L'intérieur, peu intéressant lui-mème, possède pourtant une chaire remarquable ménagée dans l'épaisseur de l’un des maîtres piliers de la croisée. Le balcon qui garnit cette logette est en fer forgé et gracieusement recourbé de même que l'abat-voix. Près de l'autel, on admire encore un joli lutrin, sculpté vers la fin du règne de Louis XVI et orné du chiffre des princes de Croy d'Havré fi). Mais deux pierres tombales appliquées depuis peu contre la muraille de la chapelle seigneuriale (2)
Joseph de Crnv. Les femmes arcliitcctes sont assez rares pour que celle-ci soit si.qnalée. malgré son peu de talent. L’éiiifice. terminé en 1752, coûta, dit-on, 40.000 livres.
(1) Goze croit ce lutrin de travail espagnol. Nous pensons plutôt qu'il est bien français et iiit-me picard. Il rappelle, par son stvle et sa facture, divers objets sculptés à Amiens sous la direction de l'architecte Rousseau. 11 aurait été donné en 1783.
(2j Un caveau existe sous la chapelle seigneuriale. II ne renferme qu’un cœur contenu dans une boite de plomb. On ignore l'origine de ce funèbre débris.
et malheureusement très usées, doivent surtout fixer rattentioii. Ces sépultures ont été rapportées de l’église qui a précédé celle où on les voit à préçent. Une faible portion de 1 inscription qui borde la première d'entre elles est encore lisible. Nous la complétons au moyen de la copie faite jadis par le docteur Goze. On y lisait alors :
Ci ffifVni: fiant et pitiffant eciffii' meffite JT'ntoinc 6c cii tjon vivat efi'"
6c roc6cc 6ii ïKop capitaine 6c cinquante fioininco 6’arinc(5 6c cce or6onnancc(5 et co ^aiffy 6’JTniicn(5 II Lîcign' 6cfcfc6ccq, Waiftp. lOanipijMU îoaf, iTiftop, iËJOpcncoiict, J'ontainCj
^acon 6c Bucqiicnfiaiirt || et 6ninc èt^aric Craii6c i^oufficr (5a fcinc qui 6crc66cfct . rc6 6cigif
fc V îf}ovcin6cc IfioS (i) et ra6 6anic fc fi' jo 6’. . Ifi.l4 (2) prie; Oicu pour fcuce nuica. ||
Cette pi'cfente tojufic a cfîc 6onnee par i^^cffiec Cfiarfctï fit^ayiinifien ôe i^nflupn, feue ftf(5 aine 6u 6iet Waifl'p.
Sur la tombe, entièrement gravée au trait, on distingue les portraits en pied du seigneur d’Esquelbecq et de sa femme. L'image de cette dernière est assez bien conservée. Elle portait une vaste coiffure, sorte de bonnet rigide qui devait être en toile. Son col est aussi de grande dimension. Son corsage se termine par une longue pointe très effilée, et sa robe forme de nombreux plis droits et parallèles comme des cannelures.
Ces époux sont couchés sous deux arcades cintrées et ornées de différents motifs d'architecture.
La seconde sépulture portait cette inscription, aussi relevée par Goze :
Ci s'ift fiant et puiffaiit t5ciffucut* iL)cf|iiT Cfincfco fif)ayiiniricu 6c ^oaffupu, ecigticuc 6c Waiffp, .'CilTop, Cœuiffp, J)' Jiniifficu, jpoMtaiuc l'ur J>oinuic, î'JanipLî au îoaf, focfaiiitic, f;'ninc6 et 6c Jïauffatte, cf^cvaficc 6c f’or6cc 6u mop, coufciffcc eu (5ou Confetf 6’0frat et prive capitaine 6c cinquante Çonunct' 6’anncL' 6c t*C(5 or6onnancc(5 et 6ce ffar6c6 6u corpe 6c Cf)onfciffncur frère unique 6c ea tï)nffcftc, qui 6ccc6a fc onîièmc janvier IfiSO et fîaiite et puiffantc 6ninc Catficrinc 6u i5’ap eon efpoiife, faqueffe 6cce6a fe 2$''' 6c tf)aj) lfi2S. prie; Oicu pour fcur(5 àinco.
Toute rornementation de la pierre est absolument effacée (3).
Un fragment de sépulture, encore engagé dans le pavé de la nef, n'offre plus que quelques mots sans suite avec la date de iDyS.
Le Père Daire ne donne que peu de renseignements historiques sur l'église de Wailly. Il nous apprend toutefois qu'elle avait l'évèque d’Amiens pour patron, mais que le seigneur du lieu conservait le patronat de sa chapelle castrale qui y avait été transportée de Lœuilly.
Le nom de ce dernier village nous invite à dire quelques mots de son église, dédiée à Saint Martin. Selon une généalogie que nous croyons apocryphe (4), elle
(1) Goze dit 1608.
(2) Goze a lu « le 6 août 1614. d
(3} -A- noter encore, au rétable de l'autel de la chapelle seigneuriale, une assez bonne peinture représentant l’Annonciation.
(4) V. H. Josse, loc. cit.
aurait été fondée en 646 pur Imbert, seigneur de l.œuilly, mais le monument qu. est parvenu jusqu'à nous ne date que du xv,= siècle. Seul le chœur présente quelque intérêt bien qu'il ait été par trop modernisé. Les fenêtres en t.ers-po.nt qu l'éclairent sont bordées de jolies moulures prismatiques et es remp apCs q . garnissent ne manquent pas d'élégance. Sa voûte primitive ayant ete J-'
remplacée longtemps par un plafond en bois ; elle^ posse^de aussi plusieurs colonnetlesù demi engagées, dont les chapiteaux sont dignes d attention.
C'est en i665, selon le D' Go/.e, que la chapelle seigneuriale de LœuilU fut transférée dans l'ancienne église de Wailly par .Alexandre de Hallum.
R. de GUYENCOURT