LA SEIGNEURIE
Quel Amienois ne l’a choisi comme but d’une partie de campagne ou n’a U nwins au passage accordé un instant d’attention à ses vastes ruines ! Mais combien peu, helas ! soupçonnent son ancienne splendeur et connaissent le rôle ]Oue dans 1 histoire de notre province et même de notre patrie par les possesseurs de ce domaine (i).
■ s-** d abord constitué un franc-alleu, c’est-à-dire, une seigneurie complètement indépendante, à ce que prétendirent toujours les barons de Picquigny, devenus a une ^epoque impossible à préciser dans l’état actuel des documents vidâmes de leveque et avoues de l’abbaye de Corbie. Cette situation nouvelle n’allait pas sans leur offrir de grands dédommagements; entr’autres, comme vidâmes, leur juridiction s etendait au moyen âge sur toute la partie de notre ville au-delà de eau de Merderon qui ^ a gardé jusqu’à nos jours le nom de Grand-Vidame.
-a seigneurie de Picquigny comprenait par elle-même 700 fiefs dont 64 terres a clocher, et depuis la fin du xiv' siècle la réunion de la châtellenie de Vignacourt avait porté ce nombre à 1140 fiefs dont 80 terres à clocher.
Cest dire combien le chef-lieu devait avoir d’importance. La résidence de
(i) Il n'existe pas encore d’histuire développée de esquissee dans Picquigny et ses seigneurs, vidâmes d'A.
Picquigny, mais M. Darsy, notre confrère, l'a fort bien miens, Abbeville, Briez 1860, in-8° de 192 pages.
ses maîtres était une véritable petite cour dont certains de leurs vassaux rehaussaient l'éclat, soit en faisant chaque année un stage au chateau avec leurs femmes, soit par l'acceptation obligat<)ire des invitations que leur adressait le suzerain lorsqu'il les avertissait de tenir les plaids ou de faire /este.
De tels feudataires tenaient à asseoir la puissance de leurs armes sur une position aussi forte que le comportaient leurs richesses. Picquigny possédait a ce point de vue tous les avantages.