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Rcqiiirscani in l'ace
Au-dessus de cette épitaphe on lit sur un marbre blanc, un distique qui célèbre les succès remportés par le duc de Chauines en Bretagne :
FERVENTEM ARMORICAM POST ANXÆ FUXERA REGIT COXSILIO POPULOS COMPRIMIT IXDOCILES
Un tableau de bois appendu dans le bas-côté gaUche donne la liste des reliques appartenant à l'église au xviii® siècle : une parcelle de la vraie croix, des reliques de saint Martin, des saints Warlois et Luxor, (3) quelques os de saint Eirmin le martvr, une parcelle de la face de saint Jean-Baptiste, un très grand nombre d'ossements des onze mille vierges martyres, quelques-unes de leurs têtes, entr'autres celles de sainte Benoîte et sainte Supprianne (4), un os de saint Etienne, un os du bras de saint Honoré, un os du bras de saint Eutrope. Les reliques de saint Georges et de saint Vincent, martyr, avec une de ses dents, une côte de saint Honeste, martyr, et une de saint Julien, un os de saint Ives, un fragment
iii MS. Canton de Picqiiiiïnv, lac cit., p. 12
121 C’était probablement le mausolée en plomb de linon de la cliapelle Saint-^'incent où étaient des .irmoiries Pt signes des abus de l’ancien régime que les officiers municipaux firent démonter le 2 frimaire, an II. d après Darsv, loc. cit. p. m6.
(3] Le tableau porte : les corps de saint Warlu et Lu.xor, mais ce ne pouvait être leurs corps entiers, car ceux-ci étaient rléposé.s dans une châsse de la cathédrale d'Amiens, d’après M. l'abbé Corblet Hagiographie Jit ihoccse J'Aiuicns. Amiens, Prérost-Allo 187.:). in-8°, T. 111, p. 183'.
q! Us sont placés dans deux châsses suspendues aux murs du chœur.
de la (k'che de saint Sébastien, deux reliquaires contenant les cheveux et une paitie de la mâchoire de sainte Marguerite avec une ceinture, la tête de Robert de Cresecques, seigneur de Long et de Longpré-les-Corps-Saints, au xtv* siècle, qualihé de saint, peut-être par erreur (i), enfin saint Gaudence, martyr, donné par e pape Clément IX le 3o août 1668 a M"'^ Le Féron, femme de Charles d'Ailli, duc de Chaulnes, lors de sa première ambassade extraordinaire à Rome. Les reliques de ce dernier sont entérinées dans une petite châsse allongée, en bols, suspendue au mur du chœur. Sur l’un de ses côtés on a représenté leur remise à des pontifes, escortes de clercs portant la' croix archiépiscopale ou la crosse, par de petits pei sonnages a grande perruque, vêtus de costumes du temps de Louis XI\’.
Quelques statuettes anciennes subsistent dans l’église, .mais elles ne valent guere une mention ; à peine convient-il de signaler sur le panneau de bois placé au fond de l’abside une vierge en albâtre d’environ o"'5o de haut, sans grand caractère. Dans la sacristie, un tableau du xvp siècle, sur fond d’or, représente la â'ierge contemplant le corps de N. S. soutenu par ses disciples après la descente de croix.
.■\u bas du collatéral gauche se trouve une cu\’e bapii.smale du siècle, en pierre rectangulaire et légèrement évasée vers le haut. Au-dessus du socle, scs flancs sont ornés de panneaux, surmontés d’accolades que couronnent des fieurons de choux frisés.
Lnlin. le clocher est aujourd'hui privé de la belle cloche du xvi” siècle que Goze se réjouissait de voir survivre aux déprédations révolutionnaires. Elle a été sacrifiée au
désii d augmenter par sa refonte le volume des trois cloches qui garnissent depuis 1869 belfroi.
Goze nous a conservé l’inscription de « la vidamesse » qui avait déjà été refondue du temps de Monseigneur Emmanuel Philibert d’Ailly, par Lucien Bucrin fondeur de Beauvais. ’
La seule cloche ancienne qui subsiste encore a environ o'''5o de diamètre et porte cette unique légende : A\’E MARIA i663. L’effigie de saint Pierre figure au-dessous et rappelle sans doute son origine. Goze, en effet, déclare qu’elle appartint au prieuré de Saint-Pierre à Gouy. Enfin .au-dessous de la légende et du saint se voit un écu tenu par deux anges et dont le champ est occupé par une cloche et la signature de Pierre Chapiperon à Amiens.
Le mobilier ancien de l'église n’est plus .•■eprésenté que par deux stalles du XV' siècle dont les miséricordes sont ornées, l’une d’un joli bouquet de feuilles de choux frisés, l’autre d'un ange à genoux. Des têtes grotesques émergent de la partie supérieure du rampant courbé de la parclose.
Fonts baptismaux de St-Martin de Picquiffnv.
(i) Corblet, loc. cit. T. IV, p. 593.
I.a collégiale avait d'abord servi de paroisse aux habitants de Pics]uigny, mais les habitudes d'une forteresse et la présence des seigneurs et de leur suite devaient leur en rendre souvent l'accès peu facile; aussi dès le début du xii[‘ siecle trouvons-nous une autre église affectée sous le vocable de S. Jean-Baptiste ii) au service paroissial, qui fait en I2i5, l'objet d’une réglementation par hngerian, entre le chapitre de la collégiale et le chapelain de 1 hôpital.
Il ne reste plus de St-Jean-Baptiste qu'une tour de style gothique, isolée au milieu du cimetière.
Son aspect général semble déceler le style du xiv" siècle, mais contre sa tace méridionale elle a gardé en partie le pignon de la façade de I ancienne eglise auquel elle a été accolée. Ce pignon est percé dune arcade en plein cintie qui mettait la nef en communication avec le porche formé par le bas de la tour.
La forme de cette arcade rappelle l'époque romane. La tour a dû être édil'iée (ui reconstruite beaucoup plus tard, l-dle est soutenue à chaque angle par deux contreforts placés dans le prolongement de ses faces dont six retraites diminuent l’épaisseur.
Au re/.-de-chaussée, le portail originaire a été remplacé par un autre de style grec, sans doute lors des remaniements dont la date » 1702 » est restée inscrite au-dessus.
L'arcade de l’ancienne façade de 1 église a été bouchée afin de permettre de transformer le bas de la tour en chapelle pour le cimetière. Lne baie en plein cintre, mais trop large et percée trop près de l'extrados de son archivolte pour avoir été faite en même temps que i arcade ellemême, éclaire la chapelle. Le premier étage cie la tour est a^■eugle et le dernier était ajouré sur chaque tace d'une large baie amortie en tiers point, bordée d’un tore, et subdivisée en deux par un meneau méplat surmonté d'une rose polylobée. Lne
flèche couronnait-elle le tout à l'époque gothique ? Nous ne savons, seulement en 1702 on y avait édifié un campanile toscan renversé en lyaG par un ouragan. Avec lui a disparu la balustrade pseudo-gothique qui l'entourait. Le dessin cpie (loze nous a conservé n'est pas de nature a nous inspirer beaucoup de legrets.
Dans le cimetière se voit encore une colonne romane entoncée dans le sol et munie de son chapiteau cybique. M. Enlart piensc qu'elle pourrait provenir de l'ancienne collégiale, toutefois il est aussi plausible d y voir un debiis de la paroisse primitive.
Stalle de St-Martin de Picquigny.
De Co-.’.rt, loc. cit., T. H, p, 818, dit que Renault, sei.çneur de Picqui.y:ny, mourut en 1315 aprt
près avoir
500 livros pour achever tes bâtiments île IV-olise. Si cotte libéralité ne s'applique pas à la cnllégiale, dont aucune partie ne parait dater de cette époque, le style de la tour de St-Jcan-Bapliste permet au contraire de 1 attribuer aux travau.x facilites par la générosité de Renault.