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CHŒUR DF. BOUCHON

L'église de Bouchon conserve encore un deux travées éclairées latéralement par des large ébrasement est encadré d'un tore. Le ou plusieurs semblables, mais on n y voit meneaux flamboyants.

petit chœur du xiii" siècle comprenant fenêtres en simple lancette et dont le chevet droit devait en posséder une plus qu'une fenêtre du xvi' siècle, a

MOREAUCOURT

Sur les bords de la Nièvre près de l'endroit où elle va se jeter dans la Somme, un enclos ignoré dont les trains qui parcourent la ligne de Doullens a Longpré troublent à peine le silence dissimule sous la verdure des grands arbtes les ruines modestes mais poétiques du prieuré de ^loreaucourt.

De l'ordre bénédictin de Fontevrault, il fut fondé en 1146 par Aléaume, fils

de Guy, châtelain d'Amiens et le pape Alexandre III confirma cette fondation par une bulle de 1177. Nous ne savons quel développement avait pris la vie

monastique dans cette pieuse solitude (i). Si nous en croyons Pagès {2j, la communauté ^ naissante ne fut guère comblée des biens de ce monde, car Enguerran d Eudin passant pn jour près du couvent et y étant entré pour étancher la soif qui le tourmentait ne se vit offrir que de l’eau. Comme il s'en étonnait, les leligieuses lui repondirent que leur pauvreté les empêchait d'avoir d’autre boisson. Le

généreux seigneur promit aussitôt de leur assurer à l'avenir le moyen de faire de

la bière. 11 tint parole en imposant aux Célestins d’Amiens, lorsqu’il leur fit don de sa terre d'Ergnies, une redevance de 60 setiers d’avoine et 2.â livres en argent au profit de Moreaucourt. Parmi les autres redevances curieuses dont jouissait le

monastère il faut citer, outre le droit de pêche depuis Flixecourt jusqu’à l’Etoile sur la petite rivière, une rente d’un millier d’anguilles à prendre sur la nasse du moulin de Long, concédée par Aléaume de Fontaines, seigneur de Long, au commencement du xiii" siècle (3).

Les religieuses résidèrent à Moreaucourt jusqu en i635 ; elles y communiquaient avec Amiens et Abbeville par bateau en descendant la Nièvre jusqu'à la

Somme (4). La position isolée de leur monastère si près de la frontière d’Artois les exposant sans cesse aux injures des gens de guerre, elles durent, lorsque cette année-là le fléau fut de nouveau déchaîné par la rupture de la paix de Vervins. se^ retirer à Amiens, rue des Rabuissons. L’échevinage d’abord, l’évêque ensuite le 5 novembre i636 et enfin le roi le 17 juillet i638 les autorisèrent à s’y installer définitivement. Néanmoins elles laissèrent dans leur prieuré des champs une chapelle et y entretinrent un prêtre pour y célébrer la messe et administrer les sacrements au fermier, au concierge et aux autres domestiques occupés a

1 exploitation du domaine et qui n’appartenaient à aucune paroisse. Elles continuèrent a tirer une bonne partie de leur subsistance des biens qu’elles y possédaient ; elles y avaient à la fin du xvn' siècle un colombier, un troupeau de moutons et de brebis, plusieurs vaches et volailles, un jardin fruitier, un marais

et quelques pâtures pour la nourriture de leurs troupeaux ; du reste les détails

de 1 installation de leur ferme en 172g nous permettront de comprendre toute 1 importance de leur exploitation agricole.

Ils nous sont révélés par un procès-verbal de visite des bâtiments et clôture de la ferme alors occupée par maître François Quignon, fermier, et concordent assez avec la disposition actuelle des lieux pour que nous en constations l’exactitude sur les plans dressés par M. Pinsard. Ceux-ci sont aussi complets que l’état des ruines le permet; leurs lacunes en ce qui concerne les bâtiments destinés à la culture sont comblées par le procès-verbal dont nous venons de parler ; mais, rédigé exclusivement pour régler les rapports du fermier avec les religieuses, il ne donne aucun renseignement sur les bâtiments claustraux qui pourtant nous intéressent le plus.

{1) En 1667 les religieuses tant professes que sœurs laies étaient au nombre de 75, de plus, il fallait y joindre ; touneres, 2 pretres, i garçon et 2 jardiniers (Darsy, Mém. de la Société des Antiquaires de Picardie, Bhirfices Je l Eglise d'Amiens, t. I, p. 132, note 2); mais à cette époque la communauté avait déjà abandonné son séjour champêtre et nous ne connaissons pas le chiffre de ses membres pendant le moyen âge.

(2) Manuscrits Je Pagès, publiés par Douchet, Amiens, Caron, 1856, in-12, t. I. p. 296.

(3) D.irsç, Bénéfices Je 1 Eglise d'Amiens, Mém. de la Société des /Antiquaires de Picardie, t. I, p. 135, note 5 (q) Des travaïuv exécutés par Anthoine Le Blond, écuyer, seigneur de l'Estoille. troublèrent le régime de la

iiviere au point de lui enlever sa navigabilité. Un procc-s s’engagea à ce sujet et c’est une pièce du 16 juin 1636 relative à ce différend qui nous révèle l’ancien état de choses.

L'enceinte du monastère avait son entrée au nord sur le chemin qui mene aujourd'hui de L'Étoile à Saint-Ouen. Après l'avoir franchie, on arrivait au milieu d'une vaste cour dont trois céités étaient entourés en partie de constructions all'ectées aux besoins de la culture (voir le plan p. 363).

A gauche l’une d'entre elles que nous retrouvons encore aujourd hui compienait d'après le procès-verbal de visite, d'abord une petite giange de 29 pieds (gi^qe) de long sur 18 pieds (â^Sq) de large, puis une rangée d'étables de la même largeur sur 72 pieds (23"’3S) de long divisée en quatre parties, fermee de quatre piortes, enfin une remise de 56 pieds (ly^pQ) ’4 (4 M) It't'pC, le

tout correspondant à la lettre N de notre plan général ; sous eette remise on trouvait une porte donnant accès dans le jardin. Il semble résulter du procesverbal de visite que la cour était presque complètement enclose de batiments ; car il mentionne ensuite « la grand porte du côté d'en bas » accostée dune autre petite porte pour l’entrée de la dite cour, et au delà une rangée d etables de 5o pieds (16-04) de long sur 12 (S-’Sg) de large, divisée en quatre, faisant retour vers l'Ouest (suns doute eu O de notre plein.)

Plan a l'écfiélle de 0 01' pour mèlre du tjâhment K du plan ^eneral

Cour

•\ droite de la porte donnant sur le chemin de L’Étoile à Saint-Ouen, on trouvait des granges de 78 pieds (25™33) de long sur 18 (5"'84) de large munies de deux portes dont la principale ouvrait à deux battants (M de notre plan), puis des étables à vaches de 20 pieds Î6"'4g) de long sur 18 pieds (5''’84) de laige arec une seule porte (L de notre plan). Ces deux parties du bâtiment, qui fermaient la cour au nord et dont la seconde avait un axe légèrement incliné sur celui de la première, étaient suivies dans une direction perpendiculaire dune autre séiie de constructions d'un seul tenant (K de notre plan) où Ion rencontrait d abord une écurie garnie d'une auge et d'un râtelier, puis une pièce dont la destination parait avoir été celle d’un fournil, ayant une cave et communiquant avec 1 écurie par une porte. Ensemble elles avaient Sg pieds (i9'"i6) de long toujours sur 18 de large.

Entin venait une maison d'habitation (bâtiment K du plan général, — \ ouïe plan particulier ci-dessus) que ses deux hauts pignons distinguaient des constructions précédentes ; elle avait Sa pieds (i6"’69) de long sur 20 pieds (ô^qg) de large. Composée d'un sous-sol voûté en plein cintre, d un rez-de-chaussée, d.un

PLAN PU PPITEURÉ PE AIOPEAUC OL^PT ^ ^itué a Morcaucourt annexe de J iNoiIc

premier étage et d’un grenier couvert d un toit aigu mis en communication les uns avec les autres par un escalier à ’N'is en chêne renferme dans une tourelle octogonale faisant saillie de moitié au milieu de la façade extérieure (voir ci-dessous) elle était divisée en deux parties; celle vers le nord {n“ / du plan) offrait une pièce assez vaste, munie dune grande cheminée ayant 3 mèties de laige et dont le pied droit occidental était évidé d une niche servant sans doute à déposeï quelques objets d’un usage fréquent. Dans chacun des deux coins au fond de la cheminée s'ouvrait aussi une petite armoire d environ 5o c. de haut fermée pai un vantail de chêne a deux panneaux sculptés de parchemins que nous a^mns encore vus sur place.

Bâtiment d’habitntien de la ferme.

L'autre partie du rez-de-chaussée (n“ 2 du plan), légèrement plus longue, était divisée en deux par une cloison. Peut-être a une époque reculée chacune des deux pièces ainsi obtenues possédait sa cheminée. Celle adossée au pignon était assez curieuse pour que M. Pinsard en ait pris un dessin que nous reproduisons ci-contre. Tout à côté se trouvait un four {d). Les deux parties du rez-de-chaussée possédaient un accès séparé dans la cour et sur i escalier (e).

Au premier étage les cheminées superposées contre les pignons a celles d en bas sont plus petites mais plus élégantes.

Le rez-de-chaussée et le premier étage paraissent avoir communiqué avec des chambres placées dans le bâtiment au nord, (n° 3) mais ce dernier devait être dominé par le pignon du grenier.

Cette maison d'habitation presque intacte encore en 1S93 a subi en peu d'années de telles dégradations qu'elle ne tardera pas a disparaître.

Ideau nécessaire au personnel et aux animaux de la ferme était fournie par un puits couvert en charpente placé dans la cour.

Au milieu de celle-ci s’élèvent le pigeonnier en pierre, et non loin de la le poulailler de 1 1 pieds carrés divisé en deux et terme de 2 portes. A 1 est de la

CO se trouvait e lardin du prieuré, (.) à l'ouest une garenne. Au sud un espace

'à travers "le'"^ instructions agricoles du mur d'enceinte

a lave. lequel une porte cochére (P) accostée d'une petite porte livrait passage

se.vait de passage commun pour entrer d'un côté dans la cour de la ferme autre dans celle du monastère qui se présentait au sud-ouest. Enfin deux oulins un a Me, I autre a huile, complétaient les dépendances extérieures du pneure. Ils étaient reliés à la ferme par le chemin descendant le long m , de I enclos jusqu à la rivière. (2)

CJieimnee contre le pl^i^non Sud du iràÜment K.

A part un corps de logis secondaire et quelques pans de murs appartenant au style gothique de la dernière période, il ne reste rien, hélas ! des batiments claustiaux (batiments A du plan général de la page 363 - Voir leur plan particulier, p. 366).

n ne saurait s en étonner; ils se trouvaient assez exposés aux ravages de la guerre pour que les religieuses aient cru devoir chercher un refuge à Amiens au début du xvii" siècle, d'autre part les abandonnant alors sans esprit de retour non seu ement elles ne les défendirent plus contre les injures du temps, mais encore elles les considérèrent elles-mêmes comme une carrière où elles prenaient les matériaux necessaires à l'édification et à l'entretien de leur nouveau couvent. C'est ainsi qu en 1646 elles obtinrent de la supérieure générale de l'ordre, l'abbesse de

(1) Le procès-verbal de visite dit que sous la remise s’ouvre une porte servant de fermeture pour le jardm, or la remise allant du nord au sud la position du jardin se trouve ainsi fisée

(2) Ln effet le procès-verbal dit, après avoir décrit l’ensemble du bâtiment E et être arrivé au bout des remises: «Item la grand porte du c, lté d’en bas. AcO.é se trouve une autre petite porte pour ï’entl

«^... T ZTZl ^'—ourt non encore classé.^larsy

Fontevrault, l'autorisation de faire diimolir le grand dortoir du prieure pour en prendre » la charpente, couvertures, portes, fenestres et matériaux, et s en servit pour la construction et accomodement de la maison d Amiens. »

Considérant que les religieuses n'avaient - les commodités requises pour en faire achapt et qu'il conviendroit grande somme de deniers à cette lin »,1 abbesse y consentit sur le rapport de frère Canot, profés de l'ordre, et vicaire généra e la province de France qui estima la démolition du grand dortoir « pouvoir estre faite potii' obvier à plus grande ruine d iceluy. »

A la vérité l'abbesse ajoutait « vous faisans inhibitions et dellences de^ ne faire abbattre ni démolir autre chose audit dortoir que ce dont vous aves besoin et enjoignons de conserver le surplus des édifices de nostre dit prieuré de Moreaucotir en bon et deu estât ».

Les intempéries devaient avoir bientôt raison d'édifices ainsi découverts ; ils tombèrent sans doute promptement en ruines, à supposer que d autres déprédations ne les y aient pas aides.

Heureusement le relief que leur amoncellement a produit sur le terrain gai de fidèlement la trace de leur plan général, (?t ses hauteurs différentes révèlent leur importance relative. C'est ainsi qu'un remblai plus élevé accuse remplacement^ de l'église, tandis que le léger bourrelet bordant l'intérieur de levées plus considérables nous dessine parfaitement les murs du cloître (BBl sur la cour interieuie carrée. Le préau du cloître mesurait 20 m. de long sur autant de large et, conformément aux traditions générales de l'architecture monasticiue, c'est autour de ce cloître que les diverses parties du couvent avaient été distribuées. Au nord 1 eglise parfaitement orientée (i) et dont l’abside paraît avoir dépassé légèrement la chapelle D qui subsiste encore de nos jours. Cette dernière y touchait certainement les deux pans du côté gauche sont restés aveugles, à la différence de ceux du cote droit. Il était inutile d'v pratiquer des fenêtres auxquelles la proximité de 1 eglise eût enlevé toute lumière ; d'autre part les arrachements de la maçonnerie confirment les déductions que nous pouvons tirer de ce fait. On ne peut dire si cette petite chapelle faisait partie de 1 église oti formait un oratoire indépendant.

Tout à côté commence le bâtiment ouest dont le rez-de-chaussée seul montre encore quelques pans de murs debout. Tout d'abord une porte (.1) conduisant au jardin et placée en face de l'allée du cloître longeant l'église. Au-delà, une salle voûtée (E) dont les nervures prismatiques retombaient sur deux piliers centraux ; elle se trouvait ainsi divisée dans sa largeur en deux, et dans sa longueur en tiois parties dont chacune était éclairée par une fenêtre garnie de jolis meneaux , il x a cinq ans ils existaient encore à rune d'entre elles. Le plan ordinaire des abbayes nous avertit que c'était sans doute la salle du chapitre ; elle était suivie d'un passage de i m. 20 de large mettant le jardin en communication directe avec le cloître.

La suite des constructions n'a laissé qu'un mur a hauteur d appui qui bientôt tombant au ras du sol ne permet plus d'en reconnaître l'aménagement. Ce corps de logis (F) devait renfermer au premier étage le dortoir. Les constructions principales rex'enant ensuite au midi (G) contenaient probablement le réfectoire, puis celles qui fermaient le carré à l'ouest iHi contenaient peut-être les communs du monastère; en 1729 on y trouvait une grange. Un bâtiment (I) placé en dehors du

fil D'après Pagès la « figure d'Aloauine d'Amiens seigneur de Flessecourt inhumé dans 1 eglise de ce prieuré, y étoit représentée en chevalier vêtu à l'antitiue, sculptée en bas-relief sur une pierre placée sur son tombeau. B Pagès, ïoc. cit., T. I. p. 3SQ.

PICARDIK HISTORIOUK IiT MONUMENTAi

Batiments A du pJan générai

carré des constructions principales s'y appuyait a leur angle sud-ouest. Au point où il venait s’y souder, une jolie tourelle, portée par un encorbellement assis sur les trois murs qui leur étaient communs et au sud sur un contrefort spécialement élevé à cet eliet, se dressait au-dessus et donne a ses ruines un cachet très pittoresque. (Quelle était sa destination Tout ce que 1 on peut dire c'est que le bâtiment ouest y donnait seul accès direct par une porte aujourd hiù murée, mais dont on voit encore sur la photographie I emplacement. Une autre porte percée au r''' étage du mur méridional du monastère et dont les pieds droits restent suspendus aux flancs de la tourelle permettait de passer du cou\ent dans les combles du petit bâtiment beaucoup moins élevé.

Le sol descendait en efïet vers la rivière ; aussi, tandis que le petit batiment, divisé en deux par une porte charretière, n avait au nord qu un sous-sol et un premier étage, il offrait dans sa partie sud un rez-de-chaussée en plus, de sorte que notre plan donne d'un côté la cave et de 1 autre le rez-de-chaussée. Une voûte en plein cintre couvre les sous-sols des deux côtés. Le rez-dechaussée et le premier étage sont peu élevés ; ils sont séparés par des

planchers en charpente portés sur de grosses poutres. De petites fenêtres assez

étroites les éclairaient. A côté de quelques-unes d entre elles on remarque dans ce mur des niches de peu d'élévation munies d une espèce de cuvette. Scraient-ce des lavabos ? Il n'existait de cheminée que dans un seul coin, (i)

Si cette construction était la seule qui déjà au commencement du xviT siècle

survécût au monastère, le procès-verbal de visite de 1729 nous y montre

l'infirmeide. (2) fort bien placée d ailleurs, puisque les malades étaient ainsi isolés du reste de la communauté.

Par la grande porte dont elle était percée on allait du jardin dans la cour du monastère.

Nous avons achevé de le parcourir, et il ne nous reste plus qu a quitter cette oasis complètement abandonnée de nos jours.

BETTENCOURT SAINT-OUEN

Gozk (3) nous signale l'église de.cetie localité comme conservant « des traces remarquables du style roman du xii" siècle » et munie d une corniche en biseau a modillons, de fenêtres en plein cintre, d'un chœur carré accosté d une chapelle castrale. La bâtisse actuelle ne rappelle plus en rien cet édifice disparu ; mais il reste dans le cimetière une croix monumentale, encore intacte, quoique son état en fasse craindre l’elfritement prochain.

Il) Güze ;Ms. Cabinet hisior. d'Artois et de Picardie, X" annee. p. .}()', parle d’une autre tt)ur ronde déjà en ruines e.^istant à l’autre extrémité du bâtiment, sur la rivière. Notre collègue M. Pinsard pense que le bâtiment

passait au-dessus de la rivière, mais nous n'en avons pas la preuve.

i2,: Le procès-verbal de visite porte en effet <c Item l'ancienne infirmerie portant en long by p- et on large 14 non compris les piliers, bâtie de pierre de taill; à double étage en commençant vers le haut où ét<,iit un ancien pressoir présentement A usage d’écurie se trouve fermé d’une part... ensuite une grande porte de chêne à 2 battants servant à l'entrée du jardin... le toit en très bon état pour les couvertures avoir été rabillés

et partie mis â neuf. )i C’est sans doute cette réparation qui nous l'a conservé jusciu'à ces derniers temps.

On l’a laissé tomber complètement depuis quelques années.

(3) .Ms : loc. cit.y p. 2Û8.

Elle se compose d'une croix latine assez' courte, reliée par une espèce de socle, orne de deux crochets latéraux, à un pied quadrangulaire cantonné de quatre colonneltes minces. Le tout repose sur une hase de pilier dont le tore à peine

depnme et les larges pattes qui le relient à un gros socle carré paraissent annoncer un travail du xii' siècle. ^liuuucci

La croix a 2 m. 08 c. de hauteur audessus de cette base qui en mesure elle-

même O m. 44 c. avec son socle.

Les faces du noyau central du pied sont creusees de manière a présenter un angle obtus rentrant, garni sur toute sa hauteur d'un chapelet de petites fleurettes ou étoiles à quatre feuilles aigues, terminé à sa partie supérieure par une

petite tête humaine grossièrement sculptée

et portant une couronne dont trois feuilles de trèfle forment les fleurons. Cette petite tête est abritée par la moulure creuse d’un tailloir commun au fût du pilier et aux quatre petites colonnes qui en ornent les coins. Ce tailloir est fort mince et produit le même effet de maigreur que les colonnes. La base de ces dernières comprend une gorge assez peu profonde entre deux baguettes sans épaisseur. Un ornement légèrement pyramidal, posé sur I abaque du pied, le relie à la croix ellemême. De ses faces latérales se détache une saillie en forme d'anse qui donne plus d’ampleur à tout l’ensemble.

Chacun des bras de la croix est creusé non seulement sur ses faces, mais encore sut sa tranche, comme le noyau du pied et décoré des mêmes fleurettes. Les arêtes de ses bras sont garnies d’une baguette, et leurs extrémités aboutissent à un plateau débordant, grâce auquel la croix semble pattée. Bien que les étoiles qui décorent la croix et le pilier soient semblables à celles que 1 on retrouve au portail d Hangest-en-Santerre, daté de 1160

Croix de Bettencourt.

nettement romane et la maigreur à une période présente certai-

U 1170 par M. Enlart (i), le dessin très franc de cette croix latine, rompar avec a gure conventionnelle des croix monumentales de l’époque notammem de celle de Fresnoy-lès-Roye décrite par le même auteur, de ses colonnettes et de ses moulures nous font hésiter cà l’attribuer aussi reculee, d'autant plus que la base à laquelle on l’a superposée

(1} Monuments religieux de V architecture romane et de transition dans de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens, 1895.

la région picarde, p. 129, Mém. in-f°

nement l’ampleur et l'élégance du style roman dans sa pleine efflorescence, ^ et qu'elle n'a pu être affectée à sa destination actuelle qu'après la disparition au moins partielle de l'édifice auquel elle appartenait.

Quoi qu'il en soit, il faut espérer que des soins intelligents nous conserveront ce spécimen intéressant d'un genre de monuments aujourd hui fort rares dans nos contrées.

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