HAN OEST - SUR - SOMM E
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renflement de la tige dit pied. Comme lentablement de l'autel il présente les monogrammes I. H. S. sur l'une des faces du pupitre, et sur l'autre, M.'
Enfin, dans la chapelle qui tient lieu de bras sud au transept, un confessionnal,^ également en chêne et d'un style un peu solennel mérite un instant d’attention. Un acte de vandalisme l'a privé de la porte qui en fermait la partie centrale ; elle a été vendue 5oo fr. il y a 40 ans, à un amateur pour la décoration de sa salle à manger.
Confessionnal d’Hangest-sur-Sorame.
Ce beau meuble est l'un des deux confessionnaux que les registres de la fabrique nous disent avoir été faits en 1762 par Robert de Sailli, maître-menuisier à Amiens, pour le prix de 27S livres ; il prouve que les artistes de notre ville n'avaient point dégénéré depuis le moyen âge où les huchiers y montraient tant de savoir-faire et de goût.
La serrurerie picarde ne le cédait d'ailleurs en rien à la menuiserie ; on pouvait s'en convaincre en admirant il y a quelques années encore, dans l'église d'Hangest une crèche en îil de fer de 1734 qui provenait de la paroisse Saint- Pierre. Comment a-t-elle disparu à son tour ? ün ne l'a plus revue depuis l’exposition universelle de 1889.
Avant de quitter notre édifice, examinons les fonts baptismaux en pierre, placés à l'extrémité du bas-côté droit et dont la forme est aussi gracieuse qu’originale. Une coupe octogone, ornée sur chacune de ses faces d'une tête de lion et sur chacun de ses angles d'une feuille d'acanthe, y est portée par un pied unique, également octogonal, posé sur une marche de même plan. Des dauphins, la tète en bas, relient, dans un mouvement plein de souplesse, le dessous de chaque pan de la cuve à l'emmarchement et déguisent la nudité du pied central.
L'église d'Hangest, placée sous le vocable de sainte Marguerite, ne possédait aucune relique de sa sainte patronne, avant le xvm® siècle. Le 14 janvier 1746, l'évèque lui en accorda une parcelle à distraire de la châsse de Saint-Léger-lès- Flixecourt, et la translation faite le 14 mars 1746, donna naissance à une cérémonie commémorative qui se faisait chaque année, le second dimanche après Pâques (i). (i) Archives de la Fabrique.
FOURDRINOY
A petite eglise de Foiirdrmoy semble appartenir en grande partie au style U XIII siecle. La nef de quatre travées, non voûtée, est séparée de collatéraux très t’as par de gros piliers ronds comme ceux que nous rencontrons dans quelques autres édifices de nos campagnes remontant à cette époque : Guerbigny, l'église démolie maintenant d'Ailly-sur-Noye. Ces piliers ont avec ceux de la nef encore romane de Lucheux une certaine ressemblance qui permet de les attribuer au début de la période gothique. La corbeille de leurs chapiteaux, basse et massive aux feuilles épaisses dont la pointe affleure les angles du tailloir, rappelle jusqu’à un certain point ceux du monument que nous venons de citer. Le crochet qui termine les feuilles intermédiaires, l'aplatissement du tore formant la hase des colonnes au-dessus d'tin^ socle carré, et la légère brisure des grandes arcades nous avertissent cependant ici que l'évolution de l'architecture s’est poursuivie depuis la construction de Lucheux.
Une simple arcade en tiers point, rétrécissant la nef, s'ouvre en dehors de l axe de celle-ci .sur un chœur carré de deux travées, car nous ne saurions considérer comme faisant partie du transept, ajouté vraisemblablement au xvi' siècle la première de ces travées, pareille en tout à la dernière. La voûte identique qui 'les couvre, voûte sur ogives, composées d'un tore en amande, bordé de chaque côté d une gorge et garni d'une légère baguette sur son arête, n'est divisée entre les deux travees que par un doubleau de même profil que les ogives adjacentes et dont les extrémités retombent avec elles sur les chapiteaux uniformes d'un groupe
de colonneites semblables. De plus, une fenêtre pareille à celle qui éclaire la dernière travée est restée en partie visible dans le mur de la première, au-dessus de l'arc que l’on v a ouvert au xvi" siècle pour la mettre en communication avec le bras nord. On n'a même pas jugé nécessaire de remplir l'ébrasement de la fenêtre supp^rimée au-dessus des claveaux composant le nouvel arc. Ces indices nous révèlent donc le plan originaire, et l’opinion que nous avons émise relativement à son âge se trouve encore confirmée par la disposition et la forme des colonnes du chœur ; elles éveillent en effet le souvenir de celles existant dans le chœur de Forest-l'Abbaye, daté par M. Fnlart de la lin de la période romane (i).
A droite du chœur s'élève un clocher présentant dans sa hauteur, de même que les contreforts très saillants sur lesquels il s'ap>puie, quatre retraites accusées par des larmiers. Les fenêtres, semblables à celles du chœur, qui versent le jour dans le rez-de-chaussée de la tour, prouvent que celle-ci existait dès le xiii® siècle. Le xvi“ siècle en a seulement modifié la voûte et 1 ornementation.
l'n alfreux lambris cache malheureusement toute la partie inférieure du chœur et les gracieuses colonnettcs qui donnaient à ce petit monument le cachet d'éléganic simplicité imprimé par les constructeurs de la bonne époque gothique aux moindres de leurs œuvres. Leur rareté dans notre département, les rend précieuses, il faut donc esp'érer qu'une initiative intelligente enlèvera bientôt l'odieuse boiserie qui dérobe celle-ci à nos regards.
L'église de Fourdrinoy est placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste et le titulaire de la cure était autrefois à la présentation du chapitre de la collégiale Saint-Martin de Picquigny (2).
(r; Monuweuts rcîigifux de l'architecture romane et de transition dans la Bègion Picarde, par C. Enlart. Mltii. in-f", (le l:i Société des Antiquaires de Picardie, i8g5, p. 125.
i2i Darsy. Bénéfices de l'église d'Amiens. (Mémoires de la Suciété des Antiijuaires de Picardie, T. I., p. 416.)