PORTE MONUMENTALE
De 1 ancien chef-lieu de la seigneurie de Saisseval, seule l’entrée principale a été conservée.
Cette ruine n’exige pas une longue description, mais elle mérite pourtant d’être signalée grâce à ses belles proportions et à son imposante simplicité.
(i) Ces détails ont été rétablis par les Diithoit.
(2J Du nom d’un domaine de son second mari.
^3) V. une notice du docteur üoze sur l’éplise de Riencourt, dans le Mànorial cf Amiens du 27 avril 186^.
(41 V. le P. Dairc: Histoire du Doyenné de Picquigny publié J. Garnier, et le Fouillé de.^ Antiquaires.
C'est une construction de pierres, agrémentée de quelques détails en briques La porte est formée par une vaste baie cintrée, bordée d’un tore. Plus haut, un larmier d'un beau profil s'arrondit en archivolte à retours horizontaux peu saillants. Un écusson fruste est placé sous cette moulure, au sommet de la baie. Plus haut encore s'élève une rangée de sept créneaux terminés en bahuts.
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Saisseval. — Porte monumentale.
Une poterne en tiers-point s‘ouvre près de la porte principale. Cette entrée secondaire possède les mêmes éléments décoratifs que sa voisine. Quatre créneaux seulement lui servent de couronnement. A droite et à gauche de cet ensemble s'étendent des murs de clôture sans caractère.
L'œuvre dont on vient de lire la description sommaire paraît dater du milieu du xvi' siècle. Il faut y reconnaître moins un spécimen de l'architecture militaire à cette époque, qu'une simple construction rurale où les éléments guerriers ont été employés dans un but purement décoratif par un architecte de talent et de goût.
Lorsque le père Daire écrivit l'hisloirc du doyenné de Picquigny, jamais la seigneurie de Saisseval n’avait été vendue, mais après avoir appartenu à une famille qui
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On conserve dans les dépendances du château de 7'ailly une remarquable pieiie tombale actuellement lixée contre une muraille.
0) En >504, Saissevnl appartient à un de Croy (V. de .Roeny). Le célèbre seigneur de Saissevtd. fun des héros du ,s.ege de l éronne en .536, était de la ntalsun de Scnieuurt, qui blasonnait : . d'argent à la fasce de gueules. . C est dune une eiieur que d'avoir reproduit sur la reconstitution de la bannière cominémorative du siège de féronne es armes de hi famille patronymique de Saisseval 1 d'azur à deux bars adossés d'argent, quelquefois accompagnés comme brisures, dune etoile d'or en chef et de deux roses d'argent en flancs. (Communication de .\I. le coratï de l.ouvencourt, de la Société des Antiquaires de Picardie).
C'est une dalle rectangulaire en calcaire grisâtre, qui mesure i m. -jo c. de largeur sur une hauteur double. Klle est entièrement gravée au trait. On y distingue deux personnages, François de Riencourt et sa femme, Marie de Saint-Arnoult. Ces époux semblent tourner légèrement la tète 1 un vers l'autre. Leurs visages et leurs mains jointes qui ont disparu étaient ligurés au moyen d incrustations, vraisemblablement en marbre blanc (i).
François de Riencourt porte de longs cheveux. 11 est vêtu de son armure recouverte d'une cotte d’armes sur laquelle apparaissaient jadis trois écussons de marbre, un sur chaque épaule et le dernier, plus grand, sur la poitrine. Un gantelet est placé à côté du chevalier, son épée pend à sa ceinture et son casque est déposé à ses pieds qui s’appuient sur un lévrier, représenté naguère par une incrustation de marbre.
Marie de Saint-Arnoult a sur la tète une simple coiffe. File est revêtue d'une guimpe et d'une longue robe à larges manches garnies de fourrures. A sa ceinture pend un chapelet terminé par une croix. Une levrette de ntarbre était couchée sous ses pieds.
Derrière ces époux s'étend un fond parsemé d’étoiles et le tout est entouré d'un très riche encadrement qui imite une broderie, telle qu’on les faisait à l'époque de la Renaissance (2). Les montants de ce cadre sont ornés des deux côtés, par une colonne simulée, dans laquelle auraient été sculptées trois niches d'une conception fort décorative. Files sont superposées et abritent trois saints personnages difficiles à déterminer. La représentation d'un entablement s'étend au-dessus, et sur son faîte semblent se dresser trois pavillons. Celui du centre est le plus important. Sous ses arcades, il abrite latéralement deux ligures de Bienheureux et au milieu celle du Christ selon toute vraisemblance. Un dôme formé par de gracieux rinceaux sur lesquels ont pris place de petits anges musiciens, couronne cet édicule. Ceux qui l’accompagnent, à droite et à gauche, sont plus petits et abritent chacun deux personnages seulement sous leurs arcatures (3). Ils sont aussi surmontés de somptueux ornements, pendant que l’intervalle qui les sépare du pavillon central est occupé par une tige fleurie et garnie d’une capricieuse végétation.
.\ux angles de la dalle se trouvaient autrefois quatre écussons en marbre, et cette inscription gothique se lit encore sur trois de ses côtés :
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Nous ajouterons en terminant que ma^ré les soins dont elle est entourée, intempéries et la mousse, commencent a ronger cette muvre remarquable vieux « iombiers » de notre pays.
R. DE GUYFNCOURT
fl'; On ne voit plus t[ue les creux où ces inscrustatiuns étaient encastrées.
t'i Oïl Voit souvent sur les orfrois des ornements sacerdotaux du xvi' siècle, des figures de saints rejirésentées sous des arcatures absolument semblables.
ij) Le nombre total de tous ces petits personnages, placés soit sur les montants du cadre, soit sous les édicules du faite, est de treize. Nous croyons y reconnaitre le Christ et les douze apùtres.
41 François de R. était fils puinê de Raoul, seigneur d'Orival, Bergicourt. Le Quesnel lil s'agit du Quesnel en Santerre’, Lincct etc. et de Jeanne d’Orgeau. Quant à Marie de Saint-Arnoul (alias, Saint-Ernouiti, elle était la fille de Charles et de Jeanne de Saint-Reniv. Elle se remaria avant le lo décembre 15.16 avec Nicolas de Wault, chevalier, seigneur de Monchaulx, capitaine d’Auxonne pour le Roi. (Communication de M. le comte de Louvencourl,.