L’ÉGLISI-: ET LE CHATEAU
Senaepont, canton d'Oisemont, est aujourd'hui un charmant petit bourg de 5 à 600 habitants, construit en amphithéâtre sur le coteau qui sépare la Bresle du Liger
10 Mannit-r ; I-es Commanderies du Prieun- Je France.
(2) Darsy ; Pcnt'fices de l'éi^lise d'.Xmicns. II, 73.
(3) Ernest Prarond ; La TopugrapUic historique et arcliéologique d'Abbeville. Abbeville i38p T. III, p. 90.
qui y confondent leurs eaux à peu de distance. La nature semble s'ctre montrée prodigue envers ce petit pays a dit l'un de ses historiens (i): « Rien de plus pitto- « resque que cette épaisse lorèt, ces riants coteaux et ces rives sinueuses de la Bresle « qui se divisant en mille et mille petits ruisseaux, semble quitter à regret ces « \'erdoyantes prairies qu'elle arrose et qu'elle fertilise de ses eaux. »
Comme pour beaucoup de localités, l'origine de Senarpont est incertaine pour ne pas dire inconnue. Dom Crenier, dans son introduction à l'histoire générale de I^icardie, désigne son territoire comme traversé par une voie romaine qui conduisait de Beauvais a la mer. Mais de l'existence de cette voie et de quelques antiquités trouN'ées dans la localité, faut-il conclure qu'à l'époque romaine ou galhvromaine elle était déjà un centre de population ? C'est dans la vie de saint Cermain i'iécossais, martyrisé près du village qui porte aujourd'hui son nom, qu'il est pour la première lois lait mention, comme nous l'avons dit plus haut, dans la injtlce consacrée à 1 église de Saint-Germain-sur-Rresle, de Senarpont et du prince Senard, d'où serait ^•enue sa dénomination.
Qu était ce prince Senard ? Sans doute, comme l'ont pensé MM. Lefevre et I.edieu, le riche propriétaire de 1 une de ces métairies alors occupées par les principaux de la nation, espèce d habitation seigneuriale où résidait le maître et autour de laquelle venaient se grouper les demeures des colons ou des esclaves attachés à son exploitation.
Que devint la villa du prince Senard et de ses héritiers ? on l'ignore. L'abbave de Fontenelle, au viib siècle, comptait Senarpont au nombre de ses domaines et le céda a titre de précaii'e^ à un comte, nommé Ratharius, mais au xu'" siècle les noms de ses possesseurs nous sont mieux connus. Cbétaient les seigneurs de Cayeux-sur-Mer, dont les blasons partis d'or et d'a/.ur à la croix ancrée de gueules brochant sur le tout, figurent avec honneur dans les salles des Croisades du Musée de \'crsailles.
Les seigneurs de Senarpont, de la famille de Cayeux, furent successivement : Robert, Lustache, Waltier, Guillaume L% Guillaume II, Guillaume III, Guillaume I\', Guillaume \ , Jean L'' et Jean II. A la mort de ce dernier, dans le cours du xv" siècle, la seigneurie lut démembrée. Quatre quints furent le partage de Catherine de Cayeux, fille de Jean I", épouse de Guillaume Martel. Le cinquième quint échut à Mathieu de Cayeux, son frère. Ces deux seigneuries ne furent réunies que plusieurs années ensuite en i5oo, en la personne de Jean de Monchy, seigneur du quint de Senarpont par son mariage avec Marguerite d'Abbeville, alors propriétaire des quatre autres quints.
Jean de Monchy lut une des grandes figures historiques de son temps. Chevalier, seigneur de Senarpont, baron de Visme, chevalier de l'ordre du roi, capitaine de Corbie, puis de Boulogne et capitaine de cinquante hommes d'armes, lieutenant général de Picardie, il joua un très grand rôle dans les guerres de l'époque et surtout dans la reprise de Calais par le duc de Guise, en i55S. Pendant qu'il était gouverneur de Boulogne il s'y était plusieurs fois introduit sous un déguisement, avait reconnu le mauvais état de la place et la faiblesse de sa garnison et en avait fait part au connétable de Montmorency. La défaite de Saint-Quentin avait interrompu momen-
(i) Senarpont et ses sei.çneiirs, par l’abbé Théüdose Lefevre. Amiens 1876, notice honorée d’une mention très honorable par la Société des .Vntiquaircs de Picardie, au concours d'histoire, en 1873.
Dans (I la X'allée du Liger et ses environs », ouvrage qui, en 1883, a obtenu de la même société le pri-K Lcprince. M. Aldus I.edieu, conservateur de la bibliothèque coranuinalo d'Abbeville, a consacré une nouvelle notice à Senarpont, imprimée dans le tome X\’I des Mémoires de la Société d'Emulation d’Abbeville. Nous nous sommes amplement servi des documents indiqués par ces deu.x auteurs pour la rédaction de cette monographie.
tanémcnt le projet d'arracher cctlc place à rAnitleterre. Mais lorsque le duc de Guise parut devant ses murailles, Scnarponi se signala à l'attaque du Kisbun, en faisant exécuter des travaux considérables pc^ur ouvrir un canal de communication avec la mer pour assécher les fossés de la ville, en inventant des claies enduites de poix pour permettre aux soldats de se tenir à pieds secs dans ces terrains langeux et en imaginant des gabions ou fascines pour protéger les assiégeants. Henri II récompensa scs services par le don de la maison du controleur de la ville conquise et de terres près de Nieullay, par des lettres datées de Calais de i5S8, vérifiées en Parlement, le lo avril suivant.
Fait prisonnier à la bataille de (Gravelines avec le Maréchal de Thermes, il abjurait à Dieppe où il se trouvait en i 559, entre les mains du célèbre prédicant écossais, Jean Knox, la religion catholique pour embrasser les doctrines de la réforme. A sa mise en liberté, il reçut du roi François II les provisions de lieutenant général au pays de Picardie, dont il vint prendre possession au mois de mai i559, reçut a son hôtel des Marconnclles. le corps de ville d'Amiens qui lui ollrit les présents d'usage, de vins et d'hypocras et ne tarda pas à vouloir livrer la province au roi de Navarre et au' prince de Coudé, chefs dit parti rélormé. Compromis, à la suite du complot avorté, il fut mandé auprès du roi sous le prétexte d'en recevoir de nouvelles instructions et placé sous les ordres du Maréchal de Brissac. Mais bientôt, pour’\'u du collier de l'ordre de Saint-Michel, il revint en Picardie comme lieutenant du prince de Condé, qui avait enlin obtenu le gouvernement de cette province. Senarpont n’eut jamais avec la population amiénoise et son échevinage, foncièrement catholique, que des rapports diltlciies et tellement tendus que la reine, Catherine de Médicis, dut écrire à l'cvèque d’Amiens, le cardinal Antoine de Crequi. pour 1 inviter à s'interposer entre les partis, médiation restée inefficace, et que Charles IX lui*mcme dut enjoindre au corps de ville, sous peine de lui déplaire et d'encourir son indignation, de recevoir dans leurs murs le seigneur de Senarpont en la compagnie qu'il y voudrait mener et de lui obéir en tout ce qu'il leur commanderait pour l'exécution de l'édit de pacification d'Amboise.
Fa seigneurie de Senarpont, après lui, fut successivement possédée par l'un de ses fils, Antoine de Monchy, seigneur de Senarpont et de Longueval. baron de \ isme, gentilhomme de la maison du roi, chevalier de son ordre, gouverneur de Boulogne, mort en i586, Gédéon de Monchy, 1617, Anne de Monchy, décédé le 9 mars i()52, inhumé dans le chœur de l’église de Senarpont, André de Monchy, inhumé comme son père dans la meme église, Charles de Monchy, page de la petite écurie du roi. puis capitaine de dragons, Nicolas de Monchy, capitaine de cavalerie au régiment de Melun, maréchal de camp en içJS, par son mariage, le 9 mars 1710, avec sa cousine Marie- Madelcinc-Josèphe de Monchy, lille et unique héritière du précédent. Andréc-Armande de Monchy leur fille, chanoinesse de Maubeuge, mariée à Philippe-Charles-Joseph, comte de Pjcrghes, prince de Hache qui, n’ayant point eu d'enlanis, laissa Senarpont à sa sœur Marie-Madeleine-Amicic, mariée le r’’ décembre 1743 à Maximilien- Guillaume-Adolphe, prince de N'assau-Siegen et d'Orange. De cette union naquit (diarles-Henri-NicoIas-Olhon de Nassau-Siégen, né à Paris en 1745 et qui mérite une place toute spéciale dans la galerie des originaux du xviif siècle. Fc prince de Nassau, dit dans scs Souvenirs, le duc de Févis, « connu de toute l’iéuropc par (I ses courses et ses exploits, avait commencé par faire le tour du monde. I! était « grand et bien fait, mais sa physionomie était peu expressive et son esprit ne la « démentait pas. Dès qu'on tirait du canon quelque part, il accourait au bruit, (fest « ainsi qu'on le vit successivement combattre à Gibraltar sur les batteries lloltantes,
<f attaquer le Capitan Pacha au fond de la Mer Noire et enfin le roi de Suède dans « le golfe de Finlande. Il était partout, mais scs talents étaient aussi médiocres que « son intrépidité était grande. Ses voyages militaires si prompts et si rapides ressem- « blaient assez aux courses des paladins et quand il arrivait de quelques cinq cents « lieux, on s'attendait à voir un chevalier de la Table Ronde; il paraissait, adieu le <' roman ; sa présence désenchantait, point de brillant, pas même de vivacité ; son « abord était troid, ses manières communes et sa conversation plate. Arrangez tout « cela. iM. de Nassau avait la plupart des qualités qui composent le héros, leur « caractère entreprenant, l'activité, l'amour de la gloire et un souverain mépris pour « la vie. II a recherché les occasions de se signaler, les occasions ne lui ont pas « manqué et cependant il n'a laissé que la réputation d'un aventurier et pendant sa « vie il eut plus de célébrité que de considération «. Ce portrait paraît plus véridique que celui plus datteur qu'ont tracés du môme personnage, les lettres du prince de Ligne au camp d'Oczakow, en Crimée.
Des excentricités de ce paladin, celle-ci trouve ici sa place. Voulant donner un jour à ses convives le spectacle d'un siège, il fit démolir son château de Senarpont à coups de canon. A la première grille d'entrée du chateau on voyait encore deux canons placés en guise de heurtoir dont l'un d'eux crevé près de la bouche. Ils auraient servi, paraît-il, à ce singulier divertissement.
Le prince de Nassau vendit Senarpont en lySS, à Alexandre-Marie-Léon, comte Dary d'Iirnemont, chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel au régiment de Foix. Son fils, Pierre-Alexandre, comte Darv, marquis de Senarpont, revenu d’émigration vint se fixer dans la commune et y remplit même les fonctions de maire, de i8i3 a iSiS. Le château de Senarpont appartient encore à cette famille.
D après Dom (irenier la seigneurie de Senarpont était tenue en licf noble du comte de Ponthieu à cause du château d'Arguel. Le chateau primitif de Senarpont qui avait eu beaucoup à soutfrir des maux de la guerre de cent ans. Unit enlin par être démoli et c'est au xv*' siècle que le dernier château fut construit par lédmond F'' de Monchy, comme l'indique le préambule d'une ordonnance royale de Louis XI, du mois d'octobre iqôS, portant établissement de deux foires franches à Senarpont (i) sur la requête présentée par ce seigneur.
Bâti sur une colline avoisinant la Bresle, le château de Senarpont devint la proie des dammes dans les derniers jours du mois de décembre i88q.
Suivant le description de M. Alcius Ledieu en iS83, il dominait le village et offrait encore, malgré l'excentricité du prince de Nassau, un aspect assez imposant. Il se composait d un corps de logis à un seul étage surmonté d'un toit en batière. (Construit en pierres, des murailles épaisses, de larges fossés remplis d'eau, l'entouraient autrefois et un pont-levis donnait accès à la porte principale, défendue par une lourde grille en fer. Des quatre tours qui le danquaient, il n'en restait plus qu'une en briques, au sud, pourvue de mâchicoulis saillants au sommet du premier étage qui formait retrait sur la partie inférieure, et coiffée d'un toit conique. Très élevées, dépassant les combles du corps de logis, deux petites tourelles en encorbellement, pourvues de Irises en pierres sculptées, se dressaient de chaque coté de la porte principale. Quand on avait passé sur un pont en pierre, remplaçant l'ancien pont-levis sur les fossés à sec et tranchi la voûte de cette porte on arrivait dans la cour intérieure où il était facile de voir ce que lui avait enlevé la fantaisie de Al. de Nassau. La grosse tour et la façade,
(i) ... Pour ce que la forteresse dudit lieu a esté à cause des guerres et divisions abattue et démolie, ledit suppliant y ait fait reddyfier et construire une petite place forte tant pour sa seureté que pour la seureté des habitants dudit lieu.
suivant M. de Bclleval, n'étaient pas l'œuvre d'Bdmond de Monchy, mais auraient été reconstruites en i53i et 1 563 par Jean III de Monchy, dont l écusson était gravé au-dessus de la porte.
Skn.vrpont. — T.c CliàCeau avant l'incendie de 1889.
Au xvui® siècle les fiefs de Raimecourt, Marcst, Redcric de Mesnilct, Jourdain à Senarpont, les terres et seigneuries de Neslette, du Mesnil Eudin, partie de Saint- Léger cntr'autres, relevaient encore de la seigneurie de Senarpont.
L’église de Senarpont est l'ancienne église du prieuré de Saint-Denis, qui devait son origine à une colonie de religieux bénédictins de Saint Lucien de Beauvais qu y avait envoyé l'abbé Gérold (iioo-iieS) pour y cultiver les terres qu'elle possédait dans cette contrée. Le prieuré, qui possédait droit de haute, moyenne et basse justice, était à la collation de fabbé de Saint-Lucien et présentait aux cures de Senarpont et du Mesnil. Kn 1 1 aq Thierry, évêque d'Amiens, conlirma à cette abbaye les biens qu'elle possédait dans son diocèse, cntr'autres l'église de Senarpont et toutes ses dépendances, 20 journaux de terre, don de Robert de Cayeux, ainsi que tous les droits qu'il avait abandonné avec sa mère sur le travers le marché et les transactions de toute espèce qu'il percevait dans le château de Senarpont, la sixième féerie après la Pentecôte (i) ; un muid de froment sur le moulin de Chaisney, cent anguilles et tout le forestage de ses hôtes, don d'Lustache de Caïeu, donations ratifiées en i363 par (juillaume de Cayeux. Les seigneurs du Mesnil et de Bernapré figuraient aussi au nombre des bienfaiteurs du prieuré.
L'église de Senarpont sous le vocable de Saint-Denis, construite vers la fin du xv" siècle, en forme de croix latine, est de belle proportion. Comptant 42 mètres de long et large de dix mètres. Une litre funéraire se voit encore sur le pourtour
(t) r.e vendredi aprè.s La Pentecôte était la fête de Saint Wulgan. A cette occasion les seigneurs permettaient aux religieux de prendre tout le bois nécessaire pour la feuillée saint Wiilçan bien souffisament ; ils leur abandonnoient également le travers de toute cose qui passent parmi ladite ville de Senarpont, le jeudi après la Pentecouste puis soleil cscou.ssan duquel à lendemain stileil escoussan. L’alibé Lefevre, ihui, p. 42. Ce saint, dont la mémoire est aujourd'hui bien oubliée, sinon totalement effacée dans le pays, aurait été Anglais de naissance, et évêque de Douvres.
extérieur. Deux portails fort endommagés donnent accès dans l’intérieur, Tun à 1 ouest, 1 autre au sud ; deux autres portes à arc surbaissé ont été pratiquées dans les bras du transept. La voûte de la net est en bois style xv'’ siècle, avec des tetes de saints aux extrémités des poutres. La voûte du chœur au contraire, plus élevée, éclairée par sept fenêtres, dont trois ont conservé quelques restes d'anciens vitraux maladroitement restaurés il y a quelques années, offre des nervures prismatiques et aux clefs de \'oûte des pendentils d()nt quelques-uns à leur extrémité sont décorés decussons. Le chœur, comme le fait remarquer M. Aldus Ledieii, doit être de quelques années postérieures à la construction de la nef, car dans le mur de droite de cette net on remarque une espèce de piscine qui semble indiquer que le maîtreautel était en face et que l'église devait alors s'arrêter à-cet endroit. Une grille de fer sépare le chœur du transept éclairé par deux fenêtres.
Les trois cloches que possède actuellement l'église Saint-Denis et qui ont eu pour parrains et marraines 1“ AL François Langlois d’Kscalles et Zélie-Joséphine de Querecques. 2” Joseph-Louis de Querecques et Caroline-Valentine de Querecques. 3" Alexandre-Pierre Dary de Senarpont et Marie-Françoise de Fautereau, sont placées dans la grosse tour quadrangulaire en pierres qui se trouve à la tête de la nef. Files remplacent 1 ancienne cloche dont le son s’entendait, dit-on, des monts de Gaubert, près Abbeville, distants, à vol d'oiseau, de plus de 20 kilomètres et qui fut brisée en 1793, car on n avait pu la descendre du clocher. Suivant une tradition locale, cette cloche n aurait été rien moins que le gros bourdon du beffroi de Calais, rapporté par Jean de Monchy. Ses débris refondus dans l'église même en 1807, formèrent la matière des cloches actuelles.
Les statues et les tableaux qui décorent l'église ne méritent pas de mention spéciale sauf deux toiles, Une Vierge, copie de Murillo, donné en 1S43 par le roi Louis- Philippe, 1 autre une Assomption, copie de Van Loo, œuvre et don du marquis de Senarpont, auquel l'auteur a ajouté un paysage de fantaisie où se voit le pigeonnier du chateau et 1 église couverte en tuiles, mais deux objets plus intéressants y appellent les regards de 1 archéologue. Les fonts baptismaux et une pierre tombale. Ces fonts du xif siècle sont en forme de cuve comme ceux qui servaient aux baptêmes par immersion et se composent d'un monolithe ovale, ayant beaucoup de ressemblance avec les fonts de Guibermesnil et d'inval. (i) La tombe en pierres du xv® siècle sur le côté gauche de la nef représente un chevalier sculpté en demi-relief, couché, la tête nue et appuyée sur un coussin, armé de toute pièce, brassards, cuissards, genouillères, gambières et souliers, l'épée au fourreau au côté gauche, les mains nues jointes; la jaquette qui recouvre sa cotte de mailles est semée de maillets et de quintefeuilles et porte au bas de la poitrine un écusson à la croix ancrée. Divers écussons ornent la bordure de l'encadrement de cette tombe. Nulle épitaphe n'indique quel est le personnage auquel elle est consacrée et les auteurs que nous avons cités ne sont pas d'accord sur bindivitlualité qu'elle représente. Dans sa Noblesse et chevalerie du comte de Flandre, d'Artois et de Picardie (2). P. Roger signale ce monument 1 attribuant à un Monchy-Senarpont, sans préciser lequel. L'abbé Lefevre, adopte cette opinion. Le baron de Galonné (3) l'attribue à Edmond F'' de Monchy, ce que n'admet pas l'abbe Lefevre se fondant sur ce que dans son testament ce seigneur avait demandé à être inhumé dans la chapelle des religieux de Séry, à côté de son oncle, Mathieu de Gayeux. Enfin M. Ledieu y voit PMmond II, se basant sur les
(1) Alcius Ledieu. La Vallée du Liger, p. 333.
(2) Noble.sse et chevalerie du comté de Flandre, d’-\rtois et de Picardie, p. 19“ ; Amiens i8.}3.
(3) Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, XII, 369-^').
écussons qui se trouvent dans l'encadrement et qui sont à droite au-dessus de sa tête, de gueules à trois maillets d'or qui est Monchy, à gauche de gueules à trois quintefeuilles d'or au chef d'argent qui est Montcavrel, armoiries de ses père et mère. Les autres écussons de droite sont ceux de Cayeux, d'Ailiy et de Planque, ses aïeules et bisaïeules dans la ligne paternelle, à gauche de Prcure, de Brimeu et de Ghistelles ses aïeules et bisaïeules dans la ligne maternelle ( i).
Quoiqu'il en soit de ces divergences, la tombe de Senarpont n en demeure pas moins un monument très curieux pour rhi>toire de l'art et du costume militaire au commencement du xvp siècle.
A. JANVILR.
(i) Le Cabinet histurujue de l'Artois et de la Picardie, I, 325.
Eglisk de Se.nari’ont. — Tombeau d'Edmond de Monchy.
CANTON DE CORBIE
XOTICKS PAR Hector JOSSE
. l/t/ifN/r f/f ('iifliii'. Kn/ri'f .