‹ La Picardie historique et monumentaleChapitre 95 sur 109 · J ra · texte numérisé non relu

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de leurs huit cloches, dont la plus grosse pesait quatre mille cinq cents livres (i). Le massif, qui existe encore, parait très imposant à distance, malgré les incohérences de st}-le et les stigmates de décadence que chaque pas y fait découvrir, lorsqu on s'en rapproche.

II est formé à la base de trois porches encadres entre quatre piliers. Ces porches sont dépour^'Us d'intérêt. Les dessins de leurs voussures et de leurs archivoltes, tous empruntés à la décoration usitée au xvui' siècle, accusent un ciseau fort habile assurément, mais sont dénués de toute inspiration artistique. Ils oÜVent un contraste regrettable avec les richesses sculpturales que Ton rencontre habituellement à cette place, dans les édiliccs gothiques, et que le visiteur peut encore admirer, tout prés de là. au portail de l'église de Saint-Lticnne.

Aussi, le regard les délaisse bien vite pour se reporter plus haut, sur la belle rosace et les larges lenctres qui décorent 1 étage suivant, de leurs meneaux llamboyants capricieusement entrelacés.

Au-dessus, le plein du mur, derrière lequel se dissimule la toiture de la nef, n'est orné que d'une série d'arcatures aveugles, à ogives en accolades trifoliées.

Puis, les tours complètement dégagées, élèvent isolément leur étage supérieur au-dessus de cet ensemble et laissent entrevoir les beffrois de leurs cloches à travers des ouïes élégantes et largement ouvertes 12).

Ces quatre compartiments superposés sont délimités par des corniches munies de magnifiques balustrades, que déparent cependant des acrotères et des vases de mauvais goût.

Plusieurs de ces balustrades faisaient jadis le tour de l'édifice pour couronner les murs de la nef, des bas-côtés et des chapelles.

Les bas-côtés, couverts en terrasse, laissaient toute liberté au jeu de lumière qui faisait resplendir les vitraux du clair-étage de la grande nef. La même disposition se trouvait reproduite pour les chapelles rayonnant autour du sanctuaire, sauf pour la chapelle absidale des Corps-Saints. Celle-ci, rompant résolument toute attache avec le style ogival, s'abritait sous un de ces dômes dont Mansard et Soufllot nous ont légué des modèles au Val-de-Gràce, aux Invalides et au Panthéon.

Le transept septentrional n’ofl'rait aux regards qu un pignon droit, percé de deux fenêtres et d'une rosace, tandis qu'un petit portail de style grec taisait communiquer le transept méridional avec la rue Saint-Pierre. Ce portail consistait en un simple fronton triangulaire reposant stir deux colonnes doriques; il brisait dune façon regrettable la régularité architectonique de la face Sud du monument.

Mais en revanche, une autre entrée magnitiquement décorée établissait, par le milieu du cloître, une facile communication entre les lieux conventuels et le déambulatoire du chœur.

Les sacristies s'étendaient de cette porte aux murs du transept Nord. Elles avaient pour annexe une cour, dite la Piscine, contenant un puits d égouts.

La disposition intérieure de l'église trahissait au premier coup d'œil sa double destination : aux habitants de la ville, la nef, froide et nue, ainsi que le transept, moins son collatéral le plus rapproché du chœur, toutefois ; aux moines, tout le reste de fédifice, orné avec profusion et protégé de nombreuses grilles.

(ij Le Procès-vert).Tl (Je mise sous scellés, du 17 janvier 1791. dit cinci mille livres. D autre part, le clocher surmontant le transept contenait quatre petites cloches, dont la plus grosse pesait six cents livre.s, pins une horloge munie de sept timbres.

(2; La façade, déduction faite du couronnement des tours, forme un carré parfait de 16 toises ou 31 mètres de large sur autant de haut. — Devis pour la bâtisse de Corbie. Archives Jrpiirleiiient.ilcs. FoiiJs Cjrbic, arm. 17. /nisac /j, 2.

Plan de l enclos

DES JAÎ^DINS ,COUI\Sc MAISON DE

L’ Hôpital militaire

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