SCÈNE XIV
Les MÊUES, ADOLPHE, babit noir, cravate blanche. ADOLPHE,
Mille pardons, madame la comtesse, de la liberté que je prends et du dérangement...
PAULIITE.
Asseyez-vous, monsieur.
Le domestique met le dessert sur la table. ADOLPHE.
Le théâtre donne après-demain une représentation à mon bénéfice, et j'ai cru pouvoir me permettre, en qualité de compatriote, madame, de vous offrir une loge.
Il présente le coupon à Montrichard, qui le passe à Pauline. PAULINE.
Je vous remercie, monsieur. On me dit que vous faites des imitations?
ADOLPHE
Oui, madame ; c'est par là que je réussis à l'étranger.
Si votre soirée est libre, vous seriez bien aimable de nous donner une séance.
ADOLPHE
Très-volontiers, madame.
IRMA, au domestique.
Un verre, et allez-vous-en... — Tenez, monsieur Adolph**, buvez- moi ça.
ADOLPHE
Mille grâces, madame ; le cbarapagne me fait mal.
IRMA, toujours assise et se touruaDt vers lui.
C'est du cliquot, mon cher; ça ne grise pas. A votre santé I
ADOLPHE, après avoir bu.
Il est bon.
IRM A , lui versaot.
Dites donc, mon petit, vous avez un tic dans l'œil.
ADOLPHE
Oui, madame... c'est même ce tic qui a déterminé ma vocation pour les comiques.
MONTRICHARD
Et qui va nous procurer le plaisir de vous entendre.
Adolphe boit.
PAULINE
Chantez-nous donc une chanson, monsieur Adolphe.
ADOLPHP.
Le Petit Cochon de Barbarie?
Irma lui remplit soa verre.
PAULINE
Non, une chanson d'étudiant.
ADOLPHE
Je n'en sais pas.
MONTRICHARD
Vous avez pourtant l'air d'avoir été clerc de notaire.
ADOLPHE
En effet, monsieur.
PAULINE
Vous l'avez été?
ADOLPHE
Je suis de bonne famille, madame ; mon père, un des premiers quincailliers de Paris, me destinait au barreau ; mais une vocation irrésistible m'entraînait au théâtre.
Il boit.
MONTRir.HARD.
Monsieur votre père a dîi vous maudire ?
ADOLPHE
Hélas ! il m'a défendu de prostituer son nom sur des afliches de spectacle.
Comment s'appelle-t-il ?
ADOLPHE
Mathieu.
MONTRICHARD
Le fait est que c'eût été un sacrilège.
IRMA
Eh bien, à ta santé, lils Mathieu ! Tu me plais ! tu es laid, tu es bête, mais tu es naïf!
ADOLPHE, rezé.
Madame !