ACTE TROISIÈME. 2.Ô
Là. marquise.
C'est un caprice d'enfant gâté.
GENEVIÈVE
Non, je vous le jure ! J'ai besoin de faire ce voyage ! Je n'ai pas coutume d'abuser de votre bonté, n'est-ce pas? Il m'en coûte de vous demander le sacrifice de votre tranquillité, de vos habitudes...
LE MARQUIS
Oh! nos habitudes... la principale est de te voir contente, et je commence à croire qu'elle nous manquerait ici. — Qu'en dites-vous, marquise ?
LA MARQUISE
Nous sommes chez nous partout où Geneviève est heureuse.
GENEVIÈVE
Eh bien, si vous me conduisez à Rome, je vous promets de chanter du matin au soir; vous m'aurez toute la journée autour de vous ; il n'y aura pas de bals qui vous prendront votre petite-fille ; nous serons bien plus ensemble !
C'est vrai ! nous serions bien plus ensemble.
GENEVIÈVE
Vous nous apprendrez le whist, à Pauline et à moi
LE MARQUIS
Pauline serait donc du voyage ?
GENEVIÈVE
Sans doute, c'est un voyage de famille! Tous les soirs, vous aurez votre partie comme ici, et même plus agréable ; car je serai votre partenaire, et vous pourrez me grunder quand ]e couperai vos rois, tandis que vous n'osez pas gronder bonne maman.
LE MARQUIS
Eh bien, je ne dis pas non... Si la marquise y consent, nous reparlerons de cela.
GENEVIÈVE
(Comment, nous en reparlerons?
LE MARQUIS
Donne-nous le temps de nous faire à cette idée-là, que diable !
GENEVIÈVE
Vous me montrerez Rome vous-même , grand-papa... Toutes les jeunes filles y vont avec leur mari, qui leur explique les monuments... Moi, j'aime bien mieux que ce soit vous.
Elle a raison, mon ami; profitons du temps où el!o est à nous seuls.
LE MARQUIS
Si on m'avait dit il y a une heure que je passerais l'hiver à Rome, on m'aurait bien étonné.
GENEVIÈVE
Vous consentez! Oh ! que je vous remercie!
LA MARQUISE
Ses couleurs lui sont déjà revenues.
GENEVIÈVE
Quand partons-nous ?
LE MARQUIS
Donne-moi ma canne et mon chapeau.
LA MARQUISE
Quel délai nous accordes-tu pour nos préparatifs?