‹ La pierre de toucheChapitre 30 sur 295 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE BARON

Chère margrave !...

Il lui prend la main.

LA MARGRAVE

Bonjour, baron.

LE BARON, après lui avoir baisé la main.

Voilà ce qu'aucun revers de fortune ne saurait vous ravir... la plus jolie main de toute la Bavière, (se tournant vci s Dorothée.) Mon petit ange, il sera gorge-de-pigeon.

DOROTHÉE

Bleu! bleu! bleu! Pas vrai, maman?

LA MARGRAVE

Taisez-vous! — Baron, compteriez-vous hériter, par hasard?

LE BARON

Et vous?

Je m'en flatte.

LE BARON

Moi, j'en suis siir.

LA MARGRAVE

J'aurais cru que vous aviez passé l'âge des illusions.

LE BARON

Ah! margrave, quand je pense encore tant de bien de vous!

LA MARGRAVE

Mon pauvre baron, on vous avait noirci dans l'esprit du comte Sigismond.

LE BARON

Moi, madame! Et comment, je vous prie?

LA MARGRA.VE.

On lui avait parlé de vous.

DOROTHÉE

Oui, oui... il en savait de belles sur votre compte!... Il tJisait que vous étiez un bourreau d'argent, un panier percé, un gouffre sans fond; que vous aviez déjà englouti deux fortunes, et que, s'il vous laissait la sienne, vous n'en feriez qu'une bouchée.

LE BARON

Oh! oh!

LA MARGRAVE, allaot à Dorothée.

Ménagez vos expressions, Dorothée !... — Excusez-la, baron, c'est une enfant. Alors même qu'il parlait de vous, le comte Sigismond ne se départait jamais des égards qu'on se doit entre parents. Parfois mrme il avait la bonté de vous plaindre; seulement, comme il savait que vous comptiez sur sa succession pour payer vos dettes, il vous plaignait moins que vos créanciers.

DOROTHÉE

Ce sont les nôtres qui vont être contents!..,

LE BARO.N

Ah ! parfait !

LA MARGRAVE, bas, à sa fille.

Sotte que vous êtes '

LE BARON

La malice d'un démon et la naïveté d'un ange! Je ne m'explique pas que noire cher parent ait résisté à tant de séductions.

LA MARGRAVE

Que voulez-vous dire?

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