‹ La pierre de toucheChapitre 3 sur 16 · CHAPITRE XÏX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÏX

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Grnce à la persévérance, l'ordre et i'éconoinie deviennent entre nos mains des raoycns d'.Tccoraplissemcnt pour une bienfaisance ardente autant qu'éclairée.

U.\ malin, André se leva le cœnr oppressé de tristesse. Il avait entendu, pendant la nuit, sa sœur se plaindre, gémir, et des idées de mort étaient venues agiter son sommeil.

A la vue de la pâleur qui couvrait les joues de Marguerite, il se sentit frappé des plus sombres pressentiments, et il insisla pour qu'elle

n'allai point à sa journée et pour qu'elle gardât Annelle auprès d'elle.

Jacques ricanait et se préparait à partir.

— « Grimace de femme! » murmura-t-il

eil descendant avec André. « Quand tu auras été marié seulement un an , tu ne feras plus aitention à cela. »

Le jeune apprenti ne répondit pas ; mais il ne put s'empêcher de faire des réflexions sérieuses sur le partage des femmes ici-bas , et sur l'injustice de l'homme qui abuse du droit du plus fort pour ajouter, par sa tyrannie, par son indifférence ou par ses dédains, aux souffrances qui trop souvent leur font de la vie un si rude fardeau.

Vers midi, cédant à son inquiétude, André s'échappa de l'imprimerie et accourut en toute hâte à la maison.

— « Tu n'as pas renconiré M. Devil? » demanda Marguerite qui travaillait aupi-ès de la fenêtre avec Annette.

— « Monsieur Devil ! » répéta André stupéfait.

Annette. Il vient de s'en aller tout à l'heure . Je l'ai reconduit jusqu'à la porte deFallée, e[ il m'a promis des dragées, un bouquet, des gants en fd d'Ecosse, pour le jour du baptême.

A^DRÉ. Monsieur Devil est venu ici! Et pourquoi faire?

— (( Pour jne voir, » répondit Marguerite avec un sourire. « Il t'aime bien , André, et de plus il t'estime. »

André. Il est donc venu tout exprès pour u

voir ?

Marguerite. Tout exprès le dis-je, après avoir envoyé sa vieille gouvernanle s'inforuu r

à queile heure on me trouvait à la maison. Quand il a su que j'y serais toute la journée, il

est venu à l'instant. »

André pouvait à peine en croire ses oreilles^ et dans une espèce d'extase , il écoutait Marguerite, Annette , Jui racontant la visite du bon vieillard, son air amical et doux, ses questions qui montraient pour eux tous une bienveillance sincère.

— « Et tu ne sais pas! » s'écria Annette. « Il est allé dans ta chambre écrire une lettre! oui, sur ta table, avec la plume , celle dont tu te sers tous les jours ; et il a regardé tes papiers , tes livres, eiifm tout! »

André courut aussitôt à sa chambre, et elle lui parut embellie. Il était hetireux, heureux au-delà de toute expression. Son professeur, celui que (oui bas il osait appeler son ami,

s'était assis là , sur cette vieille chaise , devant cette table vermoulue, et n'avait pas dédaigné d'écrire quelques lignes... Soudain les yeux perçants du jeune homme aperçoivent un petit paquet qui soulève^les papiers épars, et une vive rougeur couvre ses joues, car il devine; et ce qu'il éprouve ce n'est plus de la. joie, c'est presque de la honte,

Annette se glisse près de la table , prend le petit paquet et le présente à son oncle en disant : {< J'ai vu M. Devil mettre cela sur ta table, en cachette... »

André le lui enlève brusquement, et descend Tescalier en courant. Ainsi , cette lettre à écrire, ce n'était qu'un prétexte ! M. Devil n'est pas venu pour ^'o/^ Marguerite; il est venu pour apporter de 1 argent!... en dédommagement sans doute de son refus d'être parrain!... A

li LA. PIERRE DE TOUCHE.

peine cette pensée s'est-elle présentée à l'esprit d'André qu'il en rougit; d'autres, plus dignes du bon vieillard auquel il devait tant , rendirent le calme à son cœur agité.

Le reste de la journée ^ passa dans des hésitations qui n'avaient pas encore amené de résultat, lorsqu'André rentra pour souper.

Jacques était déjà de retour; déjà il savait la visite faite par M. Devil. D'abord il s'en était montré charmé ; mais comme Marguerite avait terminé son récit sans lui rien dire de ce à quoi il s'attendait , sa figure changeait à vue d'œil , et l'arrivée d'André hâta l'explosion.

— « Le vieux ladre 1 » dit Jacques.

— « De qui parles-tu? » demanda André d'un ton sec.

— <( De ton protecteur l )) répondit Jacques avec un sourire ironique. « Si encore il se

contentait de refuser le titre de parrain sans venir ici jouer la comédie... »

André jette sur la table le petit paquet, qu'il n'avait pas même ouvert ; l'enveloppe se déchire par le choc , et les yeux de Jacques brillent à la vue de cinq pièces d'or qui roulaient de côté et d'autre entre les assiettes.

— « L'honnête homme! » s'écrie Jacques avec le ricanement qui lui était habituel et qui mettait toujours André de mauvaise humeur. « Ceci, c'est le bouquet! Voilà de quoi faire un beau repas de baptême ! »

André prit une lumière et disparut. Oh ! comme il avait le cœur gros en voyant se vérifier ce que M. Devil lui avait dit peu de jours auparavant au sujet des riches {;t des pauvres et de la cupidité commune aux uns comme aux autres! Comme surtout il appuyait avoc

&r> LA PIERRE DE TOUCHE,

amertume sur le mépris auquel s'exposCjCl que mérite le pauvre , auquel l'appât d'un peu d'or fait oublier sa dignité d'homme ! d'homme libre ! car il est libre celui dont les désirs , pas plus que les besoins , ne vont point au-delà de ce qu'il possède.

Marguerite voulut en vain, le lendemain, persuader à André qu'il devait disposer seul de cet or offert pour les fiais du baptême, ainsi qu'il était écrit sur l'enveloppe, de la main même de M. Devil ; le jeune homme déclara qu'il n'en voulait point entendre parler.

— ce Ce n'est pas à moi, » disait-il avec fierté, « que M. Devil l'a donné; il sait bien que je n'en fais point de cas : mais il a pensé que tout le monde ne comprendrait pas ici la cause de son refus...

— « Tu deviens injuste à ton tour ! •) s'écria

LA PfERllE DE TOUCHE. 57

Marguerite. « Moi, j'ai meilleure opinion que loi de M. Devil; et je le crois de trop de bon sens, pour donner^ surtout n'étant pas riche, une somme comme celle là, uniquement pour que nous ne puissions croire qu'il a refusé , par avarice , de nous accorder une bien grande faveur. »

André étonné regarda sa sœur.

— <( Ce que tu supposes , » poursuivit-elle, <i serait d'un orgueilleux, et non pas dun homme charitable qui sait que pour l'ouvrier un moment comme celui-ci entraîne, avec des dépenses indispensables, une foule de dépenses inutiles. Tu es un peu prompt dans tes jugements, André! C'est un tort quand on ne connaît pas les gens, et c'est une faute bien grande lorsqu'on les connaît sous de bons rapports. Moi, vois-iu, je n'ai pas de confiance

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ni dans celui qui va se défiant de tout le monde, ni dans celui qui est toujours soupçonnant le mal plutôt que le bien, et accusant les autres de ce qu'il prétend n'être pas capable de faire. »

André baissa la tête sans répondre.

— « Celui-là, André, » ajouta Marguerite, « fait dire à quiconque l'entend , qu il mesure chacun à son aune. »

Il fallut cà André tout le reste de la semaine pour parvenir à vaincre la répugnance qu'il éprouvait à donner son avis siu l'emploi de cet argent, destiné sans aucun doute à son filleul. Le samedi soir seulement on convint , de bon accord, de le placer à la Caisse d'Épargne, de ne point se permettre de folies et de ne faire que les dépenses inévitables pour la cérémonie du baptême. Jacques n'était pas trop de cet avis-là; mais enfin Marguerite l'emporta, et il

sortit en murmurant entre ses dents : « Ce jour-là pourtant ne se passera pas comme les

autres ! »

— « Tu peux aller jouer chez la voisine, » dit Marguerite à sa fille. « Écoute André, ajouta-t-elle lorsquelle se trouva seule avec lui, il faut que je te dise une chose , pour le cas où il m'arriverait malheur. Tu auras dix-huit ans dans six mois d'ici ; depuis que tu es au monde, sais-tu ce qu'a fait pour toi notre pauvre aïeule et ce que j'ai continué de faire/ Nous avons mis à ton intention , dans une tontine; trois sous par semaine, ce qui laii sept francs et quelque chose par an, et aujourd'hui tu possèdes une somme de près de cent cinquante francs placée en ton nom à la Caisse d'Épargne.

— «Comment, » dit André dont la figure

s'épanouit malgré lui, « j'ai, à moi, cent cinquante francs ?

Margueeite. Et même bien près de deux cents francs parce que, depuis que tu gagnes quelque chose de fixe à l'imprimerie, je glisse plus souvent une pièce blanche dans la tontine. Tiens, voici ton livret. Garde-le soigneusement. Tu ne peux rien retirer sans le consentement de Jacques, qui te tient lieu de père ; mais tu peux augmenter la somme en continuant comme j'ai fait et en y ajoutant le produit de tes économies ; c'est un commencement pour le cas ou ne voulant pas devenir soldat, tu serais obligé d'acheter un remplaçant.

André. Je ne me serais jamais imaginé que trois sous par semaine pouvaient produire autant d'argent !

Marguerite. Ce que j'ai fait pour toi , je l'ai fait pour mes autres enfants; Annette a hérité de la petite somme, bien petite, que cliacun d'eux possédait quand il est mort; depuis, j'ai continué seulement les trois sous par semaine, sans pouvoir faire plus, car nous avons éprouvé tant de malheurs ! Eh puis, d'ailleurs, son père place aussi, lui, et c'est seulement sur mes économies à moi, c'est-à-dire sur ce que je peux mettre de côté, en dépensant le moins possible pour mes vêtements, que je parviens à faire quelques épargnes pour toi et pour ma fille; le reste appartient à la communauté,

André. Je me charge d' Annette et de mon filleul ; ce sera moi qui placerai pour eux à la Caisse d'Épargne.

Marguerite. André, qui trop embrasse mal étreint, en quoi que ce soit, entends- tu !...

m LA PIERRE DE TOUCHE.

Laisse-moi donc te dire ! Il faut n'avoir ni ordre , ni économie pour ne pas pouvoir mettre de côté trois sous à la fin de la semaine, quand même on ne gagnerait que vingt sous par jour ; mais si , tout de suite, tu augmentes la somme des deux tiers, ce qui était possible devient impossible , et alors on laisse tout là. Ajndré. Puisque je viens bien à bout de payer toutes mes souscriptions à tant de feuilles à deux sous qui pciraissent chaque semaine, et que je n ai pas seulement le temps de regarder, je ne vois pas pourquoi, en cessant quelques unes de mes souscriptions, je ne irou- V verais pas moyen de faire une chose si utile , si importante... Car enfin, je n'aime pas l'argent, c'est vrai ; mais je suis poiulant bien content d'avoir à moi deux cents francs ! Tu as dit deux cents francs, n'est-ce pas ?... C'est un

commencement si je veux entreprendre quelque chose... Que tu as donc eu là une bonne idée!... Et AnnetLe, quand elle aura dix-sept ans, elle sera bien contente aussi !...Etmonfilleul!... Mais lui, avant même que de naître, il est plus riche que nous ne l'étions, elle et moi. >

Le retour d'Annette, puis de Jacques empêcha André de demander à sa sœur comment elle avait pu faire pour remplir constamment les engagements pris avec elle-même dans les temps bien malheureux dont il avait conservé quelque souvenir ; et toute la nuit , malgré lui , il fut préoccupé dans ses rêves et pendant des intervalles d'insomnie assez longs , de la pensée que déjà il possédait deux cents francs !

Le lendemain matin , levé au petit jour , il se mit à examiner son livret, presque rempli

par la désignation d'un si grand nombre de petites sommes , dont la réunion en formait une déjà considérable; et il partit pour se rendre chez M. De vil, beaucoup moins hont3ux du cadeau qu'il en avait reçu, depuis qu'il savait être riche aussi , lui.

Un peu à la Mte et d'une manière assez gauche , André remercia M. Devil au nom de son filleul et se hâta d'ajouter que grâce à sa sœur, il était riche ; et il raconta ce que ]\Iarguerite avait eu la constance de faire , sans y manquer une seule fois , depuis qu'il était au monde.

— « C'est une femme remarquable que votre sœur, » dit M. Devil. « Lentrelion que j'ai eu avec elle m'a donné la plus haute idée de la j Listesse de son esprit et de la beauté de son ame. Toujours prête à se sacrifier elle-

LA PIERRE DE TOUCHE. (i5

même, elle obéit avec la plus scrupuleuse exactitude à la loi sévère du devoir et elle prouve que, i^race à la persévérance, l'ordre et l'économie deviennent entre nos mains des moyens d'accomplissement pour une bienfaisance ardente autant qu'éclairée.

André. Et moi qui tant de fois l'ai accusée d'être avare ! ^Monsieur , l'avarice et l'économie, ce n'est donc pas la même chose?

M. Devil. Savez-vous ce que fait un avare?

AîSDRÉ. Ob! oui, monsieur; il amasse, il amasse, en se privant de tout et sans profit pour personne.

^I. Devil. Votre sœur fait-elle ainsi?

André. Mais, non, monsieur , vous le voyez bien, puisque ce n'est pas pour elle qu'elle amasse.

M. Devil. Ainsi donc elle est économe et

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non point avare. Mais si , avec de réconomie, elle n'avait pas d'ordre, elle aurait beau économiser d'un côté, le désordre emporterait tout de l'autre, et en s'imposant des privations elle n'arriverait qu'à faire régner autour d'elle la misère. C'est Ihistoire de beaucoup de familles ; on économise sur les besoins de tous les jours, et le défaut d'ordre fait qu'au bout . de l'année on est aussi embarrassé qu'au commencement.

« Avoir de l'ordre , mon cher André , est une chose aussi importante pour l'homme que pour la femme, et Ton doit en avoir jusque dans les bagatelles. Un homme qui a de l'ordre, sait combien il gagne par aimée et combien il dépense ; il examine quelles sont les choses dont il peut se passer, celles sur lesquelles il peut se réduire; ceci c'est de l'éco-

nomie , et il ne la pousse pas jusqu'à la lésinerie, parceque ce qui est exagéré n'est jamais durable. La balance une fois établie entre le revenu et la dépense, il faut la maintenir; il faut faire en sorte que les fantaisies des autres, pas plus que les siennes propres , ne viennent remplacer par le désordre l'ordre qu'on a mis dans ses affaires autant que dans l'emploi de ses heures de loisir : car le temps , vous le savez , compose la plus grande partie de la fortune de ceux qui travaillent ; et le perdre , faute d'ordre dans ses occupations, diminue d'autant le fonds où puise l'homme laborieux.

André. Monsieur, c'est vrai; mais j'ai eu de la peine à me le persuader, et bien des fois il m'est arrivé de rester les bras croisés à me manger dans ma mauvaise humeur pendant

Go LA PIERRE DE TOUCHE.

une demi-heure, parce que je n'avais que cette demi-heure-là pour étudier. Je me disais : Ce nest pas la peine! Et je m'impatientais , et je m'ennuyais de moi-même , et je me trouvais si malheureux!

M. Devil. Je parie que vous en avez fait souvent autant pour des économies de quelques centimes? Vous dédaigniez de les épargner, ces misérables centimes, et vous disiez aussi : Ce n est pas la peine!

Aj>fDRÉ. Assurément , monsieur !

M. Devil. Voyez pourtant ce que les quinze centimes , réservés régulièrement chaque semame depuis le jour de votre naissance, ont produit !

André. Mais , monsieur , Marguerite y a ajouté de temps en temps des pièces blanches, sans quoi...

M. Devil. Sans quoi vous n'auriez aujourd'hui que ^125 francs à peu près, au lieu de deux cents. Ce que je remarque surtout c'est la persévérance de votre sœur à maintenir, pendant plus de dix-sept ans , l'ordre par elle élabli; à se contenter d'apporter un grain de sable, pour ainsi dire, mais sans manquer jamais de l'apporter, sans dédaigner jamais de faire cette mince économie , qui était , pour ainsi dire , comme la pierre angulaire du modeste édifice qu'elle voulait élever. Ceci vous prouve^ mon enfant, ce qu'a prouvé depuis long-temps l'effet de la goutte d'eau tombant tous les jours sur la pierre la plus dure , la creusant et finissant par la percer à la longue. Changez plusieurs fois la direction de cette goutte d'eau, vous n'obtiendrez rien; vous anmdlerez entièrement cet effet immanquable

dmiejbrce hicn faible et qui ne peut beaucoup , que parce que son action constante et régulière frappe toujours sur le même point.

Ajs'dré. Il est bien certain que si Ion mettait bout à bout toutes les demi-beures qu'on à perdues, et si l'on réunissait tous les centimes qu on à laissés couler de sa pocbe sans y penser , on trouverait qu'on aurait eu le temps de faire bien des cboses qu'on n'a point faites et qu'on aurait pu amasser la somme qui fait faute.

M. De VIL. Qu'a-t-il manqué pour arriver là?

André. De l'ordi^e, de l'économie et de la persévérance. Mais, monsieur, ces vertus-là ne sont bonnes que pour soi?

M. Devil. Comment cela?.... Est-ce donc pour elle que votre sœur a travaillé ?

André. Non, c'est pour moi... et pour ses en-

fanls. Mais , monsieur, il y a des cas , lorsque par exemple il s'agit de rendre service, où il ne faut calculer ni le temps , ni la dépense !

M. Deyil. Dans ces cas-là, mon enfant, l'homme qui calcule ne fera que juste ce qu'il ne pourra se dispenser de faire. Croyez- vous que cela suffise ?

AîfDRÉ. Certainement non ^ et mille fois non !

M. De VIL. Mais si Thomme généreux qui ne calcule rien pour rendre service, a en même temps de l'ordre, de l'économie , de la persévérance, le service qu'il rendra ne se bornera pas au sacrifice de son temps et du peu qu'il possède ; il voudra encore que sa bienfaisance porte des fruits durables; et l'ordre , l'écononomie , la persévérance lui fourniront la possibilité d'être plus constamment utile : tandis

T2 LA PIEP.FvE DE TOUCHE.

que lliomm*^ généreux, mais désordonné et sans suite dans les idées, qui ne peut découvnr pour lui-même les moyens de ne pas vivre constamment dans la i:ène. et de sortir des embarras où le précipitent et le manque d économie et le défaut de persévérance, se rui- •* nera en prêtant un secours passager.

André. Je tàclicrai de faire comme fait Marguerite.

M. Devil. Je vous en applaudirai, mon enfimt. Lorsque 1 esprit est dégagé, par 1 ordre établi dans la distribution de son temps et de ses revenus, de toute inquiétude journalière, nos forces intellectuelles et morales aumiientent: rien ne contrarie notre marche, et si, sur la route, nous rencontrons des obstacles imprévus , nous les surmontons paisiblement, grâce à 1 habitude prise de persévérer dans ce que

nous avons entrepris : tous nos efforts se réunissent alors vers le même but et nous parvenons à l'atteindre. »

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