‹ La Piété filiale en ChineChapitre 16 sur 25 · DÉVOUEMENT I>'UN FILS POUR SON PERE · texte numérisé non relu

DÉVOUEMENT I>'UN FILS POUR SON PERE

Sous la dynastie des Leang, le premier magistrat de la ville de Yuen- Hiang-Hien, ayant été accusé d'avoir conspiré contre l'État, fut arrêté, dégradé et conduit à la capitale pour y être jugé. Son fils, âgé de quinze ans, nommé Ky-Fen, résolut de le sauver.

Il fit part de son projeta sa mère, qui d'abord le désapprouva et ne lui donna son consentement que lorsqu'un bonze qu'elle consulta, lui dit que le ciel protégerait son fils. Ky-Fen partit alors pour la capitale et, à son arrivée, alla demander l'hospitalité à un de ses parents établi depuis quelques années, dans un faubourg,

comme marchand de fourrures. Dès qu'il fut installé, il commença, avec l'aide de son parent des démarches pour savoir ce que son père était devenu, et s'il avait quelques chances d'être remis en liberté. Après une semaine d'allées et de venues, il acquit la conviction que son père serait infailliblement condamné et que les plus puissantes protections ne pourraient le sauver. Il n'hésita plus, et, quittant la maison de son hôte, se rendit à la porte du palais impérial où se trouve le fameux tambour (5) sur lequel tout sujet a le droit de frapper pour avertir qu'il a une supplique importante à faire parvenir à l'empereur.

La supplique de Ky-Fen fut transmise le même jour à Sa Majesté qui, étonnée de voir qu'il demandait à mourir pour son père, donna l'ordre qu'on s'informât sur-le-champ si cette réso-

lution était un effet de la volonté du

pétitionnaire, ou si clic lui avait été suggérée par une autre personne. On manda aussitôt Ky-Ken, qui, invité à expliquer sa démarche dit nettement:

« Je ne suis encore qu'un enfant, un ignorant, un être à peu près inutile.

Déplus, je suis l'aîné de huit enfants. Si mon père meurt, qui prendra soin d'eux ? Je serai donc heureux de donner ma vie en remplacement de celle de mon père. » L'empereur, touché de cette preuve extraordinaire de piété filiale, gracia son père et voulut récompenser Ky-Fen qui refusa ce qu'on lui offrit, en disant qu'il n'avait rien fait pour le mériter, attendu que le fils qui ne serait pas toujours prêt à se sacrifier pour ses parents serait indigne de ce nom. Ildevint plus tard un grand mandarin, et l'histoire a conservé son nom.

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