‹ La Piété filiale en ChineChapitre 18 sur 25 · UNE JEUNE FILLE REMPLACE SON PERE · texte numérisé non relu

UNE JEUNE FILLE REMPLACE SON PERE

l'armée.

Sous la dynastie des Soui, une jeune fille nommée Mou-Lan, ayant appris que son père, qui était mandarin militaire, et qui était venu en congé pour se rétablir d'une maladie qu'il avait contractée dans les camps, avait reçu l'ordre de rejoindre de suite, sous peine de destitution, un corps que l'on avait formé à la frontière, résolut de partir à sa place et le supplia de vouloir bien lui accorder cette autorisation, qui lui fut donnée après de nombreuses hésitations. — Mou-Lan était grande, bien faite, avait

des traits plus virils que féminins et l'habit militaire lui seyait émerveille.

Comme elle était très- adroite et fort intelligente, elle apprit en peu de temps à monter à cheval, à tirer de l'arc, et tout ce qui était nécessaire à un officier de cette époque (6). Quand tous les préparatifs de départ furent terminés, elle fit ses adieux à sa famille, et, accompagnée d'un fidèle serviteur, se rendit au poste qui avait été désigné à son père. — Personne ne la reconnut. — Elle fit la campagne avec distinction et fut remarquée du général en chef, qui l'attacha à sa personne comme aide-de-camp. — Aprèsdouze ans de service, elle était parvenue à un grade très-élevé, quand une lettre de son vieux père lui annonça qu'il était très-malade et qu'il désirait la revoir avant de mourir. — Elle s'empressa de demander un congé et arriva

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à temps pour fermer les yeux de ce

père adore qui la bénit avant de rendre

le dernier soupir. — Elle adressa ensuite une supplique à l'empereur, pour lui faire connaître la vérité et lui demander la permission de se retirer du service. — L'Empereur, émerveillé d'un pareil trait de piété filiale, récompensa largement Mou- Lan pour les services qu'elle avait rendus àlE'tat, et fit paraître un décret pour signaler atout l'empire son admirable conduite.

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