UN FILS RENONCE AU MONDE POUR SOIGNER LE TOMBEAU DE SA MERE
Sous la dynastie des Yuen, vivait, seul avec sa mère, dans un village du Chen-Si, un jeune cultivateur, nommé Kou-Kouang-Yuen. Il était sur le point de se marier, lorsque sa mère, en lavant dans un bassin, près de sa maison, tomba dans l'eau et se noya.
Il en éprouva un chagrin tel que, renonçant à son mariage, il fit construire, auprès du tombeau qu'il avait fait élever à la mémoire de celle qu'il regrettait tant, une cabane en chaume, dans laquelle il résolut de demeurer toute sa vie, afin de pouvoir consacrer
entièrement ses soins à l'entretien du tombeau, et veiller aux besoins que pourrait avoir sa mère dans l'autre monde. Chaque jour agenouillé devant le tombeau, il communiquait avec elle, en la priant de lui faire connaître ses volontés. Une nuit, il rêva qu'elle lui avait manifesté le désir d'avoir des poissons. Use leva aussitôt et courut partout pour en trouver.
Mais comme la rivière avait débordé, les pêcheurs n'avaient pas tendu leurs filets et il revint désespéré. Il se disposait à demander pardon à sa mère et à la prier de vouloir bien attendre un peu, lorsque, ô stupéfaction, il aperçut, en face du tombeau, sur une pierre, cinq petits poissons dont le corps un peu meurtri indiquait qu'il avait reçu une forte pression. Il était en train de les examiner, quand un laboureur, qui travaillait près de là,
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lui raconta que c'était une loutre qui avait apporte ces poissons et qui avait ensuite regagné la rivière.
Le magistrat du district, informe Je ce fait, donna à Kou-Kouang-Yuen une tablette honorifique, et le félicita vivement de ses sentiments de piété filiale.
TCHOU-CHEOU-TCHANG
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RKCIURClir DUNE MERE PAR SON FILS
Sous la dynastie des Song, le fils d'un riche marchand, nommé Tchou- Cheou-Tchang, était âgé de sept ans, quand son père, cédant à l'influence d'une mauvaise femme, divorça avec sa mère, qui, obligée de l'abandonner, chercha un refuge dans une province voisine chez un de ses frères.
Tchou-Cheou-Tchang éprouva un profond chagrin de cette détermination, et, se jetant aux genoux de son père, le supplia de revenir sur sa décision. — Son père fut inflexible, et lorsque, dix ans plus tard, se repentant de ce qu'il avait fait, il voulut
rappeler auprès de lui la première compagne de sa jeunesse, il ne put la retrouver,malgré toutes les recherches qu'il fit faire à ce sujet. Pendant ce temps, Tchou-Cheou-Tchang, qui était aussi intelligent que studieux, avait passé ses examens littéraires et était parvenu au grade deTsin-Sze (7).
L'empereur le nomma ensuite inspecteur des études. Il s'acquitta avec tant de zèle et de dévouement de ses fonctions, qu'il fut appelé quelque temps après à faire partie du cabinet privé de l'empereur, qui le combla de faveurs. Tchou-Cheou-Tchang, arrivé au faîte des honneurs, pouvait donc se considérer parmi les heureux de ce monde; cependant il était toujours triste et évitait les réjouissances publiques. L'empereur lui en ayant demandé un jour le motif, il lui répondit qu'il était poursuivi par une
idée fixe, celle de retrouver sa mère qu'il avait revue plusieurs lois en rêve, et qu'il serait infiniment reconnaissant envers Sa Majesté, si elle daignait lui accorder deux années de congé. L'empereur s'empressa d'accéder au désir de cet excellent fils qui, le même jour, quitta la cour.
Tchou-Cheou-Tchang parcourut la plus grande partie de l'empire. Enfin, après dix-huit mois de recherches, il découvrit dans la ville de Tong- Tcheou, le cher trésor, objet de ses rêves et de ses désirs. Sa mère avait soixante-dix-sept ans et ne l'avait pas revu depuis quarante-trois ans. Il revint avec elle à la cour, où le ciel lui permit de vivre encore de longues années, heureux et content.
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