A 18 LA PIÉTÉ RÉFORMÉE
es Dieu, non pas certes de la crainte servile qui avilité | Ê | mais de la crainte filiale, faite d'amour, qui ennoblit. st) k Contre cet homme, que peut en définitive la douleur, È même la persécution et ses tortures? même que peut
ï le mal et ses tentations subtiles ou grossières ? Certes il succombe, et plus d'une fois; mais toujoursil est relevé. à U ï Car il lutte appuyé sur le bras fort de l'Eternel, car e a je c’est l'Eternel qui lutte en lui, pour lui, avec toutes ses Ni Nr légions d’anges. PA Se | Les pieds sur la terre, dans les tristes ou dures réa- 2 lités de la terre, dans sa poussière, dans sa boue! Mais \ les yeux en haut, la tête en haut, le cœur en haut, dans À É HAINE le ciel, dans le cœur même de Dieu \t0R: Et précisément dominant d’autant plus la terre qu “il < / est plus élevé au-dessus d’elle. Il en prend possession ; “a il la maîtrise ; il la façonne. J Dans cette œuvre, ordonnée de Dieu, comment serait- 1
il lâche au indécis ? comment connaîtrait-il la paré à ou le découragement ?
HOUR intrépide, sûr Fe son divin capitaine, il de 2
levard sûr, sa citadelle RARE e son bouclier impénétrable. Des difficultés, des dangers, mille défait cent mille morts? Dieu est celui qui vivifie. Quand i aurait sur la route, pour la barrer, de hautes montagnes = la foi lui donnerait des ailes, et son Dieu An e AE Reese
Homme, tel qu’il doit être, dans le désert de cette vie de misères, désert où peuvent fleurir toutes les fleurs merveilleuses de la grâce divine.
Va donc, à fidèle! Va, la plus méprisable des créatures, pauvre limaçon qui rampe, vil monceau d’ordures, pétri de tous les péchés et de toutes les souillures.. et cependant de toutes les créatures la plus glorieuse, héritier choiside Dieu, participant à sou honneur, membre du corps de Jésus-Christ. Les anges sont de ta race et tu leur dit : Vous êtes mes frères. Enfant choisi de Dieu, de toute éternité, pour toute l’éternité 1
Devant cette piété et ses héros, je m’arrête et je voudrais que nous nous arrêtions tous, mes chers collègues, pendant le cours de cette session. Car — et c'est ici ma conclusion — la question dont dépend en définitive l’avenir même de nos Synodes n'est autre que celle-ci : Cette piété est-elle notre justification ou notre condamnation ?
Cette piété est notre justification dans la mesure où nous voulons la conserver ou la restaurer, Pourquoi le voulons-nous? Pour des raisons dont je ne rappelle-
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RES rai qu’une seule (en un sens elle contient les autres), … c’est de cette piété que notre SppaRe nous parait avoir besoin. j
Oh! je sais bien qu'on se récrie et qu’on nous dit :. vous abusez du paradoxe. Mais, au contraire, rien, | plus que cette piété, ne provoque la répulsion des consciences dites modernes. — Je ne le conteste pas. Mais | serait-ce la première fois que le malade manifesterait une aversion violente pour le remède qui peut le guérir 9 à qi Le remède n’en reste pas moins le vrai et le seul. 4 | De même, dans cette piété, c’est de ce qui répugne
à re CA ne le plus aux hommes de notre génération, que ces.
# | hommes ont le plus besoin. Tandis que cette piété x: s'efforce de confondre la morale et la religion, eux
s'efforcent de les séparer. Ils ont commencé par SÉparer la morale de Dieu ; puis ils ont séparé la morale de 44 l'obligation ; puis ils ont séparé la morale de la mora-
lité. Il n’y a plus de morale, ont-ils dit, il n’y a que des | mœurs. — Seulement voici : à leurtour, les mœurs on
disparu. Et, ce ne sont pas les prédicateurs, ce sont les statisticiens qui font entendre des avertissements « plus en plus effrayants : statistique de la criminalit statistique de la folie, statistique des divorces, statis tique de l’enfance abandonnée.
J'irai plus loin, j'irai jusqu'au bout.
Tandis que cette piété proclame comme la véE tes ! vérités la doctrine du serf-arbitre, d’après laquel
précisément le scandale des scandales, et jamais le mot de liberté n’a résonné, plus assourdissant, dans toutes les bouches. — Seulement voici : jamais aussi une oreille attentive n’a mieux discerné un autre bruit plus sourd, et non moins universel, le bruit des chaînes qui se forgent et se rivent autour despieds et des mains des hommes de notre génération : chaînes de l'alcoolisme ; chaînes de la débauche ; chaînes du jeu ; chaînes de toutes les passions et de tous les vices. Au cri de: Vive la liberté ! nous sommes devenus un peuple d'esclaves ! Esclaves, les ministres ! esclaves, les législateurs ! esclaves, les administrateurs ! esclaves, les électeurs ! oui, esclaves de leur égoïsme, de leur appétit de places ou d'argent, des haines de leurs superstitions ou de leurs impiétés. Comment de ces bas-fonds de l’esclavage pourrait surgir la Société de la loi, du droit, de la justice, de la paix et de la liberté ?
Ce qui manque à notre société, ce sont des hommes libres ; par ce que ce qui manque à notre société, ce sont des hommes moraux; par ce que, pour tout dire, ce qui manque à notre société, ce sont des hommes.
Or, des hommes, Dieu seul les crée, le Père qui est aux Cieux.
Et alors — si, d’un côté, nous croyons que la piété de notre Eglise est ce qu'il y a de plus capable de former ces hommes ; ce qu’il y a de plus capable de briser ces chaînes ; ce qu’il y a de plus capable de donner à la morale la force dont elle a besoin, la force dela religion, rien de moins ; et si, d’un autre côté, nous croyons
époque. — Intellectualisme ! ecclésiasticisme ! Et co prétendons que la doctrine, que l’organisation ne sont | là que pour la piété. Et s’il nous était prouvé que nos & croyances et notre organisation sont, je ne dis pas nui- EX sibles, mais RDS RM cs à cette pie du
pas. | Sans doute nous pouvons nous tromper | nous pou:
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Oui ; il faut bien nous en rendre compte. En soutenant avec énergie que la foi et l’organisation sont les racines et la tige dont le fruit est la piété, si d’un côté nous nous donnons le droit de dire : une piété admirable justifie les doctrines et l’organisation de l'Eglise qui la pratique; d’un autre côté nous donnons à tout le monde le droit de dire : une piété insuffisante condamne la doctrine et l’organisation d’une Eglise qui s’en contente.
Donc où en est notre piété? Nous protestons contre ceux qui veulent modifier notre organisation. Pouvons-nous les réfuter de la seule réfutation péremptoire: Voyez la piété qui fleurit dans le cadre de cette organisation? Nous protestons contre ceux qui veulent reviser notre Déclaration de foi. Pouvons-nous les réfuter de la seule réfutation péremptoire : Voyez la piété de ceux qui y adhérent.
Là est le point noir. Il y en a plusieurs; et parfois, en regardant l'horizon, il nous arrive de nous demander qui donc, dans quelques années, habitera l'édifice que nous élevons au prix de tant d'efforts, quelquefois au prix de tant d’opprobres. Le point le plus noir, le voilà.
Troublants sont les articles de journaux ou de revue. Plus troublantes sont les lacunes de notre piété.
Attristants sont le malaise qui pèse sur les âmes, les défections qui se produisent. Plus attristante est la crise de notre piété qui n’est pas capable de dissiper le malaise par son rayonnement, et de faire cesser les défections par son attrait !
ces, notre organisation, c'est nous. T8 Frères, dans le sentiment douloureux de cette res- PARUS, D ensemble | ME ô Dieu,i® de
connaisse que notre doctrine n’est pas & ee. rase à de toi et de celui que tu as envoyé. Amen.
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