APPAREIL URINAIRE
La sécrétion urinaire est-elle aussi sous la dépendance hypercrinique du médicament? Quelle influence la diapho-
rèse et la sialorrhée ont-elles sur la diurèse? Ce sont là des questions importantes au premier chef. On fait une injection ‘ hypodermique de 0,02; une fois sur deux, vous n’observez rien du côté de l’appareil urinaire ; mais dans la moitié des cas, au bout de 10 à 15 minutes, avant ou au commencement de la sudation, le malade, quand même il a pris soin de vider sa vessie avant l’injection, éprouve, au col, de la chaleur qui va quelquefois jusqu’à la cuisson, suivie bientôt d’un impérieux besoin d’uriner; il rend quelques gouttes d’urine, rarement plus de 100 grammes; cette cuisson est dans certains cas si vive qu’il ne peut s’empêcher d’uriner, et n’a pas le temps de prendre le vase. Puis, tout rentre dans l’ordre; le rein ne semble plus influencé jusqu’à la fin, et les effets ordinaires suivent leur cours régulier.
Quantité. — Dans les expériences sur les animaux, nous avons vu que le rein fonctionnnait plus activement, de même que le foie et le pancréas; à ce moment, le pouls est ralenti d’un tiers. Chez l’homme, qui sue beaucoup, au contraire du chien, il ne semble y avoir qu’une hypersécrétion passagère, concordant avec une impulsion plus forte du cœur et une circulation un peu plus rapide; elle cesse quand la pression s’abaisse, c’est-à-dire quand le cœur faiblit (ainsi que le prouvent les tracés sphygmographiques), et quand la sueur est bien établie : il y a alors dilatation du réseau vasculaire périphérique. L’observation clinique prouve qu’il y a diminution de la quantité des urines dans les 24 heures; pour Dumas, elle serait de 3 à 500 grammes. Robin, dans les affections non fébriles, a remarqué que le jaborandi à doses massives produit
une dimitmiion de 300 grammes environ le jour de radminisiration, et une légère augmentation le lendemain, mais elle n est que de 70 à ITOgrammes; de sorte que l’on se demande s’il faut voir là une action spéciale du médicament; en tous cas elle est négligeable. Mais un fait important, c’est que la somme de la sueur et de la salive sécrétées restent toujours supérieure à la diminution des urines, et peut-être l’excès du lendemain tiendrait-il simplement à un fonctionnement moindre des glandes de la bouche ou de la peau, qui se manifeste par de la sécheresse plus grande qu’à l’état habituel.
Robin n’a pas trouvé qu’il y eut une différence appréciable entre l’état fébrile et l’état apyrétique. Si, au contraire, on donne le jaborandi à doses fractionnées, on aurait de la polyurie. (Robin).
Densité. — L’élévation du chiffre de la densité est sensiblement proportionnel à l’abaissement du chiffre urinaire, ce qui n’est pas surprenant, car il résulte des analyses faites, qu’il y a compensation entre la somme des matériaux solides de la salive, d’un côté, et le total des principes solides de l’urine, de l’autre.
Uurée est abaissée (Robin, Dumas) pendant l’action du jaborandi, pour revenir le lendemain au taux du primitif ; mais ce n’est plus vrai, si la sudation a été très abondante, car alors on observe que le chiffre de l’urée est plus élevé ; et la raison que l’on donne, c’est que, dans la diaphorèse moyenne, tout l’effet du médicament ne s’épuise pas sur les organes sécrétoires ; il en reste une partie disponible qui aurait pour propriété de modérer la formation de l’urée, c’est-à-dire des combustions intra-organiques.
De plus, la somme de l’urée salivaire, sudorale et urinaire, est inférieure au nombre qui exprime la quantité d’urée dans l’urine ordinaire ; ce qui veut dire que les phénomènes nutritifs sont ralentis. Notons qu’il y a dans ces analyses deux causes légères d’inexactitude : 1° la sueur n’a jamais été recueillie en totalité ; 2“ les malades, pour éviter les vomissements, buvaient du café.
Il en est pour l’acide urique comme pour l’urée : diminution notable pendant l’action sudorifique, se continuant le lendemain, si les phénomènes ont été peu marqués ; remplacée au contraire par une augmentation, si la diaphorèse a été considérable.
Les chlo'Tures sont notablement abaissés dans les affections qui ne comportent pas une diminution par ellesmêmes. Dans les maladies fébriles, l’action est peu marquée, car les chlorures sont déjà très bas.
En résumé, tous les éléments de l’urine sont diminués : quantité, urée et autres sels qu’elle renferme.