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MÉCANISME DE L’ACTION PHYSIOLOGIQUE

Sur quels éléments agit le jaborandi pour provoquer l’hypersécrétion d’à peu près toutes les glandes de l’économie? Quel est le mécanisme intime de cette action si curieuse et si générale. Telle est la question qui vient naturellement à l’esprit devant un patient qui sue. Dès le début, deux théories sont en présence : 1° ou bien le jaborandi agit directement sur les cellules propres de la glande, en déterminant d’ailleurs des phénomènes vaso-moteurs réflexes adjuvants ;

2° Ou bien il influe sur le travail sécrétoire de la glande d’une façon indirecte, par l’intermédiaire du système nerveux.

D’après la première hypothèse, ‘qui est celle de Gubler, le jaborandi, éliminé par les glandes salivaires, exciterait, à son passage, les cellules propres de la glande, et produirait une irritation des extrémités périphériques des nerfs centripètes, qui s’y distribuent, d’où hypérémie réflexe favorisant la sécrétion. Mais il est loin d’être prouvé que le jaborandi s’élimine avec la salive. E. Hardy, n’a pu y trouver trace de l’alcaloïde. Enfin, les expériences physiologiques viennent infirmer complètement cette théorie.

La glande sous-maxillaire a une double innervation, comme chacun sait : 1° des filets émanés du bulbe rachidien; ils suivent quelque temps le facial, sous le nom de corde tympan, et s’accolent au lingual, dans la dernière partie de leur trajet ; 2“ d’autres filets viennent par le ganglion cervical supérieur du grand sympathique et sont amenés à la glande par le cordon cervical supérieur.

Les expériences de Ludwig, Cl. Bernard, Schilf, ont mis hors de doute l’action sécrétoire exercée par la corde du tympan sur la sous-maxillaire. D’un autre côté, Czermak a fait voir que l’excitation des filets émanés du grand sympathique arrêtait toute sécrétion salivaire. Cependant, d’après Eckhard et Adrian, dans les premiers instants de l’électrisation il y a accélération de l’écoulement de la salive, qui est plus épaisse, plus visqueuse, plus opalescente, et bientôt arrêt complet. Keuchel a découvert que le sulfate d’atropinè abolit toute action de la corde du tympan sur la sous-maxillaire. Mais, d’après Heidenhain, si toute action sécrétoire est arrêtée, la faradisation de la corde exerce encore sur les vaisseaux de

la glande la même action qu’à l’état normal , c’est-à-dire que chez un chien non atropinisé. En outre, Heidenhain a reconnu que l’excitation du bout supérieur du grand sympathique provoque cette sialorrhée passagère du début, observée par Czermak en dehors de toute action de l’atropine. On peut donc conclure que, si cette dernière substance abolit la faculté sécrétoire de la glande, c’est en modifiant les extrémités nerveuses fournies par la corde, et non pas en annulant les fonctions des cellules glandulaires. De plus, comme le jaborandi exerce encore son action après la section du lingual uni à la corde du tympan, on peut conclure qu’il agit sur les extrémités terminales de ce nerf.

Comment le jaborandi impressionne-t-il les éléments nerveux ? Il ne paralyse pas la corde, car il ne produirait ainsi aucune sialorrhée, il n’agit pas non plus sur les filets du grand sympathique en les excitant puisque sous l’action de l’atropine ces filets sont respectés, et que la sécrétion de Czermak ne se produit pas. Il n’y a plus que deux hypothèses possibles : ou bien excitation des extrémités périphériques de la corde ou bien paralysie du sympathique.

Pour la glande sous-maxillaire, la question est diâScile à trancher ; mais étudions ce qui passe pour les glandes sudoripares. Leur innervation est à peine connue ; on ne cite guère, que le travail de Langerhans, qui aurait vu des fibrilles nerveuses sans myéline, pénétrer dans le tissu glandulaire. Quoiqu’il en soit, l’influence du système nerveux sur la sudation est indubitable. Les émotions vives, l’excitation des nerfs du goût (Brown Séquard, Soc. biol. 1849) provoquent la sueur, après la section au

COU du grand sympathique, la tête se couvre de sueur, si Ton excite ce nerf, la sudatiou cesse (Dupuy, Cl. Bernard.) Les cas de paralysie, de névralgie et bien d’autres, prouvent également ce fait. L’expérimentation démontre que, pour la face du moins, la paralysie du sympathique, détermine l’apparition de la sueur. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans les autres régions du corps ? Jusqu’ici, ni la physiologie, ni la clinique, ne prouvent l’existence de fibres excito-sécrétoires. Nous sommes' forcément conduits à admettre, que le jaborandi provoque la sueur en paralysant les extrémités périphériques des fibres nerveuses sympathiques, qui se rendent aux glandes sudoripares, tandis que l’atropine aurait la propriété de les exciter.

Nous nous trouvons donc en face de deux explications : pour la salive, hypersécrétion, due à l’excitation, de la corde, pour la sueur paralysie des filets du sympathique. Les glandes sudoripares ont, par hypothèse, une tendance continuelle à sécréter, mais le sympathique vient y mettre obstacle ; il aurait une action frénatrice constante, que l’on peut comparer au tonus des filets nerveux, qui vont aux muscles. Le jaborandi paralyse ce tonus; l’atropine, au contraire, l’exagère.

L’hyperhydrose due au jaborandi n’est pas produite par l’action de celte substance sur les vaisseaux cutanés, car, dans de nombreux cas, la congestion de la peau est intense, et, pourtant, il n’y a pas trace de sudation, ainsi qu’on le remarque dans certaines fièvres à température élevée. Aussi, pour tout faire rentrer sous une loi unique, M. le Professeur Vulpian suppose que les glandes salivaires, comme les sudoripares, ont une tendance conti-

nuGlle à sécréter, et que le sympathique y met un frein ; le jaborandi agirait comme paralysant le sympathique, sans agir sur la corde du tympan, qui ne serait qu’un nerf de perfectionnement dont le but serait de contrebalancer l’action des fibres sympathiques sur la sous-maxillaire.

Mais la découverte de la double innervation des glandes sudoripares est revenue tout remettre en question. Y a-t-il des nerfs sudoraux et des nerfs modérateurs pour chaque glande ? Le jaborandi agit-il sur les excito-sécrétoires ou sur les modérateurs, excitant les uns ou paralysant les autres; car nous ne devons pas oublier que, après la section du sympathique au cou, on observe de l’hypersécrétion sudorale.

Luchsinger (Progr. médic. 1879) a montré, en liant l’aorte d’un chat avant une injection de pilocarpine , que cette substance agit sur le système nerveux central, car, chez le chat en expérience, les pattes se couvrent de sueur, bien que l’agent sudorifique n’ait pu être mis, en aucune façon, en contact avec les extrémités périphériques des nerfs du membre. Mais, d’un autre côté, M. Strauss a montré que les paralysies faciales d’origine cérébrale n’avaient aucune action sur ce qu’il appelle la réaction sudorale à la pilocarpine ; la sudation est identique des deux côtés. Au contraire, dans les cas de perte de la contractilité faradique, il y a retard dans l’apparition de la sueur du côté paralysé, mais elle est aussi abondante, sinon plus, du côté malade que du côté sain.

Nous reconnaissons notre parfaite incompétence pour trancher des questions si ardues et si complexes, nous n’avons eu ici qu’un but : d’étudier le mécanisme intime de la sécrétion et de résumer le plus simplement que nous avons pu.

1° Glandes salivaires. — M. le Prof. Vulpian fut frappé de l’analogie d’action qui existe entre la muscarine alcaloïde de Vamanita muscaria (fausse oronge) et la pilocarpine, d’une part, et de l’autre, de l’antagonisme qu’il y a entre la muscarine et l’atropine (Koppe et Schmiedeberg; puis Prévôt, de Genève); il fit une injection intra-veineuse d’infusion de jaborandi chez un chien ; il recueille la salive qui s’écoule du canal de Wharton , puis il injecte , chez le même animal, 1 à 2 centigr. d’atropine. Bientôt, la salive cesse de couler, puis, la sécrétion de la sueur ne tarde pas à diminuer, et aussi à se supprimer complètement si la dose d’atropine est suffisante.

En Angleterre, Sydney-Ringer et Gould ont fait les mêmes expériences avec le même résultat. Poussant l’analogie plus loin, ils ont donné du jaborandi pour activer la sécrétion lactée chez les nourrices, parce que l’atropine l’arrêtait. Plusieurs faits ont montré la justesse de leur prévision. Cependant, il ne faudrait pas croire qu’il en est toujours ainsi: bien souvent, la fonction de la glande mammaire n’est pas influencée.

2“ Cœur. — Sur des grenouilles, ont met le cœur à nu , puis on introduit à des époques différentes, sous la peau d’une patte, de l’extrait aqueux de jaborandi; on peut ainsi voir l’action successive de ce poison du cœur; l’oreillette est impressionnée plus promptement que le ventricule ; les contractions sont d’abord profondément troublées ; et au bout de quelques instants, le cœur s’arrête en diastole. Si, sur un de ces cœurs, on met une ou deux

gouttes (l une solution d’atropine, les mouvements rythmiques reparaissent très rapidement dans les oreillettes et les ventricules ; au bout de 2 à 3 minutes-, toute action , du jaborandi a disparu.

Injecte-t-on en premier lieu de l’atropine, la pilocarpine | ne produit aucun etfet. Si, au lieu de faire pénétrer le jaborandi dans le torrent circulatoire, on le met en contact directement avec le coeur, on obtient un arrêt en' systole ; déposez de l’atropine, une ou deux gouttes, les mouvements renaissent à la condition qu’on n’ait pas trop^ attendu; dans ce dernier cas, l’arrêt serait définitif.

Le curare aurait également la propriété de diminuer, sinon d’empêcher les effets du jaborandi.

On ne sait pas le mécanisme intime de ces perturbations - ! cardiaques. Y-t-il excitation des nerfs modérateurs, ou, au, contraire, paralysie des filets sympathiques ? La questioin est encore <à l’étude. ' • <

3° Iris. — En injection intra-veineuse, le jaborandi . I produit de la mydriase; peut-être est-elle due à une irri- | tation qui prend naissance dans les viscères, principa-’ t lement dans le canal gastro-intestinal, sous l’ifiuence de ces injections l En collyre, au contraire, et en injection hypodermique, la pilocarpine détermine chez h^s mammifères un myosis cosidérable comme la fève de Colabar, c’est-à-dire tout le contraire de l’atropine. Le professeur Vulpian serait porté à croire que les fibres iridiennes du, grand sympathique tendent à empêcher les filets du.; moteur oculaire commun de déployer toute leur activité, et que le jaborandi aurait pour effet de paralyser cette action modératrice, ici, comme sur le cœur.

4° Sur les mouvements de l'estomac et de l'intestin. — M. Morat a étudié [Lyon médic. juillet 1882) les modificatioDS que pouvaient subir, sous l’influence de la pilocarpine et l’atropine, les mouvements de l’estomac; les résultats nets et précis auxquels il est arrivé, sont rendus tout à fait évidents par plusieurs graphiques. Il est inutile de rappeler que l’estomac présente des mouvements rythmiques propres et des mouvements communiqués, dus aux oscillations du diaphragme. « Si donc vous » injectez, dans la veine crurale, un centimètre cube » d’une solution à 1/100 de chlorhydrate de pilocarpine, » l’effet ne se fait pas longtemps attendre ; après quelques » secondes, le graphique se relève rapidement à une » assez grande hauteur; autrement dit, l’estomac se contracte énergiquement... En somme, les mouvements « de l’estomac sont considérablement amplifiés... Les » courbes interférentes, les dentelures, dues au mou- » vements de la respiration, sont alors très peu visibles. » Il y a deux raisons à cela. L’estomac est plus resserré » sur lui-même, fuit le draphragme, et subit d’autant « moins, sa compression ; d’autre part, sa propre contracw tion le durcit et le rend moins facile à déformer. »

« Le moment est bien choisi pour faire intervenir la 51 substance qui nous reste à étudier, l’atropine, et juger « de ses effets. Dans la veine crurale, nous injectons un » centimètre cube d’une solution à 1/100 de sulfate neutre » d’atropine, dose exagérée cà dessein, dans le but de » rendre le phénomène plus évident. L’effet est aussi » prompt et aussi net qu’avec la pilocarpine, mais il est » rigoureusement inverse. Les grandes sinuosités du graphique fout place à une dernière courbe, cette fois

» descendante, indiquant un relâchement graduel et »> complet de l’estomac. Celui-ci ne se contractera plus, la ligne va rester droite; désormais, la paralysie est complète, absolue, » et elle siège dans les nerfs vagues, car, si on les excite au cou, on n’obtient aucun effet moteur sur l’estomac. La ligne du graphique n’est pas absolument droite, les élevures, les dentelures qui répondent à la respiration, sont beaucoup plus marquées, car l’estomac se laisse se distendre , il se rapproche du diaphragme qui lui communique d’autant mieux ses oscillations que cet organe est complètement paralysé.

Cette propriété tétanique de la pilocarpine et cet effet paralysant de l’atropine se font sentir encore sur l’intestin absolument comme sur l’estomac, ainsi qu’il résulte des travaux de Spillmann ('in Revue médic. de l'Est.)

Ces deux substances agissent donc sur les glandes salivaires et sudoripares, sur le coeur, la pupille et le tube gastro-intestinal, c’est-à-dire, sur tous les nerfs de la vie végétative, et cela d’une façon presque exclusive ; en sorte qu’on peut les appeler les « poisons du sympathique . y> Ces faits, sur lesquels nous nous sommes étendu longuement, n’ont pas seulement un simple intérêt de curiosité : M. Morat en signale des applications thérapeutiques ; on a eu recours à des injections sous-cutanées de sulfate neutre d’atropine dans des cas d’incontinence

d’urineetd’œsophagisme(Lacassagne,in.Bw^L^/«ém;3.1880) Mt Ortille, de Lille, combat heureusement par l’atropine certaines formes de vomissements, surtout ceux qui suivent l’administration de la morphine.

5” Fonction glycogénique. — En appelant l’atropine et la pilocarpine les poisons du sympathique, M. Morat

n’a pas voulu nier leur action sur le système nerveux de la vie de relation ; “ pourtant, dit-il, l’action de ces deux * substances sur les fonctions 'de relation, l’action de » l’atropine en particulier sur les fonctions cérébrales » n’est pas niable ; » mais cette action est accessoire, quand on tient compte des doses relativement élevées auquelles on est obligé d’avoir recours.

Continuant ses recherches sur l’antagonisme en question, dans le domaine du vago-sympathique, M. Morat étudie les modifications que ces alcaloïdes peuvent imprimer à la fonction glycogénique, regardée comme une sécrétion, et la mieux étudiée des sécrétions dites internes. Cl. Bernard a prouvé quelle était gouvernée par le système nerveux. Voici, du reste, le procédé très simple qu’emploie le professeur de Lyon. La richesse du sang en sucre est évidemment le thermomètre de l’activité de la fonction. Si l’on mesure la quantité de sucre renfermé dans le sang avant l’expérience, pendant et après, on verra ainsi les variations de la sécrétion glycogénique. Dans trois expériences avec la pilocarpine, il y a augmentation temporaire du glucose, 0,50 — 0,55 — 1,15; mais cette exagération dans la production du sucre est passagère ; au bout de quelques heures, il n’y en a plus trace.

Une autre série de trois expériences avec jl’atropine donne une diminution de 0,26 — 0,15 — 0,15; les différences sont moindres que plus haut, mais, cependant, nettement accusées. Comme le fait remarquer l’auteur, les variations de la quantité de sucre dans le sang dépendent de plusieurs facteurs ; pourtant, il est rationnel d’admettre, par analogie avec ce qui se passe pour les autres sécrétions, augmentation et diminution de la fonction glycogénique.

L’intérêt est ici purement théorique , mais il est néanmoins intéressant de connaître l’action multiple et variée de ces deux substances, qui sont d’un emploi si fréquent aujourd’hui. Il est bon de « savoir que, pour d(îs » doses croissantes, à partir du moment où la substance r agit, on obtiendra d’abord les effets cardiaques, puis » glandulaires et pupillaires ; à une distance déjà éloignée » de ceux-ci, les effets gastriques et intestinaux ; enfin, au 5» dernier degré, les modifications, signalées plus haut, » de la fonction glycogénique. »

Les effets sont, on le voit, plus nombreux, plus généralisés, à mesure que les doses deviennent plus fortes.

6° Sur la vessie. — Bien souvent, dans les cinq ou dix minutes qui suivent une injection de pilocarpine, le sujet éprouve un vif besoin d’uriner qu’il doit satisfaire aussitôt, car il ne peut le maîtriser dans la plupart des cas. La faible quantité ( 100 à 150 gr. ) d’urine rendue, indique une hypersécrétion rénale, mais bien peu considérable ; il faut chercher ailleurs la cause de ce besoin si brusque de miction : on doit évidemment accuser ici une excitation très vive du col vésical, et peut-être aussi des parois, comme on le voit pour l’estomac dans le même cas.

La pilocarpine aurait donc une action stimulante sur la vessie, action inconstante aux doses ordinaires (0 gr. 02). — Ceci, du reste, n’aurait rien de surprenant, puisque la contractilité de cet organe dépend du système sympathique, et l’on sait la propriété que possède le jaborandi d’exciter les nerfs de la vie végétative.

L’atropine aurait une action tout opposée, du moins si l’on en croit l’explication que l’on donne de certains faits

cliniques, explication qui ne vient pas à l’encontre de l’action reconnue à l’atropine sur le grand sympathique. Il est de pratique courante de faire prendre de la belladone contre l’incontinence nocturne d’urine. Or, on constate que la plupart des malades de cette catégorie “ pendant " le jour, pissent avec une raideur extrême tout en restant » parfaitement capables de retenir leurs urines ; on « conçoit que, pendant le sommeil, le sphincter vésical » venant à se relâcher, alors que la vessie conserve une » tonicité extraordinaire, les urines s’échappent involon- » tairement ; et la belladone agit utilement ici , précis sèment en diminuant cette tonicité exagérée du plan » musculaire vésical. » (Trousseau et Pidoux , Tr. thérap. 1878, p. 221.)

7" Signalons l’observation de Saenger dont nous avons parlé à propos de la contractilité utérine et qui montre l’antagonisme existant pour l’utérus lui-même, si l’on peut en croire une seule observation.

Résumé de l'action physiologique. — La première minute qui suit une injection de pilocarpine ne s’est pas écoulée, que la peau rougit, le malade éprouve une sensation de chaleur, quelquefois des vertiges et des éblouissements ; vers la S*" minute , commence la sialorrhée, que suivent presque immédiatement la diaphorèse, et les hypercrinies secondaires : lacrymale, nasale, bronchique, et assez fréquemment du ténesme vésical.

Le pouls devient plus rapide, plus ample, puis irrégulier ; cette irrégularité peut, dans les cas d’adection cardiaque, aller jusqu’à une sorte d’asystolie ; bientôt, ralentissement notable; puis il faiblit jusqu’à devenir fili-

forme et presque imperceptible, au bout de 1 h. 1 heure et demie environ, pour se relever assez rapidement.

La température s’élève de 2 à 3 dixièmes au début pour baisser vers le déclin de la sueur, depuis quelques dizièmes jusqu’à 1 degré ou 1 degré 1/2.

On note de la diminution de la quantité d’urine rendue dans les 24 heures, le jour de l’administration de la pilocarpine, et se manifestant, mais à un degré moindre, le lendemain. L’appétit , nul pendant la sudation , n’est pas autrement altéré, il est plutôt même augmenté.

Le jaborandi, d’après Robin, ralentirait les combustions organiques ainsi que le prouverait la diminution de l'urée, de l’acide urique, le jour même ; le lendemain, il y aurait une légère augmentation dans les produits de désassimilation, surtout quand la diaphorèse et la sialorrhée ont été bien marquées.

Enfin, citons l’antagonisme de l’atropine et de la pilocarpine sur les glandes salivaires et sudoripares : le cœur, l’iris, l’estomac et l’intestin, la fonction glycogénique et peut-être la vessie et l’utérus.

Sur l’œil, outre l’hypercrinie lacrymale, nous avons une action myotique et un spasme de l’accommodation, quel que soit le mode d’administration, l’intensité seule varie.

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