‹ La pilocarpineChapitre 3 sur 32 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le Jaborandi est employé depuis fort longtemps au Brésil par les indigènes, contre les morsures des serpents venimeux. Ce n’est qu’en 1873 que Coutinho l’apporta en Europe et en donna une étude succincte. Quelque temps après, Gubler (mars 1874) fit de nombreux essais avec l’infusion des feuilles de la plante, la seule partie qu’il eût alors à sa disposition ; — et Rabuteau communiqua <à la Société de biologie le résultat de recherclies faites sur lui-même.

Malheureusement il arrivait du Brésil une foule de plantes différentes, toutes désignées sous le même nom et, comme on n’avait pas fixé les caractères de la plante, il était difficile de reconnaître quelles feuilles on devait employer. Enfin, M. Bâillon la classa; il reconnut que c’était le 'pilocarpus pinnatus de la famille des Rutacées qui était vraiment actif.

Jusqu’alors, on n’avait fait usage que de l’infusion des feuilles de Jaborandi, et l’on ne pouvait dire, si l’action sudorifique était une propriété du médicament, ou si le véhicule n’y était pas pour quelque chose. La découverte de l’alcaloïde, la pilocarpine, extrait en 1875 par MM. Byasson et Hardy, chacun de leur côté, permit de trancher la question, et de reconnaître l’action sudorifique de la pilocarpine, dont les effets étaient absolument les mêmes que ceux de la plante. — W. Girard chez les Anglais; Petit, Duquesnel chez nous et Marck chez les

Allemands, ont repris et perfectionné les procédés de Hardy.

De toutes parts, on fit de nombreux travaux sur le nouvel alcaloïde. I/action chez les enfants et les variations thermiques sont étudiées par Murrel, Gould et Sydney, Ringer, Martindale et Tweedy font connaître certaines particularités produites du côté de la vision. En Allemagne, nous citerons parmi les principaux auteurs qui se sont occupés de cet agent : Bardenhewer, Curschmann, Lohrisch, Riegel, Scotti; en Italie, Catani, Cassagrande et Rovida; en France, A, Robin, qui a publié un Mémoire remarquable par le talent d’observation et le grand nombre de faits étudiés, Carville, Galippe, Hardy, Bochefontaine , Bougarel et surtout le Professeur Vulpian qui a traité d’une façon magistrale, en même temps que claire et intéressante, la physiologie du Jaborandi , le mécanisme physiologique de son action et la question si curieuse de son antagonisme avec l’atropine. L’histoire physiologique est dés lors faite, il n’y a plus que des faits de détails à y ajouter.

Ici commence la phase thérapeutique ; Gubler et A. Robin signalent plusieurs applications qu’ils en ont faites dans ditférentes affections, mais les observations ne sont pas assez nombreuses pour fixer d’une manière certaine les propriétés curatives de ce médicament. Ainsi Gubler obtint d’excellents résultats dans les cas d’asthme, dans le rhumatisme subaigu , goutteux ou musculaire et même dans la sciatique; l’expérience n’a pas toujours sanctionné ces premiers résultats. Dans le mal de Bright, Gubler l’a vu réussir souvent; depuis, les cliniciens français et étrangers, n’ont eu qu’à se louer de son emploi , et, c’est

surtout dans les néphrites aiguës qu’il a une véritable action curative ; dans les cas d’urémie et d’éclampsie, il calme presque toujours les accès et soulage beaucoup les malades alors que les anesthésiques et les soporifiques ont échoué (Rendu, Wagner, Leyden, Keating). Cependant on a signalé des accidents dans quelques cas (Jenkins, Saenger).

Dans les hydropisies cardiaques , on a essayé l’administration de cet agent spoliateur ; mais il a déterminé des accidents si graves par son action paralysante du muscle cardiaque (Vulpian, Luchsinger) qu’il est abandonné complètement. Seul Leyden nie formellement cette action et conseille ce médicament dans les affections du cœur ; on trouve encore une observation de Rosenkrantz qui viendrait à l’appui de cette manière de voir ; mais il reste acquis qu’il y a danger et grand danger à s’en servir dans ces cas.

Dans la pleurésie, son emploi paraissait tout indiqué, à cause de la quantité de liquide qu’il soustrait à l’économie en un temps relativement court. iMaillart, Créquy, Grasset et beaucoup d’autres y ont eu recours avec des succès variables; il réussirait surtout au début, ainsi qu’on l’a observé dans la pneumonie, la grippe et en général dans toutes les maladies à frigore, là où l’ancienne médecine prescrivait une abondante diaphorèse.

Il a réussi entre les mains du ly Louray dans un cas d’œdème de la glotte survenu chez un jeune homme de 24 ans, dans le cours de la convalescence d’une fièvre typhoïde.

Les angines à frigore, au début, sont heureusement modifiées par le jaborandi ; mais on l'a surlout étudié dans

la diphthérie. Weber, 1876, puis Lehwers ont publié quelques cas ; c’est principalement Guttmann ( de Cronstadt) qui a fait connaître cette méthode de traitement par le grand nombre de faits heureux, sans un seul revers, qu’il a observés en 1878. Malheureusement, en Italie et en France, les résultats ne répondirent pas à l’attente et M. Archambault, après l’avoir employé dans un certain nombre de cas, le déclare non seulement impuissant mais nuisible ; il ne serait utile qu’après la trachéotomie, si les fausses membranes avaient de la tendance à envahir la trachée et les bronches. 11 est probable que le mot diphthérie n a pas le même sens en Allemagne que chez nous : on ne peut expliquer autrement la diversité des résultats, non pas seulement avec la même plante, mais avec le même alcaloïde.

On l’a essayé comme antithermique dans la fièvre typhoïde et dans certaines pyrexies à température élevée avec sécheresse de la peau ; mais son action antipyrétique est faible, passagère et souvent infidèle ; de plus les sudations épuisent trop un malade qui est exposé à fournir les frais d’une longue fièvre.

M. Verneuil, dans deux cas d’érysipèle traumatique, s’est bien trouvé de son emploi.

Les fièvres éruptives sont heureusement influencées au début, lorsque l’éruption se fait mal ou ne se fait pas ; mais c’est là sa seule utilité (Dupré).

Les D'"® Czerniscki ( Recueil de Méd. et de Chir. militaires 1876), Testa (il Morgagni 1878) et Dupré ( 1881 ), ont montré l’efficacité du jaborandi dans les oreillons ; quand on l’administre au début, il aurait la faculté d’arrêter leur évolution, et son action principale serait de

prévenir les métastases et d’empêcher l’atrophie testiculaire.

Dans un cas de tièvre jaune, le D‘‘ Giralt, de la Havane, a obtenu un succès; mais son utilité, dans cette maladie, est loin d’être établie par les tentatives qui ont été faites dans la suite.

Rokitansky a guéri par des injections hypodermiques de pilocarpine un cas de fièvre tierce, malheureusement on ne signale pas d’autres succès ; nous l’avons expérimentée dans un cas, où nous avons échoué complètement.

La pilocarpine a été employée en Allemagne contre les empoisonnements par le mercure ; en France contre l’intoxication saturnine ; elle calme la douleur pendant la sudation, diminue notablement la tension du pouls ; mais aussitôt que l’effet a cessé, les symptômes reprennent leur intensité première (Spillmann).

Dans la colique hépatique les résultats sont les mêmes, mais l’ictère consécutif est influencé favorablement, si nous pouvons ainsi conclure après trois injections que nous avons faites à une malade dont nous donnons plus loin l’observation.

Un de nos amis, M. G. B., après avoir mangé des huîtres, fut pris, au milieu de la nuit, de tous les symptômes de l’œdème de la glotte ; il eut l’idée de se traiter par le Jaborandi en infusion, et les accidents disparurent avec une grande rapidité (Voir l’observ. plus loin.)

On l’a essayé dans la rage, pour éliminer le virus rabique par la peau et les glandes salivaires; on cite quelques cas heureux et quelques autres où le médicament n’a produit aucune amélioration et n’a pu empêcher la

mort. En 1875, dans un N° du Progrès médical de • septembre, Balzer cite un malade atteint de la rage que le Jaborandi n’a pu sauver. En 1881, M. Olive, interne, présente une observation, où le malade est emporté rapidement malgré 12 centigr. de pilocarpine injectés en 48 heures. M. le Professeur Sée, en 1881, a eu un malade hydrophobe, chez lequel la pilocarpine eut le même insuccès. En 1882, M. Üartigue adresse à l’Académie de Médecine, une observation de rage où le malade fut guéri par la pilocarpine. Le rapport de M. Bouley conclut que « l’observation de M. Dartigue 5^ demeure avec tout ce qu’elle a d’incomplet, d’insuffisant,

« de peu probant en faveur de sa thèse. » — M. Dumont, de Caen, qui publie un succès, ne permet pas d’après les symptômes qu’il donne de conclure sûrement à l’existence de la rage. — Enfin, deux chiens enragés furent traités avec la pilocarpine par MM. Mallet et Lebat sans aucun succès. Il résulte de l’analyse des faits qu’on ne peut citer aucun cas de rage avérée, guéri par la pilocarpine.

Le D'' Lewin, de Berlin, a essayé notre sudorifique contre la syphilis ; il cite 78 °/o de guérison se maintenant au bout de deux ans. La dose était de 0 gr. 015 pour les femmes et 0 gr. 02 pour les hommes; la durée moyenne du traitement était de 34 jours, mais il préfère les injections mercurielles plus promptes, plus sûres et moins fatigantes pour le malade.

Signalons un cas de hoquet rebelle, calmé par la pilocarpine, par le ly Ortille, de Lille, et un deuxième cas que M. le D'' Augier, Professeur à la Faculté libre de Lille, a. bien voulu nous communiquer. M. le D’’ Méplain a traité uti cas de congélation avec succès par la pilocarpine.

Les injections de cet alcaloïde ont guéri deux cas de sueurs unilatérales {D" André), et trois cas de sueurs fétides des pieds ( Armaingaud) ; — enfin, à la dose de quelques m i 11 igra rames, soit en potion, soit en pilules, il a réussi contre les sueurs nocturnes (Murrel).

Nous avons exposé plus loin les tentatives faites pour étudier son action sur la contractilité utérine, et le mettre au rang des ocytocique?.

Nous ne parlerons que pour mémoire du traitement des maladies de peau. Gubler, Langlet ont échoué complètement. Seul, M. Chéron aurait eu une amélioration dans trois cas de psoriasis rebelle. D’après M. Schmi.t, de Berlin , le prurigo fut calmé chez plusieurs malades ; et M. Fick s’exprime ainsi dans son Traité des affections cutanées : la pilocarpine diminue le prurit et le prurigo quelle guérit quelquefois, — est sans action sur le psoriasis, — aggrave l’eczéma humide, influence favorablement le lichen chronique en diminuant l’infiltration de la peau et le prurit ; continuée pendant trois semaines, elle a guéri un prurit vulvaire qui avait résisté à tout.

Schmitz, André, et Prentiss, ont remarqué que la pilocarpine avait la propriété de faire repousser les cheveux ou de les teindre en noir plus ou moins foncé ; plusieurs observations de ces auteurs viennent à l’appui de leur assertion. Pour nous, nous n’avons jamais observé chose semblable, malgré le grand nombre d’injections que nous avons faites nous-même, ou vu faire ; et les cas de ce genre sont encore si rares dans la science, qu’on ne peut y reconnaître une propriété de la pilocarpine.

Le D*' Deniau cite dans sa thèse inaugurale (1882) d’après Neiss, la disparition de l’œdème dans le béribéri avec le Jaborandi, dans plusieurs cas où les diurétiques

et les hydragogues ordinaires étaient restés impuissants.

En 1875, Sydney-Ringer et Gould, Martindale, Tweedy en Angleterre; en France, Galippe et Bochefontaine, Abadie étudient l’action de la pilocarpine sur la vision. — Puis Métaxas (1877). William [Boston Medical. Journal 1878), Bérenger, Galezowski (1877-1879), Gillet de Grandmont, Courserant, Dianoux ( 1880), Deniau(1882) et actuellement un grand nombre d’oculistes prouvent que la pilocarpine est un myotique excellent, méritant d’être mis sur le même rang que Tésérine et peut-être de lui être préféré, car il ne détermine pas de douleur circumorbitaire, ni de spasme de l’accommodation aussi prononcé que l’ésérine. Huchard s’est bien trouvé, de l’emploi de la pilocarpine contre certains cas de polyurie (Congrès de Londres, 1881); Ducroux dans sa thèse (1882) cite de nouveaux succès.

Un fait curieux a été rapporté par Grasset dans le Journal de thérapeutique du 10 janvier 1880 : c’est le retour de la sensibilité générale et spéciale chez un hémianestésique d’origine cérébrale, à la suite de l’administration d’une infusion de feuilles de jaborandi ; Depuis, plusieurs faits dé ce genre ont été cités par Lannois [Journal thérapeutique. 1880) et Huchard [Journal de médecine et chirurgie pratiques décembre 1882).

Enfin, le D*" Jenkins avait en vain, contre les douleurs dans Tatarie, essayé le thermo-cautère, la morphine, les sinapismes, les bains chauds ; une injection de pilocarpine les fit disparaître entièrement [The Lancet .\\o\-Q,mhYQ 1882). Ce n’est qu’un fait isolé mais qui, rapproché de l’action sédative de la pilocarpine contre quelques névralgies oculaires, acquiert une certaine valeur.

PHARMACOLOGIE.

Nature caractère du jaborandi. — Le mot de jaborandi semble' avoir été, au Brésil, une sorte d’appellation vulgaire, donnée à des plantes diverses, ayant toutes des propriétés aromatiques, sialagogues et sudorifiques. Ce sont des scrofulariées du genre des herpestes ; dans l’ordre des rutacées, la moneria gratiola; enfin des piper, piper mosodurn, etc., et le piper jaborandi.

La plante apportée par Coutinho , était bien différente de celles-là; M. Bâillon en a déterminé les caractères, et a reconnu qu’elle appartenait au genre pilocarpus , de la famille des rutacées, et qu’il en existe deux sortes dans le commerce : le P. pennatifolius , et le P. selloanus. Hardy et Bochefontaine ont essayé le P. simplex (Gaz. méd. 1876) ; enfin une quatrième espèce le P. pinnatus est une plante très rare, même au Buésil, où elle ne pousse que dans les montagnes des provinces intérieures.

Les parties les premières employées par Gubler et Coutinho, étaient les feuilles ; mais on reconnut bien vite (Galippe et Bochefontaine) que l’écorce avait les mêmes propriétés que les feuilles, et au même titre. Les feuilles sont formées de 7, 9 rarement 1 1 folioles fermes, coriaces, en général elliptiques ou longues, obtuses, entières sur ' les bords, longues de 8 à 12 centimètres, larges de 2 à 4. Sur leur face inférieure , on voit un semis de points brunâtres dénonçant la présence de glandes nombreuses, sécrétant un exsudât oléo-résineux . L’odeur de la feuille

qui s’accentue quand on la broie, est aromatique, rap- « pelant à la fois celle des feuilles d’oranger et du bucco « avec quelque chose de nauséeux assez spécial. « Leur saveur est nauséeuse, aromatique et quand on les mâche, on éprouve une sensation d’âpreté sans amertume.

L’infusion aqueuse de jaborandi est colorée en brun verdâtre et rappelle l’odeur, la saveur de la plante et toutes ses propriétés ; évaporée à siccité on obtient un résidu brun et amer à raison de 1 gr. pour 5 gr. de feuilles ; si l’on vient à le traiter par l’alcool, une partie reste insoluble, elle est inactive, l’autre se dissout, et a toutes les qualités de l’infusion , car elle renferme le principe aromatique et les matériaux actifs de la plante (Rabuteau). Enfin, les feuilles en macération dans l’alcool à 90° lui abandonnent une matière colorante, très riche et très stable.

Le jaborandi offre donc, dans sa composition, des sels, une oléo-résine, une huile essentielle, des principes extractifs indéterminés, une matière colorante, enfin un alcaloïde.

Pilocarpine : son extraction, ses sels. — Le principe actif du jaborandi est la pilocarpine. L’idée qui présida à sa découverte, est assez curieuse. La muscarine, alcaloïde de Yamanita muscaria , a sur l’organisme , des effets assez semblables à celui du jaborandi; ce fait frappa M. Hardy, qui eut l’idée de chercher un principe analogue à la muscarine ; il traita le jaborandi par le procédé qu’employaient Schmideberg et Koppe, pour isoler l’alcaloïde de Yamanita; le résultat confirma ses prévisions, et la pilocarpine fut isolée. M. Byasson obtenait,

à peu près eu même temps , la pilocarpiiie sans connaître les travaux de M. Hardy. Depuis, les procédés d’extraction ont été repris, modifiés ot perfectionnés. Pour la description des procédés, nous renvoyons au Répertoire de pharmacie ( 1877).

La pilocarpine n’est employée qu’à l’état de combinaison, et les deux sels qui sont en usage sont le nitrate et le chlorhydrate.

Mode d'administration et doses. — Le jaborandi se donnait en infusion le plus communément et à jeun ; cependant, si l’estomac ne pouvait le supporter, ce que l’on voyait quelquefois , il était permis d’avoir recours au lavement, comme on l'a fait plusieurs fois. — Citons les injections sous cutanées pratiquées par Ortille et Dujardin* Beaumetz, avec une infusion de 3 gr. de jaborandi concentrés en un gramme de liquide.

Les doses thérapeutiques sont pour un adulte de 4 gr. de feuilles; on peut, d’ailleurs, aller jusque 5 ou 6 selon la susceptibilité individuelle, ou descendre à 3 ou 2 gr. ; chez les enfants, il est prudent de ne pas dépasser 2 gr., malgré le peu d’effets physiologiques produits chez eux par la plante (Sydney-Ringer, Gould.) Enfin nous avons encore un extrait sec dont 1 gr. correspond à 5 gr. de feuilles, un saccharure et un élixir très peu employés. Ces diverses préparations que nous venons d’énumérer, sont depuis longtemps remplacées par la pilocarpine, ou mieux par ses sels, dont l’administration est beaucoup plus commode, tout en produisant les mêmes effets; mais ils ont un grand inconvénient, c’est leur prix élevé. Le grand avantage consiste en ce ’que l’on peut les donner en injection

hypodermique; on n’a plus, ainsi, à compter avec l’estomac, elles phénomènes physiologiques sont beaucoup plus constants.

La dose ordinairement employée est, pour les hommes, de 0 gr. 02, rarement plus, car elle est suffisante pour amener une diaphorèse abondante; on peut aller jusqu’à 0 gr. 03, mais on ne doit pas dépasser ce chiffre, parce qu’on s’expose à déterminer des troubles cardiaques graves, provoquer de la prostration et affaiblir beaucoup le malade. Des doses faibles, inférieures, par exemple, à 0 gr. 01 sont insuffisantes : les effets sudorifiques sont, le plus souvent, nuis; il n’y a qu’un peu de sialorrhée; car avec des doses minimes on obtient de l’hypersécrétion des glandes salivaires, sans influencer les glandes sudoripares. Telle est l’opinion généralement admise, d’après l’examen des faits; seuls, M. Constantin Paul , et M. Kercéa dans sa thèse inaugurale, admettent que la pilocarpine donnée à quelques milligrammes agit sur les glandes de la sueur exclusivement.

Le D*" Keating (Phüad. med. Times.) s’appuyant sur la première opinion, combat, par les petites doses, les sueurs des phthisiques, avec succès paraît-il.

Enfin, dans certains cas, alors qu’il faut agir rapidement ou contre un antagoniste comme l’atropine, on peut injecter jusqu’à 32 centigr. en 24 heures, comme le D’’ Juhasz, dans un empoisonnement par la belladone.

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